"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Pousses d’épicéa

A cette période de l’année, apparaissent à l’extrémité des rameaux d’épicéas des jeunes pousses toutes tendres, d’un vert clair qui tranche sur le vert foncé des anciennes aiguilles.

Ces jeunes pousses, extrêmement riches en vitamine C, sont acidulées, avec un goût citronné et une légère astringence. Elles ont jadis servi pour aromatiser la bière. Elles peuvent aujourd’hui être ajoutées crues aux salades (et y remplacer le citron), ou cuites à divers plats auxquels elles apporteront une note résineuse et printanière. On peut en faire également de savoureuses décoctions (à l’instar de Jacques Cartier qui sauva ainsi ses marins du scorbut lorsqu’ils remontèrent le Saint-Laurent) ou un sirop (encore traditionnel dans certaines régions) non seulement délicieux mais doué de vertus expectorantes et efficace contre les affections pulmonaires.

Attention toutefois à ne pas vous tromper d’arbre. Les pousses du sapin sont beaucoup plus amères mais surtout celles de l’if sont extrêmement toxiques.

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17 Réponses

  1. Un moyen sûr (parmi tous ceux disponibles) pour ne pas se tromper d’espèce :

    – Les aiguilles de l’épicéas sont distribuées tout autour du rameau (comme une brosse)

    – Les aiguilles du sapin et de l’if son en deux rangs de chaque côté (comme un peigne)

    sapin

    if

    mai 10, 2009 à 15 h 49 min

  2. 120

    Ecrit par François Couplan :

    Sirop de conifère

    Tassez dans un bocal des couches alternées de jeunes pousses de Sapin ou d’Epicéa et du sucre roux ou du miel. Remplissez bien.

    Mettez le bocal au soleil pendant plusieurs semaines jusqu’à la formation d’un sirop épais de couleur verte, dans lequel « nagent » les bourgeons.

    Filtrez en exprimant à travers un linge et conservez dans un endroit frais.

    (La cuisine sauvage, Comment accomoder mille plantes oubliées, Encyclopédie des plantes comestibles de l’Europe, volume 2, Equilibres, 1989)

    mai 10, 2009 à 18 h 21 min

  3. Du sucre ?
    Un aliment « moderne » donc. Rien de très « préhisto » (si j’ai bien tout compris).
    😉

    mai 10, 2009 à 18 h 23 min

  4. Ce sirop — encore traditionnel dans certaines régions — est souvent appelé « sirop de bourgeons de sapin« , même s’il est prioritairement fait avec l’Epicéa (qu’on appelle aussi « Sapin » de Noël).

    mai 10, 2009 à 18 h 25 min

  5. arghhhhhhhhhhhhh, j’avais pas lu jusqu’au bout !!!

    mai 11, 2009 à 17 h 34 min

  6. Mince !
    Je crois bien, l’ami, que t’as aucune chance.
    Voici (pour ceux qui ne sont pas allés voir le lien) ce que dit en effet Wikipédia sur la toxicité de l’if :

    « Toute la plante est toxique sauf l’arille qui entoure l’ovule. La substance toxique est un mélange complexe d’alcaloïdes : le taxol (ou taxine).
    L’if a causé de nombreuses intoxications, souvent mortelles, chez le bétail car il se trouvait souvent en lisière de pâturage.
    Planté dans les cimetières et consommé par les chevaux des corbillards, il pouvait provoquer leur mort en quelques minutes : la dose mortelle pour un cheval est estimée à 200 – 400 mg/kg de poids corporel. C’est d’ailleurs l’arbre le plus toxique actuellement connu.

    mai 12, 2009 à 11 h 59 min

  7. Je propose qu’on surnomme l’if, l’arbre « aux belles-mères » !
    (mais ne me demandez pas pourquoi 😉 )

    mai 12, 2009 à 12 h 03 min

  8. Pour info (et complément d’usage sur ces arbres), le nom latin de l’épicéa — Picea — vient de pix qui signifie « poix ». C’est en effet avec sa résine qu’on fabriquait cette matière collante, étanche et inflammable, si utile notamment au Moyen-Age.

    mai 12, 2009 à 12 h 08 min

  9. Encore un petit détail sur la poix.

    Récoltée directement sur l’arbre (on trouve souvent des coulées de résine rose venue colmater des blessures), elle peut être utilisée comme « pâte à mâcher », comme le confirme par exemple le lien suivant :
    http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/histoire/metiers/poix.htm

    mai 12, 2009 à 18 h 08 min

  10. Le chewing-gum serait-il donc plus « préhisto » qu’il n’y parait ?

    mai 12, 2009 à 18 h 09 min

  11. Il me semble, en tout cas, assez évident qu’on n’a pas attendu la modernité, le pétrole… et les Américains, pour trouver des « trucs » à mâchonner.

    mai 12, 2009 à 18 h 11 min

  12. Tout vient sûrement des tribus qui ont eu la malencontreuse idée de prendre l’auroch comme animal totem.

    mai 12, 2009 à 18 h 12 min

  13. 120

    Ecrit par Jacques Brosse :

    L’Epicéa

    […] Parce qu’on le confond très souvent avec le Sapin, l’Epicéa semble ne pas avoir de personnalité mythique propre. Il aurait cependant été dédié autrefois en Grèce à la « Dame de l’arbre », Artémis, l’indomptable vierge qui parcourt inlassablement les solitudes forestières, ce qui peut surprendre, puisque l’Epica, rare en Grèce, ne se rencontre que dans les hautes montagnes, à l’extrémité nord-ouest du pays. Mais Artémis est une divinité complexe ; l’une de ses origines est hyperboréenne, comme celle d’Apollon. A ce titre, elle est une déesse de la Lune et de la vie sauvage, protectrice des femmes qu’elle secourt, en même temps qu’Illithye, qui préside aux accouchements et avec qui elle est plus ou moins confondue.

