"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Les besoins préhistos ou…

Dans la série « Retrouvons le préhisto en nous et réactivons ses gestes ancestraux« , c’est bien beau de peaufiner la consommation de plantes sauvages mais pourquoi ne pas aller jusqu’au bout du processus.

Que faire, donc, une fois qu’elles sont digérées ?

N’y a-t-il pas là aussi, comme le suggère Kathleen Meyer, un « art perdu » à retrouver ?

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28 Réponses

  1. Vincent !!!
    Aurais-tu fait le tour de tous les sujets potentiels du PP pour le livrer à ce genre d’ourkonneries ?

    mai 28, 2009 à 12 h 40 min

  2. J’admets que le livre (que je viens de finir) est plutôt décevant. En gros, il présente la nouvelle mode américaine (devenue nécessaires dans les sites touristiques les plus fréquentés) : chier dans une boîte que l’on rapporte chez soi pour ne rien laisser sur place.

    Par un étrange hasard, l’auteur (Kathleen Meyer) est la co-conceptrice d’une de ces boîtes « écologiquement correcte » et ne manque pas de le préciser.

    Sinon, il y a tout de même 2-3 références (plus que succintes toutefois) à nos chers préhistos et quelques conseils pratiques plus ou moins utiles.

    mai 28, 2009 à 12 h 48 min

  3. 120

    Ecrit par Kathleen Meyer :

    Depuis des millénaires, nos ancêtres ont réussi à chier proprement dans les bois. Vous pourriez croire qu’il existe ainsi, pour chacun d’entre nous, une sorte d’instinct relié à ce savoir. La nature reprendrait ainsi tous ses droits lorsque notre colon nous presse, ou lorsque notre vessie gonfle. Mais « ses droits », comme je l’ai appris laborieusement et sans fard, recouvrent pourtant d’infinies petites misères.

    Plusieurs saisons en tant que guide sur la rivière Whitewater, à encadrer des clients citadins, ont à la fois aiguisé mes aptitudes pour le sujet, et confirmé que je n’étais pas seule face à ce problème. Souvent, la quantité de sueur du combat anxieux livré dans les buissons était de loin supérieur à celle produite dans les flots rugissants d’un rapide mangeur de rafts. Ces étés passés sur la rivière m’ont ainsi conduite à deux solides conclusions.

    Un : ces monstrueux rapides génèrent une constante urgence à aller satisfaire différents besoins, urgence qui amène à bien étudier le deuxième point. Deux : (mais en définitive ce point est numéro un dans l’ordre des préoccupations qui m’ont amenée à réaliser ce livre) : une certaine capacité à chier dans les bois (et n’importe où ailleurs…) n’est jamais si instinctive que cela. […]

    Chier dans les bois est un don beaucoup plus ancré du côté de l’acquis que de l’inné, un don généralement perdu désormais, sauf pour les populations encore à l’aise dans l’art de fabriquer du savon, de carder la laine ou de dépecer un bison.

    Nous sommes aujourd’hui le résultat de plusieurs générations élevées sur des toilettes étincelantes, reliées à de mystérieux tuyaux, et ainsi accoutumées à de hauts niveaux d’intimité, de confort et d’aisance. Pour une personne habituée au bruit étouffé de la chasse d’eau derrière la porte des toilettes, le même exercice dans la nature peut très vite dégénérer en une désagréable expérience physique, voire dans des situations vraiment embarrassantes, ou, plus souvent encore, dans une longue semaine de constipation volontaire.

    (Comment chier dans les bois, Pour une approche environnementale d’un art perdu, Edimontagne, 2001)

    mai 28, 2009 à 13 h 11 min

  4. Il y a d’autres ouvrages — pleins de bons conseils — sur le sujet. Par exemple :

    mai 28, 2009 à 13 h 15 min

  5. Tiens Ourko ! M’étonne pas que tu sois là, si vite, pour un sujet pareil.

    Au fait, c’est pas toi sur la photo ?
    (Je t’imagine bien comme ça)

    mai 28, 2009 à 13 h 18 min

  6. personnellement ça ne m’a jamais posé aucun problème (en tous cas pas depuis que mon beau-père m’a décoincée, il y a de ça….24 ans), mais j’ai souvent remarqué que les plus « cools » « zens », « à l’aide avec leur corps et la nature », en apparence, l’étaient souvent bien moins qu’ils ne le laissaient paraître…

    mai 28, 2009 à 13 h 19 min

  7. Non non !
    Moi, tu sais, mes « petites crottes » je ne les dépose pas dans les bois… mais sur les blogs !
    Chacun son trip ! 😉

    mai 28, 2009 à 13 h 19 min

  8. le mec sur la photo va avoir un problème : il a oublié de descendre son caleçon…

    mai 28, 2009 à 13 h 20 min

  9. Amélie

    elle aussi elle a oublié de baisser son short… moralité : mieux vaut pas être distrait quand on veut faire caca dehors.

