"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

scientifique

Frère Renard

Bien avant d’utiliser des chiens pour chasser les Renards, les hommes préhistoriques les entretenaient-ils comme animaux domestiques ?

C’est ce que peut laisser penser la récente découverte d’Uyun-al-Hammam, au nord de la Jordanie : un Renard enterré avec un Humain. Cette sépulture date de 16 500 ans, soit 4 000 ans avant la première sépulture connue réunissant un Humain et son Chien.

Plus d’info : ici

Une bonne raison pour se pencher un moment (après le Corbeau, le Lombric et le Cerf) sur Maître Goupil.


A chacun son churinga !

C’est en lisant un livre d’entretiens de C.G. Jung que je découvre l’existence des churingas ou « pierres d’âme ». Je cite :

« […] j’ai lu un article sur des découvertes préhistoriques faites au lac de Burgäschi. Il s’agissait de cités lacustres, comme on les appelle, bâtis sur des marais ou marécages. Dans ce lieu, on posait simplement des couches de troncs d’arbres sur lesquelles on érigeait des huttes. Devant l’un des huttes on trouva un pavé. Chaque pierre —  ce n’étaient pas des grosses pierres, mais plus ou moins de la taille du poing — était enveloppée séparément dans des écorces de bouleau, dans du raphia de bouleau, et les pierres étaient posées de façon régulière. C’est une cache de pierres d’âme. Nous en connaissons aujourd’hui la signification, grâce aux Aborigènes vivant encore en Australie centrale. (suite…)


Le Néolithique : révolution ou vérolution ?

Lors de sa récente conférence à Besançon, François Couplan a eu cette formule choc : « la première graine plantée avait en germe la bombe atomique ». C’est bien évidemment un peu rapide… et excessif, mais les regards critiques sur la révolution néolithique sont trop rares — et déstabilisants — pour ne pas nous y pencher quelque peu.

Voici ce qu’on peut lire de plus étoffé dans un de ses derniers ouvrages, intitulé La nature nous sauvera, Réponses préhistoriques aux problèmes d’aujourd’hui (Albin Michel, 2008) :

« […] Pendant près de trois millions d’années, l’homme vit des présents de la nature. Puis, voici un peu plus de dix mille ans, il décide de produire sa nourriture en semant des graines de céréales et des légumineuses. Les raisons n’en sont pas vraiment claires, mais aucun manque particulier ne semble l’y avoir poussé. Certaines tribus du Moyen-Orient viennent de se sédentariser, et leurs membres ont sans doute l’idée de transporter à proximité de leur domicile quelques-unes des plantes qu’ils ont l’habitude de récolter dans la nature. A moins que les grains de ces dernières n’y aient germé spontanément. En tout cas, le résultat est concluant : l’homme dispose ainsi d’une forme d’énergie aisément stockable et se libère donc, dans une certaine mesure, des contraintes de son milieu. Mais il lui faut commencer par défricher, c’est-à-dire éliminer systématiquement ce que la nature a fait pousser. Et il devra ensuite constamment détruire les plantes qui, spontanément, se développent sans relâche — on a choisi de nommer « mauvaises herbes » ces végétaux cordialement détestés, ce qui est significatif du nouvel état d’esprit. Pour accroître sa productivité, le cultivateur invente toute une technologie qui le sépare de plus en plus de la terre : la houe, la charrue, la traction animale, le tracteur, les engrais… Et afin de mieux protéger « ses » cultures, il finit par mettre au point des pesticides capables de tuer toute vie. A force de devoir se battre contre elle, l’agriculteur en est venu à considérer la nature comme une ennemie, tandis que le cueilleur la vivait comme sa mère nourricière. […] »


Neandertal… et la mythologie judéo-chrétienne

Dans Le Monde, magazine de cette semaine, un article de Stéphane Foucart,  intitulé « Comment Neandertal écrit une autre histoire de l’homme », dont j’extrais le passage suivant :

« […] la tentation est forte de tout ramener à sapiens — et de préférence à Cro-Magnon, sa version européenne. « Lorsqu’on a découvert en 1994 la grotte Chauvet, qui plantait à 32 000 ans un art extraordinairement maîtrisé, on a frémi en se disant : « C’est en Occident que ça a commencé ! » raconte le paléoanthropologue Pascal Picq (Collège de France). Et puis il y a eu les découvertes de Blombos, en Afrique du Sud, qui remontent à plus de 70 000 ans ! » Il s’agissait alors de parures de coquillages, les plus anciens bijoux jamais exhumés. L’art n’est donc pas né en Europe. Est-il né avec sapiens ? Là encore, rien n’est moins sûr : « Certains bifaces, qui remontent à un million d’années, sont déjà en quelque sorte des objets d’art ! », dit Pascal Picq.

