"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Le ciel étoilé

Nous autres, Modernes, y voyons un grand espace vide et froid, en expansion depuis le Big Bang, et des milliards de galaxies et d’étoiles, comme autant de Soleil plus ou moins semblables au nôtre. Une vision, somme toute, pas si « désenchantée » que cela.

Mais que pouvaient donc y voir les « préhistos » ?

(Toutes les hypothèses, même les plus farfelues, sont évidemment acceptées)

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22 Réponses

  1. On peut déjà se demander :
    – s’ils le regardaient (ce qui n’est pas certain)
    – s’ils l’unifiaient en un concept global (ce qui n’est pas gagné)
    – s’ils ressentaient vraiment le besoin d’y mettre des mots (ce qui reste à prouver)

    Bref, c’est peut-être là une question bien « moderne », totalement incompatible avec une conception « préhisto » des choses. Mais bon… Quel que soit le sujet : comment sortir de cette impasse ?

    mai 30, 2009 à 9 h 27 min

  2. Une hypothèse farfelue :

    Une tribu plus folle que les autres y a vu un temps « un grand espace vide et froid, en expansion depuis le Big Bang, et des milliards de galaxies et d’étoiles, comme autant de Soleil plus ou moins semblables au nôtre », mais elle n’a pas duré bien longtemps.

    Elle n’est pas restée dans nos mémoires (sélectives) bien qu’elle ait fait, par ailleurs, beaucoup de dégâts dont on peut percevoir encore la trace.
    😉

    mai 30, 2009 à 9 h 35 min

  3. Les feux de camps éloignés des ancêtres disparus ?

    Une couverture trouée laissant passer la lumière du jour qui est de l’autre côté ?

    mai 30, 2009 à 9 h 41 min

  4. Peut-être rien de plus intrigant que les immuables tâches et dessins sur la peau tannée qui leur sert de tente.

    mai 30, 2009 à 9 h 45 min

  5. Un champ de lucioles.

    mai 30, 2009 à 9 h 50 min

  6. 120

    Ecrit par Robert Harrison :

    Les forêts […] obstruaient la communication des volontés et des intentions de Jupiter, car leurs feuillages bouchaient la vue du ciel. Intuition fabuleuse et pénétrante de Vico, car si l’histoire occidentale hait les forêts, c’est que, au moins depuis les Grecs et les Romains, nous avons été une civilisation d’adorateurs du ciel, enfants d’un père céleste. Là où la divinité a été identifiée au ciel, ou à la géométrie éternelle des étoiles ou à l’infinité cosmologique, ou aux cieux, les forêts deviennent profanes, car elles cachent la vue de Dieu.

    (Forêts, Essai sur l’imaginaire occidental, Flammarion, 1992)

    mai 31, 2009 à 18 h 33 min

  7. D’où le premier point de mon commentaire 1 : avant les Grecs et les Romains, adorait-on le ciel ? Le regardait-on ? Le voyait-on même, sous les frondaisons ?

    mai 31, 2009 à 18 h 36 min

  8. T’es en train de demander, Vincent, si les « préhistos » voyaient plus loin que le bout de leur nez ? En plein coeur du PP ? C’est bien, t’as peur de rien !

    Rappelle-toi qu’ils ne connaissaient vraisemblablement pas la myopie. (cf. « Modernité sucrée »)

    mai 31, 2009 à 18 h 41 min

  9. 120

    Ecrit par Jacques Serguine :

    Les dieux-étoiles que nous chérissons, nous les Skidis, ont été délégués par lui [NDLR : Tirawa, la force créatrice de la vie et la vie elle-même]. Et nous croyons que comme nous ici en bas, nous les regardons, eux nous regardent et nous aiment.

    (Je suis de la nation du loup, Balland, 1985)

    juin 1, 2009 à 11 h 40 min

  10. Ok, les Skidis sont « préhistos » et vénèrent les étoiles, mais c’est aussi un peuple des plaines. Quid des forestiers ?

    juin 1, 2009 à 11 h 47 min

  11. 120

    Ecrit par Jacques Serguine :

    Aux dieux-étoiles, Tirawa délégua sa force, afin qu’elles puissent tout créer. Exprimer son souffle, comme les mots expriment nos pensées. Ainsi fut créée la terre. Cela se passait dans le quartier Ouest du ciel, d’où procède toute vie. Là est l ademeure du tonerre, et le jardin sacré de l’Etoile-du-Soir. Là est la demeure de l’orage nourricier, souverain, avec ses quatre pouvoirs du nuage, du vent, du tonerre et de l’éclair.

    La terre fut donc créée, et nous les hommes, à l’image des dieux-étoiles. Puis, ceux-ci tinrent un grand conseil. il y avait l’Etoile-du-Soir et l’Etoile-du-Matin, et Celle-du-Nord et Celle-du-Sud.

