"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Articles tagués “postmoderne

Le retour du sauvage (1)

Réintroductions du loup et de l’ours, stages de survie ou de cueillette des plantes sauvages, néo-paganisme (plus ou moins ambigu), raves et autres teknivals extatiques, réveil des fêtes traditionnelles, engouement populaire pour les arts premiers, thérapie régressives, développement de la chasse et de la nourriture à base de gibier, attrait pour le nomadisme, etc… Le P.P. est loin d’être un cas à part, marginal : le « retour du sauvage » est un véritable phénomène d’époque.

Simple effet de mode ou changement de paradigme marquant l’entrée dans la « postmodernité » ?

Sergio Dalla Bernardina, professeur d’ethnologie, explore la question dans un petit bijou de pertinence et d’ironie publié aux Presses Universitaires de Rennes : Le retour du prédateur, mises en scène du sauvage dans la société post-rurale.

Je résumerais son étude ainsi : beaucoup de posture, de mise en scène et de fantasme dans cette « envie (urbaine) de sauvage » qui semble tout de même marquer la fin d’une civilisation rurale, issue du néolithique comme du christianisme, et notamment basée sur la claire distinction du domestique et du sauvage, assimilés au Bien et au Mal.

Mais prôner l’ensauvagement, n’est-ce pas dans le même temps une façon de vouloir le domestiquer, donc de lui ôter toute sa substance, un nouvel avatar de « la maladie qui se prend pour le remède » en quelque sorte ?


Chronique de Craô (8) : Le changement d’heure

Depuis le plus profond des âges, les humains semblent avoir célébré les changement de saison (voir notamment les articles consacrés ici à Samain, Imbolc, Beltaine, Noël, etc.).

On pensait nos temps modernes enfin débarassés de ces superstitions archaïques — comme si la saison avait besoin de notre appui pour survenir ! —, mais le changement d’heure est venu vite combler l’insupportable manque.

Ne nous y trompons pas : l’alibi prosaïque (économiser l’énergie) n’est qu’un mince et transparent vernis. Le changement d’heure est en effet, avant tout, dans sa réalité profonde, un rituel postmoderne de changement de saison.

On y retrouve en effet tous les éléments nécessaires :

– la dimension collective : c’est un des rares événements concernant, sans la moindre exception, tous les membres de la collectivité (qu’ils soient porteurs de Swatch, de Rolex ou n’aient rien au poignet)

– La dimension symbolique : il s’applique à ce qui est peut-être actuellement notre valeur suprême (ce temps que l’on mesure, allonge, gère, rentabilise, libère… bref vénère)

– La dimension sacrificielle : le passage est en effet dur pour tout le monde (même les vaches paraît-il ont du mal à se faire à la nouvelle heure de traite)

Il joue enfin — et j’aime à dire surtout — sur cette fameuse “règle symbolique” du don/contredon, en nous disant implicitement :

Donne-moi une heure de ton précieux temps, et je te fais venir le Printemps !


Joyeux Noël (joli bordel) !

La fête de Noël, quand on se penche un peu sur ses origines, paraît un peu complexe ; un beau mélange — postmoderne — d’antiques traditions plus ou moins remises au goût du jour :

La commémoration de la naissance de l’enfant Jésus, par exemple, date du IVe siècle. Le pape Jules 1er christianisa alors d’antiques fêtes païennes (les Perses et les Romains sacrifiaient en effet à cette date un jeune taureau, les Egyptiens fêtaient le soleil renaissant, etc.) et fixa donc à cette période de l’année hautement symbolique la date hypothétique du Sauveur chrétien.

(suite…)


La rencontre des « Grands Esprits »

On a beau se tourner sur le passé — se prétendre même « préhisto » — on n’en est pas moins visionnaires au PP.

La preuve ?

Depuis notre résurgence, on vous a déjà parlé de Préhistoire, de Postmodernité, de plantes sauvages (donc de François Couplan), etc.

Et bien devinez ce qu’on trouve depuis aujourd’hui en librairie…

Extrait de la 4e de couverture :

« Devenez à votre tour un sauvage postmoderne et portez-vous mieux en suivant les conseils quotidienbs d’un grand amoureux de la Terre ! »