Comment ne pas voir dans cette manière de reconstruire l’histoire de sapiens — notre propre histoire, en somme — les éléments-clés de la mythologie judéo-chrétienne ? […]

« Bien souvent, il y a référence à nos mythes, parfois de manière inconsciente, dit Pascal Picq. Avec le schéma « Out of Africa », on est en quelque sorte passé de l’idée de Peuple élu à celle d’espèce élue. Quant au rapport entre sapiens et Neandertal, on est en plein dans le rapport que les Occidentaux ont pu avoir avec les Indiens d’Amérique… » Sortie d’Egypte, sortie d’Afrique… L’idée de cette « sortie » est d’ailleurs si prégnante, ajoute le préhistorien Eric Boëda (université Paris-X), « qu’on ne parle généralement que de sorties d’Afrique et jamais ou rarement de déplacements ou de retours vers l’Afrique, qui n’ont aucune raison d’être écartés ! ». Entre le peuple hébreu qui passe la mer Rouge pour supplanter les Cananéens, et Homo sapiens qui franchit le même gué pour s’affronter aux autres hommes — Neandertal en tête –, le parallélisme est saisissant. « J’ai beau être laïque, plaisante Pascal Depaepe, je ne suis pas complètement certain que mon cerveau puisse se débarrasser de deux mille ans d’histoire judéo-chrétienne lorsqu’il réfléchit à ces questions. » […]

Quelque chose me dit qu’il y a là matière à discussions…


Frère Cerf

Son brame, sorti du fond des âges, retentit en cette période en nos bois. Occasion de rendre une nouvelle fois hommage à celui qui sans nul doute fascina nos ancêtres.

Beaucoup de choses ont déjà été dites ici… mais il reste tant encore à dire sur le sujet !


Néandertal : métamorphose d’un aïeul

Si l’on en croit Claudine Cohen (auteur de Un Néandertalien dans le métro, Seuil, 2007) la première reconstitution en pied de Neandertal est ce dessin de 1909, réalisé par l’illustrateur tchèque Kupka, conseillé par l’anthropologue Marcellin Boulle qui étudia le premier squelette presque entier découvert l’année auparavant à La Chapelle-aux-Saints (Corrèze)

Aujourd’hui, on le représente plutôt comme ça (Reconstitution de John Anthony Gurche)

Entre temps, un siècle de recherche paléontologique mais surtout changement d’époque : la modernité positiviste laisse la place à une postmodernité sans doute moins arrogante.

Et demain, quelle image donnera-t-on à notre lointain et mystérieux ancêtre ?


L’étrange (et souriante) tribu des Pirahâs

C’est grâce à Daniel L. Everett que nous connaissons les Pirahâs. Ce linguiste anthropologue américain a en effet passé plus de sept années dans cette petite tribu d’Indiens d’Amazonie et fait le récit de cette étonnante expérience dans un ouvrage paru en 2008 et traduit en 2010 par Flammarion sous le titre : Le monde ignoré des Indiens pirahâs.

Et l’on découvre une tribu singulière et vraiment déroutante :

« Un groupe de visiteurs, des psychologues du département des neurosciences cognitives du Massachussets Institute of Technology, m’ont fait observer qu’ils paraissent être le peuple le plus heureux qu’ils aient vu au monde. Je leur ai demandé comment vérifier une telle déclaration. Ils m’ont répondu qu’on pouvait mesurer le temps que le Pirahâ moyen passait à sourire et à rire, puis le comparer avec le nombre de minutes que souriaient et riaient les membres d’autres sociétés, comme les Américains. Les Pirahâs gagneraient haut la main, disaient-ils. Parmi la vingtaine de groupes amazoniens isolés que j’ai étudiés ces trente dernières années, seuls les Pirahâs font preuve d’un bonheur aussi inhabituel. Presque tous les autres Indiens semblent souvent maussades et renfrognés, tiraillés qu’ils sont entre le désir de préserver leur autonomie culturelle et celui d’accéder aux biens du monde extérieur. Les Pirahâs ne connaissent pas ce genre de conflit. »

