"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de avril, 2009

Modernité sucrée

La consommation annuelle de sucre en France est aujourd’hui de trente-sept kilos par personne, soit un peu plus de vingt morceaux par jour. Elle était de dix-neuf kilos en 1920 et de deux kilos seulement au milieu du XIXe siècle *.

Cette augmentation soudaine de sucre dans l’alimentation n’est pas sans conséquences. Diabète, obésite et caries dentaires, bien sûr, mais aussi — c’est moins connu — hypertension, calvitie masculine, avancement des premières règles, accroissement de la stature, acné, myopie et cancers des cellules épithéliales (sein, prostate, colon) *. Tout autant de tares et maladies dont ne souffraient vraisemblablement pas nos pas-si-lointains ancêtres qui n’avaient à disposition que le sucre saisonnier et limité des fruits et du miel.

Quant aux effets de cet excès — moderne — de sucre sur l’esprit, aucune étude ne prouve de lien avec le développement de la mièvrerie et de la bien-pensance, mais rien n’empêche de faire des hypothèses…

(*source : Cro-Magnon toi-même !, Petit guide darwinien de la vie quotidienne, de Michel Raymond, Seuil, 2008)


Question d’échelle

Et si ce n’était pas tant le capitalisme en soi (la propriété privée des moyens de production) qui était néfaste que son extension à l’échelle mondiale ?

Et si ce n’était pas tant la démocratie qui était perverse que son application impossible au-delà d’un certain nombre ?

Et si ce n’était pas tant la raison raisonneuse qui était dangereuse que sa prétention à devenir universelle ?

Etc.

Et si c’étaient, donc, les préhistos — avec leur souci de ne pas aller plus loin que le bout de leur tribu — qui avaient la clé de la sagesse : l’échelle humaine ?


anniversaire bis

Très bon anniversaire à notre Ponpon (Alain) !!! Chaque jour plus jeune, plus beau, plus fringuant et plus génial !


Anniversaire

Le prochain Week-end du 25 et 26 avril sera fêté un anniversaire mémorable : celui de l’explosion du réacteur nucléaire n° 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Plus d’un million de personnes sont allés lutter contre cette catastrophe, en recouvrant le réacteur dans un sarcophage de plomb, de sable, d’acier et de béton, et en tentant de limiter la diffusion radioactive aux alentours. Tous ces « liquidateurs » ont payé désormais, de leur vie ou de leur santé, ce sacrifice. C’est donc en leur honneur, et pour ne pas oublier cette catastrophe industrielle aux conséquences toujours aussi dramatiques aujourd’hui, que ces journées anniversaires sont organisées internationalement. je vous invite à découvrir quelques documentaires passionnants à ce sujet.


Archive des ‘tites phrases PP

Depuis que l’ami Yasté (voir image ci-dessus) a eu la bonne idée de mettre un cadre en haut à droite de la page d’accueil du blog (Current Theme Options pour ceux qui ont accès aux coulisses) plusieurs petites phrases PP ont déjà été mises en exergue :

« L’ombre qui trotte derrière nous marche à quatre pattes. » (Clarissa Pinkola Estès)

« J’aime dans la vie moderne ce qui permet de mener plus agréablement et facilement une vie non moderne. » (Paul Valéry)

« Ma génération a vécu une grande conquête : nous avons découvert que la « pensée sauvage » était une philosophie. » (Jean Malaurie)

Etc.

Avec l’accord de notre chère Pascale, je place aujourd’hui :

« Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres. » (Pascale Arguedas)

Et si on listait ici, et archivait, toutes les tites phrases qui nous ont marqués, qui nous titillent ou semblent plus ou moins contenir ce qui nous paraît être l’essence du PP ?


Une proposition indécente

Dans Le moment fraternité de Régis Debray (voir article précédent) je lis, pages 286-287  :

« L’union des coeurs n’a pas de presse-bouton, soit, mais le flirt a ses travaux d’approche, qu’on retrouve à l’âge du silicium comme à celui du bronze. Il n’y a pas mille façons de faire du nous avec du on. Il y en a quatre, à valeur de constantes : la fête, le banquet, la chorale et le serment (elles peuvent se combiner et parfois ne faire qu’un). Telles sont les scènes primitives de l’effusion, les ritournelles de l’esprit d’ensemble — dont on trouve les traces archéologiques (depuis que traces il y a) dans l’histoire longue des cités, de Sumer à Mexico, et les traces littéraires, du Banquet de Platon au dernier volume des Hommes de bonne volonté. »

Je me dis du coup, que le PP et ses membres (ou sympathisants) gagneraient sûrement — fraternellement parlant — à organiser, en plus des multiples micro-événements déjà en cours, ne serait-ce qu’une fête annuelle, rituelle, autour d’un repas plus ou moins musical.

Je proposerais volontiers tous les 21 juin (ou le week-end le plus près) à la Petite Echelle. Vous en pensez quoi ?


On ne se déprend pas du sacré…

[…] Le sacré précède le religieux et lui survivra. “Religion” est un mot latin qui n’a pas de traduction en chinois, ni en hébreu, ni en persan, ni en grec. Cela signifie pour nous un Dieu, un clergé, des écritures et des dogmes, acquis tardifs. Au temps de Stonehenge, il n’y avait pas de religion, mais il y avait du sacré. Et quand une religion s’en va, un sacré repousse tout seul, puisque ainsi s’appelle ce qui permet à un tas d’individus de se vivre comme un tout. On ne se déprend pas du sacré en le sécularisant. Michelet l’a fort bien dit pour la Révolution. […]

(Régis Debray, entretien sur Causeur avec Elisabeth Lévy)