"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Eloge d’une passion païenne : le rugby

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Apologie du jeu, du corps, du groupe, du combat, de l’engagement, de l’agressivité assumée et contrôlée (plutôt que refoulée), etc… la passion du rugby fait un peu figure de résistance à la Modernité persistante (aseptisée, morale et rationnelle).

Nul doute – au moins pour moi – que cette pratique est digne du Parti Préhistorique, ne serait-ce que pour ses fameux hakas.

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Pourquoi n’organiserait-on pas d’ailleurs, plus souvent et régulièrement, des rencontres entre membres et sympathisants, mêlant joyeusement tous les sexes, les âges et les niveaux (voir photos) ?

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65 Réponses

  1. Pierre Présumey

    «Il faut bien qu’on s’aime
    Pour ainsi s’entasser, s’emmêler,
    Se peloter, se pelotonner, s’estirgousser,
    Se tâter la viande et le poil,
    Se goûter le sang, la sueur,
    Se partager l’haleine, s’estifler,
    S’espanler dans le tas
    S’escargasser, s’estirampeler le maillot,
    Les oreilles, la peau, le cuir, l’os,
    S’estravirer dans la gafogne,
    S’écharougner un peu partout :
    Il faut bien qu’on s’aime.»

    mars 8, 2008 à 22 h 05 min

  2. Daniel Herrero

    « (…) Au XIIe siècle, il se pratiquait dans le sud de la France un jeu de horde très populaire, « la soule ». Des villages entiers s’affrontaient à travers la campagne pour la conquête d’une vessie de porc qu’on appelait « la soule », symbole de pouvoir et de richesse, objet de convoitise et prétexte aux bagarres les plus rustiques. C’était un jeu aussi rude qu’intense, apprécié par les hommes qui venaient y régler tous leurs comptes, et mesurer leur courage et leur force à grands cops de mandales dans les gencives. Le soirs de ces joutes épiques, lorsqu’au banquet étaient servis des gigots de porc noir de Bigorre, des cassoulets de Carcassonne, des potées du Limousin ou des garbures béarnaises, les troubadours chantaient l’orgueil, les humiliations, le châtiment, autant que l’amour et la courtoisis.
    Il se trouve que la reine Aliénor d’Aquitaine, plantureuse Plantagenette mariée à un Louis VII sans attribut ni talent, affectionnait particulièrement le spectacle des ces grandes mêlées collectives dont elle admirait la ferveur et la puissance. Amie et mécène des troubadours, elle aimait assister aux banquets qui suivaient la grande cohue, se laissant bercer par les ballades de Bernard de Ventadour qui, dit-on, aurait écrit pour elle le sublime Se Canto, devenu depuis le véritable hymne du rugby français. Aussi, lorsque, après sa rupture avec le roi de France, la belle et iconoclaste reine épousa Henri II, roi d’Angleterre, elle emporta dans ses coffres, outre de nombreux amants, une cour de troubadours et les provinces de la façade atlantique française, son amour pour la soule.
    Il semblerait ainsi qu’Aliénor organisa à la cour d’Angleterre quelques parties de soule qui déchaînèrent les passions et firent couler le houblon à flots.Voilà comment les Anglais nous chapardèrent le jeu… Des siècles durant, comme en nos sudistes contrées, ils guerroyèrent allègrement à travers les campagnes, et jusque dans les très chics collèges où, au XIXe siècle, le petit William Webb Ellis ne fit que moderniser la séculaire pratique des gros vaillants de nos villages.
    Lorsque, venus négocier les vins de Pétrus ou de château Yquem, les Anglais débarquèrent une balle de rugby en terre bordelaise, puis au Pays basque et en Béarn, elle trouva un accueil chaleureux, comme un retour aux sorces, comme une revenante après un long exil (…) »

    (Perds pas le Sud, Plon, 2006)

    mars 9, 2008 à 0 h 41 min

  3. Vincent

    Si mes informations sont bonnes, en remontant plus loin, on découvre que :

    – les jeux athlétiques étaient, à leurs débuts, des cérémonies funèbres commémorant la mémoire des soldats morts au combat (comme dans L’Illiade, lorsque Achille organise une série d’épreuves sportives en l’honneur de Patrocle). Ils étaient d’ailleurs célébrés à proximité des tombeaux des héros. Le courage, la ruse et l’adresse que déployaient les concurrents dans leur lutte ludique devaient rendre hommage à la vaillance des grands hommes qui avaient péri. Le sport constituait ainsi une sorte de rite de régénération : tout en opérant une méditation sur le tragique à l’oeuvre dans le monde, on cherchait à assurer le renouvellement des puissances souterraines, la renaissance des énergies vitales contenues dans la terre, et à puiser en elles.

    – Ces épreuves funèbres peuvent être la survivance de plus vieilles traditions encore où les jeux représentaient des luttes successorales au cours desquelles les concurrents se disputaient les honneurs, les femmes et les biens du défunt.

    – Ces traditions trouvent peut-être leur source dans les duels ritualisés, canalisant l’agressivité, que l’éthologie décrit et analyse si bien dans le monde animal.

    mars 9, 2008 à 8 h 43 min

  4. Marcel Granet

    En Chine, les différents clans ruraux organisaient des jeux sportifs, en même temps que des concours de danse et de musique, à l’occasion de moments importants du calendrier sacré : si les réunions avaient lieu et étaient réussies, on disait que les moissons seraient bonnes, tandis que dans le cas inverse, les dieux déserteraient les champs, l’ordre cosmique serait ébranlé, la croissance et la fécondité seraient en berne.

