"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

On a retrouvé la Vénus de Milo préhistorique !!!

 

venus-milo1.jpg

Un jeune archéologue a trouvé cette semaine la véritable Vénus de Milo. « Véritable », pourquoi ? Parce qu’elle réunit plusieurs des caractéristiques des vénus du paléolithique, donc bien antérieures à l’époque hellénistique, à savoir :

· La partie centrale du corps : seins, ventre, fesses, cuisses et sexe sont sur représentés.
· Les mains, les pieds, les membres supérieurs et, à un moindre degré, les jambes sont négligés.

(en outre, l’auteur a signé de son nom, ce qui ne laisse aucun doute)

En revanche, et contrairement à l’ensemble des Vénus préhistoriques (mis à part la Dame de Brassempouy ), cette Vénus de Milo est surmontée d’un visage aux traits bien marqués, dans lesquels on croit reconnaître une squaw, ce qui pourrait attester de liens possibles entre les amerindiens et « nos » hommes du paléolithique, et confirmer, si besoin en était, la migration de nos ancêtres vers le continent américain par le détroit de Bering…
Mais, hormis les seins et la vulve (sur-représentée, à l’instar de la Vénus de Monpazier) , c’est bien la « double bouche » qui affirme le caractère sexuel du personnage : cette « double bouche » souligne à n’en pas douter une volubilité toute féminine !

Nul doute que la découverte de cette oeuvre vieille de plusieurs milliers d’années apporte de nombreuses réponses aux questions que se posent les paleonthologues.

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26 Réponses

  1. Amelie

    Voilà qui va peut-être nous permettre de nous pencher sur le rôle de la femme, chez les amerindiens comme chez homo sapiens et néanderthal.
    D’ailleurs, par rapport à l’exagération des caractéristiques sexuelles : on dit toujours que c’est symbole de fécondité, mais ça ne veut pas dire nécessairement qu’ils aient établi un lien entre les rapports sexuels et la fécondation.

    mars 6, 2008 à 14 h 33 min

  2. Isidore

    Et bien dites-donc, il dessine bien ton petit Milo !!!

    mars 6, 2008 à 15 h 40 min

  3. Dr Ourko

    Un indice suplémentaire – pouf ! pouf ! – tendant à prouver que l’ontogénèse répète la phylogénèse, n’est-ce pas ?

    mars 6, 2008 à 16 h 25 min

  4. Amelie

    Heuuuuu… peut-être ? ça veut dire quoi ????? 😮

    mars 6, 2008 à 16 h 26 min

  5. Ourko

    Plus sérieusement, la Vénus de Milo (l’autre), c’est bien elle qui ne mangeait pas de chocolat ?

    mars 6, 2008 à 16 h 36 min

  6. Barbarella

    si : un tout petit bout, avec le moignon droit…

    mars 6, 2008 à 16 h 39 min

  7. Vincent

    Môsieur « J’me-la-pète-et-j’fais-savant-à-défaut-de-pouvoir-être-profond » fait simplement allusion à une vieille thèse qui laisse entendre que l’histoire de chaque individu (depuis l’oeuf initial jusqu’à… l’état qu’il est capable d’atteindre) répète l’histoire de l’humanité (depuis le premier unicellulaire jusqu’à l’Homo sapiens postmodernus).

    Ton fiston en serait donc pile, selon lui, à l’étape pré- ou proto-historique.

    mars 6, 2008 à 16 h 43 min

  8. Ourko

    Certains (sur le Net) prétendent que la Vénus de Milo n’a plus de bras… parce qu’elle se rongeait les ongles.
    Mouais…

    mars 6, 2008 à 16 h 46 min

  9. Amelie

    Ca me plaisait bien à moi l’histoire de Dr OUrko. En plus, plus j’y pense, moins j’y vois d’objection. Même peut-être qu’on est obligés de vivre plus longtemps parce qu’il y a plus de chemin à parcourir à mesure que l’historie s’écrit…

    mars 6, 2008 à 17 h 09 min

  10. Vincent

    Ca représente quoi les points qu’il a dessiné tout autour ?

    mars 7, 2008 à 12 h 21 min

  11. Ourko

    Quant à la « double bouche » des femmes, on pourrait en parler des heures ! 😉

    mars 7, 2008 à 12 h 31 min

  12. barbarella

    Pour les points, je ne sais pas, je demanderai… mais la dernière fois que j’ai posé ce genre de question, la réponse, d’une évidence consternante était : « Ben ! Une tempête de fraises ! »

    mars 7, 2008 à 12 h 50 min

  13. Amélie

    Ah oui, Ourko ? Et tu en dirais quoi exactement de la double bouche des femmes ? (vu que tu en as pour des heures, tu peux bien nous faire profiter d’un petit extrait !)

