"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de juillet, 2009

Haut-lieu « préhisto » (2) : La Caune de l’Arago (Tautavel)

C’est une petite cavité dominant une vallée fertile des Corbières, entre les communes de Tautavel et Vingrau, dans les Pyrénées Orientales, à une vingtaine de kilomètres de la Méditerranée.

A ses pieds, le Verdouble et ses gorges (dites du Gouleyrous) s’offrent au soleil catalan et aux baigneurs. (suite…)


Littérature et préhistoire

Bon, c’est sûr, a priori il y a incompatibilité entre littérature et préhistoire, cette époque caractérisée par l’absence d’écrirure. Pourtant, c’est un thème qu’elle a maintes fois — plus ou moins heureusement — exploré. Sans doute est-elle, par nature, attirée par ce qui lui est étranger et fait dès lors mystère.

Petit florilège, donc, de ces « fictions préhistoriques » (dans l’ordre chronologique). A vous de choisir celles qui vous accompagneront éventuellement cet été. Et on en recause après, si vous le souhaitez.

Rulaman de David Friedrich Weinland (1878)

Vamireh des Frères Rosny (1894)

Avant Adam de Jack London (1907)

La guerre du feu de J.H. Rosny Aîné (1911), suivi de Le félin géant (1920)

Le monde perdu de Arthur Conan Doyle (1912)

La femme des cavernes de Edgar Rice Burroughs (1913), suivi de Retour à l’âge de pierre (1935)

Daâh le premier Homme de Edmond Haraucourt (1914)

(…) (suite…)


Silex et Menhir

Et voilà remise en branle la réflexion sur l’origine de l’érection des menhirs !

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La chasse au mammouth

Un document d’époque vient d’être retrouvé et relance toutes les hypothèses sur les techniques de chasse ancestrales. Il a fallu plus de temps qu’on imagine généralement, semble-t-il, avant de trouver la « bonne » méthode !

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…et les derniers seront les premiers ?

Une bonne partie de la population mondiale (en gros, les pays dits « du Sud ») n’est pas entrée dans la modernité. Parents pauvres de la mondialisation, ces « laissés-pour-compte » vivent — ou survivent — en dehors de l’économie marchande.

Et si, au lieu de s’acharner — plus ou moins charitablement — à tenter des les aider à « se développer » (c’est-à-dire « entrer dans notre logique ») on les abordait en pensant plutôt que ce sont eux qui ont des choses à nous apprendre ?

A l’heure où notre monde semble sur le point de s’écrouler et où nos arrogantes « lumières » tardent à parvenir à esquisser l’espoir d’une alternative réaliste, n’y a-t-il pas dans leur « art (savant) de la débrouille » l’expression d’une profonde (et très ancienne ?) sagesse sur laquelle pourrait bénéfiquement s’appuyer l’avenir de l’Humanité ?


Le déracinement moderne…

…et la revanche du chiendent ?

[…] Vers la fin du XVe siècle, les pharmacopées manuscrites où des plantes sont figurées connaissent une mutation a priori peu frappante pour des yeux accoutumés à l’illustration botanique moderne : les racines disparaissent. On se met à représenter une tige coupée ou un simple rameau florifère. La suppression n’est pas fortuite, elle est contemporaine de la grande révolution qui va voir la nature échapper à l’ordre intangible de la Création, devenir pensable comme objet en soi alors qu’elle était propriété divine (ou démoniaque). Au moment où Copernic démontre que la Terre n’est plus le centre de l’univers, les botanistes du XVIe siècle arrachent la plante à ses profondeurs mythiques. Certains, comme Rambert Dodoens (Histoire des plantes, 1557), voudront que les bois gravé qu’ils publient des arbres continuent d’évoquer au moins la souche et ses racines. Mais quand celles-ci sont représentées chez les plantes herbacées, c’est parce qu’elles sont devenues un caractère utile à l’identification. Et l’on se met à ironiser sur les « fables » des manuscrits médiévaux. Au sens littéral, la modernité se déracine des « temps obscurs », prenant appui sur une Antiquité qui avait déjà connu, avec Théophraste, la première naissance de la botanique. Tandis que le chiendent continue de ramper sous les siècles, attendant les défaillances de cette raison qu’il a, à son humble place, contribué à nourrir. […]

(Pierre Lieutaghi, La plante compagne, Pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale, 1991)


Des préhistos parmi nous (4) : Eugène Guillevic

« […] Je suis un homme de la préhistoire. Je ne suis pas un homme de la société industrielle. Je vis intérieurement, au fond de moi, dans la préhistoire, dans l’élémentaire. Ca ne m’empêche pas d’être un homme sociable et un « contribuable honnête et sincère », mais profondément, je suis enraciné dans l’élémentaire. La pierre me donne une émotion, réelle, première. Pas la même qu’un visage de femme, mais aussi profonde. Et l’eau est sans doute primordiale pour moi, comme elle l’est dans la réalité des choses. […] »

(Choses parlées, Champ Vallon, 1982)