"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Haïkus d’été

Les vacances avaient un peu air japonais cet été. Avec l’ami Pierre, je me suis amusé à tenter de pondre chaque jour mon petit haïku. Formellement, c’est tout simple : un petit poème de trois vers, si possible rythmé en 5-7-5 syllabes. Après, si on veut être puriste, ça devient plus compliqué (surtout pour un occidental) puisqu’il faut tâcher d’éviter tout lyrisme, toute métaphore, toute pensée, bref toute pesanteur « humaine trop humaine » et viser l’idéal japonais du yûgen (« mystère inefable »). Il s’agit en quelque sorte de toucher du bout de plume l’infime et l’éphémère.

Je ne prétends évidemment pas y être parvenu, mais je dois avouer que l’exercice en vaut la peine. Je ne pense pas qu’on puisse directement le qualifier de « préhisto » mais nul doute qu’il nous désoccidentalise un peu, ne serait-ce qu’en faisant travailler notre cerveau droit (revoir à ce sujet l’article d’Isi, et notamment le lien du commentaire 12).

N’hésitez donc pas à joindre les vôtres aux miens !

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32 Réponses

  1. A Vingrau, enfin
    Sous la poussière de l’année
    La maison d’été.

    *

    Le silence épais
    Invite à grasse-matiner
    Heureusement les mouches…

    *

    Venant du grand large
    Un papillon solitaire
    File vers les dunes.

    *

    Elle ne sait jamais
    Sur quoi elle va retomber
    L’intrépide sauterelle.

    *

    L’enfant effrayé
    Par le vent qui souffle, en douce
    Met des pierres en poches.

    *

    Son ombre sur les roches
    Plus rapide que l’hirondelle
    Qui traverse les gorges.

    *

    Sur la plage de sable
    Au milieu des traces humaines
    Des empreintes d’oiseau.

    *

    Sous l’ombre d’un arbre
    Commencer un bon livre et
    Lentement… ron…zzz…

    *

    Au bord d’la piscine
    Le papy ravi de voir
    Son p’tit fils nager.

    *

    Il f’rait moins l’malin
    Si on lui coupait ses fils
    Le cerf-volant rouge.

    *

    etc.

    août 19, 2009 à 13 h 14 min

  2. 120

    Ecrit par Maurice Coyaud :

    Ces petits poèmes japonais — trois vers, c’est tout — me fascinent par ce qu’ils sont sans en avoir l’air. Si j’insiste sur la formule, c’est que j’ai d’excellentes raisons de me méfier de ce qu’on leur prête à leur modeste corps défendant. Je n’aime pas que l’Occident les attire dans ses filets de métaphores et de syllogismes, comme il ne s’en est pas privé jusqu’ici — surcharge symbolique où les haïhu perdent le meilleur d’eux-mêmes : cette facuté de se situer naturellement en deça de la littérature.

    Certes avons-nous de quoi être déroutés par cette poésie qui occupe si peu de place et qui occupe si légèrement sa place, nous autres Occidentaux si anxieux d’exploiter le champ complet du discours et des discours, toujours prêts à expliciter nos paroles par d’autres paroles, à arpenter la moindre parcelle de signification, à accaparer systématiquement le terrain. L’idéal japonais du yûgen (mystère ineffable) est très exactement à l’opposé : le créateur qui s’en réclame évite soigneusement de jamais dépasser le seuil de la simple suggestion, attentif d’abord à laisser les portes du sens grandes ouvertes. Ainsi BAshô qui se refuse à dire la trop évidente splendeur du mont Fuji ; la seule fois qu’il se risque à l’évoquer dans un haïku, c’est comme par hasard jour de brouillard :

    Brume et pluie
    Fuji caché. Mais je vais
    Cependant content.

    L’humour est là pour nous rappeler que les mots ont tendance à pécher par excès : qui veut trop dire ne dit rien. A l’inverse, il n’est pas toujours vain de se mettre à l’écoute de ce qui a l’air de ne rien dire. […]

    (Fourmis sans ombre, Le Livre du haïku, Anthologie-promenade, Phébus, 1978)

    août 19, 2009 à 13 h 26 min

  3. Le soleil sur ta peau,
    Amélie qui rougit,
    Les tomates sont mûres.

    *

    La ville en carafe,
    La clef sur la porte,
    Le retour.

    *

    Un passant vient de dire
    Que le soleil l’ennuie,
    Dire que demain c’est lundi.

    *

    La porte a craqué
    C’est sans doute Yatsé.
    Tu rêves mon PP !