    mai 28, 2009 à 13 h 25 min

  10. Amélie

    kathleen en plein test d’un de ses prototypes…

    mai 28, 2009 à 13 h 29 min

  11. Amélie

    il paraît que le caca humain pollue l’eau et que c’est une des raisons pour lesquelles on ne peut plus boire l’eau des rivières…
    pourquoi ?

    mai 28, 2009 à 13 h 31 min

  12. Yatsé, en direct des WC

    C’est la fête ! Alors qui va lâcher la plus belle perle ?

    mai 28, 2009 à 13 h 43 min

  13. Amélie

    honneur aux insouciants… faut une certaine dose de décontraction pour chier en forêt…

    mai 28, 2009 à 13 h 54 min

  14. 120

    Ecrit par Kathleen Meyer :

    Faire sans P.Q. me fait régresser. Très loin. M. Neandertal pouvait bien avoir le bas du dos tanné comme du cuir, tanné à ne pas avoir à s’essuyer du tout, mais je jure que je perçois sa présence fantomatique chaque fois que je quitte un coin où je ne laisse enterrées que des formes purement organiques de merdes et de feuilles ! Après chaque accomplissement de ce genre, je repars sereine, absolument ravie de cette petite note de respect inscrite dans la grande harmonie. De telles retrouvailles avec mes origines les plus profondes, non seulement m’étonnent toujours beaucoup, mais me rafraîchissent aussi concrètement qu’une bonne douche après une semaine d’efforts et de poussière en randonnée. D’un coup, je me sens puissamment reliée à un Tout cosmique, je me sens simple à l’ère de la complexité, parfaitement en accord avec le monde, tout en m’y inscrivant humblement. Et par-dessus tout cela, je me sens délicieusement liée aux anciens temps.

    (ibidem)

    mai 28, 2009 à 18 h 22 min

  15. Une nouvelle pratique du PP, donc, si je comprends bien : supprimer le PQ ! Ouaiiiiiiiis !

    mai 28, 2009 à 18 h 23 min

  16. Une bonne partie de la planète est « préhisto » alors. Je ne sais pas la proportion exacte, mais tous les humains — même « modernes » — n’utilisent pas le PQ. En Asie notamment (et sûrement ailleurs), on met des robinets dans les toilettes plutôt que des rouleaux.

    Je me souviens d’un pote indien, en fac, qui m’avait raconté la difficulté qu’il avait à s’habituer à nos pratiques, considérant qu’il était en effet plus propre de laver que… d’étaler.

    mai 28, 2009 à 18 h 29 min

  17. 120

    Ecrit par Kathleen Meyer :

    Une fois j’ai rencontré un homme qui m’a suggéré d’utiliser la méthode des hommes des cavernes pour laver les poêles et les casseroles : se gratter le cul avec du sable. Mais je me suis douté que ce vieil acariâtre avait vraiment le cul tanné comme du cuir. Je crois que je préfère m’en tenir à mes boules de neige et mes galets.

    (ibidem)

    mai 28, 2009 à 18 h 33 min

  18. Ben dis donc, elle y tient, notre chère Kathleen, à cette histoire de « cul tanné » !

    Y aurait-il un psychanalyste dans la salle pour interpréter ce fantasme tellement puissant (et aveuglant)qu’elle en vient à imaginer des préhistos lavant… des poêles et casseroles !
    😉

    mai 28, 2009 à 18 h 39 min

  19. A mon avis… elle pue du cul !

    mai 28, 2009 à 21 h 37 min

  20. Un système — a priori confortable (et pourquoi pas « préhisto ») — que je n’ai pas encore testé, mais trouvé aussi bien dans Paasalina (Le meunier hurlant, je crois) et un guide de vie en pleine nature pour enfants : deux branches droites et solides fixées horizontalement (l’une au-dessus de l’autre, un peu décalées) sur un trépied ou des fourches d’arbres au-dessus d’un trou creusé. On s’asseoit en en plaçant une sous ses cuisses et l’autre au niveau du dos. Top confort !

