"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Japon

L’étrangeté japonaise

Le Japon traditionnel de Tanizaki — tout comme la Chine plus ou moins mythique de François Jullien ou… la Préhistoire fantasmée du PP — joue le rôle de l’Autre permettant, en comparaison, d’un peu mieux se connaître.

Pour faire le tour des « étrangetés » japonaises, révélant par contraste les nôtres, feuilletons le petit ouvrage d’Eléna Janvier : Au Japon ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2011).

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Eloge de l’ombre

Les éditions Verdier ont eu la bonne idée de rééditer L’éloge de l’ombre de Junichirô Tanizaki. Du coup, je m’y suis plongé. Pas de doute (du moins pour moi), c’est bien un livre « P.P. ».

Extrait :

« […] Tout bien pesé, c’est parce que nous autres, Orientaux, nous cherchons à nous accommoder des limites qui nous sont imposées que nous nous sommes de tout temps contentés de notre condition présente ; nous n’éprouvons par conséquent nulle répulsion à l’égard de ce qui est obscur, nous nous y résignons comme à l’inévitable : si la lumière est pauvre, eh bien, qu’elle le soit ! Mieux, nous nous enfonçons avec délice dans les ténèbres et nous leur découvrons une beauté qui leur est propre.

Les Occidentaux, par contre, toujours à l’affût du progrès, s’agitent sans cesse à la poursuite d’un état meilleur que le présent. Toujours à la recherche d’une clarté plus vive, ils se sont évertués, passant de la bougie à la lampe à pétrole, du pétrole au bec de gaz, du gaz à l’éclairage électrique, à traquer le moindre recoin, l’ultime refuge de l’ombre. […] »