"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Néolithiquons ! (1) : D’abord, labourer

C’est partiiiiii ! La copropriété a donné son accord (au moins pour que je commence les premiers travaux de nettoyage dans le jardin collectif).

Le projet est simple (il devra être validé au printemps) : garder la partie centrale du jardin engazonnée et tenter de cultiver la bordure le long des murs. Ce n’est certes pas très bien exposé, ni très grand… mais suffisant me semble-t-il pour débuter.

Première étape : enlever le lierre et autres plantes sauvages qui y poussaient, préparer la terre, l’aérer, bref… labourer. Rien de plus simple a priori, il suffit d’une pelle-bêche (8 euros) et d’un peu d’huile de coude.

Je dois dire que c’est une activité plutôt agréable : ça réchauffe (en une saison où on en a bien besoin) et permet de « sentir » la terre avec laquelle on va travailler. On éprouve ne plus un peu le sentiment de pétrir la pâte destinée à faire ensuite lever un bon pain.

Après, reste à savoir si c’est vraiment utile (j’ai découvert qu’il y avait de farouches militants « anti-labour »), le bon moment, la bonne technique, etc. Je serais également curieux de connaître un peu l’histoire du labour. Depuis quand exactement le pratique-t-on ?

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30 Réponses

  1. Isidore

    Pour bêcher, je préfère la bêche à 4 dents ou alors encore mieux, la grelinette qui permet d’aérer la terre sans la retourner. Je ne sais que penser des différentes théories concernant le retournement de la motte, mais j’apprécie ce dernier outil pour le moindre effort qu’il impose et sa grande efficacité. Par contre il est onéreux. C’est normal d’ailleurs du fait de sa fabrication artisanale.

    décembre 18, 2008 à 9 h 25 min

  2. Craô

    La grelinette en image :

    décembre 18, 2008 à 10 h 08 min

  3. Vincent

    Sur l’origine de la bêche :
    http://www.aujardin.info/fiches/outils-beche.php

    décembre 18, 2008 à 10 h 14 min

  4. Ourko

    Fabriquer ses propres outils (que ce soit une grelinette ou une antique bêche en bois comme nous y invite le lien du commentaire 3), ça c’est préhisto !!!

    décembre 18, 2008 à 13 h 18 min

  5. Vincent

    C’est vrai que ça peut paraître étrange comme idée de « retourner » la terre avant de la cultiver (comme si elle n’était pas naturellement dans le « bon sens »).

    Mais bon… quand elle n’a pas été travaillée depuis des années, cela permet un brassage de la matière organique qui me semble d’autant plus nécessaire qu’elle a été tassée.

    Ce n’est d’ailleurs pas qu’une image : la terre est en effet davantage brassée, mélangée, que retournée, non ?

    décembre 18, 2008 à 13 h 32 min

  6. Vincent

    J’aime bien aussi l’idée de laisser les grosses mottes telles qu’elles et laisser le gel de l’hiver finir le travail.

    décembre 18, 2008 à 13 h 35 min

  7. Vincent

    Perçois-tu comme moi le lien entre labour et pétrissage, Isidore ?
    N’est-ce pas en gros pour les mêmes raisons que tu optes pour la grelinette et ne pétris pas la pâte de ton pain ?

    décembre 18, 2008 à 13 h 42 min

  8. Vincent

    Si l’on en croit le lien (ci-dessous), la bêche est précédée de la houe, qui est elle-même précédée du bâton à fouiller.
    http://www.aujardin.info/fiches/outils-jardin-houe.php

    décembre 18, 2008 à 17 h 20 min

  9. Ourko

    Le « bâton à fouiller » ?
    Tiens donc, le premier lien unissant l’homme à la terre féconde aurait-il eu un caractère sexuel ?

    décembre 18, 2008 à 17 h 22 min

  10. Pascale (pour Isidore)

    Je suis hors sujet mais j’ai pensé à toi en lisant ça :

    Alors que son lancement se fera aux Folies Bergère, pour sa 11e édition, le 2 mars 2009, le printemps des poètes lancera un concours de poésie chantée, nous vous l’annoncions entre deux french cancan, en novembre dernier, dans cette actualité.

