"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Yémi

une expérience stupéfiante : la lecture de Georges Yemy

L’histoire : celle d’un enfant soldat albinos, en Afrique. Il a 12 ans, il vit en meute avec d’autres enfants soldats comme lui,  sous les ordres d’un sergent cynique qui les drogue avec force brassées de pilules, et il tue, viole, torture, tue encore. Quand son contingent est décimé, qu’ il est libéré de la drogue et de la meute, il entreprend de faire face aux crimes qui le hantent, sur un chemin qui semble être celui de la rédemption.

Ce roman est une expérience stupéfiante dans le sens où les mots y perdent toute forme rigide et se métamorphosent pour mieux pénétrer les profondeurs du lecteur. On plonge dans la magie du monde. Et si violents, si insoutenables parfois que soient les propos, il m’a semblé percevoir une forme d’acceptation du monde tel qu’on l’a souvent évoquée au PP, à savoir que tout est un tout. Que le mal, le bien, sont des notions absurdes. Qu’il n’y a pas forcément de début, ni de fin, plutôt un mouvement, puissamment imprégné de sacré.

Je n’ai pas trouvé le terme pour définir ce qui m’a le plus happée dans ce livre : « mysticisme » est trop pauvre, « panthéisme » aussi, et « sacré », curieusement, est réducteur. Il y a des souffles, des lumières, un jeu d’ombres…des choses qui ne sont pas exactement telles qu’on croit les voir. D’ailleurs le héros est un albinos au regard qui vacille…

J’aimerais beaucoup pouvoir parler de ce roman extraordinaire, mais les mots me manquent. Il faudrait que vous le lisiez, et que l’auteur s’exprime ici…