    (Fêtes et chansons anciennes de la Chine, Albin Michel, 1982)

    mars 9, 2008 à 8 h 46 min

  5. Roland Barthes

     » (…) A certaines époques, dans certaines sociétés, le théâtre a eu une grande fonction sociale ; il rassemblait toute la cité dans une expérience commune : la connaissance de ses propres passions. Aujourd’hui, c’est le sport qui, à sa manière, la détient. (…) »

    (Le sport et les hommes, PUM, 2004)

    mars 9, 2008 à 8 h 48 min

  6. Catherine Kintzler

     » (…) Un des motifs de mon intérêt philosophique pour le rugby est que c’est un jeu où le rapport entre le permis et le défendu n’est pas simpliste et infantile. La faute est intégrée au jeu. La bagarre générale peut exister, mais on apprivoise la violence. Elle est présente mais réprimée, pas refoulée. Du coup, il n’y a pas de retour du refoulé. Dans le football, comme la violence est interdite et refoulée sur le terrain, elle resurgit par moments entre les joueurs ou entre les spectateurs. Dans le rugby, il y a une dimension dialectique. La faute est constitutive, la transgression est traitée, et non simplement exclue. On recule pour avancer. Si on évite de percuter l’adversaire, ce n’est pas parce que c’est défendu, mais par choix ! J’aime le rugby parce qu’il engage un rapport maîtrisé à la force, et comme beaucoup de travailleurs intellectuels, je suis un travailleur de force ! Vous parlez du travail fait par les instances du rugby pour le transformer en spectacle. Mais cette métamorphose n’a pu opérer avec succès que parce qu’elle a su préserver l’état d’esprit du rugby, qui est une confrontation des corps complexe et subtile. (…) »

    (Le rugby est une philosophie du contact, Philosophie magazine n°12, Septembre 2007)

    mars 9, 2008 à 8 h 59 min

  7. Denis Grozdanovitch

    « (…) En fait, il m’apparaît souvent que l’incomplétude principale de nos sociétés actuelles est de négliger ce profond besoin de nous recréer au sein de l’esprit gratuit et modérément inconséquent du jeu, de l’irresponsabilité limitée et provisoire qui l’accompagne, bref, de ne pas savoir nous ménager de vraies vacances – au sens propre du terme. (…) »

    (De l’art de prendre la balle au bond, Précis de mécanique gestuelle & spirituelle, JC Lattès, 2007)

    mars 9, 2008 à 9 h 37 min

  8. Ourko

    Le haka des all blacks sous-titré :
    http://fr.youtube.com/watch?v=PKnUMaR5IkA&NR=1

    Si c’est juste pour dire que le soleil brille grâce à l’homme chevelu, y’a peut-être pas besoin de s’énerver autant ! 😉

    mars 9, 2008 à 10 h 57 min

  9. Vincent

    Trouvé sur le Net, cette histoire du haka néo-zélandais :

    « Le Ka Mate aurait été composé vers 1820 par Te Rauparaha, un grand chef local. Alors qu’il fuyait certains de ses ennemis, il se réfugia auprès de Te Wharerangi (un homme connu pour être particulièrement hirsute) et lui demanda de l’aide. Ce dernier l’autorisa à se cacher dans une sorte de puits. Sa femme (Te Rangikoaea) se posta devant cette cachette, en raison de son « pouvoir » neutralisant vis-à-vis des hommes qui poursuivaient Te Rauparaha et du « pouvoir » protecteur accordé aux organes génitaux féminins par les Maoris (à ce moment Te Rauparaha se trouve sous la femme de son ami). Alors qu’ils approchaient de la cachette, Te Rauparaha aurait murmuré « Ka mate ! Ka mate ! » (je meurs, je meurs). Te Rangikoaea affirma aux poursuivants que Te Rauparaha était parti. Ce dernier murmura alors « Ka ora, ka ora » (je vis, je vis). Les guerriers se laissèrent convaincre et partirent. D’où les dernières strophes, qui remercient l’homme chevelu, Te Wharerangi (et sa femme ?!! Elle est un peu oubliée…) et décrivent sa sortie du puits et le fait qu’il voit à nouveau la lumière.

    En définitive, c’est un chant dont les paroles sont tout sauf violentes, comparées à d’autres hakas du Pacifique Sud (Tonga et Fidji notamment) qui sont beaucoup plus sanglants. Sans parler de la Marseillaise, qui n’est pas très tendre non plus !

    mars 9, 2008 à 11 h 05 min

  10. Ourko

    Tiens, ça me donne une idée de mesure supplémentaire défendue par le Parti Préhistorique :

    Remplacer (lors des rencontres sportives… et officielles) la Marseillaise par un haka national assumant (enfin !) notre ancestral totem. Il suffirait de s’accroupir, mettre les mains sous les aisselles en « battant des ailes », de dodeliner de la tête en hurlant :
    « Je suis le coq, je suis le coq… Les pieds dans le fumier, je fais le beau, je fais le beau… Même en mettant la tête dedans, je continuerai de chanter bien haut : COCORICO, COCORICOOOOOOO ! »

    mars 9, 2008 à 11 h 14 min

  11. Pascale

    Est-il autorisé de ne pas être sérieux ou pas ? Car j’ai une fameuse expérience du « touch-rugby », version soft du rugby (car hommes, enfants, femmes, boiteux et gais lurrons qui n’ont jamais vu un ballon). J’y ai laissé une partie du fessier droit et mon équipe (l’équipe des bras cassés) lutter vaillamment sans moi, blessée à l’entraînement, les encourageant sur le bord de touche (j’étais la préposée aux quartiers d’orange vitaminés)! La troisième mi-temps est mon meilleur souvenir.
    Pascale (une bise rendue à Oups)

    mars 9, 2008 à 21 h 00 min

  12. Amélie

    Yeeeeesssss ! Pascale, ma nouvelle copine est làààà !!!!
    Pascale, outre les nuits en forêt, nous allons nous adonner de façon un peu plus régulière à des matches de rugby « mélangés ». Le prochain est prévu (peut-être) le 22 mars… à Besançon (jolie bourgade). Personnellement, n’étant pas du tout sportive par manque de souffle, j’ai prévu une tactique de « distraction » assez préhistorique. Quant à mes enfants (qui participeront), ils sont convaincus qu’on doit se mordre les fesses dans la mêlée… Alors, vous voyez, vous pouvez joindre vos talents aux nôtres !

