"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

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Frère Escargot

Autonome (avec son abri portatif) et lent (donc résistant aux leurres et vertiges de la vitesse), l’Escargot est déjà le symbole du Parti pour la décroissance.

Archaïque et discret bien qu’omniprésent (sous le « vernis » des feuilles humides), nulle doute qu’il a sa place ici, aux côtés du Lombric, d’autant plus qu’il a sûrement constitué une grande part de la gastronomie préhistorique.

N’est-ce pas le seul animal qui se « chasse » et « cueille » en même temps ?

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Frère Renard

Bien avant d’utiliser des chiens pour chasser les Renards, les hommes préhistoriques les entretenaient-ils comme animaux domestiques ?

C’est ce que peut laisser penser la récente découverte d’Uyun-al-Hammam, au nord de la Jordanie : un Renard enterré avec un Humain. Cette sépulture date de 16 500 ans, soit 4 000 ans avant la première sépulture connue réunissant un Humain et son Chien.

Plus d’info : ici

Une bonne raison pour se pencher un moment (après le Corbeau, le Lombric et le Cerf) sur Maître Goupil.


Un mythe ancestral : devenir animal

Avant qu’il ne devienne un simple objet sans âme, voire un repoussoir, l’animal était un frère, un modèle, un dieu. On cherchait davantage à incorporer  son esprit qu’à l’éliminer, à se soumettre à son pouvoir qu’à le dominer.

Une belle illustration de ce mythe païen, et de sa dimension initiatique, me semble être la fameux combat des sorciers dans la légende de Merlin l’enchanteur… et Le pays sous l’écorce, le petit chef d’oeuvre de Jacques Lacarrière, une preuve de sa subsistance sous le vernis « moderne ».

« La seule façon de rejoindre la nature profonde de l’homme, nous dit l’enseignement zen mis en exergue par Lacarrière, c’est le non-humain. »


Nous, les singes

Même si nous rechignons souvent à l’admettre, nous sommes des primates. Des super-primates, certes, mais rien de plus et sûrement pas des anges déchus ou on ne sait quelle fiction du genre. C’est ce qui explique tout bonnement que nous soyons si curieux,  inventifs, bavards, paresseux, peureux, passionnés, infidèles, grégaires, etc. et si peu confiants, autonomes, tolérants, propres, etc.

Bien entendu, tout serait autrement si nous descendions de la fourmi, de l’éléphant, du chat, des aigles ou de n’importe quel autre animal.

L’humoriste américain Clarence Day a fait de cette réflexion un petit bijou d’humour et de pertinence en 1920 : This Simian World (que Phébus édite en poche depuis 2007 sous le titre Nous, les singes, pour à peine 7 euros).

En voici ce qui me semble être la morale :

« […] Notre problème n’est pas de découvrir comment nous devrions nous comporter si nous étions différents, mais comment nous devons nous comporter, étant ce que nous sommes. Nous pouvons imaginer jusqu’à plus soif des êtres différents de nous ; mais ils n’existent pas, et quand bien même ils existeraient, impossible de certifier qu’ils seraient meilleurs. […] Trop de moralistes fondent leur morale sur leur dégoût de la réalité : leur dégoût des hommes tels qu’ils sont. Libre à eux de ne pas les apprécier, mais pas d’être en même temps des moralistes. Leur attitude les conduit à ignorer ce qui devrait être une obligation pour tous les enseignants, « découvrir le meilleur de ce que l’homme peut accomplir, et non lui imposer des buts impossibles en lui disant qu’il sera damné s’il ne les atteint pas. » L’homme peut être modelé – considérablement – et il est souhaitable qu’il ait des aspirations. Mais il a tendance à s’empresser d’accepter n’importe quel idéal sans se demander s’il est adapté à un usage primate. […] »

Je me demande si, sous ses aspects légers, ce n’est pas un des livres les plus profonds qu’il m’ait été donné de lire ces derniers temps.


Frère Cerf

Son brame, sorti du fond des âges, retentit en cette période en nos bois. Occasion de rendre une nouvelle fois hommage à celui qui sans nul doute fascina nos ancêtres.

Beaucoup de choses ont déjà été dites ici… mais il reste tant encore à dire sur le sujet !


Frère Lombric

Après, le Corbeau, voici donc le Lombric !

Un animal assurément « préhisto » : par son archaïsme d’abord, son goût pour l’ombre et l’humus ensuite, sa présence sourde mais massive et capitale… et l’ingrat dégoût qu’il suscite chez ses frères Humains qu’il accompagne pourtant depuis la nuit des temps.

Allez hop ! pour le Lombric, levons notre ver !


« Hue, a dia! »

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Et voilà, c’est parti ! Désirée et Naïa équipées des outils de maraîchage Prommata, s’initient (et nous avec) à cette ancestrale tradition agricole: la traction animale. Les ânes ayant l’avantage de l’intelligence et du calme ne se dressent pas. Ils comprennent très vite ce qu’on leur demande, et collaborent volontiers dès lors qu’on ne joue pas trop au chef avec eux. Et quel plaisir d’accompagner ainsi un tel déploiement de vigueur physique, en travaillant dans le silence, sans vibration et sans gaz d’échappement (non, non, je vous assure, à ce jour on ne déplore aucune effluve pétomaniaque intempestive !)