"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Modernité sucrée

La consommation annuelle de sucre en France est aujourd’hui de trente-sept kilos par personne, soit un peu plus de vingt morceaux par jour. Elle était de dix-neuf kilos en 1920 et de deux kilos seulement au milieu du XIXe siècle *.

Cette augmentation soudaine de sucre dans l’alimentation n’est pas sans conséquences. Diabète, obésite et caries dentaires, bien sûr, mais aussi — c’est moins connu — hypertension, calvitie masculine, avancement des premières règles, accroissement de la stature, acné, myopie et cancers des cellules épithéliales (sein, prostate, colon) *. Tout autant de tares et maladies dont ne souffraient vraisemblablement pas nos pas-si-lointains ancêtres qui n’avaient à disposition que le sucre saisonnier et limité des fruits et du miel.

Quant aux effets de cet excès — moderne — de sucre sur l’esprit, aucune étude ne prouve de lien avec le développement de la mièvrerie et de la bien-pensance, mais rien n’empêche de faire des hypothèses…

(*source : Cro-Magnon toi-même !, Petit guide darwinien de la vie quotidienne, de Michel Raymond, Seuil, 2008)

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9 Réponses

  1. 120

    Ecrit par Michel Raymond :

    Allez dans une société dont l’alimentation n’est pas occidentalisée, où l’apport de sucre n’est donc pas considérable. Par exemple les Inuits. Vous n’y trouverez qu’environ 0 à 2% de myopes, même si la lecture ou la télévision sont fortement présentes. Et encore s’agira-t-il de myopes légers. Donnez maintenant aux enfants et aux adultes un régime alimentaire essentiellement occidental : vingt ans plus tard, les enfants devenus adultes seront majoritairement myopes (60% d’entre eux), avec de nombreuses myopies fortes, alors que parmi ceux qui étaient déjà adultes lorsque le changement alimentaire a eu lieu, le nombre de myopes reste le même. Les Inuits ne sont qu’un exemple parmi d’autres, on retrouve dans de nombreuses sociétés cette augmentation brusque et soudaine de la myopie, en une seule génération, après avoir adopté l’alimentation occidentale. Les données médicales établissent un lien entre les hyperinsulémies et le dérèglement de la croissance des axes optiques oculaires, cause de la myopie.

    Entre 79 et 95% des adolescents européens de seize à dix-huit ans présentent de l’acné… L’adolescence, l’âge des boutons… Ce mot, acné, désigne cette période éruptive, culturellement bien établie. Ce mot est en fait récent, tout comme ce qu’il désigne : il date du début du XIXe siècle. On retrouve ici la même situation que dans la myopie : dans les sociétés traditionnelles dont l’alimentation n’est pas occidentalisée (y compris en Europe avant le XIXe siècle), l’acné est quasiment inconnue. Par exemple dans l’île de Kitava (pas loin de la Papouasie-Nouvelle-Guinée), on a fait passer récemment un examen médical à 1 200 individus : aucun ne présentait sur la peau une chose approchant ce qu’on appelle acné, y compris chez les adolescents. Même type de résultat pour un autre groupe traditionnel, les Aché du Paraguay : sept médecins ont suivi 115 personnes pendant 843 jours, et aucun bouton d’acné n’a été détecté. Les Inuits ne connaissaient pas l’acné, mais elle est arrivée avec l’alimentation occidentale, riche en sucre… Les données médicales proposent un lien entre les hyperinsulémies et l’augmentation de synthèse de sébum, cause de l’acné.

    (Cro-Magnon toi-même !, Petit guide darwinien de la vie quotidienne, Seuil, 2008)

    mai 1, 2009 à 15 h 05 min

  2. L’obésite, la myopie, l’acné, des tares ou maladies, ok. Mais l’accroissement de la stature…

    mai 1, 2009 à 15 h 06 min

  3. Demande donc aux dinosaures !

    mai 1, 2009 à 15 h 07 min

  4. 120

    Ecrit par Pierre Lieutaghi :

    Symbole d’une rudesse des saveurs dont la civilisation nous préserve, l’amertume des nourritures sauvages de printemps tient donc une place importante dans l’alimentation traditionnelle (et primitive). Bien avant la découverte des vitamines, les salades des champs contribuent en bonne place à corriger les régimes qui en ignorent l’importance. A ce niveau, l’ordinaire du pauvre pouvait s’avérer quelquefois plus équilibré que celui des classes favorisées […].

