"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Collina-Girard

Sous le préhistorien, même scientifique, se cache… devinez quoi ?

…Un « préhisto », bien sûr !

C’est en tout cas Jacques Collina-Girard (cf. photo) qui le dit en conclusion de son ouvrage intitulé Le feu sans allumettes (éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1998). Et c’est assez amusant pour être rapporté ici.

Petit résumé, donc.

Lorsqu’elle évoque la production de feu par friction, la littérature scientifique a coutume d’avancer l’idée que la réussite de l’entreprise nécessite la combinaison de deux bois aux caractéristiques bien différénte : un bois dur pour le forêt (ou « drille »), un bois tendre pour la planchette.

Or, l’expérimentation rigoureuse qu’il a menée sur la question (20 bois testés deux à deux lors de 200 essais) démontre que cela ne  se rapporte à aucune réalité objective car les meilleures combustions ont toujours lieu avec deux bois tendres (qui s’usent vite et produisent beaucoup de sciure).

D’où vient l’erreur ?

Tout simplement, selon lui, d’une persistance de la « pensée sauvage » au coeur même de la rationalité scientifique : une imagerie anthropomorphique instinctive inciterait en effet à reporter, de façon analogique, l’opposition mâle/femelle sur le monde extérieur (même dénué de toute sexualité).

Intéressant, non ?

Vision binaire du monde, quand tu nous tiens !

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