    mai 29, 2009 à 12 h 41 min

  21. 120

    Ecrit par Arto Paasilinna :

    […] A une cinquantaine de mètres du camp, sur la pente déjà raide du mont Reutu d’où l’on voyait de bord en bord le vaste marécage, Huttunen cloua de solides perches entre deux pins, l’une comme siège, l’autre comme dossier. Sous les perches, il creusa un trou de près d’un mètre de profondeur. C’est là que tomberaient dorénavant, une ou deux fois par jour, les déjections de l’ermite. Huttunen prit l’habitude de rester souvent plus que besoin assis sur la perche, à regarder l’immense marais déployé à ses pieds où les grues déambulaient dignement et les canards battaient des ailes pressées, tandis que surgissaient parfois au galop sur les bancs de terre cinq ou dix rennes fuyant les hordes de moustiques des sous-bois. Un jour, Huttunen crut apercevoir un ours à l’extrême lisière de la tourbière. […]

    (Le meunier hurlant, Denoël, 1991)

    mai 30, 2009 à 8 h 47 min

  22. 120

    Ecrit par François Couplan :

    Se soulager

    Le manque d’intimité, le changement d’habitudes, l’absence de confort peuvent être gênants et provoquer la constipation. Efforcez-vous d’aller régulièrement à la selle […]. Effectuez l’opération loin de toute source ou cours d’eau, et loin du campement bien sûr. Creusez un trou dans la mesure du possible ou, en tout cas, recouvrez avec des pierres et de la terre.

    Si vous n’avez pas de papier, employez les grandes feuilles douces de la bardane, du bouillon blanc, de la digitale (pas de danger), ou d’autres plantes (noisetier, tilleul, érable, pétasite, tussilage, etc., conviennent aussi très bien). […] Des galets arrondis peuvent également faire l’affaire.

    Mais la meilleure solution est sans conteste l’eau : c’est en fait la seule qui permette de se nettoyer correctement. Elle est d’ailleurs presque universellement adoptée : il est curieux de constater qu’il n’y a qu’en Occident que l’on préfère le papier à l’eau. Il est pourtant bien peu efficace dans ce domaine… et pas très décoratif quand il reste sur place ! Emporez plutôt une gourde avec vous.

    (Vivre en pleine nature, le guide de la survie douce, Sang de ta terre, 1997)

    mai 30, 2009 à 10 h 21 min

  23. 120

    Ecrit par Michka :

    Lorsque des visiteurs un peu désorientés me demandent où faire pipi je prends un malin plaisir à voir leur mine incrédule lorsque je réponds : « Où vous voudrez… »

    Il est vrai qu’il n’est pas de lieu consacré à cet usage. Nous pissons un peu partout, là où l’envie nous en prend. « Comme des animaux », dirait mon père avec dégoût.

    En effet, pour le nez sensible des ours, des coyotes et autres créatures sylvestres, le sol autour de nos cabanes doit être aussi imbibé d’odeurs que les alentours d’un terrier.

    Lorsque accroupie sur le sol je regarde le pipi forer des coulées jaunes dans la neige, ou rebondir en éclaboussant la terre craquelée par la sécheresse, j’ai souvent conscience de marquer mon territoire. Et de fait, il me faut uriner si fréquemment ces temps-ci [NDLR : la narratrice est enceinte], que j’apprécie de pouvoir relever ma jupe à l’endroit où je me trouve.

    Ce poisson en moi suscite de constants mouvements d’eau. La nuit même en est hachée, découpée en tranches. Comme si la nature me préparait dès à présent au sommeil entrecoupé qui sera mien lorsque… lorsque… (Où lisais-je récemment que, laissé à lui-même, un nourrisson adopte un rythme naturel, physiologique, qui fait la transition avec l’alimentation placentaire, continue : il tète environ cinquante fois par vingt-quatre heures, comme on peut encore l’observer aujourd’hui en Afrique.)

    La nuit, donc, je me réveille parfois à plusieurs reprises, la vessie prête à déborder. Plutôt que d’utiliser le pot de chambre des grands froids hivernaux j’en profite pour faire deux pas dehors, toute nue sous le grand ciel plein d’astres, qui vit sa vie, palpite, bascule un peu entre deux de mes visites successives.

