"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

L’horreur du retour aux cavernes

« Le mouvement de la décroissance est abusivement assimilé à un retour à la vie des cavernes. Certains s’imaginent obligés de renoncer à la chaleur, au confort, à la sécurité pour revenir à un mode de vie bestial, terrés dans le fond d’une grotte humide, sans issue et sans éclairage, couverts de peaux de bêtes et obligés de partager la viande crue et les baies du voisinage.

Cette vision de la décadence humaine illustre bien le sentiment général : c’est la technologie qui dresse un rempart nous empêchant de revenir à la bête, et non l’exercice des valeurs, du savoir, de la culture, de l’éthique. Pour ne pas plonger dans la barbarie, nous ne recherchons pas la philosophie ou l’intelligence, mais le rasoir électrique. Les gadgets électroniques qui envahissent notre maison sont pour nous les garde-fous contre la déchéance et la bestialité.

Pensant que la décroissance va remettre en cause ces objets fétiches et magiques qui défendent notre humanité, nous craignons de replonger dans le marécage préhistorique.

Nous sentons-nous si près de l’animal que nous ne puissions vivre sans ces objets d’appartenance au monde technologique que sont les ordinateurs, les téléviseurs, les téléphones portables ? Nos connaissane, nos valeurs ne nous paraissent-elles pas déjà suffisamment civilisées ?

L’assimilation de la décroissance à l’âge des cavernes montre bien que nous ne croyons plus à la loi, à la culture, à la pensée. Pour nous éloigner de l’animal, nous préférons ce qui nous déshumanise. »

(extrait de L’Avenir est notre poubelle, L’alternative de la décroissance, de Jean-Luc Coudray, Sulliver, 2010)

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2 Réponses

  1. Comme toujours avec les « décroissants », il me semble qu’ils ne mènent pas jusqu’au bout la « décolonisation de l’imaginaire » qu’ils prônent.

    Pourquoi diable continuer d’assimiler l’âge des cavernes à la bestialité, la barbarie, la décadence ?

    N’est-ce pas là maintenir le mythe « progressiste » qu’on prétend par ailleurs contesteer ?

    avril 18, 2010 à 18 h 14 min

  2. (A part ça, ces ‘tites chroniques « décolocroissantes » sont, à mon goût, plutôt pertinentes)

    avril 18, 2010 à 19 h 56 min

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