    mars 7, 2008 à 12 h 51 min

  14. Ourko

    Ben… puisque les interprétations en termes sexuels ne semblent pas vous convenir, je me contenterais d’évoquer leur fameux « double langage » (qui peut aussi se représenter par une langue de vipère). 😉

    mars 7, 2008 à 13 h 09 min

  15. barbarella

    « leur fameux double langage » ??!!! tu ne trouves pas que tu abuses un peu ?!

    mars 7, 2008 à 13 h 13 min

  16. Belle pente savonneuse là !

    mars 7, 2008 à 15 h 34 min

  17. barbarella

    J’ai cru comprendre qu’Ourko adorait les courses de caisses à savon !

    mars 7, 2008 à 15 h 51 min

  18. Ourko

    Oui, d’accord, j’abuse un peu et « savonne » la planche mais bon… on peut tout de même tenter d’avancer dessus, non ?

    Pourquoi ne pas imaginer qu’elles aient, par exemple :

    – une bouche par laquelle elles parlent, une bouche par laquelle s’exprime plutôt l’espèce à travers elles ;

    – une bouche qui parle par devant, une bouche qui parle par derrière ;

    – une bouche qui parle aux garçons, une bouche qui parle aux filles ;

    – une bouche qui dit ce qu’elles pensent vraiment, une bouche qui dit ce qu’elles aimeraient croire ;

    – une bouche qui fait parler la mère, une bouche qui fait parler l’amante ;

    – une bouche pour les bavardages, une bouche pour les secrets ;

    – etc.

    (Je suis sûr qu’on peut trouver plein d’autres interprétations possibles… et faire durer ça « des heures »)

    mars 7, 2008 à 16 h 36 min

  19. Amélie

    La question, c’ets plutôt pourquoi les femmes ? Tout ce que tu viens de lister peux s’appliquer aux hommes aussi ( à part mère et amante, bien sûr… quoique)

    mars 7, 2008 à 18 h 54 min

  20. Amélie

    Je tiens à préciser en passant que je n’ai rien d’une féministe, bien au contraire !

    mars 7, 2008 à 19 h 00 min

  21. Ourko

    Ben… simplement parce que Milo a mis deux bouches à une Vénus plutôt qu’à un Apollon ?

    mars 7, 2008 à 20 h 16 min

  22. Amélie

    réponse de Milo : « ben c’est des ronds. »
    ok ?

    mars 8, 2008 à 8 h 41 min

  23. perso je suis d’accord avec Ourko.
    Ptete que Milo a déjà senti le concept des deux bouches, et qu’avec l’expérience des vertes années, il pourra y mettre une compréhension en face.

    mars 10, 2008 à 18 h 18 min

  24. Vincent

    Il surgit parfois de drôles de fractures dans le cours linéairement paisible du temps : Milo dessine aujourd’hui des Vénus préhistoriques tout comme le vieux Noah en gravait en plein pléistocène des modernes.

    Non, non, Yannick ne s’est pas mis – après le tennis et la chanson – à la peinture. Noah est un des héros de Demain la veille, le roman – très drôle – de Jean-Marie Laclavetine (J’en ferai une présentation plus complète un de ces jours).

    Inventeur de la peinture rupestre (« comme si, brusquement, il se trouvait au confluent de toutes les mémoires, de tous les rêves, de toutes les douleurs de l’humanité, comme s’il lui revenait maintenant de porter au jour le fruit d’une expérience collective, d’un désir enfoui de paix et d’éternité »), il dessine d’abord de banales mais fascinantes scènes de chasse… puis s’endort épuisé.

    Au réveil, il se remet au travail et tente de dessiner sa femme disparue. Sans trop comprendre ce qui se passe, il trace « non pas la silhouette massive, empruntée, épaissie par les nécessités de la survie, mais une figure délivrée des blessures de l’âge, de la cruauté des intempéries, de la difficulté des grossesses, du poids des fardeaux et des outils, une silhouette mince et flexible, aux ondulations d’algue. Autour d’elle s’étend une mer couleur d’huître, bordée de rives escarpées, d’arbres à feuilles vernissées, et le vent apporte une pluie de fleurs. » Quand Jean-Marie Laclavetine nous précise qu’il la représente debout dans une coquille géante, on comprend qu’il vient tout bonnement de peindre, avant l’heure, La naissance de Vénus que reprendra beaucoup plus tard Botticelli.