Quel est donc leur secret ? En quoi leur rencontre peut-elle être celle de l’altérité radicale ? Réponses dans les commentaires…


Le Tussilage (ou « Pas d’âne »)

Espèce pionnière appréciant les sols remués, on retrouve souvent le Tussilage dans les jardins labourés où elle est malheureusement souvent étiquetée « mauvaise herbe », donc sauvagement éliminée. C’est pourtant une ancestrale compagne qui mérite une bien meilleure considération.

Les jeunes feuilles sont en effet comestibles et se mangent en salade (il suffit d’ôter, en le roulant sous le doigt, le fin duvet qui recouvre la face inférieure). Plus tard, elles deviennent caoutchouteuses et sont alors meilleures cuites. Elles font notamment d’excellents beignets !

Les fleurs, avec leur tige juteuse, sucrée et aromatique, peuvent également être consommées crues (dans les salades qu’elles décorent joliment) ou cuites. Notons qu’elles présentent la particularité d’apparaître avant les feuilles.

Brûlées et séchées, les feuilles donnent des cendres qui peuvent servir de succédané au sel. Fermentées et séchées, elles peuvent aussi remplacer le tabac. L’infusion de feuilles et de fleurs soigne enfin la toux (d’où le nom de la plante).

Nul doute que nos lointains ancêtres savaient reconnaître et apprécier toutes ces vertus. Pourquoi n’en ferions-nous pas, à notre tour tout autant ?


Ces tribus aux moeurs étranges ou…

… Petit éloge de l’anthropodiversité

La pulsion de créativité humaine ne limite pas son champ d’action aux seuls domaines dits « artistiques » (assemblages de sons, de couleurs, de gestes, etc.). Elle s’étend aussi aux us et coutumes de la vie collective : l’art de vivre ensemble.

Rendons ici hommage à cette incroyable diversité des moeurs — réelles ou imaginaires !


Frère Lombric

Après, le Corbeau, voici donc le Lombric !

Un animal assurément « préhisto » : par son archaïsme d’abord, son goût pour l’ombre et l’humus ensuite, sa présence sourde mais massive et capitale… et l’ingrat dégoût qu’il suscite chez ses frères Humains qu’il accompagne pourtant depuis la nuit des temps.

Allez hop ! pour le Lombric, levons notre ver !


Un très vieux compagnon : l’alcool

« Quel est le liquide magique qu’on peut se procurer partout, sous l’équateur aussi bien que sous la banquise, et qui n’existe pas à l’état naturel, alors que la nature entière est à ses ordres ? Tout lui est bon : insectes, fruits, baies, l’avant-garde bientôt suivie par le gros de la troupe, les céréales, les tubercules, les bulbes, la sève, l’herbe, le lait. Les procédés de fabrication ? Ils sont si nombreux, n’importe lesquels : on écrase, on mâche, on laisse pourrir, on gèle, on chauffe. Tout réussit à partir de n’importe quoi. Dans le cycle de l’alcool, on ne rencontre guère qu’une difficulté, quand il s’agit de le faire boire. Elle n’est d’ailleurs pas si courante, et se trouve vite vaincue […].

L’alcool peut tout et il fait face à tout : il éveille et il endort, il épuise ou il nourrit, il engraisse ou il amincit, il tue ou il guérit. Jamais neutre, toujours fier et têtu. Il ne s’est jamais laissé réduire en poudre ou concentrer en pilules. Il se boit mais ne se mange pas. De la baie de genièvre au gin, de l’hydromel à l’aquavit, l’alcool a accompagné l’homme tout au long de son parcours.

