"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

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Sur le sacrifice : la théorie girardienne…

René Girard est un de nos grands intellectuels. Professeur à Stanford, récent académicien, considéré par Michel Serres comme le « Darwin des sciences humaines » (excusez du peu !), il est célèbre pour sa théorie du désir mimétique et son corrolaire : celle du bouc émissaire.

Tentons de résumer la logique de la thèse (somme toute assez simple) qu’il ressasse et développe d’ouvrage en ouvrage : L’humain ne peut désirer que ce qu’un autre humain désire. Le congénère étant à la fois le modèle et le rival, cette imitation mène immanquablement au conflit. Le mécanisme du bouc émissaire est alors un dispositif apparu au cours de l’évolution (sans doute accidentellement mais conservé ensuite) permettant de canaliser la violence collective suscitée par ce désir mimétique en la rejetant sur un seul individu jugé responsable de la crise sociale. Une fois sacrifié, le bouc émissaire est ensuite sacralisé et les rituels de commémoration de cet assassinat primordial permettent tout autant de conjurer le retour du chaos qui menace que de structurer tabous, normes et organisation sociale.

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Chronique de Craô (8) : Le changement d’heure

Depuis le plus profond des âges, les humains semblent avoir célébré les changement de saison (voir notamment les articles consacrés ici à Samain, Imbolc, Beltaine, Noël, etc.).

On pensait nos temps modernes enfin débarassés de ces superstitions archaïques — comme si la saison avait besoin de notre appui pour survenir ! —, mais le changement d’heure est venu vite combler l’insupportable manque.

Ne nous y trompons pas : l’alibi prosaïque (économiser l’énergie) n’est qu’un mince et transparent vernis. Le changement d’heure est en effet, avant tout, dans sa réalité profonde, un rituel postmoderne de changement de saison.

On y retrouve en effet tous les éléments nécessaires :

– la dimension collective : c’est un des rares événements concernant, sans la moindre exception, tous les membres de la collectivité (qu’ils soient porteurs de Swatch, de Rolex ou n’aient rien au poignet)

– La dimension symbolique : il s’applique à ce qui est peut-être actuellement notre valeur suprême (ce temps que l’on mesure, allonge, gère, rentabilise, libère… bref vénère)

– La dimension sacrificielle : le passage est en effet dur pour tout le monde (même les vaches paraît-il ont du mal à se faire à la nouvelle heure de traite)

Il joue enfin — et j’aime à dire surtout — sur cette fameuse “règle symbolique” du don/contredon, en nous disant implicitement :

Donne-moi une heure de ton précieux temps, et je te fais venir le Printemps !


Donne-moi ta main…

On avait abordé le vaste sujet, en avril dernier, grâce à l’article intitulé Le mariage, un engagement préhistorique.

Et si on reprenait la discussion ?

On est en effet loin d’avoir fait le tour du sujet. De nouveaux éléments peuvent assurément être mis sur la table. Et de nouveaux intervenants se joindre aux discussions autour.

Il y en a même, à ce que j’ai cru comprendre, au coeur de la tribu, qui entre temps ont concrètement expérimenté la chose.

Sûr que leur témoignage enrichira l’échange.


LA FESSEE PALEOLITHIQUE

Aiguillonné par les récents commentaires sur l’article « Frère Martinet », un sympathisant du PP a récemment décidé de « trouver » son totem. S’inspirant de divers rituels et cérémonies, il a opté pour la fessée paléolithique, administrée, selon toute vraisemblance, par une main féminine. On notera la présence de poudre d’ocre, utilisée aussi bien par les sorciers du paléolithiques, que, selon un documentaire diffusé hier soir sur Canal Family, par certains animaux dans les rites funéraires. IL semblerait que le sujet ne soit pas encore parvenu à identifier son totem de façon très précise. La seule chose qu’il ait pu distinguer jusqu’à présent, à travers son regard myope et quelques gouttes de larmes, est une silhouette d’environ 1,72 mètres, auréolée d’une longue chevelure blonde et qui scandait : « ah ! mais on a été un vilain garçon, hein ?! ».

Il pense qu’il serait peut-être bon de renouveler le rituel jusqu’à s’être fait une opinion plus précise de son animal totem. Bien entendu, comme dans tout rituel chamanique, la cérémonie a débuté par l’absorption d’une fiole de Lagavulin.

Ce sympathisant dont je tairai l’identité, mérite décidément sa carte au PP, non ?