    Mais elles oublièrent d’inviter Tskirixki-tihuats, l’Etoile-des-Loups-fous. Demain,, tout à l’heure, je te dirai pourquoi elle porte ce nom.

    Les étoiles tinrent conseil parce qu’elles voulaient savoir si la terre avait été bien faitre, et s’il était temps de la peupler. Elles résolurent d’y envoyer Tsahiks-Paruksti, l’Etre-Merveilleux, créé par elles en combinant les quatre pouvoirs de l’orage. […]

    Ecoute ! Selon ls plus anciens et les plus sages, cela se passa de catte façon.

    (à suivre)

    (ibidem)

    juin 1, 2009 à 11 h 55 min

  12. En discutant avec un ami astronome hier soir, j’ai appris que nous avons commencé à cartographier le ciel avec la sédentarisation.

    Peut-être parce qu’il était plus facile d’avoir des repères géographiques et visuels connus.

    juin 4, 2009 à 8 h 20 min

  13. Qu’appelles-tu « cartographier », Yasté : « Lire le ciel » ou « tracer sa carte » ?

    J’ai tendance en effet à penser que les peuples nomades « lisent » le ciel (comment se diriger autrement ?), donc, le cartographient mentalement sans pour autant en laisser des traces écrites.

    juin 4, 2009 à 12 h 13 min

  14. je pense qu’il a voulu dire « rationaliser » le ciel…

    juin 4, 2009 à 12 h 22 min

  15. 120

    Ecrit par Eric Chevillard :

    Il nous faudrait sans doute autant d’yeux qu’il y a d’étoiles pour voir dans le ciel autre chose que du lait et la lune non plus du coup comme une écuelle renversée par un chat maladroit dans la nuit.

    (598, http://l-autofictif.over-blog.com/, 26 juin 2009)

    juin 26, 2009 à 11 h 47 min

  16. 120

    Ecrit par Sylvain Tesson :

    La nuit étoilée n’est peut-être que le plafond mité d’une toile de tente.

    *

    Nulle étoile ne brille dans les yeux de la grande ourse.

    *

    Se sentant observée, une étoile fila.

    *

    La nuit est le pompier des incendies du ciel.

    *

    La nuit se charge de ramasser les miettes de soleil tombées dans les sous-bois.

    (Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages, Equateurs parallèles, 2008)

    juin 30, 2009 à 16 h 46 min

  17. 120

    Ecrit par Jacques Serguine :

    […] Mais maintenant, je veux te parler de celle qui est ma propre étoile. Je ne le dis qu’à toi aujourd’hui. Les kurahaus la connaissent et nul autre. Je pense qu’elle m’est plus proche et plus intime que mon nom même. Un homme ne révèle pas son nom. Peut-être son visage et ses actions le révèlent-ils !

    […] Je me rappelle ! Nous dormions sous la grande tente fermée, comme toujours pendant les chasses d’hiver. […] J’ai regardé vers le trou tout en haut de la tente, là où se croisent les treize mâts et passe la fumée. L’auvent était orienté au Nord parce que de ce quartier, l’hiver, peut souffler le vent qui chasse vers nous les bisons, Pahukatawa, le Vent Heureux. Dans l’ouverture j’ai vu le ciel, plus clair que l’ombre de la tente. Et, comme si elle fût née pour moi, à cet instant même, dans ce tout petit quartier du ciel, j’ai vu une étoile minuscule. Je l’ai aimée ! J’ai joué avec elle comme le font les enfants, mais je l’aimai. De là-haut elle attachait ma vie à la terre, me prenait en considération et le protégeait. J’ai dû m’endormir, et peut-être j’ai rêvé d’elle. Les rêves sont très importants puisqu’ils connaissent les racines de notre vie. Ils sont une respiration de l’âme. Et je peux toujours retrouver cette étoile. Elle n’est pas inscrite sur nos cartes du ciel, mais en moi, racine des racines de ma vie. Nous sommes liés. Je peux te la montrer si, comme je le dis afin de te parler, tu es mon frère. Je sais le lieu dans tout le ciel, et le moment ici en bas, sur cette grande île, où je la vois par le trou pour la fumée, dans la loge ou la tente.

    (Je suis de la nation du loup, Balland, 1985)

    juillet 5, 2009 à 23 h 57 min

  18. Et vous, pourriez-vous également sans hésiter la montrer dans le ciel, votre « bonne étoile », celle que vous avez choisie (autant qu’elle vous a choisi) et que vous saluez sûrement chaque nuit avant de vous coucher ?
    Non ?
    Etonnez-vous alors qu’elle vous oublie aussi !

    juillet 6, 2009 à 0 h 01 min

  19. 120

    Ecrit par Malcolm de Chazal :

    Les étoiles sont les boîtes aux lettres de l’Infini. Qui nous dira à quel point le regard humain qui passe d’une étoile à une autre à travers la nuit opaque, ne transmet-il pas pas, à travers ce court-circuit qu’est l’âme humaine, des messages entres astres — puisqu’il y a un plan commun à toutes les « ames » de l’Univers ?…

    ***

    Les étoiles sont la pupille de l’espace. Sans les étoiles, l’espace, la nuit, ne serait qu’en deux dimensions, comme le regard des aveugles.

