"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Une révolution tranquille. Chapitre 1: AVC ou le mystère des deux cerveaux

En guise de premier chapitre d’ « Une révolution tranquille », je vous propose de visionner cette vidéo (18 mn, pas plus…)
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32 Réponses

  1. Je viens de visionner la vidéo.
    Difficile « à chaud » de commenter autrement qu’en disant qu’aussi bien dans la forme et le fond, tout cela est on ne peut plus… Américain.
    J’attendrai de voir ce qui en décantera demain (ou plus tard) ou tenterai de suivre la direction que proposeront vos éventuels commentaires.

    juin 29, 2009 à 0 h 11 min

  2. C’est ton cerveau gauche, qui répond, là, Vincent. Comme d’hab’, d’ailleurs.
    T’aurais pas eu une tite hémorragie du côté droit ?

    juin 29, 2009 à 0 h 14 min

  3. Isidore

    Oh oui, c’est vraiment très américain. Il n’y a qu’eux pour oser ce genre de truc avec un tel aplomb. C’est l’avantage d’être un peuple jeune. Tu imagines ici en France ? Je vois déjà le sourire sarcastique et infiniment entendu de notre gente intellectuelle…

    juin 29, 2009 à 9 h 45 min

  4. Au fait, comment fais tu pour intégrer directement la vidéo à l’article ?

    juin 29, 2009 à 9 h 56 min

  5. Je ne sais pas si c’est une question de « jeunesse » du peuple (ça mérite discussion).
    Je perçois surtout, pour ma part, le côté « protestant » (ça n’est guère différent, me semble-t-il, d’un prêche de pasteur).

    juin 29, 2009 à 13 h 23 min

  6. Au-delà de cette question, l’histoire des deux cerveaux peut-elle s’interpréter ainsi (et est-ce ainsi que toi-même, Isidore, l’entend ?) ?:

    Le « préhisto » en nous n’est pas sous le vernis brillant (comme je me plais à le suggérer souvent) mais… juste à côté.
    Une sorte de double qui nous accompagne, donc, plutôt qu’un vieux souvenir qui nous hante.

    juin 29, 2009 à 16 h 34 min

  7. Isidore

    Son « lala land » me fait penser terriblement au « vaste sentiment océanique » tel que nous l’avions évoqué lors d’un précédent article, non ?

    Et je perçois bien aussi qu’avec cette histoire des deux cerveaux, « le préhisto » en nous se trouve juste à côté, comme tu le suggères. Il suffit de s’y relier et d’apprendre à le faire fonctionner consciemment, sans doute.

    juin 30, 2009 à 11 h 46 min

  8. N’est-ce pas là la preuve « physique » que la binarité est une tare issue de la structure même de l’outil qui nous sert à appréhender le monde ?

    juillet 2, 2009 à 18 h 39 min

  9. N’avez-vous pas, comme moi, déjà entendu que le cerveau des Japonais aurait étrangement les deux hémisphères inversés par rapport au nôtre ?

    Si cela s’avère exact (ce qui reste tout de même à prouver), cela modifie grandement la problématique, me semble-t-il. Vous ne trouvez pas ?

    juillet 2, 2009 à 18 h 44 min

  10. Isidore

    Non, jamais entendu parler d’une chose pareille… ou alors il faudrait l’étendre à tous ceux qui roulent à gauche… donc les anglais… et surtout les anglaises…

    juillet 2, 2009 à 19 h 28 min

  11. Une piste par là :
    http://amis.univ-reunion.fr/Conference/Complement/181_cerveau/index_cerveau.html
    (Descendre le curseur jusqu’au tableau synthétisant les recherches du Professeur Tsunoda)

    juillet 3, 2009 à 9 h 25 min

  12. Que je mets tout de suite en lien avec ceci (qui devrait amener de l’eau à ton moulin, Isi) :
    http://cerveaudroit.ouvaton.org/article.php3?id_article=25

    juillet 3, 2009 à 9 h 27 min

  13. Le Salut non plus par l’AVC mais par le Japon ?
    Faudrait savoir ! (à moins que le Japon soit lui-même une sorte d’immense AVC)

    juillet 3, 2009 à 9 h 28 min

  14. Le Salut (à supposer qu’il faille en imaginer un) passe toujours par l’Autre.
    Que celui-ci soit l’accident, la Chine, le Japon — ou le « préhisto » — importe peu. Non ?
    Tant qu’il nous décentre.