    Très contente de vous trouver là. Vous êtes décidément de tous les combats !

    mars 9, 2008 à 21 h 13 min

  13. Vincent

    Coucou Pascale.
    (Ravi de voir qu’il y a des ponts entre les blogs)

    Pour répondre à ta question : les règles ici sont très strictes (sous peine d’être renvoyé immédiatement dans la « contemporéalité ») : on peut évidemment ne pas être sérieux/se (mais à condition de l’être sérieusement) ou sérieux/se (à condition que ce ne soit pas trop sérieusement).

    Enfin bref… on fait ce qu’on peut ! 😉

    mars 9, 2008 à 23 h 08 min

  14. Christian Bobin

    « L’homme du sérieux est un des plus puérils qui soient. Il se penche sur sa vie comme l’écolier sur sa copie. Il s’applique et se scandalise de l’indulgence du maître pour les mauvais élèves qui savent que la vie est parfois grave, souvent légère – jamais sérieuse. »

    (L’éloignement du monde,Lettres vives, 1993)

    mars 9, 2008 à 23 h 14 min

  15. Zhang Chao

    Bonsoir Vincent (comme on se retrouve…)
    J’avais pondu une longue réponse à ma petite Poulain et pfitt, miracles du Net… disparue! Flemme de recommencer car je vais me coucher donc juste cette citation de Zhang Chao que j’applique à la lettre: «
    Seuls ceux qui considèrent avec légèreté ce que les gens prennent au sérieux, peuvent prendre
    au sérieux ce que les gens considèrent avec légèreté

    mars 9, 2008 à 23 h 18 min

  16. Raymond Abellio

    « (…) Le rugby, un de mes rares « divertissements ». Mais le mot ne me convient pas. J’ai longtemps rêvé d’écrire un livre : Ethique et Estéhtique du rugby. On retrouve dans les phases « statiques » du rugby le sens profond de l’immobilité comme bloc de forces conjointes et affrontées. Non point de l’immobilié vide, au contraire : l’extrême attention de la conscience pleine, à l’instant de sa plus haute disponibilité, ouvert à toutes fins. Puis, d’un coup, l’orgasme jaillissant du mouvement qui se délie.
    (…)
    Complication des règles ? Non, intelligence des règles. Banc d’épreuve d’une spontanéité seconde qui, chez les meilleurs, confine au génie.
    (…)
    Le vrai théâtre de la cruauté, le voilà. Réfléchir à ceci qui mesure la portée historique du sport : une société ne peut se passer de fêtes vivantes, où elle communie avec elle-même, et le rugby est devenu la plus vivante des fêtes. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le « sport-roi ». Fait pour libérer et ensemble discipliner la violence, école d’engagement physique, de force morale et d’intelligence en éveil, il doit être à la fois et dans chaque instant pensé et vécu.

    (Dans une âme et un corps, Journal 1971, Gallimard, 1973)

    mars 10, 2008 à 16 h 52 min

  17. Denis Lalanne

    « (…) Jean Cau a peut-être touché juste lorsqu’il dit : « Le goût des intellectuels pour le rugby, c’est un effet de leur nostalgie pour une virilité perdue. » (…) »

    (Joies du rugby, Hachette, 1971)

    mars 10, 2008 à 16 h 54 min

  18. Pour compléter ton propos, Vincent sur les hakas qui deviennent beaucoups moins préhisto :
    retrouvé par Gauthier et vu sur : http://www.maitre-eolas.fr/2007/10/06/738-devine-qui-vient-diner-ce-soir

    « Mais depuis 2005, les All Blacks réalisent de temps en temps un nouvel haka, le Kapa O Pango, qui a fait scandale a cause d’un geste d’égorgement qui le terminait. Les néo zélandais se sont justifiés en disant que ce geste traditionnel symbolisait l’énergie attirée vers le coeur et les poumons, mais l’excuse de la naïveté (et de l’ignorance des rudiments de l’anatomie) me paraît ici d’une hypocrisie finie, tout comme le fait que le geste principal de la nouvelle chorégraphie soit une série de bras d’honneur faits aux adversaires. A ce petit jeu, je propose que le XV de France leur présente le poing fermé à l’exception du majeur tendu vers le ciel, en expliquant ensuite que cela symbolise le caractère Un et Indivisble de la République (article 1er de la constitution). D’ailleurs, depuis cette année, ils ont trouvé un autre symbole pour le remplacer : la main droite part de la hanche gauche et remonte vers l’épaule droite. Ha, la subtilité de la gestuelle maori…

    Je n’aime pas le Kapa O Pango, vous l’avez compris. Ce qui achève d’attirer mon antipathie sont les paroles, qui ne sont rien d’autre qu’un chant de supporter à la gloire des All Blacks :

    Kapa o Pango kia whakawhenua au i ahau! (All Blacks, laissez moi n’être qu’un avec la terre)
    Hī aue, hī! (faire un !)
    Ko Aotearoa e ngunguru nei! (C’est notre terre qui tremble)
    Au, au, aue hā! (C’est mon heure ! C’est mon moment !)
    Ko Kapa o Pango e ngunguru nei! (c’est ce qui nous définit les All Blacks)
    Au, au, aue hā! (C’est mon heure ! C’est mon moment !)
    I āhahā! (I hahaha !)
    Ka tū te ihiihi (Notre domination)
    Ka tū te wanawana (Notre suprématie triomphera)
    Ki runga ki te rangi e tū iho nei, tū iho nei, hī! (et sera placée haut !)
    Ponga rā! (Fougères d’argent !)
    Kapa o Pango, aue hī! (All Blacks!)
    Ponga rā! (Fougères d’argent !)
    Kapa o Pango, aue hī! (All Blacks!)

    Je suppose que ce n’est que parce qu’il n’y a pas de mot maori pour « Adidas » qu’il n’y a pas un vers pour remercier leur sponsor…

    Franchement, si c’est pour se comporter comme des joueurs de foot, c’est pas la peine de jouer au rugby. En plus, la chorégraphie est ridicule. »

    Maitre Eolas est avocat, la réference à l’article premier est d’autant plus drole … 🙂

    mars 10, 2008 à 18 h 28 min

  19. Vincent

    Faudrait expliquer à Maître Eolat que :

    – tout hymne national, haka ou autre rituel communautaire, ressemble forcément, par sa nature même, à un « chant de supporter » toujours un peu ridicule (surtout lorsqu’on se place dans une abstraction universalisante et bien pensante).