    Et en maître de cérémonie et président du jury, ni plus ni moins que Mathieu Chedid, alias M, le Machistador, qui sait qu’elles l’adorent, et plus précisément petits-fils d’Andrée. Pour Jean-Pierre Siméon, ce concours cherchera à « redonner sa jeunesse à la longue et riche tradition du poème chanté ne pouvait sans doute trouver meilleur emblème que la figure de cet écrivain à l’œuvre à la fois exigeante et populaire ».

    Et pour prendre part au concours lancé, il suffira d’envoyer avant le 15 février 2009 un fichier MP3, reprenant le texte inédit d’Andrée Chedid, et mis en musique, selon votre envie et vos désirs. Dans un but avoué de resserrer « les liens entre la poésie et la chanson », ce concours est ouvert à tous, mais attention, votre création devra durer au maximum 3 minutes. Tous les détails du processus sont à retrouver sur cette page, et ne s’autodétruiront pas après lecture.

    NOUS ÉTIONS DEUX

    Nous étions deux

    L’un de l’autre cousin
    Et l’on s’aimait
    Plus que la vie

    De l’un de l’autre
    On partageait les mots
    Nous étions deux
    Et l’on s’aimait

    On s’égayait de nos partages
    On s’amusait
    Comme s’amusent les clowns
    On se battait
    Comme se battent les clowns
    Pour tout ou rien
    On s’embrassait pour trois fois rien

    Aux bords du temps
    Nous tremblerons de rester
    Sans l’un sans l’autre

    Nous étions deux
    Et l’on s’aimait.

    Andrée Chedid, inédit, tous droits réservés

    décembre 18, 2008 à 23 h 57 min

  11. Isidore

    Merci pour l’info, Pascale. C’est une bonne initiative de la part du printemps des poètes, et ça a l’air d’aller dans le sens d’un renouveau de la poésie, tel qu’on semble le voir se manifester depuis quelques temps.

    décembre 19, 2008 à 10 h 16 min

  12. Isidore

    J’aime bien ce lien que tu as ainsi établi entre la poésie et le jardinage. Il me paraît tellement nécessaire.

    décembre 19, 2008 à 10 h 25 min

  13. Isidore

    Le lien entre labour et pétrissage, Vincent ? Oui, tout à fait, mais avec néanmoins moins de contact direct avec la matière lorsqu’il s’agit de labour. Ceci dit, que ce soit pour le panification ou le jardinage, la biodynamie procéde un peu de la même manière en stimulant tout ce qui peut favoriser les « bonnes » fermentations, catalyseurs essentiels des processus vivants, grâce aux levains, en particulier et aux composts.

    décembre 19, 2008 à 10 h 41 min

  14. Vincent

    Vu de loin, tout de même, ça donne un peu l’impression de chercher un alibi spirituel pour ne surtout pas mettre… la main à la pâte. Non ?

    Ce n’est sûrement pas ça (d’autant plus que de tous les « spiritualistes » les anthroposophes sont à mon sens parmi ceux qui s’engagent justement le plus dans la matière) mais ça y ressemble un peu, je trouve.

    décembre 19, 2008 à 13 h 15 min

  15. Vincent

    Pour le dire autrement :

    Pétrir et labourer, quoiqu’on en dise, font à mon sens pleinement partie des plaisirs d’ici-bas.

    Qu’on parvienne, dès lors, à démontrer — scientifiquement ou « spiritualistiquement » — que ce sont des pratiques inutiles, voire néfastes, ne suffirait pas, me semble-t-il, à retirer l’envie de les reproduire.

    décembre 19, 2008 à 13 h 22 min

  16. Le Mirliton

    Dans la série « Poésie & Jardinage » :

    Le Labour

    Parmi les vers
    — solitaire —
    Il y a toujours
    Un peu de terre
    Qui espère
    Pouvoir un jour
    Prendre un peu l’air
    Et faire l’amour
    A la lumière.

