"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Cohen

Néandertal : métamorphose d’un aïeul

Si l’on en croit Claudine Cohen (auteur de Un Néandertalien dans le métro, Seuil, 2007) la première reconstitution en pied de Neandertal est ce dessin de 1909, réalisé par l’illustrateur tchèque Kupka, conseillé par l’anthropologue Marcellin Boulle qui étudia le premier squelette presque entier découvert l’année auparavant à La Chapelle-aux-Saints (Corrèze)

Aujourd’hui, on le représente plutôt comme ça (Reconstitution de John Anthony Gurche)

Entre temps, un siècle de recherche paléontologique mais surtout changement d’époque : la modernité positiviste laisse la place à une postmodernité sans doute moins arrogante.

Et demain, quelle image donnera-t-on à notre lointain et mystérieux ancêtre ?


Il est bon, mon sauvage !

« La presse française consacrant toutes ses forces à nous parler du talent trop méconnu de Patricia Kaas ou de Johnny Hallyday, c’est comme d’hab’ vers nos confrères d’outre-Manche qu’il faut se tourner pour savoir ce qui se passe dans le monde – y compris chez nous. Figurez-vous qu’un chercheur français, nous apprend The Guardian, vient peut-être de résoudre une des énigmes les plus taraudantes de la Préhistoire : la disparition des Néanderthaliens. D’après Fernando Rozzi du CNRS, leur extinction n’a rien de si mystérieux, ils auraient juste été bouffés par les hommes modernes : Cro-Magnon considérait son lointain cousin à gros pif comme un vulgaire animal de boucherie ! A l’appui de cette hypothèse, le paléo-nutritioniste nous explique qu’un nombre impressionnant de squelettes néanderthaliens porte des micro-traces de dépeçage, qui laissent peu de doutes sur l’identité des coupables et sur leurs mobiles. La coexistence pacifique entre les deux catégories d’homos était jusque-là un des thèmes récurrents de la plupart des séries de vulgarisation scientifique, genre L’odyssée de l’espèce. Il est vrai qu’elle présentait l’insigne avantage de faire remonter à la nuit des temps la mondialisation forcément heureuse et l’enrichissement obligé par les différences. Avec cette réécriture du mythe du bon sauvage, va falloir trouver autre chose à se mettre sous la dent… »

(Marc Cohen, http://www.causeur.fr/il-est-bon-mon-sauvage,2427 )