    juillet 3, 2009 à 9 h 31 min

  15. Isidore

    Fichtrement intéressant tout cela, sacrénom !!!

    juillet 3, 2009 à 13 h 23 min

  16. Hé hé hé !
    Ce qui me plaît bien, en tout cas, c’est l’idée que la langue — davantage que le cerveau qu’elle modèle — est l’outil d’appréhension du monde.

    juillet 3, 2009 à 14 h 45 min

  17. A quand le chapitre 2 ?

    juillet 3, 2009 à 14 h 48 min

  18. A part ça, ce qui me gêne surtout dans la présentation initiale c’est l’idée de « Révolution » qui — aussi « tranquille » soit-elle — me semble être un concept ressortissant avant tout de l’idéologie « moderne » (de laquelle je tente de me « décoloniser »).

    juillet 3, 2009 à 14 h 53 min

  19. Isidore

    Dans quelques jours le chapitre 2, promis, juré, craché…

    juillet 3, 2009 à 22 h 03 min

  20. Pascale

    Vincent, tu devrais lire Pontalis, il dit de très belles choses sur la langue et l’apprentissage du langage.

    Sinon, ben j’ai du faire plusieurs AVC car tous les conneries que vous racontez ici, je ne les ai jamais rencontrées en service! 😉

    juillet 3, 2009 à 22 h 53 min

  21. C’est noté, Pascale.
    (Et si 120 veut bien me trouver un ti passage alléchant, je lui serais reconnaissant).

    Pour ce qui est du cerveau et de cette fameuse distinction cerveau gauche/cerveau droit (ça m’étonnerait, tout de même, Pascale, que ça ne soit jamais évoqué en service médical), je me demande si ça ne vaudrait pas de la croiser avec la distinction cerveau reptilien/neo-cortex.

    Où localiser le « préhisto » en nous : dans l’hémisphère droit (à côté) ou dans les couches primitives (en dessous) ?

    juillet 3, 2009 à 23 h 53 min

  22. A croiser peut-être aussi avec l’Acéphalité prônée par Georges Bataille :

    juillet 4, 2009 à 9 h 22 min

  23. Pioche Vincent, sers-toi (lien en signature), peut-être plus dans « Fenêtres », « L’amour des commencements ». Faut aimer les textes brefs, les rêveries, sinon inutile d’ouvrir Pontalis. Moi c’est un auteur dans lequel je reviens souvent.

    juillet 4, 2009 à 15 h 31 min

  24. 120

    Ecrit par Georges Bataille :

    Il est temps d’abandonner le monde des civilisés et sa lumière. Il est trop tard pour tenir à être raisonnable et instruit — ce qui a mené à une vie sans attrait. Secrètement ou non, il est nécessaire de devenir tout autres ou de cesser d’être.

    Le monde auquel nous avons appartenu ne propose rien à aimer, en dehors de chaque insuffisance individuelle : son existence se borne à sa commodité. Un monde qui ne peut pas être aimé à en mourir — de la même façon qu’un homme aime une femme — représente seulement l’intérêt et l’obligation au travail. S’il est comparé avec les mondes disparus, il est hideux et apparaît comme le plus manqué de tous.

    Dans les mondes disparus, il a été possible de se perdre dans l’extase, ce qui est impossible dans le monde de la vulgarité instruite. Les avantages de la civilisation sont compensés par la façon dont les hommes en profitent : les hommes actuels en profitent pour devenir les plus dégradants de tous les êtres qui ont existé.

    La vie a toujours lieu dans un tumulte sans cohésion apparente, mais elle ne trouve sa grandeur et sa réalité que dans l’extase et dans l’amour extatique. Celui qui tient à ignorer ou à méconnaître l’extase, est un être incomplet dont la pensée est réduite à l’analyse. […]

    (La conjuration sacrée, texte inaugural de la revue Acéphale, juin 1936)

    juillet 5, 2009 à 20 h 54 min

  25. Il ne doit pas y avoir de grandes différences, à bien y regarder, entre l’extase de Bataille et le « lala land » de la vidéo.