    Faut-il le taire,
    Y rester sourd,
    Ou au contraire
    Chacun son tour
    Comme une prière
    Faire son labour ?

    décembre 19, 2008 à 14 h 00 min

  17. J’ai un peu de mal à faire le lien entre mon commentaire et ton « alibi spirituel pour ne pas mettre les mains à la pâte ». Mais bon, je ne vais quand même pas te reprocher une imagination très féconde, quand même !

    décembre 19, 2008 à 23 h 33 min

  18. 120

    Ecrit par Emile Verhaeren :
    (dans la série Poésie & Jardinage, pour illustrer la photographie)

    A l’orient du pré, dans le sol rêche,
    Sur le cadavre épars des vieux labours,
    Domine là, et pour toujours,
    Plaque de fer clair, latte de bois froid,
    La bêche.

    (Les Campagnes hallucinées, 1893)

    décembre 20, 2008 à 12 h 42 min

  19. Vincent

    Tu as raison, Isidore, il n’y a pas de lien direct.
    J’imagine juste que cela puisse être un mobile sourd des théories « anti-labour ».
    J’admets en effet volontiers avoir opté pour le labour de façon tout à fait irrationnelle : envie de me coleter avec la terre, de la pétrir et la sentir — de la mettre à nu aussi sans doute, de voir ce qu’elle avait dans le ventre — tout autant que de marquer concrètement et symboliquement le coup (ma décision de tenter l’aventure jardinière).
    Je cherche juste à cerner (sans jugement moral, du moins je l’espère) ce qui pourrait être la part inavouable de l’autre pari.

    décembre 20, 2008 à 12 h 49 min

  20. Isidore

    De toute façon, concrètement, j’ai surtout l’impression d’ameublir la terre, que ce soit avec la bêche ou avec la grelinette, plus que de la retourner complètement. Et l’efficacité de ce dernier outil est supérieure… le plaisir aussi. Je ne trouve pas du tout déplaisant cet effort, tant que la surface reste modérée, au contraire.

    décembre 20, 2008 à 17 h 47 min

  21. 120

    Ecrit par Masanobu Fukuoka :
    (contre le labour)

    Il y a mille ans, au Japon, on pratiquait l’agriculture sans labourer, et la culture de la terre sur une faible profondeur n’a pas été introduite avant l’ère Tokugawa il y a 300 à 400 ans. Le labour profond a été introduit au Japon avec l’agriculture occidentale. Je disais que pour faire face aux problèmes futurs la nouvelle génération reviendrait à cette méthode traditionnelle consistant à ne jamais cultiver.

    Faire pousser des céréales dans un champ non labouré peut sembler a priori une régression vers l’agriculture primitive, mais, avec les années, cette méthode s’est révélée dans les laboratoires universitaires et les centres d’essai agricoles du pays, la méthode la plus simple, la plus efficace et la plus moderne de toutes. Tout en désavouant la science moderne cette manière de travailler la terre se place maintenant au tout premier plan du développement de l’agriculture moderne.

    *

    Quand le sol est cultivé on change l’environnement naturel au point de le rendre méconnaissable. Les répercussions de tels actes ont donné des cauchemars à des générations innombrables d’agriculteurs. Par exemple quand on soumet à la charrue un territoire naturel, de très solides mauvaises herbes telles que le chiendent et l’oseille arrivent parfois à dominer la végétation. Quand ces mauvaises herbes s’installent, l’agriculteur est confronté à une tâche presque impossible, le désherbage annuel. Très souvent la terre est abandonnée.