[…] Aujourd’hui milliardaire en tous pays, l’alcool a mauvaise presse. N’aurait-il enchanté que des ingrats ? Vin de bouleau, de genièvre, de pomme, décoction d’ivraie, infusion de pavots… il se pourrait qu’il ait été le premier plat cuisiné, c’est-à-dire non prélevé directement sur la nature. Sans même avoir à y songer, on obtenait une transformation qui équivalait à une cuisson. Transformation, révélation. Comment en un or pur ce cuivre s’est-il changé ? L’utile complétant l’agréable, l’alcool a peut-être répondu le premier à la question : comment passer l’hiver ? Avec trois pommes on obtient une bolée de cidre qui durera toute l’année. Conserve et parfois conservateur, le vin est un aliment, comme Pasteur l’a souligné. Et, quand le feu viendra, il sera l’élément le plus dynamique de la nouvelle cuisine. »

(Raymond Dumay, Le Rat et l’Abeille, Court traité de gastronomie préhistorique, Phébus, 1997)


La neige

Mais qu’est-ce donc que ce voile blanc qui descend par fragment recouvrir — et effacer — toute chose ici-bas ?

Et pourquoi suscite-t-il en nous, malgré tous ses désagréments, une si irrépressible frénésie ?


Nos glorieux aïeux (1) : Ardi

On connaît tous plus ou moins Lucy, peut-être aussi Otzi, voire Toumaï et Orrorin. Sans doute en parlerons-nous un de ces jours plus en détail, comme nous avons déjà tenté de le faire avec leurs lointains ancêtres : Ida et Purgatorius.

En attendant, célébrons aujourd’hui l’entrée toute récente d’Ardi dans notre grande famille.

En résumé : le plus ancien hominidé (1 million d’année plus ancienne que Lucy) dont on dipose du squelette complet. Et surtout (là est l’événement) : déjà debout, la mamie !

Et si le supposé ancêtre commun aux Hominidés et aux Grands Singes (estimé aux environs de 6 millions d’années, soit moins de 2 millions d’années avant) était, lui aussi « déjà debout » ? Ce ne serait plus « l’Humain descend du Singe » (comme on a disait autrefois pour simplifier Darwin) mais tout bonnement le contraire.

(suite…)


la lune

Quel attracteur étrange que cette Lune qui fait lever les océans, hurler les loups, soupirer d’extase l’enfant sauvage (voir commentaire 32) et chanter tous les poètes !

Et vous — préhistos, modernes (plus ou moins « post ») –, que vous inspire-t-elle ?


Les deux chasses

Puisque la saison s’ouvre — et que c’est un des domaines au programme du PP (si l’on s’en tient au texte inaugural du 20 décembre 2007) — tentons d’aborder le vaste sujet de la chasse.

Commençons peut-être déjà par distinguer les deux modes de chasse, véhiculant deux logiques opposées, pratiquées aujourd’hui : la battue et le pirsch.

La première est bien connue car elle est largement majoritaire en France ainsi que dans les pays d’Europe méridionale (globalement dans la zone de langue romane). Collective, bruyante et populaire, c’est une chasse de type « cueillette » (aléatoire) aux modalités fortement « démocratiques » (territoire de chasse collectif, partage du gibier équitable, etc.).

La seconde est essentiellement pratiquée en Allemagne et en Europe centrale (globalement dans la zone de langue germanique). Individuelle, silencieuse et élitiste, c’est une chasse de type « récolte » (culte du trophée) aux modalités beaucoup plus « aristocratiques » (vaste territoire pour un seul bénéficiaire, rituels complexes, etc.).

Les deux ont sans nul doute des origines plus que lointaines. Bien malin celui qui pourrait prétendre que l’une est plus « préhisto » que l’autre.

Y’en a-t-il cependant une qui vous attire plus (ou vous répugne moins) que l’autre ?


Sous le préhistorien, même scientifique, se cache… devinez quoi ?

…Un « préhisto », bien sûr !

C’est en tout cas Jacques Collina-Girard (cf. photo) qui le dit en conclusion de son ouvrage intitulé Le feu sans allumettes (éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1998). Et c’est assez amusant pour être rapporté ici.

Petit résumé, donc.

Lorsqu’elle évoque la production de feu par friction, la littérature scientifique a coutume d’avancer l’idée que la réussite de l’entreprise nécessite la combinaison de deux bois aux caractéristiques bien différénte : un bois dur pour le forêt (ou « drille »), un bois tendre pour la planchette.