    *

    Quand la lune s’endort,
    Papillons d’aurore
    Et firmament d’argent.

    *

    La nuit est longue,
    l’ordinateur fébrile,
    Trois grains de beauté sur ton dos.

    *

    août 19, 2009 à 14 h 29 min

  4. Amélie

    Amélie se tait
    allergique aux vaines contraintes
    elle f’rait tout péter !!!!!

    août 19, 2009 à 15 h 38 min

  5. Ah ! L’ivresse du vain !
    Ecrire en règle, tout péter,
    Tout est vanité !

    août 19, 2009 à 16 h 18 min

  6. c’est tout bonnement génial !!!

    août 20, 2009 à 0 h 13 min

  7. Isidore

    En trois vers,
    Yatsé,
    En trois vers !!!

    août 20, 2009 à 7 h 16 min

  8. Les bêtes ont compris
    Que la nuit est plus jolie
    Quels idiots nous sommes !

    *

    Le cri des derniers
    Martinets sur le départ
    Qu’il est déchirant !

    *

    L’enfant agité
    Ancre son cerf-volant dans l’ciel
    Et reste immobile.

    *

    Disent-elles autre chose
    Les ailes rouges des saut’relles que
    « Na na na na nère ! » ?

    *

    Il perd de son calme
    Hélas ! quand on s’y installe
    Le p’tit coin perdu.

    *

    Un volet qui couine
    Le vent ne sait pas de quel
    Côté le pousser.

    *

    Un temps, l’arc-en-ciel
    Me fait oublier l’orage
    Qui m’a détrempé.

    *

    Une tête de grenouille
    Sur une robe de mariée
    Telle est la cigale !

    *

    Retourner une pierre
    Après tout ce n’est jamais
    Un geste anodin.

    *

    Un truc « préhisto »
    Pour pouvoir siester tranquille
    Bouffer les cigales !

    *

    etc.

    août 20, 2009 à 9 h 26 min

  9. 120

    Ecrit par Maurice Coyaud

    […] Le haïku a longtemps trouvé sa place naturelle dans ces « récits de voyage » où il figurait un peu comme une pause au tournant du chemin : instant immobilisé où le marcheur s’arrête, où le regard capte une impression fugitive, où la fatigue trouve un baume inattendu dans le repos des choses.

    […] Rien de plus que la saisie éphémère d’un instant : prêt à être oublié, à jamais inoubliable. Un sentiment diffus à la clé, comme la « tonalité » en musique : ici le bonheur, absolument pas décrit, portant ressenti et partagé avec la certitude des silencieuses évidences. Il ne s’agit pas d’exprimer (aucune pression ici sur les mots), moins encore d’émouvoir ou d’étonner, pas même de donner à voir : simplement de dire. Avec le minimum de paroles. Mais surtout avec des paroles de peu — non tant celles de tout le monde que celles de personne (ce qui rend paradoxalement le plaisir « haïkiste » si facile à partager, par le jeu de cette sorte d’assentiment tacite qui est la forme de langage privilégiée de toute familiarité — avec les êtres comme avec les choses). Accord parfait du dire et du dit ; accord proprement musical d’ailleurs, qui ne demande à durer qu’à peine son temps, bientôt effacé, toujours en attente de silence. Car le haïku échappe à la finalité ordinaire de la littérature : il ne laisse pas de trace derrière lui. « Fourmi sans ombre », comme le note justement Seishi — et comme l’a tout de suite compris Roland Barthes : … « le haïku s’enroule sur lui-même, le sillage du signe qui semble avoir tracé, s’efface : rien n’a été acquis, la pierre du mot a été jetée pour rien : ni vagues ni coulée de sens. »

    (Fourmis sans ombre, Le livre du Haïku, Anthologie-promenade, Phébus, 1978)

    août 20, 2009 à 9 h 47 min

  10. Un petit mystère
    Ne pas l’assommer de mots
    5-7-5, pas plus !

    *

    Rien d’intéressant !
    Idéal pour l’haïkiste
    Sensible à l’infime.

    *

    Il atteint son but
    Quand son lecteur lui répond
    Le bon haïku.

    *

    Il atteint son but
    Tout autant celui qui laisse
    Son lecteur muet.

    *

    S’ils atteignent leur but
    A chaque coup, les haïkus
    C’est qu’ils n’en ont pas !

    *

    Trève de haïkus
    Trinquons sous l’unique étoile
    Un autre ivresse. Tchin !