    – ce n’est pas parce que les joueurs font le geste de l’égorgement (ou chantent qu’ils souhaitent « un sang impur » abreuve leurs sillons) qu’ensuite… ils passent à l’acte.

    Qui s’en charge ?

    A oui, on pourrait aussi à l’occasion lui demander pourquoi, selon lui, l’hymne européen (L’hymne à la joie), qui possède pourtant toutes les vertus qui devraient lui plaire (entre autres des paroles mièvres et morales), ne parvient pas à « prendre » (et notamment mobiliser les foules).

    mars 11, 2008 à 12 h 35 min

  20. Christian Laborde

    ELOGE DU BALLON A DEUX BOUTS

    (…) On doit la meilleure définition du rugby, non au Petit Larousse dans les colonnes duquel Michel Crauste ne figure pas – ce qui, soit dit en passant, ne semble scandaliser personne ! –, non plus aux artistes qui, d’Antoine Blondin à Louis Malle, d’Arthur Honneger à Kleber Haedens, de Pierre Mac Orlan à Françoise Sagan, s’entichèrent du XV de France, mais à Willie John McBride, international irlandais : «Trente types qui courent après un sac de vent !»

    Comme McBride a raison ! Incapable de courir après le vent, de se porter à sa hauteur, nous courons après la plus capricieuse de ses parcelles, son confetti le plus imprévisible. Un sac, oui, une «bouhigue», comme on disait sur la pelouse de Jules-Soulé au temps de René Bréjassou et de Victor Audoin, qui tous les deux jouaient devant. «Bouhigue» : encore un mot gascon, d’avant Jules César, d’avant le grand élagage, le grand coup de gomme, avec son H aspiré comme la fumée d’une gitane papier maïs, signifie «vessie». Loués soient ces merveilleux joueurs qui, le samedi, à Lansdowne Road ou au Stade de France, et, le dimanche, sur des terrains de fortune que longent nos départementales, transforment cette vessie en lanterne !

    (Le Figaro, 7 octobre 2003)

    mars 11, 2008 à 21 h 29 min

  21. Christian Laborde

    « (…) Ce que l’homme fait de mieux, ici-bas, c’est jouer de la trompette et au rugby, le reste n’étant que carnages, charniers, pelotons d’exécution, pendaisons filmées, circulant sur le net. Les dieux devraient donc veiller en priorité sur les musiciens et les rugbymen qui nous font la vie plus belle (…) »

    (Pour Michalak, in Attitude rugby, mars 2007)

    mars 11, 2008 à 22 h 10 min

  22. Ourko

    Pour illustrer le premier commentaire de Pierre Présumey :

    mars 12, 2008 à 13 h 45 min

  23. Ourko

    Sinon, pour illustrer l’article :

    mars 12, 2008 à 13 h 51 min

  24. Vincent

    L’engagement des joueurs de rugby n’est pas un vain mot. Un de ses signes – que les « avants » portent en trophée – est la fameuse « oreille en choux-fleur » acquise après des heures et des heures de frottements, notamment en mêlée :

    Un signe de reconnaissance (commun aux lutteurs) qui joue en quelque sorte le rôle du tatouage tribal.

    mars 13, 2008 à 22 h 08 min

  25. Désolé, mais je pense au contraire que ce sont ceux qui ne s’intéressent pas au rugby et au foot qui font figure de résistance dans le contexte actuel.
    Quelle drôle d’idée que d’affirmer que le rugby relève du domaine de la résistance à la modernité alors qu’il est en plein dans le vent … Y’a qu’à aller voir mon voisin, et mon autre voisin et encore le voisin d’après et la plupart de ceux que je croise dans la rue ! D’ailleurs, les soirs de match, y’a plus grand monde dans la rue : tous devant la télé !
    Cela dit, il y a bien évidemment une différence entre ceux qui regardent et ceux qui pratiquent et je comprends en partie les propos de Vincent. Mais je dois dire que c’est un peu comme pour les cathos, je connais de moins en moins de pratiquants. Et les très rares pratiquants sportifs que je connais ne me semblent pas du tout être des modèles de résistance. Ni à la modernité, ni à autre chose.Plutôt sont-ils même au contraire bien plus que la moyenne dans l’esprit TF1 ! C’est dire !

    mars 14, 2008 à 12 h 47 min

  26. Si le rugby est signe de modernité pour la simple et bonne raison qu’il est synonyme de jeu, de corps, d’engagement, d’entassement, d’emmêlement,de sueur, de peau, de « s’acharougner un peu partout » (comme le dit Pierre), de « se peloter », « se tâter la viande et le poil », j’ai alors l’impression qu’il suffit juste de baiser pour être moderne. Et ce parti-pris là me semble plus alléchant ! Je fais vite le choix !

    mars 14, 2008 à 13 h 53 min

  27. Vincent

    C’est dans ce genre de débat que la distinction « Modernité »/ »Postmodernité » (cf. article du 17 février) me semble pertinente… mais si comme tout, faut sans doute pas trop en abuser.

    mars 14, 2008 à 16 h 32 min

  28. Vincent

    Je perçois, Bernard, pour ma part les choses ainsi :

    La Modernité – en tant que projet de réalisation d’un Homme rationnel, moral, libre, autonome, etc… – n’est évidemment pas du côté du sport, qu’elle perçoit comme une activité sinon bestiale, du moins absurde (car inutile) et d’autant plus quand on la regarde du côté des supporters plutôt que des pratiquants. C’est un peu le point de vue que tu me sembles défendre ici.

    La persistance (voire le développement) de la passion sportive me semble cependant être un des signes de ce qu’on peut tout aussi bien appeler la Postmodernité que le « Retour du refoulé », le « signe de l’impossibilité du projet moderne » ou la « marque d’une résistance à son hégémonie ».

