"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

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Frère Renard

Bien avant d’utiliser des chiens pour chasser les Renards, les hommes préhistoriques les entretenaient-ils comme animaux domestiques ?

C’est ce que peut laisser penser la récente découverte d’Uyun-al-Hammam, au nord de la Jordanie : un Renard enterré avec un Humain. Cette sépulture date de 16 500 ans, soit 4 000 ans avant la première sépulture connue réunissant un Humain et son Chien.

Plus d’info : ici

Une bonne raison pour se pencher un moment (après le Corbeau, le Lombric et le Cerf) sur Maître Goupil.

Back to the trees (2) !

On a déjà, sous ce titre, évoqué la mode grandissante des cabanes dans les arbres.

Evoquons ici la simple « grimpe », si joliment décrite par Rémi Caritey dans Les vertiges de la forêt, Petite déclaration d’amour aux mousses, aux fougères et aux arbres (Transboréal, 2011) :

« […] Pour évoluer dans un arbre, sortir la tête du feuillage ou passer d’une branche maîtresse à l’autre, il faut produire une gestuelle à nulle autre pareille, une manière de saisir une prise ou de caler le pied spécifique à l’architecture végétale. J’ignore si un alpiniste se sent chez lui sur une paroi rocheuse, mais ici, dans ce royaume sylvestre, je trouve immédiatement ma place. Peut-être la gymnastique particulière de l’escalade d’un arbre éveille-t-elle une mémoire ancienne, une sorte de circuit neuronal fossile, qui confirmerait nos origines arboricoles ? En escaladant un arbre, en me frottant à la rudesse de l’écorce, en me griffant, en me hissant « à l’ours » jusqu’à une fourche où je pourrai me rétablir et poursuivre l’ascension, je me dépouille d’un vernis d’urbanité, et il ne me reste plus qu’à faire pleinement le singe. Je manifeste ainsi la persistance de ce lien ténu qui surgit de la nuit des temps et relie l’hypercivilisé à l’homme originel. […] »

Retour sur la rencontre des « cuistos sauvages » (en images et quelques mots)

Samedi 28 mai

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14 h : RDV au Jardin partagé de Tambour Battant. Départ pour les cueillettes au bord du Doubs et à la forêt de Chailluz, botaniquement guidés par Nicolas Blanche et Sothy Ly (CitronVert)

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2ème Rencontre des « cuistos sauvages »

Vous avez raté les premières (voir ici, ou ) ? Ne ratez pas les deuxièmes rencontres des « cuistos sauvages ».

Pas de montée à la Petite Echelle, cette fois, ni de « nuit sauvage » : on reste bisontin et on axe davantage sur la cuisine et le partage avec le plus grand monde.

Deux grands chamans aux commande, cette année : CitronVert et Nicolas (on le voit aussi ici)

Programme :

samedi 28 mai après-midi : cueillettes (bords du Doubs et forêt de Chailluz)

samedi 28 mai soir/dimanche 29 matin : cuisine

dimanche 29 mai midi : dégustation des préparations au Jardin Partagé de Battant

Plus de détails (horaires et lieux de RDV) ultérieurement, à ceux qui le demanderont

L’asperge des bois

Après la fin de la période de l’ail des ours commence celle de l’Ornithogale des Pyrénées, dite plus communément Asperge des bois ou Aspergette. Sa hampe florale, avant floraison, ressemble à un épi de blé vert tendre et est véritablement savoureuse crue ou légèrement cuite (blanchie une petite minute).

Bonne cueillette et bonne régalade !

Le retour du sauvage (1)

Réintroductions du loup et de l’ours, stages de survie ou de cueillette des plantes sauvages, néo-paganisme (plus ou moins ambigu), raves et autres teknivals extatiques, réveil des fêtes traditionnelles, engouement populaire pour les arts premiers, thérapie régressives, développement de la chasse et de la nourriture à base de gibier, attrait pour le nomadisme, etc… Le P.P. est loin d’être un cas à part, marginal : le « retour du sauvage » est un véritable phénomène d’époque.

Simple effet de mode ou changement de paradigme marquant l’entrée dans la « postmodernité » ?

Sergio Dalla Bernardina, professeur d’ethnologie, explore la question dans un petit bijou de pertinence et d’ironie publié aux Presses Universitaires de Rennes : Le retour du prédateur, mises en scène du sauvage dans la société post-rurale.

Je résumerais son étude ainsi : beaucoup de posture, de mise en scène et de fantasme dans cette « envie (urbaine) de sauvage » qui semble tout de même marquer la fin d’une civilisation rurale, issue du néolithique comme du christianisme, et notamment basée sur la claire distinction du domestique et du sauvage, assimilés au Bien et au Mal.

Mais prôner l’ensauvagement, n’est-ce pas dans le même temps une façon de vouloir le domestiquer, donc de lui ôter toute sa substance, un nouvel avatar de « la maladie qui se prend pour le remède » en quelque sorte ?

A chacun son churinga !

C’est en lisant un livre d’entretiens de C.G. Jung que je découvre l’existence des churingas ou « pierres d’âme ». Je cite :

« […] j’ai lu un article sur des découvertes préhistoriques faites au lac de Burgäschi. Il s’agissait de cités lacustres, comme on les appelle, bâtis sur des marais ou marécages. Dans ce lieu, on posait simplement des couches de troncs d’arbres sur lesquelles on érigeait des huttes. Devant l’un des huttes on trouva un pavé. Chaque pierre —  ce n’étaient pas des grosses pierres, mais plus ou moins de la taille du poing — était enveloppée séparément dans des écorces de bouleau, dans du raphia de bouleau, et les pierres étaient posées de façon régulière. C’est une cache de pierres d’âme. Nous en connaissons aujourd’hui la signification, grâce aux Aborigènes vivant encore en Australie centrale. Lire la suite »