    *

    etc.

    août 20, 2009 à 9 h 57 min

  11. Amélie

    pales qui tournent et tournent
    chuchott’ments dans le couloir
    des bribes me caressent

    août 20, 2009 à 10 h 29 min

  12. Dis donc, Vincent, Coyaud te dit qu’un haïku ne doit pas véhiculer de « sens » et toi tu t’empresses d’en mettre ! Tu le fais exprès ou quoi ?

    août 20, 2009 à 11 h 08 min

  13. J’ai juste recopié les haïkus écrits cet été qui me semblaient dire, en gros, la même chose… mais en moins de mots.

    Quant à ce qu’on trouve — ou non — dans un haïku, cela dépend peut-être davantage du lecteur que du rédacteur, non ?

    Alors, tu les trouves comment mes haïkus ? 😉

    août 20, 2009 à 11 h 11 min

  14. Le comble du luxe
    Un ventilateur qui brasse
    L’air chaud toute la nuit.

    *

    Comme un p’tit coup d’vieux
    Est-ce objectivement l’village
    Ou plutôt mon regard ?

    *

    Ah ! Quelle invention
    La bonne douche chaude de l’hiver
    Qui d’vient fraîche l’été !

    *

    Par ses vagues la mer
    Cherche elle aussi sans cesse
    A sortir de l’eau.

    *

    Par ses arbres la terre
    Cherche elle aussi sans cesse
    A prendre un peu l’air.

    *

    La tempête se lève
    Dehors, seuls les martinets
    S’amusent du vent.

    *

    Comme un compte à rebours
    Le crissement des cigales
    Inquiète la garrigue.

    *

    J’vois bien, libellule
    Que tu cherches à me séduire
    Mais j’reste impassible.

    *

    Ah ! Vieillir assez
    Pour m’asseoir à mon tour
    Le banc des papys !

    *

    Sous les amandiers
    Une pierre en main, difficile
    De n’pas r’mnter l’temps.

    *

    etc.

    août 21, 2009 à 18 h 06 min

  15. 120

    Ecrit par Maurice Coyaud :

    […] Désir de retenir ce qui fuit, de ne pas laisser échapper ce qui passe. Désir surtout de manifester son assentiment à tout ce qui survient : à ce qui tout bonnement est. Bashô remarque, avec une discrète pertinence : un haïku « c’est simplement ce qui arrive en tel lieu, à tel moment ». Or ces moments, notés sur le vif, constituent un univers privilégié où j’aime à me retrouver, moi barbare occidental. J’admire l’attention que les haïkistes leur ont portée, la précision qu’ils mettaient à les noter. Un peu comme Proust notait les cris de Paris.

    […] Cette humilité dans l’abord est bien sûr une feinte. Pareille attention portée aux réalités infimes (cet apparent « retour aux choses »), loin de trahir un quelconque rétrécissement de l’angle optique, une quelconque myopie de l’esprit ou des sens, joue au contraire ici comme un mécanisme libérateur, comme une véritable « clé des champs » : qui ouvre l’accès à un domaine où l’homme, personnage encombré et encombrant, n’est pas facilement admis d’ordinaire. Pour les Japonais, notre tendance à dramatiser ou à magnifier les réalités souvent triviales de la vie risque tout simplement de nous cacher l’essence intime des choses. L’homme masque le monde. Alors que la plus modeste bestiole peut nous ouvrir un chemin.

    J’ai emprunté ma chaumière
    Aux puces et aux moustiques
    Et j’ai dormi

    Issa

    j’ai d’ailleurs un faible pour ces haïkus-là, qui sous leur air impertinent et tendre cachent sagesse et art de vivre. Si je les ai souvent choisis de préférence à d’autres, c’est qu’aussi j’entends bien contester l’idée généralement admise en Occident selon laquelle les haïku sont de petits poèmes graciles et délicats, menus objets d’une orfèvrerie maniaque. Je ne suis pas de cet avis.

    Occupé à transplanter les pousses
    Il va pisser dans la rizière
    Du voisin

    Yayû

    On s’est trop longtemps complu à « enjoliver » cette poésie qui ne demande qu’à respirer librement, en tenue de tous les jours, le long des chemins sans gloire — mais non sans secrets — de la vie quotidienne. Les habits d’apparat lui vont mal, l’engoncent. Les haïkistes le savent bien, qui prennent un malin plaisir à ces anecdotes tout à la fois banales et déconcertantes.