    Quand on est confronté à de tels problèmes, la seule solution de bon sens est de cesser en premier lieu les pratiques contre nature qui ont amené cette situation. L’agriculteur a aussi la responsabilité de réparer les dommages qu’il a causés. La culture du sol devrait être arrêtée. Si des mesures douces comme de répandre de la paille et de semer du trèfle sont pratiquées, au lieu d’utiliser des machines et des produits chimiques fabriqués par l’homme pour faire une guerre d’anéantissement, l’environnement reviendra alors à son équilibre naturel et même les mauvaises herbes gênantes pourront être contrôlées.

    (La révolution d’un seul brin de paille, Une introduction à l’agriculture sauvage, Guy Trédaniel, 2005)

    janvier 3, 2009 à 10 h 17 min

  22. Je suis allé prospecter dans un de ces supermarchés du jardinage qui fleurissent aux abords des grandes cités pour tenter de dénicher la fameuse grelinette conseillée par l’am’Isi… glurp ! je n’avais pas imaginé que ça valait ce prix : 130 euros !!!!!
    Du coup, le jardin ne sera pas « grelinetté » cette année !

    février 10, 2009 à 20 h 01 min

  23. Isidore

    T’as qu’à faire comme moi: tu te la fais offrir pour ton anniversaire (ou autre chose si tu préfères).

    février 10, 2009 à 22 h 59 min

  24. Amélie

    Merde… Isi, au secours!!!!… je profite d’un moment d’inattention de Vincent : il m’a attaché une herse au c… et menace d’un fouet pour que je me déplace à quatre pattes dans le jardin !! appelle les secours !!!!

    février 11, 2009 à 18 h 08 min

  25. Isidore

    C’est bizarre… d’habitude c’est plutôt par les cheveux qu’il faut atteler. Tu as dû lui faire quelque chose à notre ami Vincent pour qu’il te l’attache comme ça au c…. Franchement je ne comprends pas autrement. En plus c’est beaucoup moins efficace pour le travail car on sait bien que la douleur stimule énormément l’effort. Allons Vincent ressaisis-toi, bon sang !!!

    février 11, 2009 à 18 h 46 min

  26. 🙂
    ebé on s’éclate par ici !
    pfiou moi je suis dégouté, je n’ai que des plantes d’appartements, et mon bougainvilliers a perdu toutes ses feuilles.. je fais quoi pour le sauver ?

    février 12, 2009 à 2 h 01 min

  27. Valentin

    Eh bien j’arrive trop tard. A la lecture des commentaires je me suis dis : tiens tiens je vais parler de Fukuoka, mais c’est déjà fais. Mais je me permet de laisser un commentaire pour en fait essayer de « comprendre » s’il est possible le pourquoi de ce site ? Il me semble qu’il y a très peu de personne « hors tribu » qui s’aventure a laisser des commentaire, m’enfin c’est vrai que j’ai pas tout lut, et je crois que je lirai jamais tout ! Mais ça me semble bien intéressant tout ça, de jolie poèmes et bien d’autre choses. Et beaucoup de question … Si vous pourriez me répondre, même si ça na pas sa place parmi le sujet.

    février 26, 2009 à 23 h 20 min

  28. Salut Valentin !
    Bienvenue au PP !
    Si ta question est le pourquoi de ce site, alors pourquoi pas ? 😀
    et sinon pour les autres, tu peux toutes les poser, je suis sur qu’on se fera une joie de te répondre 🙂

    février 26, 2009 à 23 h 45 min

  29. Isidore

    Bien le bonjour, Valentin.
    Si tu veux quelques éléments initiateurs de ce blog, alors n’hésite pas à consulter la rubrique « Le PP » à côté de « Home » et « La tribu » dans la frise d’accueil du blog.
    Et surtout n’hésite pas à ajouter ton grain de sel, si tu le désires.

    février 27, 2009 à 6 h 56 min

  30. ValentinValentin

    J’ai déjà consulté les rubriques explicatives 🙂 !
    Je me ferai une joie de lire l’essentiel de ce site quand j’en aurai l’occasion, et d’y laisser mes avis, mais ce ne sera pas ce week-end, vagabondage en prévision. Alors je vous dis a très bientôt surement !

    février 27, 2009 à 11 h 02 min

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