    En effet, « nous n’avons jamais été modernes » (comme le titrait Bruno Latour) et nous ne le serons sans doute jamais, et surtout, nous en avons de moins en moins envie (notamment en constatant les effets secondaires de plus en plus néfastes de cette fameuse Modernité soit-disant bienfaitrice).

    Nous revendiquons tous d’ailleurs, plus ou moins sourdement (ou schyzophréniquement), la nécessaire part de jeu, de passion, de folie, de sensualité, de grégarité, de bêtise, d’obscurité aussi…

    La passion du sport, je le répète, qu’elle soit en le pratiquant ou en le supportant, me semble participer de ce mouvement. Et le rugby, pour toutes les raisons que j’ai commencé à lister ici, plus que tout autre sport.

    mars 14, 2008 à 23 h 47 min

  29. Serge Simon

    « (…) De loin, nous devons ressembler à une créature mythologique. Un croisement d’un centaure et de la Méduse aux cheveux de serpents. Nous sommes là dans une attente chaude. Je ne suis plus. Je ne suis plus seul, je ne suis plus perdu. J’ai trouvé l’Autre. Je le presse conte moi pour vivre, le vivre, me vivre. Je profite de cette expérience charnue de l’altérité. Vestige préhistorique des fondements du rugby, la mêlée en est l’écrin où repose son diamant : le lien. Cette nécessité physique et rudimentaire de tenir l’autre pour ne pas être emporté, ne pas être dévasté. Le rugby, la mêlée, sont cette vérité pure à l’origine de l’humanité : s’approcher, s’accrocher aux autres pour ne pas être dévoré par la nuit. Se lier pour affronter l’effroi. Regardez partout ailleurs, ils ne se touchent que par accident. Le rugby est le seul à mettre en scène ce vertige du lien. Regardez ces mains serrées, regardez ces doigts exsangues et affamés tenir et retenir l’autre. Regardez ces vibrantes crispations sur les maillots en sang. Regardez tout cela et vous comprendrez. Regardez ces liaisons et vous ne verrez plus jamais que cela. Le rugby est cette liturgie muette du lien. (…) »

    (La mêlée, Prolongations, 2008)

    mars 14, 2008 à 23 h 56 min

  30. Isidore

    Je trouve qu’on fantasme beaucoup sur tous ces « retours du refoulé ancestral », de la « sauvagerie primitive » et « des virils corps à corps » que tous ces sports d’équipe vigoureux semblent évoquer. Je me souviens du temps pas si lointain où nous partagions cette vigueur de la jeunesse qui aime à se déployer dans le foot, le rugby, et tout autre activité capable de favoriser cette jubilation toute physique que chacun de nous connait au moins durant son enfance.

    Et il me semble que c’est une chose toute simple qui ne dérive pas forcément, loin s’en faut, sur des délires destructeurs sauvages et dangereux mais se satisfait au contraire pleinement de cette véritable jubilation physique qu’apporte toute saine activité sportive.

    C’est du moins ainsi que j’ai toujours vécu et pratiqué ce genre de sport. Et je trouve effectivement très sympathique ces luttes vigoureuses et pacifiques que l’on vit pleinement surtout durant la jeunesse mais qu’on peut aussi apprécier plus tard quand on trouve, plus difficilement c’est vrai, l’occasion de les vivre encore simplement.

    Si j’avais quelque chose à dénoncer ou à critiquer dans ces jeux, ce serait ce qu’ils deviennent une fois passés dans la moulinette du spectacle et du fric à tout prix qui caractérise notre époque. Mais ça n’a finalement pas grand chose à voir avec ce qu’ils sont par eux-mêmes puisqu’ils ne sont pas les seuls choses de ce monde à subir ainsi d’étranges métamorphoses qui les rendent détestables en fin de compte.

    mars 15, 2008 à 9 h 10 min

  31. Denis Grozdanovitch

    « (…) Tous ces instants passés à courir derrière une balle, au cours de ma vie, me semblent non seulement ne faire qu’un long moment inespérément suspendu depuis l’enfance, mais encore demeurer les seuls susceptibles de m’être comptés au nombre des rares joies sans mélange que la mort elle-même ne pourra me ravir, car ils s’incrivent au coeur de l’unique dimension d’éternité directement palpable en ce monde transitoire : la pure extase ludique. (…) »

    (De l’art de prendre la balle au bond, Précis de mécanique gestuelle & spirituelle, JCLattès, 2007)

    mars 15, 2008 à 12 h 01 min

  32. Jean Prévost

    « Les Grecs s’entraînaient pour s’adapter à leur civilisation. Nous nous entraînons pour résister à la nôtre. »

    (Plaisirs des sports, NRF Gallimard)

    mars 15, 2008 à 12 h 04 min

  33. Denis Grozdanovitch

    « (…) Johan Huizinga, toujours dans Homo ludens, explique que la fonction ludique – consubstantielle à l’humanité – commande aux êtres, sous toutes les latitudes, de former perpétuellement des groupes qui ont pour loi incontournable de s’opposer les uns aux autres dans des joutes antagonistes. Chez les peuples archaïques, cela se traduisait sous la forme d’assauts fréquents entre peuplades voisines, réglés par le régime cyclique de la vendetta. Ces attaques rituelles entre voisins ne coûtaient que peu de vies humaines, car il apparaît que demeurait à l’oeuvre au sein de ces cultures une puissante régulation de la violence qui ne dégénérait jamais dans le massacre ni l’extermination systématique – sinistre apanage de nos sociétés dites « développées ». Cette notion de petite guerre ludique a pourtant survécu, dirait-on, au sein de l’ère moderne sous la forme de ces jeux violents et peu réglementés juridiquement, bien que toujours aussi limités inconsciemment, que sont les différents ancêtres du football dont La Soule est le plus célèbre – laquelle perdure aujourd’hui encore en Angleterre. (…) »

    (ibidem)

    mars 15, 2008 à 12 h 15 min

  34. Ourko

    Ben voilà, Bernard… Une « petite guerre ludique », ritualisée, entre voisins dans ton quartier, à la pétanque par exemple, entre ceux qui regardent TF1 et ceux qui n’ont pas la télé, ça pourait peut-être permettre de réguler les conflits latents qui semblent sourdre dans ton propos. T’as pas envie de tenter ?