    (ibidem)

    août 21, 2009 à 18 h 27 min

  16. Pascale

    Amusant, je me suis prêtée à ça en juin car une amie m’a offert un jeu sous forme d’aimants posés sur le frigo, mais c’était encore plus dur car les mots étaient imposés. Au début, les garçons se sont moqué de moi, la pouet pouet de service! Ensuite, chaque matin, invariablement au petit déjeuner, l’un commentait, l’autre appréciait ou riait et moi je continuais car ça me plaisait de chercher. Parfois, quand je n’avais pas d’inspiration, j’étais rappelée à l’ordre: eh, la pouette, le haiku du jour ! On s’est bien marré et j’ai gagné : je les ai sensibilisé à la poésie. Incroyable mais vrai!

    août 21, 2009 à 22 h 24 min

  17. Ici les pierres même
    Semblent plus sèches et cassantes
    Quel soleil ! Quel vent !

    *

    Eloge de la fuite
    Sans les étoiles filantes, le ciel
    Serait inhumain.

    *

    Jalouse des étoiles
    Jamais de voeu quand elle file
    Pauvre pipistrelle !

    *

    Cactus et chardons
    imitent un peu l’soleil
    Avec leurs piquants.

    *

    Souffle tramontane
    Plus fort, tu vas réussir
    A vider ma tête !

    *

    Révolutionnaire
    Elle cherche à faire table rase
    Folle tramontane !

    *

    Couché sur le dos
    Sur un matelas pneumatique
    Laisser faire les vagues.

    *

    Mais comment voles-tu
    Tranquille même contre le grand vent
    Petit papillon ?

    *

    Dans mon cahier jaune
    Deux-trois haïkus oubliés
    Me transportent ailleurs.

    *

    Une chiure de pigeon
    En plein milieu de la chambre
    Grrr… Cette voisine !

    *

    etc.

    août 24, 2009 à 12 h 46 min

  18. Amélie

    Isabelle qui pleure
    s’engouffre par la porte et
    me tomb’ dans les bras

    août 24, 2009 à 13 h 01 min

  19. 120

    Sur le haïku, le cerveau droit, le sacré, la différence homme/femme, etc… Bref, plein de thèmes PP :
    http://cerveaudroit.ouvaton.org/article.php3?id_article=19

    août 24, 2009 à 13 h 06 min

  20. Amélie

    La fenêtre ouverte
    Précipite le soleil
    sur un’ plante fanée

    août 24, 2009 à 13 h 06 min

  21. Amélie

    Le portabl’ frétille
    des messages de mon chéri
    là, sur le bureau

    août 24, 2009 à 13 h 12 min

  22. Famille de passage
    Occasion de visiter
    Des lieux inconnus.

    *

    Et hop dans la terre !
    Les graines subtilisées au
    Jardin botanique.

    août 24, 2009 à 14 h 25 min

  23. Amélie

    Sur ma robe rose
    Une tâche de tomate éclate
    Sur ma bouche aussi

    août 24, 2009 à 14 h 30 min

  24. 120

    Ecrit par Eric Chevillard :

    Je me suis agenouillé pour adorer Dieu
    J’ai incliné la tête, et alors il m’est apparu
    C’est une fourmi.

    (642, http://l-autofictif.over-blog.com ; 21 août 2009)

    août 25, 2009 à 9 h 42 min

  25. C’est bien, Eric, mais encore trop bavard. 5-7-5, pas plus !
    Elague encore un peu.

    Par exemple :

    Priant à genou
    Inclinant la tête je vois
    Dieu dans une fourmi

    août 25, 2009 à 9 h 49 min

  26. 120

    Ecrit par Eric Chevillard :

    Mais oui, ma tante, la poéie nourrit son homme. Et même un seul bon haïku le fera :

    Pain
    Jambon
    Pain

    (L’autofictif, L’arbre vengeur, 2009)

    août 25, 2009 à 16 h 04 min

  27. 120

    Ecrit par Eric Chevillard :

    dans l’herbe je perds
    un peigne que je retrouve
    sur la pelouse

    *

    de l’air de l’air
    ôtons
    nos chairs

    *

    yeah je vieillis
    donc
    mon vin aussi

    *

    nue elle ne me plaisit plus
    mais comment rhabiller
    la banane

    *

    je touche du bois
    et voilà
    j’ai une écharde dans le doigt

    *

    quelle malchance dit la pluie
    à chaque fois je tombe
    dans un puits

    *

    pas de chalets
    dans la savane
    trop de termites

    *

    immobile sur la berge
    le héron surveille
    son bouchon

    *

    etc.

    (L’autofictif, L’arbre vengeur, 2009)

    août 25, 2009 à 16 h 09 min

  28. Puisqu’il m’a donné l’autorisation, que la saison est vient de se terminer (et que je souhaite les conserver), voici les haïkus d’été de l’ami Pierre (envoyés par texto) :

    Il ne fallait pas
    Sur la tête de la daurade
    Te poser, mouche.