    (La plante compagne, Pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale, Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel, 1991)

    mai 1, 2009 à 15 h 31 min

  5. Pour se « préhistoriser », donc, se désensucrer et s’amertumiser.

    mai 1, 2009 à 15 h 32 min

  6. 120

    Ecrit par Raymond Dumay :

    Pour l’homme qui ignore encore Jehova, il n’y qu’une manne, d’autant plus admirable que réelle, d’autant plus efficace que discrète, plus appréciée que connue : le miel. Tous les gourmets la recherchent alors qu’aucun préhistorien ne la mentionne, tous millénaires confondus. Pourtant, sans le miel, la préhistoire eût été différente. Peut-être même n’y aurait-il pas eu de préhistoire et, partant, pas d’histoire. Sans lui ces lignes n’auraient pu être écrites. Sa seule chance aura été d’avoir été reconnu par un connaisseur. Un seul. Mais quel ? Le Temps lui-même. Il n’a pas lésiné à l’heure de l’approbation. Pour nous en tenir à un seul témoin — l’Homme –, il était présent dans la ruche avant son arrivée, il l’accompagne aujourd’hui, il lui survivra demain. Vous avez dit Eternité ? Jouez le miel, même sans majuscule.

    […] Le miel. Lui seul. Tel qu’en lui-même… Quel primitif, quel gourmet, quel savant, quel homme de Dieu serait capable de parler de lui avec sang-froid ? Il rassemble tant de vertus, se livre avec tant de générosité, assure une si rigoureuse continuité qu’il ne peut paraître plausible ni au bon sens ni à la science. Invraisemblable jusqu’à décourager le rêve et à faire douter du contact direct. Présenté au concours le plus ouvert avec sa seule définition, le rejet serait unanime : un aliment pareil, ça n’existe pas. Il existe pourtant dès l’ère tertiaire, donc bien avant l’homme.

    Nous sommes même fondés à croire qu’il l’attendait. A l’auberge de l’arbre, il était tous les jours le plat complet. Le terme s’est révélé exact, la composition du miel et sa richesse en calories en font un aliment énergétique et reconstituant auquel on pourrait seulement comparer le sucre de canne, s’il ne lui était pas supérieur : en effet, si les doses en matière sucrée sont à peu près équivalentes, celles du miel s présentent sous trois formes aptes à satisfaire des besoins très variés et à développer les sens et d’abord le goût : lévulose, glucose et saccharose sont les agents producteurs des confitures, pastilles, sirops, gâteaux qui ont longtemps constitué la meilleure partie du repas, le dessert.

    Encore n’est-ce pas tout. A ce pain de sucre qui pouvait paraître plat et même banal, le miel apportait des nuances inconnue dans les sucres courants : acides organiques qui relevaient le goût et stimulaient l’appétit, surtout éthers odorants, souvenirs des pollens d’origine, qui d’une seule bouchée faisaient comme un festin de fleurs et de fruits. C’était toute la nature.

    Quant au sucre courant, s’il n’était pas contraint au partage avec son compagnon le sel, on se risquerait à dire qu’il est toute la cuisine. En effet, en plus des plats doux dont il est le support inévitable, essentiel et parfois unique, il joue dans beaucoup d’autres préparations le rôle de condiment de base : bouillons, fonds, sauces, ragoûts, entremets. On en arrive au repas complet, arrosé par le premier en date des vins blancs du monde, un hydromel léger issu de la fermentation du miel sauvage, rapide et facile à conduire. Cocagne !

    (Le Rat et l’Abeille, Court traité de gastronomie préhistorique, Phébus, 1997)

    mai 2, 2009 à 22 h 46 min

  7. DEBROUX

    hello, cakes, how is the moon ?
    diabète sucré ?
    glucophage + novonorm + lipanthil
    that’s a solution !
    and no more cakes !

    debroux.ch@skynet.be

    mai 19, 2009 à 0 h 30 min

  8. Ce « DEBROUX » ne serait-il pas issu d’une tribu ennemie ?
    Où s’arrêtent les règles de l’hospitalité, Yasté ?
    On l’invite à manger et discuter avec nous, ou on le boute hors de nos murs ?

    mai 25, 2009 à 23 h 12 min

  9. Duchnok

    CE SITE EST POURRI, PAROLE DE KIKI DUCHNOK !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    JE CHERCHE DES STATS POUR L’HYPERMETROPIE !!!!!!

    FUCK THE WORLD !!

    décembre 17, 2010 à 10 h 04 min

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