    L’acéphalité ferait donc référence à la même « révolution » (en terme peut-être juste un peu moins « tranquilles »)

    juillet 5, 2009 à 20 h 58 min

  26. Merci Pascale.
    Pontalis est un auteur que j’avais repéré et autour duquel j’ai déjà « tourné », prenant un de ses ouvrages dans les mains et hésitant à « faire le pas » de l’acheter.
    Son côté psychanalyste sensible et confident est assez singulier pour être attirant.

    Je viens de lire l’entretien que tu as eu avec lui et que tu as retranscris sur ton site.
    J’aime beaucoup, notamment, l’idée (que je retrouve aussi chez Quignard) que « toute langue est étrangère, la langue maternelle comprise, car ce n’est pas ma langue au départ puisque je suis non parlant ».
    Bien vu aussi la capacité d’être « embarqué » par un livre qui s’émousse forcément avec l’âge.

    (PS : C’est une vraie mine ton site !)

    juillet 5, 2009 à 21 h 17 min

  27. Tente une lecture, prends ton temps, beaucoup sont sortis en poche à présent. J’aime beaucoup Pontalis, il m’a souvent accompagnée…
    L’itv du site: j’ai discuté deux heures dans son bureau en tête à tête, il est bavard et très drôle, c’était génial. J’ai coupé au montage sinon c’était trop long. Mais j’ai toujours les bandes à la maison…

    juillet 5, 2009 à 23 h 44 min

  28. Accueillant, bavard, très drôle.
    Il a un côté un peu « grozdanovitchien », Pontalis, tu ne trouves pas ?

    juillet 6, 2009 à 0 h 06 min

  29. Oui, c’est vrai, je n’y avais jamais pensé, par contre j’ai conseillé à Denis de lire Pontalis, pensant qu’il lui plairait. Je ne sais pas s’il l’a lu depuis le temps, je lui demanderai.

    juillet 6, 2009 à 0 h 34 min

  30. Isidore

    Pas mal, pas mal tout cela… Ceci prélude merveilleusement bien le prochain chapitre…

    juillet 6, 2009 à 19 h 05 min

  31. Dans le style AVC ouvrant des portes insoupçonnées (et « PP »), il y a le désopilant Doppler d’Erlend Loe que je suis en train de lire : l’histoire d’un type bien sous tout rapport qui se cogne la tête en tombant de vélo dans les bois, décide d’y rester et finit par y vivre en compagnie d’un élan.
    Un « nordissisme » de plus à la Paasilinna.

    juillet 6, 2009 à 23 h 17 min

  32. 120

    Ecrit par Erlend Loe :

    […] Or, donc, je pédalais à l’air libre. Au printemps, par ici. Et puis j’ai fait une chute. D’une manière méchamment brutale. L’affaire est connue : dans la forêt, ça dépote. Et les marges de manoeuvre sont souvent réduites. J’avais bifurqué par ce qui ressemblait à un sentier, évoluais dans la bruyère, en route vers une déclivité, lorsque, soudain, ma roue avant s’est retrouvée coincée entre deux pierres. Je suis tombé à la renverse, me cognant la hanche contre une racine et me prenant, par-dessus le marché, la bécane sur le front. Je suis resté allongé. Au début, je souffrais le martyre. J’étais incapable de bouger. Inerte, je regardais les branches osciller lentement sous l’effet de la brise légère. Et, pour la première fois depuis des années, le silence était si grand. Lorsque les douleurs les plus aiguës ont reflué, un calme béni s’est emparé de moi. Ne restait que la forêt. Envolé ce brassage habituel de sentiments, réflexions, obligations et projets hétéroclites et complexes. D’un coup d’un seul, tout n’était que forêt.

    […] Cet après-midi-là, je suis resté longuement allongé dans la bruyère. J’ai vomi par deux fois, puis, la faim commençant à me tirailler, j’ai tenté de dégommer un écureuil à l’aide de ma pompe à vélo, mais j’ai raté à tous les coups. Sur ce, ma femme m’a téléphoné, s’inquiétant de savoir ce que je devenais. J’ai fait une chute de vélo, ai-je dit en tentant de me relever — une opération qui fonctionnait tant bien que mal. J’arrive, ai-je dit ensuite en clopinant à côté de mon biclou auquel je me retenais.

    (Doppler, Gaïa, 2006)

    juillet 6, 2009 à 23 h 37 min

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