    *

    Au saut du lit
    Cri d’un enfant égorgé
    Ah ! L’humour mouette.

    *

    Elle exige de moi
    Un haïku à chaque vague
    Le jusant l’efface.

    *

    La dernière branche
    Au cerisier de mon père
    Se languit de lui.

    *

    Sur la toile cirée
    Abandonnée des enfants
    La cigale prie.

    *

    Est-ce le pastis ou
    La poésie de l’ami
    Qui me rend joyeux ?

    *

    Le vent, encore lui
    Tchatche avec les cyprès
    Et mes cheveux blancs.

    *

    Juste deux fois dix
    Coups au clocher du village
    Pour une seule étoile.

    *

    Faudra bien partir
    Les martinets nous le crie
    Ah ! Ces rabat-joie !

    *

    Les enfants rigolent
    Le chien errant a volé
    Le gâteau, tant pis !

    *

    etc.

    septembre 25, 2009 à 17 h 29 min

  29. Encore une livrée de 10 :

    Grince le contre-vent
    Le voisin est ponctuel
    Comme la pipistrelle.

    *

    Ils sont dépités
    Et ne croient plus au soleil
    Les vieux tournesols.

    *

    Les filles de Marciac
    Est-ce la zique ou le vent qui
    Soulève leur jupe ?

    *

    Tu laisses une trace
    Rouge sur le pare-brise
    Pauvre papillon !

    *

    Le soleil, le vent
    Se disputent la régence
    Du chemin de pierres.

    *

    Au bout du chemin
    Ah ! pisser avec délice
    A l’ombre d’un pin.

    *

    L’aboiement d’un chien
    Comme un rythme de tango
    Dans le vent marin.

    *

    Tri-tri-tri, la pie
    Trie et compte son trésor
    Au couchant, tri-tri.

    *

    Retour au bercail
    Le rhum de Félix est là
    Pour nous réchauffer.

    *

    Tu marques mon âge
    Dans mon livre de poésie
    Pétale oublié.

    *

    etc.

    septembre 25, 2009 à 17 h 37 min

  30. Encore une salve, d’haïkus d’été de l’ami Pierre (désolé pour ceux que ça saoule) :

    Et toc ! Sur la tête
    Il éclate de rire, l’enfant
    Découvrant la pigne.

    *

    Il était au bout
    De ma plume affutée
    l’haïku, envolé

    *

    C’est la fin du jour
    L’hémorragie du couchant
    Gonfle les nuages.

    *

    Plus un bruit dehors
    A la maison du canal
    Bruissent mes acouphènes.

    *

    Je m’accroche à la queue
    Du chien qui va devenir
    Loup, hou hou ! hou hou !

    *

    Un air japonais
    Son nuage autour du cou
    Le château de Joux.

    *

    Une grande paix
    L’orage s’est éloigné
    Ruisselle mon enfance.

    *

    En plein jour, la lune
    Elle joue à l’innocente
    On la croirait presque.

    *

    Ah ! Le liseron
    Il étouffe ses congénères
    Avec tant d’amour.

    *

    Il pleut. Je rêve de
    « Ces pays toujours bleus où
    Jamais il ne pleut ».

    *

    etc.

    septembre 27, 2009 à 11 h 31 min

  31. Souvenirs d’été. Quelques haïkus de Pierre encore en stock :

    Mon pied d’alouette
    Est allé nicher ailleurs
    Sacré pied de nez.

    *

    Captif amoureux
    Sur la toile de l’araignée
    Tremble un soleil.

    *

    Trop de bruit, haïku
    Trop de fureur dans mon âme
    Pour t’apprivoiser.

    *

    Et paf ! Deux d’un coup
    Elles sont toutes à leur tache
    Les mouches qui copulent.

    *

    Ballon de rugby
    A côté d’un chat dormant
    Rien d’intéressant.

    *

    Au fond de mon sac
    Sac et ressac de la vie
    Quelques grains de sable.

    *

    Balayant les feuilles
    De bambous séchées, j’oublie
    L’heure du repas.

    *

    C’est le but du « je »
    Tendrement de s’effacer
    Pour gagner l’infime.

    *

    Il a disparu
    Ne laissant qu’une trainée
    Blanche, l’escargot.

    *

    L’hirondelle suspend
    Sa folie céleste et
    S’ordonne sur un fil.

    *

    etc.

    octobre 11, 2009 à 10 h 40 min

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