Or, l’expérimentation rigoureuse qu’il a menée sur la question (20 bois testés deux à deux lors de 200 essais) démontre que cela ne  se rapporte à aucune réalité objective car les meilleures combustions ont toujours lieu avec deux bois tendres (qui s’usent vite et produisent beaucoup de sciure).

D’où vient l’erreur ?

Tout simplement, selon lui, d’une persistance de la « pensée sauvage » au coeur même de la rationalité scientifique : une imagerie anthropomorphique instinctive inciterait en effet à reporter, de façon analogique, l’opposition mâle/femelle sur le monde extérieur (même dénué de toute sexualité).

Intéressant, non ?

Vision binaire du monde, quand tu nous tiens !


Quignardise (4) : le rêve

« Pourquoi fallait-il perturber le sommeil des animaux à l’aide des rêves ?

Pourquoi fallait-il mettre à mal le repos du corps par ces crises subites d’images désordonnées ?

Pourquoi ces afflux de perceptions fausses et enfièvrées sont-ils apparus en même temps que l’homéothermie chez les oiseaux et les vertébrés ?

Pourquoi un troisième état vint-il ajouter à la vulnérabilité ?

Pourquoi ces animaux immobiles, fermant la porte au milieu extérieur qui les menace, pour s’ouvrir sans défenses à un programme endogène qui précède leur naissance et qui est même antérieur à leur conception ?

Pourquoi les seuls homéothermes qui aient survécu étaient-ils les rêveurs ? »

(Sur le jadis, Dernier royaume II, Grasset, 2002)


Restau préhisto

A LA CARTE

Attention : pendant les périodes glaciaires, nous ne pouvons garantir à notre clientèle préhistorique l’approvisionnement en fruits et légumes. Pour la viande, certains animaux frileux sont susceptibles de migrer vers le sud.


LES ENTREES

– Salade verte (cueillie au bord de la rivière)

– Champignons frais sauce menthe (feuilles)

– Escargot en coquille

– Soupe de poissons (pêchés avec harpon ou grâce à des nasses)

– Omelette d’oeufs de lagopède à l’ail

– Assortiment d’insectes pour fine bouche (à griller ou à faire bouillir avec des pierres chaudes jetées dans l’eau)

– Oeuf cuit dur (enveloppé dans une couche d’argile et posé sur des braises)

(…/…) (suite…)


Haut-lieu « préhisto » (2) : La Caune de l’Arago (Tautavel)

C’est une petite cavité dominant une vallée fertile des Corbières, entre les communes de Tautavel et Vingrau, dans les Pyrénées Orientales, à une vingtaine de kilomètres de la Méditerranée.

A ses pieds, le Verdouble et ses gorges (dites du Gouleyrous) s’offrent au soleil catalan et aux baigneurs. (suite…)


Le déracinement moderne…

…et la revanche du chiendent ?

[…] Vers la fin du XVe siècle, les pharmacopées manuscrites où des plantes sont figurées connaissent une mutation a priori peu frappante pour des yeux accoutumés à l’illustration botanique moderne : les racines disparaissent. On se met à représenter une tige coupée ou un simple rameau florifère. La suppression n’est pas fortuite, elle est contemporaine de la grande révolution qui va voir la nature échapper à l’ordre intangible de la Création, devenir pensable comme objet en soi alors qu’elle était propriété divine (ou démoniaque). Au moment où Copernic démontre que la Terre n’est plus le centre de l’univers, les botanistes du XVIe siècle arrachent la plante à ses profondeurs mythiques. Certains, comme Rambert Dodoens (Histoire des plantes, 1557), voudront que les bois gravé qu’ils publient des arbres continuent d’évoquer au moins la souche et ses racines. Mais quand celles-ci sont représentées chez les plantes herbacées, c’est parce qu’elles sont devenues un caractère utile à l’identification. Et l’on se met à ironiser sur les « fables » des manuscrits médiévaux. Au sens littéral, la modernité se déracine des « temps obscurs », prenant appui sur une Antiquité qui avait déjà connu, avec Théophraste, la première naissance de la botanique. Tandis que le chiendent continue de ramper sous les siècles, attendant les défaillances de cette raison qu’il a, à son humble place, contribué à nourrir. […]

(Pierre Lieutaghi, La plante compagne, Pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale, 1991)


Une révolution tranquille. Chapitre 1: AVC ou le mystère des deux cerveaux

En guise de premier chapitre d’ « Une révolution tranquille », je vous propose de visionner cette vidéo (18 mn, pas plus…)
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Couper l’humain en quatre ?

