"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de octobre, 2009

la lune

Quel attracteur étrange que cette Lune qui fait lever les océans, hurler les loups, soupirer d’extase l’enfant sauvage (voir commentaire 32) et chanter tous les poètes !

Et vous — préhistos, modernes (plus ou moins « post ») –, que vous inspire-t-elle ?

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Ciné-PP-club (4) : Les enfants sauvages

Après les parodies préhistoriques, les Amérindiens et les trappeurs du grand nord, la prochaine soirée du Ciné-PP-club aura donc pour thème les enfants sauvages.

Rendez-vous : samedi 31 octobre, au 9 avenue Charles Siffert (Besançon).

Au programme :

19 h : Greystoke, la légende de Tarzan (1984) de Hugh Hudson, avec Christophe Lambert et Andie Mac Dowell. Bande annonce.

22 h : Buffet (…si possible « préhisto »)

22 h 30 : L’enfant sauvage (1970) de François Truffaut, avec François Truffaut et Jean-Pierre Cargol. Bande annonce.

Une thématique bien riche, qui ne s’épuisera sans doute pas en une seule soirée.


ciné PP

Avec l’arrivée du froid et de la pluie, je propose une veillée ciné PP le samedi 31 octobre, chez nous (Si Vincent est d’accord)… ce sera l’occasion de vous faire goûter la tarte aux glands !… et éventuellement du gibier produit lors des récentes chasses ?

alors ? quels films ? Vincent ?


Cuisiner les glands

Hé oui… Les fruits du « Roi de nos forêts » — le Chêne — sont comestibles. Ils ont même vraisemblablement, pendant des millénaires,  servi de base alimentaire à nos ancêtres, comme ils le font encore par exemple aux Indiens de Californie. Ils sont en effet tout à la fois abondants, faciles à ramasser et riches en amidon (30 à 35 %) et protéines (4 %).

Evidemment, tels quels ils sont immangeables car ils contiennent jusqu’à 10 % de tanins amers et astringeants. Le « truc préhisto » (qui s’est perdu au fil du temps) est tout simplement de les faire cuire dans plusieurs eaux. Les tanins sont en effet solubles et disparaissent (avec une belle couleur chocolat) dans l’eau de cuisson. On obtient alors un produit assez comparable à la châtaigne.

Après quelques essais, je conseille la méthode suivante :

– Fendre les glands et les griller légèrement dans une poèle couverte afin de pouvoir ensuite les écorcer. Attention, sous la coque solide, il y a une peau, sur l’amande, à retirer également !

– Les concasser plus ou moins finement et les faire cuire dans plusieurs eaux jusqu’à ce qu’ils aient perdu leur amertume (et/ou que l’eau de cuisson soit claire). En général une à deux eaux suffisent s’ils ont été coupés fins.

– Conserver les glands tels quels ou les écraser en purée.

François Couplan propose, à partir de là, deux recettes (une salée, une sucrée) que nous avons récemment testées :

(suite…)


Les deux chasses

Puisque la saison s’ouvre — et que c’est un des domaines au programme du PP (si l’on s’en tient au texte inaugural du 20 décembre 2007) — tentons d’aborder le vaste sujet de la chasse.

Commençons peut-être déjà par distinguer les deux modes de chasse, véhiculant deux logiques opposées, pratiquées aujourd’hui : la battue et le pirsch.

La première est bien connue car elle est largement majoritaire en France ainsi que dans les pays d’Europe méridionale (globalement dans la zone de langue romane). Collective, bruyante et populaire, c’est une chasse de type « cueillette » (aléatoire) aux modalités fortement « démocratiques » (territoire de chasse collectif, partage du gibier équitable, etc.).

La seconde est essentiellement pratiquée en Allemagne et en Europe centrale (globalement dans la zone de langue germanique). Individuelle, silencieuse et élitiste, c’est une chasse de type « récolte » (culte du trophée) aux modalités beaucoup plus « aristocratiques » (vaste territoire pour un seul bénéficiaire, rituels complexes, etc.).

Les deux ont sans nul doute des origines plus que lointaines. Bien malin celui qui pourrait prétendre que l’une est plus « préhisto » que l’autre.

Y’en a-t-il cependant une qui vous attire plus (ou vous répugne moins) que l’autre ?


Sous le préhistorien, même scientifique, se cache… devinez quoi ?

…Un « préhisto », bien sûr !

C’est en tout cas Jacques Collina-Girard (cf. photo) qui le dit en conclusion de son ouvrage intitulé Le feu sans allumettes (éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1998). Et c’est assez amusant pour être rapporté ici.

Petit résumé, donc.

Lorsqu’elle évoque la production de feu par friction, la littérature scientifique a coutume d’avancer l’idée que la réussite de l’entreprise nécessite la combinaison de deux bois aux caractéristiques bien différénte : un bois dur pour le forêt (ou « drille »), un bois tendre pour la planchette.

Or, l’expérimentation rigoureuse qu’il a menée sur la question (20 bois testés deux à deux lors de 200 essais) démontre que cela ne  se rapporte à aucune réalité objective car les meilleures combustions ont toujours lieu avec deux bois tendres (qui s’usent vite et produisent beaucoup de sciure).

D’où vient l’erreur ?

Tout simplement, selon lui, d’une persistance de la « pensée sauvage » au coeur même de la rationalité scientifique : une imagerie anthropomorphique instinctive inciterait en effet à reporter, de façon analogique, l’opposition mâle/femelle sur le monde extérieur (même dénué de toute sexualité).

Intéressant, non ?

Vision binaire du monde, quand tu nous tiens !