"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Le rire

Idéologie moderniste oblige, on nous présente plus souvent nos lointains ancêtres mourant de faim, de peur ou de froid que riant aux éclats.

C’est pourtant bien une activité « préhisto » que le rire. Tout y est : son ancrage instinctif (le rire ne s’apprend pas plus qu’il ne se contrôle) et grégaire (on rit davantage en groupe que seul) tout autant que  sa face obscure, inquiétante, presque diabolique (le sourire, en comparaison, paraît bien plus sage et moral).

Bref… chaque éclat de rire est un retour direct vers la plus lointaine préhistoire.

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7 Réponses

  1. Il y a une scène finale dans la Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud où la Sapiens apprend à rire aux deux « Rustiques » qui l’accompagnent que je n’ai malheureusement pas réussi à retrouver sur le Net.

    février 1, 2011 à 22 h 32 min

  2. La longue chaîne de rires qui s’autoalimente depuis la nuit des temps s’est-elle ne serait-ce qu’une fois interrompue ?

    février 7, 2011 à 22 h 23 min

  3. 120

    Ecrit par Charles Baudelaire :

    « […] Dans le paradis terrestre (qu’on le suppose passé ou à venir, souvenir ou prophétie, comme les théologiens ou comme les socialistes), dans le paradis terrestre, c’est-à-dire dans le milieu où il semblait à l’homme que toutes les choses créées étaient bonnes, la joie n’était pas dans le rire. Aucune peine ne l’affligeant, son visage était simple et uni, et le rire qui agite maintenant les nations ne déformait point les traits de sa face. Le rire et les larmes ne peuvent pas se faire voir dans le paradis de délices.
    […] »

    (De l’essence du rire)

    février 7, 2011 à 22 h 50 min

  4. 120

    Ecrit par Jean Cocteau :

    « […] La faculté de rire aux éclats est preuve d’une âme excellente. Je me méfie de ceux qui évitent le rire et refusent son ouverture. Ils craignent de secouer l’arbre, avares qu’ils sont de fruits et d’oiseaux, craintifs qu’on s’aperçoive qu’il ne s’en détache pas de leurs branches. […] »

    février 7, 2011 à 22 h 57 min

  5. Isidore

    Dans la version diabolique du rire, j’ai souvenir de cette image saisie dans je ne sais plus quel livre d’histoire où était relaté le témoignage d’un poilu voyant surgir du néant, loqueteux et hébétés, secoués des spasmes d’un rire effrayant et terriblement sonore, un groupe de déserteurs rescapés de Verdun, promenant de villages en villages leur regard halluciné et complètement fou… Cette image m’a soudain fait percevoir un visage de la guerre que je souhaite ne jamais avoir à connaître. Bon d’accord, ce n’est pas vraiment drôle, mais on n’est pas là pour rigoler !

    février 8, 2011 à 8 h 39 min

  6. 120

    Ecrit par Blaise Cendrars :

    RIRE

    Je ris
    Tu ris
    Nous rions
    Plus rien ne compte
    Sauf ce rire que nous aimons
    Il faut savoir être bête et content.

    (Feuilles de route, Denoël, 1947)

    juillet 13, 2011 à 10 h 17 min

  7. « Bête et content », ça devrait être un programme à ta portée, Vincent, non ? 😉

    juillet 13, 2011 à 10 h 47 min

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