    Cette déesse de l’arbre, venue du nord, correspond aux croyances relatives à l’Epicéa qui avaient cours en Europe septentrionale, où il était considéré comme « l’arbre de la naissance », et affecté au premier jour de l’année, le jour en surnombre du solstice d’hiver dans le Calendrier des arbres : celui de la naissance du Divin Enfant, c’est-à-dire du Soleil, que les chrétiens identifièrent avec le Christ, plaçant sa naissance, dont on ignore la date, dans la nuit du 4au 25 décembre.

    C’est ainsi probablement que l’Epicéa devint notre « Sapin de Noël ». […]

    (Les arbres de France, Histoire et légendes,Plon, 1987)

    mai 12, 2009 à 18 h 25 min

  14. 120

    Ecrit par Jacques Brosse :

    L’If

    […] Taxus, l’If, veut dire aussi pique ou lance ; le mot était rapproché par les Romains de toxicum, poison qui rendait les flèches meurtrières, même s’il n’y a pas d’étymologie commune ; ainsi, selon Pline, « certains disent aussi que taxus est à l’origine de taxique », devenu toxique. Toxicum ou toxicon vient du grec toxon, « l’arc et les flèches », bien que les Grecs n’aient pas établi de rapport avec l’If, qu’ils dénommaient smilax ou milos.

    Depuis la plus haute Antiquité, le bois de l’If a servi à fabriquer des armes, des piques, des lances, mais surtout des arcs et des flèches. C’est même là ce qui a fait disparaître l’espèce en certaines régions au Moyen Age, surtout pendant la guerre de Cent Ans. Ce n’était pas seulement en raison des qualités de son bois, à la fois très résistant et élastique, mais de la toxicité de l’arbre. Strabon rapporte que les Gaulois avaient coutume d’empoisonner leurs flèches avec le suc extrait des arilles, ce qui était d’ailleurs erroné, car la pulpe des baies est la seule partie de la plante qui ne soit pas vénéneuse. Jules César cite l’exemple de deux rois des Eburones (« hommes de l’If »), qui se donnèrent la mort en s’empoisonnant avec de l’If. Shakespeare, chez qui on retrouve souvent le reflet d’anciennes traditions, fait jouer à l’If « doublement fatal » un rôle dans Hamlet ; c’est en versant de l’ « hébénon », suc tiré de l’If, dans l’oreille du roi, père d’Hamlet, que son oncle Claudius l’a empoisonné afin de s’emparer du trône et de la reine. Dans Macbeth, Shakespeare se fait encore l’écho de l’utilisation de l’If par les sorcières anglaises, la « chaudron d’Hécate » contient des « boutures d’If détachées pendant l’éclipse de lune ».

    […] L’If était donc l’arbre de la mort, nom qui lui est demeuré en allemand (Todesbaum) et en italien (albero della morte), mais, doué d’une vie prodigieusement longue, il pouvait aussi, comme beaucoup d’autres plantes funéraires, constituer une promesse d’immortalité, voire de survie dans l’autre monde auquel il appartenait. C’est à ce titre qu’il figurait dans les cimetières. […]

    (Les arbres de France, Histoire et légendes, Plon, 1987)

    mai 12, 2009 à 18 h 45 min

  15. tu veux dire, Jacques, que les taxes sont des poisons ?

    mai 13, 2009 à 0 h 01 min

  16. Tu nous prépares une version alcoolisée, Yatsé, c’est bien ça ?

    mai 28, 2009 à 17 h 39 min

  17. 120

    Ecrit par Heidi Collombier

    Truffes aux pousses d’épicéa

    Ingrédients
    2OO ml de crème
    3OO gr de couverture de chocolat noir
    4O gr de beurre
    15O gr de pousses de sapin ou d’epicea
    3OO gr de sucre

    Préparation
    – Récolter les jeunes pousses de sapin, les mixer avec le sucre
    – Faire sécher une partie du sucre et des pousses mixées au dessus du four (sur une feuille de papier sulfurisé)
    – Faire fondre le chocolat au bain marie
    Chauffer la crème
    – Ajouter au chocolat et mélanger.
    – Ajouter le beurre et la purée de sapin, jusqu’au goût souhaité en sapin.
    – Laisser refroidir le tout au frigo.
    Le lendemain, mettre un peu de chocolat à fondre (1OO gr)
    – Pendant ce temps former des boules avec le mélange chocolat, crème, pousse de sapin, (se servir d’une cuillère à pomme noisette trempée dans de l’eau bouillante.
    – Tremper les boules dans la couverture puis les rouler aussitôt dans le sucre au sapin séché.
    – Réserver dans une boîte hermétique, dans un endroit frais et sec

    (http://la.cuisine-sauvage.org/les-plants/pousses-d-epicea/truffes-aux-pousses-d-epicea.html)

    mai 9, 2010 à 18 h 51 min

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