    (Sens-plastique, Gallimard, 1948)

    juillet 9, 2009 à 19 h 23 min

  20. Regarder le ciel étoilé est en tout cas sans conteste une actvité « préhisto » puisque c’est… remonter dans le temps vers notre lointain passé.

    juillet 16, 2009 à 13 h 32 min

  21. 120

    Ecrit par Pascal Quignard :

    […] Les astrophysiciens définissent les préhistoriens qui sont attachés à voir en direct le passé. La lumière se déplace dans le temps. La perception elle-même est un fossile de tout ce qui est visible. Le télescope remonte le temps et cherche à apercevoir au bout de son verre le passé simple.

    Mais leur vision est l’autrefois.

    Le ciel que nous contemplons la nuit n’est pas le ciel présent, ni ses astres ne sont actuels, ni ses étoiles ne sont contemporaines. Nous jetons un regard à un ciel qui n’est plus depuis si longtemps : depuis que nous le voyons.

    (Abîmes, Dernier royaume III, Grasset, 2002)

    juillet 16, 2009 à 13 h 38 min

  22. Misanthrope

    Salut aux voix gelées qui se font encore voir au travers de la surface cristalline.

    Il est possible que d’autres que nous parcourent le monde. Mais les échos de vos idées restent étranges. Pourquoi parlez-vous de divinité? De quoi s’agit-il? En quoi est-ce utile?

    Nous, nous sommes différents de vous à cause de l’espace. Vous habitez des pays et nous vivons des paysages. Vous défendez de petites aires de repos, nous nous les partageons. Ce sont les voies qu’il faut gérer et partager. Nos mémoires déroulent des cartes spatiotemporels semblables à vos portulans.

    Ce que vous appelez temps est compliqué parce que vous l’avez séparé des lieux. Il existe des chemins de printemps ou des accès d’hivers et gare au fou qui hiverne dans un mauvais lieu. Vous imaginez des choses étrange comme quoi un endroit reste pareil en toute saison, mais c’est faut. Le rocher et l’arbre voyagent sans cesse.

    Nous, nous cherchons l’équilibre dans le mouvement, comme la pierre qui roule, le ruisseau, les cornus, les oiseaux les nuages et même les étincelles éternelles. D’ailleurs ces étincelles sont de beaux repères pour nos pérégrinations. Comme nous elles « circulent », dansent en cercle.

    Nous inventons des histoires depuis que certains « imaginent » sur les parois. Depuis ces images dans les grottes certains appliquent le même raisonnement au ciel de nuit. Ils y découvrent des images, qui rappellent nos routes. Nous parlons de plus en plus. Mais pas comme vous. Pour nous un mot c’est un outil. Vous criez CHIEN et vous avez peur. Le mot chien n’a jamais mordu! Les groupe d’étincelles n’ont jamais chassé même celles du grand chasseur de soleil que vous nommer Orion.

    Chez les longues Figures, ceux qui voyagent dos au soleil, ils ont refusés de parler comme nous. Leur voix est aigues lorsqu’ils chantent. Jamais ils ne prononcent les mots, pourtant ils nous comprennent. Mais ils sont de plus en plus distant avec nous.

    Un fois on a parlé de « signe ». Mais on est déjà au temps barbares où on a tout changé.
    On a même dit que les étincelles éternelles pouvaient être imitée sur un support portable.
    Vous appelez ça écrire. C’est mauvais de fixer des être comme ça. Seul la mort fixe les être.

    Mais depuis la grande révolution tout a changé. Le couteau n’est plus invité et accueilli, il est obligé de venir. On force sa forme en le frottant. On force tout maintenant, même les chiens, et les vaches. On doit utiliser un mot pour tout. Par exemple ce qui n’est pas autre on l’appelle je. Et puis il a ce que l’ on appelle la famille mais je n’est pas tranquille avec cette invention des grandes femmes.

    Pour coordonner les voies de migrations des clans ils ont levés des pierres énormes, tous ensembles. C’est comme un pacte. Tout les clans ont acceptés la division de l’espace temps et le monument en est la preuve. Pour toujours. Parce que maintenant il existe des choses qui passent et d’autres qui durent. Avant tout duraient. Moi par exemple je durais dans mon fils ou ma fille. Plus maintenant, chacun son je. Sauf les étincelles éternelles, les monuments interclans et les chefs.

    janvier 4, 2014 à 16 h 18 min

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