"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

cueillette

Cuisiner les glands

Hé oui… Les fruits du « Roi de nos forêts » — le Chêne — sont comestibles. Ils ont même vraisemblablement, pendant des millénaires,  servi de base alimentaire à nos ancêtres, comme ils le font encore par exemple aux Indiens de Californie. Ils sont en effet tout à la fois abondants, faciles à ramasser et riches en amidon (30 à 35 %) et protéines (4 %).

Evidemment, tels quels ils sont immangeables car ils contiennent jusqu’à 10 % de tanins amers et astringeants. Le « truc préhisto » (qui s’est perdu au fil du temps) est tout simplement de les faire cuire dans plusieurs eaux. Les tanins sont en effet solubles et disparaissent (avec une belle couleur chocolat) dans l’eau de cuisson. On obtient alors un produit assez comparable à la châtaigne.

Après quelques essais, je conseille la méthode suivante :

– Fendre les glands et les griller légèrement dans une poèle couverte afin de pouvoir ensuite les écorcer. Attention, sous la coque solide, il y a une peau, sur l’amande, à retirer également !

– Les concasser plus ou moins finement et les faire cuire dans plusieurs eaux jusqu’à ce qu’ils aient perdu leur amertume (et/ou que l’eau de cuisson soit claire). En général une à deux eaux suffisent s’ils ont été coupés fins.

– Conserver les glands tels quels ou les écraser en purée.

François Couplan propose, à partir de là, deux recettes (une salée, une sucrée) que nous avons récemment testées :

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Restau préhisto

A LA CARTE

Attention : pendant les périodes glaciaires, nous ne pouvons garantir à notre clientèle préhistorique l’approvisionnement en fruits et légumes. Pour la viande, certains animaux frileux sont susceptibles de migrer vers le sud.


LES ENTREES

– Salade verte (cueillie au bord de la rivière)

– Champignons frais sauce menthe (feuilles)

– Escargot en coquille

– Soupe de poissons (pêchés avec harpon ou grâce à des nasses)

– Omelette d’oeufs de lagopède à l’ail

– Assortiment d’insectes pour fine bouche (à griller ou à faire bouillir avec des pierres chaudes jetées dans l’eau)

– Oeuf cuit dur (enveloppé dans une couche d’argile et posé sur des braises)

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« Sauvage » l’épinard !

L’épinard sauvage est l’autre nom du Chénopode, qu’il soit blanc (Chenopodium album), en plaine, ou Bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus), en altitude.

C’est une des « mauvaises herbes » les plus courante tout en étant à la fois excellente (crue ou cuite), nutritive (protéines complètes, acides aminés, vitamine C, etc.) et extrêmement facile à reconnaître (notamment grâce à ses minuscules billes blanchâtres sous les jeunes feuilles qui donnent au toucher la sensation d’humidité).

Des fouilles archéologiques ont montré qu’il est consommé depuis des millénaires (au moins 10 000 ans). Un vrai légume « préhisto », donc. A redécouvrir ! Que ce soit pour consommer ses feuilles ou ses jeunes inflorescences.


Pousses d’épicéa

A cette période de l’année, apparaissent à l’extrémité des rameaux d’épicéas des jeunes pousses toutes tendres, d’un vert clair qui tranche sur le vert foncé des anciennes aiguilles.

Ces jeunes pousses, extrêmement riches en vitamine C, sont acidulées, avec un goût citronné et une légère astringence. Elles ont jadis servi pour aromatiser la bière. Elles peuvent aujourd’hui être ajoutées crues aux salades (et y remplacer le citron), ou cuites à divers plats auxquels elles apporteront une note résineuse et printanière. On peut en faire également de savoureuses décoctions (à l’instar de Jacques Cartier qui sauva ainsi ses marins du scorbut lorsqu’ils remontèrent le Saint-Laurent) ou un sirop (encore traditionnel dans certaines régions) non seulement délicieux mais doué de vertus expectorantes et efficace contre les affections pulmonaires.

Attention toutefois à ne pas vous tromper d’arbre. Les pousses du sapin sont beaucoup plus amères mais surtout celles de l’if sont extrêmement toxiques.


L’ail des ours

En cette période de l’année, les forêts commencent à se couvrir de tapis d’une plante à forte odeur d’ail au nom mystérieux : l’ail des ours.

Sans craindre d’énerver un plantigrade ronchon, on peut en cueillir les feuilles lancéolées et les consommer crues, hachées menues, en condiment des salades, ou cuites en soupes ou comme les épinards.

Et c’est partiiiiiii pour une nouvelle saison de cueillettes sauvages !


Une ‘tite cure préhisto de sève de bouleau

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La technique est toute simple (et sûrement ancestrale) : repérer un beau bouleau, creuser n’importe où dans son tronc un petit trou, y ficher une tige creuse de sureau, une paille, un tuyau ou un tube quelconque et placer dessous un récipient.

En cette période de l’année où la sève « bouillonne » dans les troncs, la récolte est étonnamment abondante et peut atteindre le litre d’eau d’arbre (potable) par jour.

Une façon de célébrer la nouvelle saison en ayant l’impression de trinquer avec nos cousins branchus !