    En plus, si ça se trouve, lors de la 3e mi-temps, vous aurez toute l’occasion de vous « tâter la viande et le poil » 😉

    mars 15, 2008 à 12 h 22 min

  35. Denis Grozdanovitch

    « (…) Le sentiment de l’équipe me paraît fondé sur cette loi de l’humaine condition qui veut que nous ayons non seulement besoin d’éprouver notre existence à travers l’appartenance à un groupe, mais plus encore dans la lutte entre fractions rivales, et que la réussite d’une civilisation ne se mesure peut-être qu’au degré de stylisation et de réglementation ludique auquel elle est parvenue dans ces inéluctables combats de tendances opposés.

    En ce qui me concerne, ce sentiment exaltant de « l’équipe » m’est toujours demeuré une occasion de nostalgie lorsque je repense à certaines d’entre elles auxquelles j’ai eu la chance d’appartenir et qui, à l’époque, se maintenaient sur la pointe éphémère d’une entente parfaite. Celui qui a tâté de cette solidarité magique dans sa jeunesse ne peut qu’en éprouver le regret, car ces instants sont comparables à ceux que nous connaissons au plus fort des transports sexuels ou poétiques les plus ravissants. Ils se caractérisent par la régénérante, yogique et relative suspension d’identité – hautement thérapeutique pour les névrosés égocentriques qui pullulent à notre époque de repli individualiste !

    Ces instants d’entente parfaite – au football, au handall ou bien encore en double au tennis ou à la paume – me sont toujours apparus comme ceux de la grâce absolue ! (…)

    (ibidem)

    mars 15, 2008 à 12 h 34 min

  36. Vincent

    Pour être équitable (à défaut d’être bref), je me dois aussi de citer les passages où Denis Grozdanovitch émet des réserves qui pourront alimenter l’argumentation de Bernard :

    « (…) Ce phénomène est certainement à rapprocher des expériences extatiques relatées par certains mystiques ou bien encore des séances de transes magiques des sociétés traditionnelles. A ces instants où l’individualité personnelle s’affaiblit, libérant une puissance d’inspiration et une énergie démultipliées par le groupe, celle-ci est souvent saisie d’une ivresse, d’une exultation qui peuvent aussi confiner au délire mégalomanique et produire le pire comme le meilleur.

    (…) Si nous devons considérer maintenant la condition de plus en plus généralisée du sportif en chambre devant son récepteur – lequel est sans doute gagné, lui aussi, par une puissante empathie fusionnelle se propageant du stade jusqu’à lui par le biais des ondes télévisées, empathie transcendant l’habituelle pesanteur de sa vie quotidienne – sans doute ne devons-nous pas ignorer combien ces ondes peuvent en même temps se révéler ambivalentes. Les diverses volontés d’embrigadement n’ont-elles pas toujours joué sur ce registre pour nous enrégimenter sous les bannières de leurs mots d’ordre ? Et s’il fut un temps où les meneurs révolutionnaires paraissent (pour des peuples plus pauvres, plus sanguins et plus naïfs, certes) avoir fomenté régulièrement des émeutes urbaines depuis les stades, n’est-on pas en droit de se demander si pour nous autres désormais (peuples riches, cyniques et névrosés) ces mêmes enthousiasmes ne sont pas manipulés avec une efficacité encore plus redoutable en tant que catharsis de nos multiples frustrations, en tant que vie par procuration et véritable drogue existentielle – particulièrement aptes à endormir nos ultimes velléités éventuelles d’expérimenter la vie par nous-mêmes ? (…) »

    mars 15, 2008 à 12 h 46 min

  37. Pourquoi vous mettez le nom de l’auteur cité en auteur du post, ça me pertube car je crois toujours que c’est lui qui est venu ici! Signature en référence à la fin oui, comme ça bof…

    mars 15, 2008 à 14 h 04 min

  38. Isidore

    Tout à fait d’accord avec toi, Pascale, moi aussi ça me perturbe…et imaginons même que l’auteur ainsi désigné veuille intervenir sur ce blog directement; comment s’identifiera-t-il? Et puis j’aime bien savoir qui partage ainsi ses lectures…même si je devine que c’est Vincent la plupart du temps… Au fait, merci Vincent pour ces références toujours renouvelées et ma foi fort enrichissantes!

    mars 15, 2008 à 15 h 19 min

  39. Vincent

    Bon, si ça vous perturbe tant que ça, ok… je vais m’y prendre autrement.

    (Snif !)

    mars 16, 2008 à 14 h 29 min

  40. 120

    Ecrit par :Pierre Sansot

    « (…) Il est extraordinaire qu’en notre XXe siècle si urbanisé, si policé, des hommes se laissent malgré eux culbuter, qu’ils broutent l’herbe comme des agneaux qu’ils ne sont pas, qu’ils se retrouvent à terre comme des manants, des gueux châtiés par leurs seigneurs et qu’ils se relèvent, qu’ils fassent front de toute leur taille, de leurs épaules et de leur orgueil.
    J’ai connu, voici vingt ans, des piliers monstrueux et en le disant je n’use pas, loin de là, d’une expression méprisante. Ils me ramenaient en arrière de notre époque. Ils m’instituaient archéologue involontaire d’une préhistoire depuis longtemps disparue : des aurochs, des mammouths, des bisons, une race mi-divine, mi-animale, égarée au milieu des humains. Par la suite, je fus en présence de colosses, de taureaux, de boeufs, de costauds, de formes qui m’étaient plus familières. (…) »

