"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de avril, 2010

L’horreur du retour aux cavernes

« Le mouvement de la décroissance est abusivement assimilé à un retour à la vie des cavernes. Certains s’imaginent obligés de renoncer à la chaleur, au confort, à la sécurité pour revenir à un mode de vie bestial, terrés dans le fond d’une grotte humide, sans issue et sans éclairage, couverts de peaux de bêtes et obligés de partager la viande crue et les baies du voisinage.

Cette vision de la décadence humaine illustre bien le sentiment général : c’est la technologie qui dresse un rempart nous empêchant de revenir à la bête, et non l’exercice des valeurs, du savoir, de la culture, de l’éthique. Pour ne pas plonger dans la barbarie, nous ne recherchons pas la philosophie ou l’intelligence, mais le rasoir électrique. Les gadgets électroniques qui envahissent notre maison sont pour nous les garde-fous contre la déchéance et la bestialité.

Pensant que la décroissance va remettre en cause ces objets fétiches et magiques qui défendent notre humanité, nous craignons de replonger dans le marécage préhistorique.

Nous sentons-nous si près de l’animal que nous ne puissions vivre sans ces objets d’appartenance au monde technologique que sont les ordinateurs, les téléviseurs, les téléphones portables ? Nos connaissane, nos valeurs ne nous paraissent-elles pas déjà suffisamment civilisées ?

L’assimilation de la décroissance à l’âge des cavernes montre bien que nous ne croyons plus à la loi, à la culture, à la pensée. Pour nous éloigner de l’animal, nous préférons ce qui nous déshumanise. »

(extrait de L’Avenir est notre poubelle, L’alternative de la décroissance, de Jean-Luc Coudray, Sulliver, 2010)

Publicités

Ces tribus aux moeurs étranges ou…

… Petit éloge de l’anthropodiversité

La pulsion de créativité humaine ne limite pas son champ d’action aux seuls domaines dits « artistiques » (assemblages de sons, de couleurs, de gestes, etc.). Elle s’étend aussi aux us et coutumes de la vie collective : l’art de vivre ensemble.

Rendons ici hommage à cette incroyable diversité des moeurs — réelles ou imaginaires !


Frère Lombric

Après, le Corbeau, voici donc le Lombric !

Un animal assurément « préhisto » : par son archaïsme d’abord, son goût pour l’ombre et l’humus ensuite, sa présence sourde mais massive et capitale… et l’ingrat dégoût qu’il suscite chez ses frères Humains qu’il accompagne pourtant depuis la nuit des temps.

Allez hop ! pour le Lombric, levons notre ver !


Joyeuses Pâques !

Entre les deux soltices, les fêtes calendaires et autres manières plus ou moins  traditionnelles et/ou spirituelles de célébrer le retour de la lumière — bref, le printemps — ne manquent pas : Epiphanie (6 janvier), Imbolc/Chandeleur (2 février), Lupercales (15 février), Matronalia (1er mars),  Carnaval/Mardi Gras (47 jours avant Pâques), Equinoxe (20 mars), Culte de Cybèle (24 mars), Changement d’heure (dernier dimanche de mars), Rameaux (dernier dimanche avant Pâques), Beltaine (1er mai), etc.

Arrêtons-nous aujourd’hui sur Pâques (dimanche qui suit la pleine lune venant après l’équinoxe de printemps). La référence à la renaissance et au retour bienheureux de la lumière est assez claire dans la célébration chrétienne de la résurrection du Christ tout autant que dans la coutume païenne des oeufs (en chocolat ou décorés).

Ces oeufs proviennent, au choix, des cloches revenant de Rome annoncer la bonne nouvelle ou d’un lapin mythique qui les « pond » la nuit. Est-il besoin de préciser quelle est l’option préférée du PP ?