"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de mars, 2008

Une approche « préhistorique » de la notion d’Espace public

Article écrit pour le PP par Isidore :

 

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Je tenterais bien une approche « préhistorique » de la notion d’Espace public aujourd’hui, et ceci à la lumière de deux expériences personnelles qui m’interrogent.

La première met en scène l’Institution judiciaire et la situation kafkaïenne que je vis en ce moment dans mon rapport avec elle, en tant que tuteur de ma tante handicapée. Je vous épargne les détails pour résumer l’ensemble en un vaste imbroglio tragi-comique, régi par la loi implacable du non-sens, ou plutôt de l’absence du « bon sens commun » qui caractérise, selon Hannah Arendt (lire : La crise de la culture), la disparition de l’espace commun sans lequel ne peut se vivre la vie collective. Et plutôt que de focaliser ma colère et mon indignation sur ces malheureux fonctionnaires empêtrés dans une machine folle, je préfère réfléchir à l’étrange maladie qui semble ainsi affecter l’Administration dans notre cher pays.

 

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Pour une mystique sauvage

 

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« (…) La première fois, c’était dans une forêt du nord de la France. J’avais vingt-cinq ou vingt-six ans. J’enseignais la philosophie, c’était mon premier poste dans le lycée d’une toute petite ville, perdue dans les champs, au bord d’un canal et d’une forêt, non loin de la Belgique. Ce soir-là, après dîner, j’étais parti me promener avec quelques amis, comme souvent, dans cette forêt que nous aimions. Il faisait nuit. Nous marchions. Les rires peu à peu s’étaient tus ; les paroles se faisaient rares. Il restait l’amitié, la confiance, la présence partagée, la douceur de cette nuit et de tout… Je ne pensais à rien. Je regardais. J’écoutais. Le noir du sous-bois tout autour. L’étonnante luminosité du ciel. Le silence bruissant de la forêt : quelques craquements de branches, quelques cris d’animaux, le bruit plus sourd de nos pas… Cela n’en rendait le silence que plus audible. Et soudain… (suite…)


Joyeux printemps !

Une durée du jour qui rattrape – et s’apprête à dépasser – celle de la nuit, une lumière qui s’installe, une montée de sève frémissante, la foule animale qui s’apprête à participer/assister au spectacle, etc… ça se fête, non ?

La « Nature » en cette nouvelle saison est… Cybèle !


Mangez préhisto !

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« L’homme est vieux de quelques millions d’années, disons quatre. Les plantes vasculaires sont beaucoup plus anciennes. Par contre la culture d’un tout petit nombre d’entre elles (quelques centaines sur un total de quelque 500 000) est un phénomène récent puisque ses premières traces ne semblent guère remonter à plus de 12 000 ans – et encore l’agriculture ne s’est-elle développée que progressivement et ponctuellement. Il n’y a que quelques décennies qu’elle a conquis la totalité de la planète ; jusqu’alors la cueillette tenait une part non négligeable dans l’économie de diverses populations, y compris en Europe. En tout cas, l’homme s’est exclusivement nourri pendant 3 988 000 ans des végétaux qui poussaient spontanément autour de lui (et qui y sont toujours…) ! Il ne se nourrit de plantes cultivées que depuis 332 fois moins de temps au maximum, mais il a presque totalement oublié à l’heure actuelle ces plantes qui donnaient la vie à ses ancêtres (en faisant une moyenne des différentes populations de cueilleurs-chasseurs, la part de la nourriture végétale s’élève environ à 80%, dépassant largement en quantité l’apport de la chasse).

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Into the wild !

Peut-être l’avez-vous vu, ou en avez-vous entendu parlé : Into the wild est un film réalisé en 2007 par Sean Penn. C’est l’adaptation du roman Voyage au bout de la solitude, écrit en 1996 par Jon Krakauer et relatant l’histoire vraie de Christopher McCandless.

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Barbares, vraiment barbares ?

L’article initié par Isidore m’a fait ressortir les livres d’Antonin Artaud. Dans Héliogabale ou l’anarchiste couronné, je retrouve ceci – que j’avais à l’époque déjà coché – et qui incite à revoir quelque peu l’interprétation « classique » (et simpliste) que l’on peu avoir de notre histoire :

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« Au point de vue géographique, il y avait toujours cette frange de barbarie autour de ce qu’on a bien voulu appeler l’Empire de Rome, et dans l’Empire de Rome, il faut mettre la Grèce qui a inventé, historiquement, l’idée de la barbarie. Et à ce point de vue, nous sommes, nous, gens d’Occident, les dignes fils de cette mère stupide, puisque pour nous, les civilisés c’est nous-mêmes, et que tout le reste, qui donne la mesure de notre universelle ignorance, s’identifie avec la barbarie.

Pourtant, ce qu’il faut dire, c’est que toutes les idées qui ont permis aux mondes Romain et Grec de ne pas mourir tout de suite, de ne pas sombrer dans une aveugle bestialité, sont justement venues de cette frange barbare (…) »

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Les Enfants de la Terre – tome 1

couv-enfants-de-la-terre.jpgAlya, jeune « homo sapiens » de 5 ans, perd ses parents et tout son clan à la suite d’un tremblement de terre. Elle erre seule plusieurs jours et est recueillie, presque morte, par un clan de Néanderthal. Ses différences, et surtout son apparente supériorité rendent son intégration difficile. Elle partage le foyer de sa mère adoptive, guérisseuse de renom, issue d’une grande lignée de guérisseuses, et de son frère, le plus puissant des sorciers, l’effrayant, le défiguré Mog-ur. (suite…)