"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

modernité

Bienvenue au PP nouveau cru !

Et bien voilà, le PP a changé de vêtements, grâce à l’initiative de Yatsé, et il débute une nouvelle vie.  Simple continuation de la précédente ? Ou alors nouveau visage, encore inconnu à ce jour mais qu’on découvrira au fil du temps ? En tout cas, il demeure pour moi ce laboratoire d’où a su jaillir une matière féconde pour mon travail de création artistique, et je suis très curieux, après cette première période qui semble avoir épuisé l’élan initial qui m’entraînait, de découvrir ses nouvelles promesses, son  habit tout neuf éveillant un nouveau désir, stimulant de nouveaux rêves… Et puis cette conversation avec Vincent qui me trotte dans la tête: le PP aussi comme scène de théâtre, avec ces personnages que nous animons et qui se frictionnent de temps en temps, douloureusement parfois… La vie quoi, et pas si virtuelle qu’elle veut bien paraître sur l’écran du web…   Isidore

(au trapèze: Jennifer François)


Pas plus là-bas qu’ici

« […] Fiction naïve de l’innocence préservée, de la préhistoire qui dure. Si prompt à s’extasier devant l’authenticité du Peul et du Massaï, le voyageur occidental refuse de reconnaître ou d’assumer la sienne — soudain, curieusement, authenticité égale rusticité. Puis il feint d’envier le Peul et le Massaï qui n’ont pas perdu la leur et il se lamente d’appartenir, quant à lui, à une civilisation en déroute, incohérente et fausse.

Mais ce ravissement et ce refus et cette feinte et cette lamentation caractérisent précisément l’authentique voyageur occidental. […] »

(Eric Chevillard, Oreille rouge, Minuit, 2005)


Primitifs vs Modernes : CLS renverse une idée reçue

L’idéologie progressiste (à forte connotation positiviste) a tendance à envisager l’histoire — notamment depuis le Néolithique — comme une lente et irrémédiable émancipation de l’Humanité.

On peut cependant voir les choses tout autrement. C’est ce qu’esquisse malicieusement Claude Lévi-Strauss dans une des trois conférences prononcées en 1986 à Tokyo que vient d’éditer le Seuil sous le titre L’anthropologie face aux problèmes du monde moderne.

Extrait :

« […] Nous savons aujourd’hui que des peuples qualifiés de « primitifs », ignorant l’agriculture et l’élevage, ou ne pratiquant qu’une agriculture rudimentaire, parfois sans connaissance de la poterie et du tissage, vivant principalement de chasse et de pêche, de cueillette et de ramassage des produits sauvages, ne sont pas tenaillés par la crainte de mourir de faim et l’angoisse de ne pouvoir survivre dans un milieu hostile.

(suite…)