"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Archives de août, 2010

Des chasseurs-cueilleurs, il y en a encore…

… On contemple avec une nostalgie compassée nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, on s’offre des nuits sauvages, on échange des recettes de plantes sauvages comestibles, et on titube sur leurs traces. Il en existe pourtant encore de ces peuples nomades qui vivent de la cueillette, de l’eau des puits, de la chasse et de savoirs ancestraux… qui pratiquent une médecine chamanique dansée, des rituels de fumigation et autres coutumes transmises oralement. Ce sont nos contemporains, ils sont exterminés, et jamais nous ne nous en émouvons au PP.

Plus urgent encore que les indiens d’Amazonie, ou les Papous, il y a les Bushmen, qui ne sont plus que 100 000, et que le gouvernement botswanais parque , ennivre, empoisonne et décime volontairement. Des dons sont possibles pour les aider à lutter directement contre un gouvernement oppresseur.

Le site anglais de Kgeikani Kweni des indigènes du Kalahari

Le site français de Survival International (le mouvement pour les peuples indigènes) consacré aux Bushmen


Sur le sacrifice : la théorie girardienne… et sa critique

(suite de l’article précédent)

René Pommier s’est fait une spécialité de démonter les systèmes, déboulonner les statues, démystifier les imposteurs. Après notamment Freud et Barthes, il s’en est pris à Girard dans un ouvrage dont le titre coup de poing résume assez bien le ton et le contenu : René Girard, un allumé qui se prend pour un phare (Kimé, 2010).

Sur le fond, que ce soit pour la thèse du désir mimétique énoncée dans Mensonge romantique, vérité romanesque, ou dans ses extensions ultérieures avec la théorie du sacrifice du bouc émissaire ou sa lecture du christianisme, René Pommier dénonce un procédé qui ne peut bluffer que les lecteurs naïfs : René Girard assène des vérités extravagantes et arbitraires avec d’autant plus d’autorité, d’autant moins de nuance, qu’elles ne sont issues d’aucune recherche de terrain, tirées d’aucune observation concrète. Et s’il ne les étaye quasiment que d’illustrations tirées de la seule littérature, René Pommier démontre qu’il n’hésite pas à fausser et déformer les textes qu’il sollicite afin de leur faire dire ce que les auteurs n’avaient jamais songé à dire, voire tout le contraire de ce qu’ils avaient vraiment dit.

Sur la forme, il pointe et se moque de l’inaltérable mégalomanie du personnage, persuadé que ses thèses éclairent l’épopée humaine d’une aveuglante évidence. Quant aux savants, philosophes et autres grands esprits qui l’ont précédé, il ne leur manquait bien évidemment que sa théorie pour pouvoir véritablement aller au fond des choses. Le comble du comique, dans la présomption et l’outrecuidance, est atteint, selon René Pommier, lorsque René Girard, récemment converti, se prétend être le premier à avoir vraiment compris le sens profond des Evangiles et invite les chrétiens à abandonner au plus vite leur vision du christianisme  pour se rallier à la sienne.

Il est vrai qu’il est né un 25 décembre et que ce ne saurait être un simple hasard !


Sur le sacrifice : la théorie girardienne…

René Girard est un de nos grands intellectuels. Professeur à Stanford, récent académicien, considéré par Michel Serres comme le « Darwin des sciences humaines » (excusez du peu !), il est célèbre pour sa théorie du désir mimétique et son corrolaire : celle du bouc émissaire.

Tentons de résumer la logique de la thèse (somme toute assez simple) qu’il ressasse et développe d’ouvrage en ouvrage : L’humain ne peut désirer que ce qu’un autre humain désire. Le congénère étant à la fois le modèle et le rival, cette imitation mène immanquablement au conflit. Le mécanisme du bouc émissaire est alors un dispositif apparu au cours de l’évolution (sans doute accidentellement mais conservé ensuite) permettant de canaliser la violence collective suscitée par ce désir mimétique en la rejetant sur un seul individu jugé responsable de la crise sociale. Une fois sacrifié, le bouc émissaire est ensuite sacralisé et les rituels de commémoration de cet assassinat primordial permettent tout autant de conjurer le retour du chaos qui menace que de structurer tabous, normes et organisation sociale.

…/… (suite…)


La névrose chrétienne: fondement de la modernité occidentale


Et si on abordait la modernité occidentale sous l’angle pathologique de la névrose en se disant que finalement toutes les difficultés qu’elle rencontre aujourd’hui (et depuis pas mal de temps) sont celles de tout névrosé; et même osons remarquer que la névrose est le choix existentiel le mieux adapté à cette modernité. En somme l’injonction de la modernité occidentale est la suivante: « Pour réussir dans la vie sois névrosé, mon enfant ! »


Lugnasad

Après Samain, Imbolc et Beltaine, voici le temps de la quatrième grande fête celte rythmant l’année : Lugnasad.

Célébrée le 1er août, Lugnasad est (d’après Wikipédia) « la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C’est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique.

Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. S’il n’y a pas de sacrifice ni de cérémonie religieuse, on y fait des jeux et des courses, similaires aux Olympiades grecques. »

Je ne sais pas comment raviver cette ancestrale tradition (d’autant que la connaissance qu’on en a est assez floue).

Cette date ne me semble cependant pas sans signification : en plein coeur de l’été astronomique, elle en marque en quelque sorte la fin au niveau « phénoménologique ». Moins de lumière (le raccourcissement des jours commence à se ressentir), départ des Martinets, bref fin de la folie estivale :  nous entrons dans la saison des récoltes.

Fructueux Lugnasad, donc !