    *

    « (…) Il n’est pas interdit de croire que les spectateurs lorsqu’ils vibrent intensément, se fondent en une masse inarticulée, compacte et que leur plaisir naît de cette régression momentanée. A un niveau plus médiatisé, nous déléguons à un autre, en l’occurrence à un club de rugby, le soin de nous représenter.
    Quant au sentiment d’appartenance (j’appartiens à un club en tant que membre actif ou comme témoin obscur), il rompt ma solitude sans me plonger dans une existence océanique. Il me fournit des repères indispensables pour me situer dans une société aussi opaque qu’un continent et parfois hostile ou indifférente à mon existence. J’apprends qui je suis en sachant quels sont mes compagnons. (…) »

    (Le rugby est une fête et le tennis non plus, Petite Bibliothèque Payot, 2002)

    mars 16, 2008 à 14 h 50 min

  41. Vincent

    Ça vous va mieux comme ça ?

    mars 16, 2008 à 14 h 51 min

  42. Je crois décidément qu’il me manque une case car je reste hermétique à tous ces mots qui vantent les mérites du rugby et du sport collectif en général. Va falloir que je me rattrape dans une autre vie … ! Peut-être que mon attitude plutôt réfractaire est due au fait que je ne connais pas une seule personne qui pratique ce genre de sports et que personne ne m’a transmis la clé pour comprendre.
    Isidore en parle comme quelque chose qui relève surtout de la jeunesse. Effectivement, la pratique d’un sport collectif est peut-être un passage intéressant et obligé de l’enfance et de l’adolescence (ce que semble prouver les photos choisies par Vincent qui mettent en scène un public plutôt jeune). J’ai vécu effectivement de beaux moments de ce type et je jouais souvent au foot quand j’étais ado (le rugby étant absent des campagnes haut-saônoises). Mais vouloir perpétuer ce genre de choses plus tard, à l’âge adulte, non, je ne comprends pas. Il est possible que j’aie aussi cherché à retrouver, en tant qu’adulte, le peu de préhistoire qui demeure en moi. Mais c’est en forêt, de jour comme de nuit, et en solitaire, que je crois avoir réalisé cet objectif. Je pense que si l’homme préhistorique était un être très sociable (avec ses nombreux rites) dont la survie était très liée à celle du clan, je sens instinctivement qu’il était avant tout un grand solitaire.

    mars 16, 2008 à 15 h 31 min

  43. Vincent

    Pas de souci, Bernard, il faut de tout pour faire un monde… même préhistorique. Chacun gère ses archaïsmes comme il peut, en fonction de son histoire.

    Si l’on devait – à mon sens – dégager une ligne au Parti Préhistorique (et encore faudrait-il que celle-ci ne soit pas trop fixe et rectiligne !), ce serait juste dans l’idée de considérer ceux-ci comme nécessaires plutôt que de les nier ou les mépriser comme une certaine « Modernité » a (eu) tendance à le faire.

    Que les mérites du rugby et – de façon plus générale – de la passion sportive ne te « parlent » pas personnellement est une chose, mais cela ne doit pas t’empêcher, il me semble, de considérer que ceux qui s’y adonnent peuvent le faire pour de bonnes (et nobles ?) raisons.

    En plus, je crois savoir que tu n’es pas si imperméable à tout ça que tu veux bien le laisser croire : en pratiquant le tarot, la pétanque et le chant choral (ou du moins la musique en groupe) n’assouvis-tu pas le même besoin de confrontation ludique et d’appartenance que nous pointions ici ?

    mars 16, 2008 à 16 h 27 min

  44. Vincent

    Pour ce qui est de mon expérience de sportif de salon, bref de téléspectateur (essentiellement de rugby, mais occasionnellement d’autres sports : football, tennis, cyclisme, athlétisme…), au-delà de ceux qui ont déjà été cités ici, un élément qu’il me semble falloir prendre en compte est la dimension « événementielle » qui s’y joue.

    A une époque où toute émission est enregistrée puis montée, calibrée, contrôlée par le CSA, « happyendisée », « politiquement-correctisée », etc… les épreuves sportives (avec les soirées électorales qui font tout autant de succès d’audience d’ailleurs et pour les mêmes raisons, je crois) sont les derniers bastions du direct (où tout peut arriver, de la défaite du favori… au « coup de boule » de Zidane) et du tragique (dans le sens d’a-moral : ce n’est pas toujours le plus méritant qui gagne).

    Il y a dans ce spectacle (des jeux du cirque en quelque sorte) un je-ne-sais-quoi qui revigore et paraît compenser un excès inverse omniprésent le reste du temps.

    mars 16, 2008 à 16 h 52 min

  45. Isidore

    Tout à fait Vincent, ça me convient mieux comme ça… Désolé de te faire tant pleurer, cependant. Je te promets quelques mouchoirs pour noël. Promis, juré, craché! selon l’expression consacrée digne du P.P.

    mars 16, 2008 à 18 h 41 min

  46. Isidore

    Assez d’accord avec toi, Bernard, pour dire qu’à part le plaisir de retrouver des joies ludiques juvéniles, je ne vois pas bien quel plaisir de la « maturité » on peut bien trouver à ces jeux là, surtout avec l’esprit de sérieux déprimant qu’accompagne aujourd’hui toute main-mise du professionnalisme sur tout ce qu’il touche… sans rien dire de ces nécessaire compromissions avec le spectacle et ses intérêts financiers démesurés… En bref, je ne vois pas trop ce qui peut demeurer de ces joies juvéniles précédemment citées.

    mars 16, 2008 à 18 h 54 min

  47. Amélie

    Moi je sais, moi je sais ! courir après un fessier rebondi, plonger dessus et se rouler avec sa proie dans la gadoue ! autant vous dire que j’attends le 23 avec impatience… niark niark niark….

