"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

néolithique

Primitifs vs Modernes : CLS renverse une idée reçue

L’idéologie progressiste (à forte connotation positiviste) a tendance à envisager l’histoire — notamment depuis le Néolithique — comme une lente et irrémédiable émancipation de l’Humanité.

On peut cependant voir les choses tout autrement. C’est ce qu’esquisse malicieusement Claude Lévi-Strauss dans une des trois conférences prononcées en 1986 à Tokyo que vient d’éditer le Seuil sous le titre L’anthropologie face aux problèmes du monde moderne.

Extrait :

« […] Nous savons aujourd’hui que des peuples qualifiés de « primitifs », ignorant l’agriculture et l’élevage, ou ne pratiquant qu’une agriculture rudimentaire, parfois sans connaissance de la poterie et du tissage, vivant principalement de chasse et de pêche, de cueillette et de ramassage des produits sauvages, ne sont pas tenaillés par la crainte de mourir de faim et l’angoisse de ne pouvoir survivre dans un milieu hostile.

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Le Néolithique : révolution ou vérolution ?

Lors de sa récente conférence à Besançon, François Couplan a eu cette formule choc : « la première graine plantée avait en germe la bombe atomique ». C’est bien évidemment un peu rapide… et excessif, mais les regards critiques sur la révolution néolithique sont trop rares — et déstabilisants — pour ne pas nous y pencher quelque peu.

Voici ce qu’on peut lire de plus étoffé dans un de ses derniers ouvrages, intitulé La nature nous sauvera, Réponses préhistoriques aux problèmes d’aujourd’hui (Albin Michel, 2008) :

« […] Pendant près de trois millions d’années, l’homme vit des présents de la nature. Puis, voici un peu plus de dix mille ans, il décide de produire sa nourriture en semant des graines de céréales et des légumineuses. Les raisons n’en sont pas vraiment claires, mais aucun manque particulier ne semble l’y avoir poussé. Certaines tribus du Moyen-Orient viennent de se sédentariser, et leurs membres ont sans doute l’idée de transporter à proximité de leur domicile quelques-unes des plantes qu’ils ont l’habitude de récolter dans la nature. A moins que les grains de ces dernières n’y aient germé spontanément. En tout cas, le résultat est concluant : l’homme dispose ainsi d’une forme d’énergie aisément stockable et se libère donc, dans une certaine mesure, des contraintes de son milieu. Mais il lui faut commencer par défricher, c’est-à-dire éliminer systématiquement ce que la nature a fait pousser. Et il devra ensuite constamment détruire les plantes qui, spontanément, se développent sans relâche — on a choisi de nommer « mauvaises herbes » ces végétaux cordialement détestés, ce qui est significatif du nouvel état d’esprit. Pour accroître sa productivité, le cultivateur invente toute une technologie qui le sépare de plus en plus de la terre : la houe, la charrue, la traction animale, le tracteur, les engrais… Et afin de mieux protéger « ses » cultures, il finit par mettre au point des pesticides capables de tuer toute vie. A force de devoir se battre contre elle, l’agriculteur en est venu à considérer la nature comme une ennemie, tandis que le cueilleur la vivait comme sa mère nourricière. […] »


Néolithiquons ! (1) : D’abord, labourer

C’est partiiiiii ! La copropriété a donné son accord (au moins pour que je commence les premiers travaux de nettoyage dans le jardin collectif).

Le projet est simple (il devra être validé au printemps) : garder la partie centrale du jardin engazonnée et tenter de cultiver la bordure le long des murs. Ce n’est certes pas très bien exposé, ni très grand… mais suffisant me semble-t-il pour débuter.

Première étape : enlever le lierre et autres plantes sauvages qui y poussaient, préparer la terre, l’aérer, bref… labourer. Rien de plus simple a priori, il suffit d’une pelle-bêche (8 euros) et d’un peu d’huile de coude.

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Néolithiquons ! ou l’apprenti jardinier

Ca m’a pris je ne sais trop comment et ne sais trop jusqu’où cela ira mais voilà… j’ai le projet de m’engager concrètement dans le jardinage. En urbain néophyte, candide mais motivé. Et d’ouvrir sur ce blog une rubrique relatant les étapes — que j’imagine laborieuses — de cet apprentissage et les réflexions que cela pourra susciter.

Une façon supplémentaire, sans doute, d’approcher nos lointains ancêtres qui, au néolithique, ont initié et développé cette pratique. Une façon aussi sûrement de mieux comprendre cette fameuse modernité qui a vraisemblablement pris naissance à cette époque.

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