"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

quignard

Quignardise (4) : le rêve

« Pourquoi fallait-il perturber le sommeil des animaux à l’aide des rêves ?

Pourquoi fallait-il mettre à mal le repos du corps par ces crises subites d’images désordonnées ?

Pourquoi ces afflux de perceptions fausses et enfièvrées sont-ils apparus en même temps que l’homéothermie chez les oiseaux et les vertébrés ?

Pourquoi un troisième état vint-il ajouter à la vulnérabilité ?

Pourquoi ces animaux immobiles, fermant la porte au milieu extérieur qui les menace, pour s’ouvrir sans défenses à un programme endogène qui précède leur naissance et qui est même antérieur à leur conception ?

Pourquoi les seuls homéothermes qui aient survécu étaient-ils les rêveurs ? »

(Sur le jadis, Dernier royaume II, Grasset, 2002)

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Quignardise (3) : Sur la culpabilité paléolithique

Le fœtus mange sa mère.
Le chasseur mange le fauve.
La culpabilité paléolithique est un obscur sentiment de faute attaché à manger plus fort que soi et plus vivant que soi.
Les mains encore souillées du sang de la chasse on redoute la vengeance de la proie mise à mort.
On la mange : un « re-mords » s’ébauche pour chaque morsure qu’on fait dans le corps qui est autre.
Détrivorie, carnivorie, cannibalisme : l’homme mange du passé.
L’homme vole du passé au jadis.

(Abîmes, Dernier royaume III, Grasset, 2002)


Frère Corbeau

Il semble nous tourner autour depuis quelque temps.

C’est d’abord l’oiseau de saison, choisi pour illustrer l’hiver aussi bien par Guillevic, Verhaeren et le Mirliton (voir les commentaires de l’article consacré à cette saison).

C’est aussi l’oiseau magique qui inspira les chamans et les Celtes… et parle encore à certains (notamment Isidore si on se réfère à son commentaire 34 de l’article commémorant le centenaire de CLS).

C’est enfin un militant fidèle du Parti, qui clame bien haut le nom de notre chroniqueur préhisto : Craô !

Il mérite donc bien ce petit article, comme une branche sur laquelle il pourra faire son nid.