    De temps en temps je suis récompensée d’une étoile filante […]

    (A mains nues, Journal imaginaire d’une vraie vie, Albin Michel, 1983)

    mai 30, 2009 à 12 h 59 min

  24. A propos de jupe (évoquée dans le texte de Michka, ci-dessus) :

    Mettez des féministes quelques jours dans les bois et vous verrez qu’elles auront un autre jugement : au lieu d’y voir un symbole sexiste de la soumission des femmes elles y verront sans doute l’invention géniale permettant de pouvoir, comme eux, uriner sans être obligée d’aller se cacher derrière un fourré.

    mai 30, 2009 à 13 h 07 min

  25. Réponse à la question du commentaire 11 :

    A cause des parasites (Gardia, Cryptosporidium…) qui sont transmis par les selles (humaines comme animales).

    juin 10, 2009 à 9 h 54 min

  26. 120

    Ecrit par Kathleen Meyer :

    (rebondissant sur le commentaire 24)

    Dans les pays du tiers-monde, une autre technique pour pisser debout (dépassant de loin le savoir de ma grand-mère), est pratiquée par des femmes qui n’ont pas grandi empêtrées de couches de sous-vêtements. Le secret réside quelque part entre l’inclinaison du bassin et le jeu des fémurs, et il permet de pisser avec une précision olympique. Tout ceci est rendu simple grâce à un entraînement ancré dans l’enfance et grâce aussi à la coupe des robes locales.

    (ibidem)

    juin 10, 2009 à 10 h 04 min

  27. 120

    Ecrit par Jorn Riel :

    […]
    — Il pourrait être commode, dit Lause, que vous me montriez les toilettes.
    Il était civilisé et ne tutoyait donc pas n’importe qui.
    — C’est-à-dire, hé, hé…
    Siverts eut un rire niais.
    — Un vrai système de chiottes, on peut pas s’en offrir.
    Il montra les chiens.
    — D’habitude nous prenons un des larbins là-bas et partons un peu à l’écart avec.
    Lause regarda son compagnon de station avec dégoût.
    — Mais c’est immonde, dit-il, nous allons sur-le-champ remédier à cet état de choses.
    Et on y remédia. Lause démolit de ses propres mains une des trois cabanes annexes et commença à se construire des tinettes avec les planches ainsi récupérées. Ca promettait de devenir de belles tinettes avec porte et fenêtre et planche d’assise rabotée. Il en décora l’intérieur avec des photos découpées dans les magazines illustrés qu’il avait apportés et, quand il eut fini, il était possible, tout en restant assis à l’intérieur le temps erquis, d’étudier la vie à Londres à l’époque de Dickens ou de lire la recette d’une salade de homard ou encore de faire des mots croisés.
    Il fallut un mois et demi à Lause pour édifier la maison. Mais, à ce moment-là, c’était devenu, non seulement les plus belles, mais encore les seules toilettes du nord-est du Groenland. Il les peignit d’une brillante couleur orange, tellement vive qu’il était possible de trouver la maisonnette, même dans les pires bourrasques de neige.
    […] Pour Siverts, les tinettes devinrent comme l’eau-de-vie. Il ne pouvait plus s’en passer. Evidemment c’était la maison de Lause, qu’il fallait naturellement à chaque fois solliciter pour avoir la clef, ce qui était à la fois embarassant et humiliant. Mais une fois installé là-bas à regarder à travers la petite fenêtre, il oubliait toutes ces contrariétés. Dans ces moments-là, Siverts sentait qu’il était quelque chose, que malgré les nombreuses années passées en Arctique, ses racines poussaient encore quelque part, là-bas, en bas, dans la civilisation. Il pensait avec compassion auxx chasseurs autour de lui qui faisaient encore cela dehors, par tous les temps, et il se sentait à la fois différent et supérieur. Il était un homme sur tinettes. Il était, dans ces moments d’extase, le seul homme du nord-est du Groenland à être assis dans des lieux d’aisances. Une pensée presque étourdissante. […]

    (La vierge froide et autres racontars, Gaïa, 1993)

    juin 29, 2009 à 23 h 00 min

  28. Des « hommes sur tinettes » (qui se sentent différents et supérieurs).
    N’est-ce pas là — jusqu’à présent — la meilleure définition qu’on ait trouvée de notre condition moderne ?
    (Je vous laisse, à ce propos, découvrir ce qu’il adviendra de la belle construction de Lause et Viverts)

    juin 29, 2009 à 23 h 02 min

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