"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

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Primitifs vs Modernes : CLS renverse une idée reçue

L’idéologie progressiste (à forte connotation positiviste) a tendance à envisager l’histoire — notamment depuis le Néolithique — comme une lente et irrémédiable émancipation de l’Humanité.

On peut cependant voir les choses tout autrement. C’est ce qu’esquisse malicieusement Claude Lévi-Strauss dans une des trois conférences prononcées en 1986 à Tokyo que vient d’éditer le Seuil sous le titre L’anthropologie face aux problèmes du monde moderne.

Extrait :

« […] Nous savons aujourd’hui que des peuples qualifiés de « primitifs », ignorant l’agriculture et l’élevage, ou ne pratiquant qu’une agriculture rudimentaire, parfois sans connaissance de la poterie et du tissage, vivant principalement de chasse et de pêche, de cueillette et de ramassage des produits sauvages, ne sont pas tenaillés par la crainte de mourir de faim et l’angoisse de ne pouvoir survivre dans un milieu hostile.

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Silex and the city

Dans la série « préhistoire traitée de façon anachronique » (donc humoristique), on a déjà abordé le cinéma et aperçu, dans le domaine littéraire,  le fameux Pourquoi j’ai mangé mon père de Roy Lewis).

Dans le rayon BD, est sorti cette année Silex and the city, de Jul.

« C’est la crise ? Investissez dans l’Âge de pierre ! », nous conseille le 4e de couverture. On ne saurait mieux le dire… et vous le conseiller à notre tour.

Vous ferez notamment connaissance avec la famille Dotcom : le grand-père Julius (ancien de Mai 68 000 avant JC), le père Blog (prof de chasse et « Homo erectus qui se lève tôt »), la mère Spam (prof de Préhistoire-Géo en Zone d’Evolution Prioritaire), la fille Web (Dolto-Sapiens et Fashion-victim) et le fils Url (alter-darwiniste radical : anti-fourrure, anti-chasse et anti-feu).

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On ne se déprend pas du sacré…

[…] Le sacré précède le religieux et lui survivra. “Religion” est un mot latin qui n’a pas de traduction en chinois, ni en hébreu, ni en persan, ni en grec. Cela signifie pour nous un Dieu, un clergé, des écritures et des dogmes, acquis tardifs. Au temps de Stonehenge, il n’y avait pas de religion, mais il y avait du sacré. Et quand une religion s’en va, un sacré repousse tout seul, puisque ainsi s’appelle ce qui permet à un tas d’individus de se vivre comme un tout. On ne se déprend pas du sacré en le sécularisant. Michelet l’a fort bien dit pour la Révolution. […]

(Régis Debray, entretien sur Causeur avec Elisabeth Lévy)