"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de juin, 2009

Une révolution tranquille. Chapitre 1: AVC ou le mystère des deux cerveaux

En guise de premier chapitre d’ « Une révolution tranquille », je vous propose de visionner cette vidéo (18 mn, pas plus…)
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Haut-lieu « préhisto » (1) : Carnac

Les menhirs sont en rang

Vers quelque chose

Qui doit avoir eu lieu.

(Eugène Guillevic, Carnac, 1961)


En direct live de nos doux lycées de france

Paf! les sujets de l’épreuve de philo du bac sont tombés, et c’est pas triste :

1/ L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien?

2/ Le langage trahit-il la pensée?

3/ Est-il absurde de désirer l’impossible?

4/ Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond?

5/ Que gagne-t-on à échanger?

6/ Le développement technique transforme-t-il les hommes?

Pfiou c’est pas possible, les mecs qui ont pondu ca ont leur carte au parti, non ?


Est-ce que nos ancêtres procrastinaient ?

Petite question toute simple au visionnage de cette video (vue sur placiturne.com):

Alors procrastinateur l’homo erectus ?


Couper l’humain en quatre ?

Philippe Descola (que l’on a coutume de désigner comme le successeur de Claude Lévi-Strauss) est spécialisé dans l’anthropologie comparée. Il s’intéresse tout particulièrement à ce qu’il appelle l’ « écologie des relations ».

Au terme de son immense travail (voir notamment Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005), il est parvenu à distinguer quatre types de cultures humaines, quatre façons d’appréhender le monde et la place de l’Humain dans celui-ci : le totémisme, l’animisme, l’analogisme et le naturalisme.

En quelques mots :

– les totémistes comprennent les différences entre les humains grâce à celles que montrent les espèces animales ou florale (et distinguent en conséquence des archipels affiliant des humains à des animaux et des plantes),

– les animistes voient, quant à eux, la même âme dans tous les êtres (chacun étant en quelque sorte habillé d’un corps singulier),

– les analogistes ne perçoivent que des ensembles indéfinis et disparates, des singularités toutes différentes, sans véritable lien entre elles,

– les naturalistes, enfin, distinguent l’humanité (et sa culture) de la nature.

Notre Modernité occidentale appartient bien évidemment à cette quatrième catégorie.

Et si la Post-Modernité, plutôt que de valoriser telle ou telle modalité d’existence au détriment des trois autres, prônait au contraire dans un premier temps la reconnaissance, puis le développement de toutes ces potentialités ?

« Sous le vernis moderne subsiste le préhisto » ne peut-il pas aussi se dire : Sous le vernis « naturaliste » survivent, en chacun de nous, un totémiste, un animiste et un analogiste qui ne demandent qu’à s’épanouir ?

Le travail de Descola ne reviendrait pas alors à diviser l’Humanité en quatre, mais au contraire à la réconcilier, voire la multiplier par ce même nombre.


« Sauvage » l’épinard !

L’épinard sauvage est l’autre nom du Chénopode, qu’il soit blanc (Chenopodium album), en plaine, ou Bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus), en altitude.

C’est une des « mauvaises herbes » les plus courante tout en étant à la fois excellente (crue ou cuite), nutritive (protéines complètes, acides aminés, vitamine C, etc.) et extrêmement facile à reconnaître (notamment grâce à ses minuscules billes blanchâtres sous les jeunes feuilles qui donnent au toucher la sensation d’humidité).

Des fouilles archéologiques ont montré qu’il est consommé depuis des millénaires (au moins 10 000 ans). Un vrai légume « préhisto », donc. A redécouvrir ! Que ce soit pour consommer ses feuilles ou ses jeunes inflorescences.


Chronique de Craô (9) : le vote et la pensée magique

Mais que vont donc faire tous ces Européens, ce week-end ? Quel étrange rite pratiquent-ils ?

Ils vont voter, bien sûr (du moins certains d’entre eux). Mais pourquoi le font-ils, alors qu’il n’y a pratiquement aucune chance que leur voix soit décisive dans le décompte final des voix ? Hein… pourquoi ?

Demandez-leur et vous verrez que se cache là — dans l’un des plus beaux fleurons de la Modernité — une bonne part de cet archaïsme qu’est la « pensée magique ».

Elle est increvable, celle-la. On la renvoie par la porte, et hop ! elle revient par la fenêtre. En priorité, même, là où on ne l’attend pas. Où on ne la souhaite pas.

De quoi réjouir un « préhisto » (qui pourrait bien aller voter rien que pour la célébrer).

Nawa !


Des préhistos parmi nous (3) : Bernard Charbonneau

Quelqu’un qui écrit cela est forcément préhisto :

« Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui restera, et qui après l’abondance géreront la pénurie et la survie. Car ceux-là n’ont aucun préjugé, ils ne croient pas plus au développement qu’à l’écologie : ils ne croient qu’au pouvoir, qui est celui de faire ce qui ne peut être fait autrement. »

Quelle claque, non ?

vu sur Home: l’argent tombé du ciel?


Question éternelle, réponse postmoderne

Qui sommes-nous  ? Quelle est donc la caractéristique qui nous distingue des autres espèces et par là même nous définit ?

Il semble qu’à l’origine  la question ne se posait pas vraiment ou se résolvait aisément : étaient humains (par exemple inuits, puisque c’est la traduction du terme) les seuls membres de la tribu ou de la communauté. Les autres étaient renvoyés dans un ailleurs barbare, indistinct ou innommable.

La question du propre de l’homme est venue avec l’apparition de la philosophie. Toutes les hypothèses ont depuis lors été suggérées : la raison, le langage, la conscience (notamment de notre finitude), la verticalité, la religiosité… Le rire, même. Toutes ont progressivement été relativisées, voire infirmées, entre autres par l’éthologie qui a décelé toutes ces caractéristiques, en bribes, dans les autres espèces animales. L’idée même d’une distinction en est finalement devenue elle-même hypothétique.

Le développement de la toute nouvelle sphère virtuelle vient cependant — l’air de rien — de relancer l’éternel débat. Dans le souci, tout pragmatique, de distinguer les humains des autres « êtres » qui peuvent circuler sur la toile en tentant de se faire passer pour eux, après quelques tâtonnements, elle a trouvé le crible imparable permettant à tout être humain de « prouver son humanitude »  : demander de copier correctement un ensemble de signes déformés.

Implicitement, donc, la spécificité de l’humanité ainsi repérée est l’étrange capacité (folie ?) d’interpréter les apparences et leur trouver un sens caché.

A bien y réfléchir, n’est-ce pas là la meilleure définition de l’Humain qu’on ait jusqu’à présent trouvée ? Ne sommes-nous pas effectivement cet animal qui ne peut s’empêcher d’imaginer derrière ce monde imparfait un autre monde plus organisé, cohérent, bref rationnel ? Et qui ne trouve, au terme de ce laborieux décryptage, rien d’autre qu’un code ne portant guère plus de sens que les hiéroglyphes de départ.

L’Humain, nous révèle l’époque actuelle, est cet être qui, bien qu’il n’en trouve jamais, cherche toujours du sens.