    mars 16, 2008 à 20 h 39 min

  48. J’ai fait beaucoup de sports collectifs dans ma jeunesse et le rugby n’est pas mon préféré (ce con de ballon ovale, seuls les anglais peuvent être aussi sadiques pour l’inventer) car trop brutal. Mais je ne rate jamais une occasion pour faire un basket ou un volley ou un foot car j’aime l’esprit d’équipe, d’entente, la tactique et les fous rire qui ne manquent jamais. Et pourtant, j’aime ma solitude (marche 40 km/semaine, seule)…

    mars 16, 2008 à 21 h 05 min

  49. Amélie

    Aïe Pascale… je t’aimais bien , mais si tu commences à dire du mal des anglais…

    mars 16, 2008 à 21 h 07 min

  50. Amélie, désolée mais je ne peux plus les voir en peinture depuis que j’ai travaillé avec eux et qu’ils m’ont licencié avec toute une équipe performante qu’ils ont mis à la rue du matin au soir, tout ça pour préserver leurs avantages, ils continuaient à rouler en jaguar. Depuis ils se sont cassé la gueule aussi, bien fait et mérité. Qu’on ne me chatouille pas avec les anglais…

    mars 16, 2008 à 21 h 15 min

  51. Amélie

    Heu… dans ce cas précis, je doute que ce soit une question de nationalité…

    mars 16, 2008 à 21 h 47 min

  52. Dans le cadre du travail, disons que j’ai pu voir de quoi ils sont capables (mentalité, faire travailler les autres à leur place, méconnaissance de la législation française concernant les droits au travail, mauvais comptables -> je précise qu’ils ont perdu toutes leurs sociétés les unes derrière les autres car ils ont basé toute leur stratégie sur une entrée en bourse qui ne s’est pas faite (les investisseurs sont devenus frileux face à la mauvaise gestion et à la bourse qui s’effondrait). Bref, pas envie de m’étendre, je ne généralise pas à tous les anglais, mais quand on les a supporté difficilement au quotidien et qu’en plus ils te serrent la main en te remerciant pour le fric que tu as fait rentré pour qu’ils le dépensent à des fins privées, tu ne peux pas les aimer. Ceci dit, j’ai une très bonne amie anglaise.

    mars 16, 2008 à 22 h 47 min

  53. Amélie

    bah, tu sais, moi j’ai travaillé dans les deux pays, pas seulement avec une société de chaque pays… ça me donne peut-être plus d’éléments de jugement et de comparaison… (cela dit j’ai souvenir d’une boite en Allemagne où j’ai vécu un vrai cauchemar ! salauds d’allemands ! 🙂 )

    mars 17, 2008 à 11 h 00 min

  54. Bah, pas envie de raconter ma vie mais ça ne fait pas longtemps que je vis en France… Je vois, tu es du genre à aimer tout le monde, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…:-)

    mars 17, 2008 à 12 h 06 min

  55. Amélie

    nan, chuis juste un tantinet plus anglaise que française….

    mars 17, 2008 à 12 h 11 min

  56. et moi sans frontière qu’anglaise…

    mars 17, 2008 à 12 h 24 min

  57. Ourko

    C’est pas pour m’imiscer dans votre dialogue, mais les Anglais, sur un terrain de rugby, c’est vrai qu’ils sont assez insupportable (avec leur jeu pragmatique et leur roublardise), mais quels vaillants adversaires !!!

    mars 17, 2008 à 12 h 39 min

  58. 120

    Ecrit par : Pascal Quignard sur les citations

    « Toute citation est – en vieille rhétorique – une éthopée : c’est faire parler l’absent. S’effacer devant le mort. Mais aussi bien l’insistant rituel selon lequel on mangeait le corps des morts, ou celui du dieu. Sacrifice pour s’en préserver, pour contenir ce pouvoir en le découpant en morceaux et en l’intégrant pour partie. »

    (Petits Traités I, Maeght, 1990)

    mars 17, 2008 à 12 h 45 min

  59. Vincent

    Prochain match garçons/filles de 4 à 44
    ans :
    LUNDI 24 MARS
    aux stades de la Malcombe
    à partir de 15h30
    Qu’on se le dise !!!

    mars 23, 2008 à 19 h 06 min

  60. Ourko

    Bonne idée !
    Vu la date retenue (lundi de Pâques) et la forme du ballon, on peut parier que la mêlée pondra elle aussi son oeuf !

    mars 23, 2008 à 19 h 10 min

  61. Ourko

    Et vu le temps prévu, donc la boue qu’il y aura, il y a des chances qu’il soit bien, en plus,… en chocolat !

    mars 23, 2008 à 19 h 12 min

  62. Amélie

    On a donc fait notre petit rugby des familles hier après midi et c’était vraiment génial. De lâches compagnons nous ont abandonnés au dernier moment à cause de quelques vagues de neige et de grêle, mais nous étions au final 3 adultes et 6 enfants (dont deux ne jouaient pas vraiment), de 4 à… 40 ans (?) à se jeter joyeusement les uns sur les autres et à se rouler dans la gadoue glacée. C’était à la fois très très drôle et très très fatiguant. Tout le monde a fini la journée autour d’une boisson chaude et… devant un feu. Aujourd’hui la partie de l’effectif qui avait le plus souvent le visage dans la boue a subi une « gastro éclair ». Je me demande dans quelle mesure les bactéries incriminées n’auraient pas été ingérées au cours de plaquages gadouilleux… Va falloir forcer nos défenses !
    Vincent suggère de réitérer l’opération de façon cadencée (comme les nuits en forêt). Nous passerons les annonces dans ce blog. Armez-vous de vos rires et échauffez-vous les muscles : ça tire !

    mars 25, 2008 à 19 h 01 min

  63. Vincent

    Avis à la population !
    RUGBY « DES FAMILLES », aujourd’hui, Dimanche 13 avril, à partir de 11h, aux stades de la Malcombe.
    Invitez vos amis… ou ennemis !

    avril 13, 2008 à 8 h 49 min

  64. Vincent

    L’intérêt… aïe… ouille… du rugby, c’est que longtemps après… aïe… y avoir joué… ouille… on s’en souvient encore… aïe… ouille… dans tout le corps…

    avril 13, 2008 à 12 h 36 min

  65. Vincent

    La preuve que le rugby est bien une pratique préhisto :
    http://www.dailymotion.com/related/x3ia8v_10-000-bc-teaser-francais_shortfilms/video/x2dcri_cousu-main_creation?from=rss

    avril 19, 2008 à 18 h 47 min

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