Philippe Descola (que l’on a coutume de désigner comme le successeur de Claude Lévi-Strauss) est spécialisé dans l’anthropologie comparée. Il s’intéresse tout particulièrement à ce qu’il appelle l’ « écologie des relations ».

Au terme de son immense travail (voir notamment Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005), il est parvenu à distinguer quatre types de cultures humaines, quatre façons d’appréhender le monde et la place de l’Humain dans celui-ci : le totémisme, l’animisme, l’analogisme et le naturalisme.

En quelques mots :

– les totémistes comprennent les différences entre les humains grâce à celles que montrent les espèces animales ou florale (et distinguent en conséquence des archipels affiliant des humains à des animaux et des plantes),

– les animistes voient, quant à eux, la même âme dans tous les êtres (chacun étant en quelque sorte habillé d’un corps singulier),

– les analogistes ne perçoivent que des ensembles indéfinis et disparates, des singularités toutes différentes, sans véritable lien entre elles,

– les naturalistes, enfin, distinguent l’humanité (et sa culture) de la nature.

Notre Modernité occidentale appartient bien évidemment à cette quatrième catégorie.

Et si la Post-Modernité, plutôt que de valoriser telle ou telle modalité d’existence au détriment des trois autres, prônait au contraire dans un premier temps la reconnaissance, puis le développement de toutes ces potentialités ?

« Sous le vernis moderne subsiste le préhisto » ne peut-il pas aussi se dire : Sous le vernis « naturaliste » survivent, en chacun de nous, un totémiste, un animiste et un analogiste qui ne demandent qu’à s’épanouir ?

Le travail de Descola ne reviendrait pas alors à diviser l’Humanité en quatre, mais au contraire à la réconcilier, voire la multiplier par ce même nombre.


Nom de code : IDA

Retour sur un fait divers que le PP se doit de couvrir : on a découvert le chainon manquant !!

On le clame sur tous les sites de news, mais que cache se fameux chainon manquant ? Werber en avait écrit un roman complet sur le sujet (Le père de nos pères où l’on découvre comment Adam était un singe, Eve une cochonne..Ah pas bien, j’ai raconté la fin … 🙂 )

(suite…)


Il est bon, mon sauvage !

« La presse française consacrant toutes ses forces à nous parler du talent trop méconnu de Patricia Kaas ou de Johnny Hallyday, c’est comme d’hab’ vers nos confrères d’outre-Manche qu’il faut se tourner pour savoir ce qui se passe dans le monde – y compris chez nous. Figurez-vous qu’un chercheur français, nous apprend The Guardian, vient peut-être de résoudre une des énigmes les plus taraudantes de la Préhistoire : la disparition des Néanderthaliens. D’après Fernando Rozzi du CNRS, leur extinction n’a rien de si mystérieux, ils auraient juste été bouffés par les hommes modernes : Cro-Magnon considérait son lointain cousin à gros pif comme un vulgaire animal de boucherie ! A l’appui de cette hypothèse, le paléo-nutritioniste nous explique qu’un nombre impressionnant de squelettes néanderthaliens porte des micro-traces de dépeçage, qui laissent peu de doutes sur l’identité des coupables et sur leurs mobiles. La coexistence pacifique entre les deux catégories d’homos était jusque-là un des thèmes récurrents de la plupart des séries de vulgarisation scientifique, genre L’odyssée de l’espèce. Il est vrai qu’elle présentait l’insigne avantage de faire remonter à la nuit des temps la mondialisation forcément heureuse et l’enrichissement obligé par les différences. Avec cette réécriture du mythe du bon sauvage, va falloir trouver autre chose à se mettre sous la dent… »

(Marc Cohen, http://www.causeur.fr/il-est-bon-mon-sauvage,2427 )