    mars 12, 2008 à 10 h 34 min

  25. Jean-Marie Laclavetine

    « (…) Hors de lui, Noah sautille devant la paroi, tamponnant sur la pierre un morceau de fourrure humectée, ou projetant des poudres de couleur à l’aide d’une sarbacane en roseau.
    C’est elle !
    Et méconnaissable, pourtant, sous la cascade de ses cheveux fins, avec une main chastement posée sur la poitrine, l’autre ramenant une mèche de ses très longs cheveux à la hauteur de son sexe en un geste délicat et prude – elle qui n’aimait rien tant, jadis, que les accouplements effrénés, hennissant sur la mousse des sous-bois -, visage de lune pâle, yeux grands et doux, à fleur de cernes, taille mince et hanches rondes, avec, surtout, ce corps inexplicablement glabre, non pas couvert de la toison rousse et rêche qui l’a tant séduit autrefois, mais d’une peau lisse comme l’ivoire, translucide et fraîche. Sa bouche n’est pas déformée par les puissantes et proéminentes mâchoires habituées à déchirer la viande, mais délicate et charnue – bouche à framboises, à miel et à myrtilles.
    C’est une créature aérienne, impalpable, et tellement vraie cependant, tellement présente que, à peine il a tracé la dernière ondulation de sa chevelure, Noah tombe à genoux.
    Puis il s’endort, terrassé.

    (…)
    Le groupe pénètre dans la caverne. La poitrine de Noah est pleine de pierres gelées.
    Devant les dessins de mains et les scènes de chasse, ils restent interloqués. Certains se grattent le poitrail, perplexes, d’autres laissent fuser des murmures interrogatifs. Mais lorsqu’ils se retrouvent face à la femme naissant d’une coquille – est-ce une femme, cet animal sans poils, aux rondeurs blêmes de gecko ? -, un silence de mort s’installe.
    Enfin, ces esprits obscurs s’ouvrent à la grâce et à l’harmonie, se prend à rêver Noah… Sa joie est de courte durée : il voit certains visages se déformer sous l’emprise d’un dégoût violent, indubitable, accompagné d’un jappement écoeuré semblable à ceux que poussent les femmes lorsqu’il leur arrive d’avaler un morceau de boyau de sanglier qu’on a oublié de vider.
    Toutefois, la réaction qui fait le plus mal à Noah est celle du reste du groupe, amorcée par un petit couinement, lequel dégénère bientôt en un rire collectif d’abord discret, qui prend peu à peu des dimensions formidables. On se tape sur les cuisses et sur les épaules, on montre du doigt la grotesque effigie. Le clan des dégoûtés a quitté les lieux, mais les rieurs n’en finissent pas de meugler, larmes aux yeux. Un coude ayant malencontreusement heurté des côtes mal placées, une rixe générale s’ensuit ; elle ne prend fin qu’avec l’entrée en scène du chef, qui disperse l’attroupement d’un gourdin sec et précis.
    Noah, hébété, contemple son oeuvre. Le chef tourne à son tour le regard vers la paroi. Sa lèvre supérieure se retrousse lentement, puis un cri monte en lui, qui met un temps infini à parvenir jusqu’à ses lèvres, un cri de rage de premier choix, assorti de toutes les mimiques afférentes. Lorsqu’il lève son gourdin et frappe en plein visage la femme de pierre, Noah n’a pas la moindre réaction. Les coups se succèdent, les éclats de pierre volent. Bientôt, il ne reste de la fresque que des parcelles de couleur insignifiantes. Seule la scène de chasse a été épargnée, ainsi que les deux mains qui désormais semblent se tendre et trembler dans un geste d’imploration. »

    (Demain la veille, Gallimard, 1995)

    mars 12, 2008 à 10 h 56 min

  26. Isidore

    Je viens de regarder un film d’un auteur iranien Bahram Beyzaï, intitulé « Bashu, le petit étranger », et il me semble reconnaitre dans le personnage de la mère adoptive Naï, une figure féminine en rapport avec ce qui est évoqué dans cet article, mais aussi d’autres du PP. Il s’agit de cette dimension de la féminité malheureusement bien mise à mal dans notre monde occidental et dont le ressurgissement peut sembler bien nécessaire pour ceux qui aspirent à une nouvelle vitalité. C’est cette part instinctive et puissamment physique que l’on perçoit vivre si librement dans cette jeune femme, ce lien si particulier avec la terre et la nature qui peut effrayer, par la puissance et la vitalité qu’elle exprime, nos petits mœurs bourgeois et avides de sécurité, mais qui fascine aussi par la tonalité particulière que prend soudain la liberté soudain vivifiée par ce réveil de facultés enfouies sous la gangue d’une domestication abusive. Le jour où les femmes auront su reconquérir et se ré approprier cette part d’elles-même, alors pourra se tisser un nouveau rapport avec la nature, la terre et le vivant. Mais sans doute les hommes devront-ils aussi apprendre à ne plus en avoir peur en développant en eux cette part féminine qui leur permettra de se mettre en phase, dans leur pôle viril, avec cette puissance libre de toute volonté de domination. Ça me rappelle un livre de Pinkola Estès: « Femme qui court avec les loups »qui traite du même sujet et que j’ai beaucoup aimé. Je vous le conseille, à vous adhérents du PP…

    mars 12, 2008 à 21 h 46 min

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