"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Les contes de ma tribu (2) : le printemps

Allez, vous avez bien quelques histoires — ou de simples mots — qui, comme un peu tout autour de nous, bourgeonnent et ne demandent qu’à suivre le mouvement et s’épanouir ?

Et d’abord, c’est quoi le printemps ?

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20 Réponses

  1. Question poésies, on a déjà fait un sacré bouquet, là :
    http://www.partiprehistorique.fr/2008/03/20/joyeux-printemps/
    Mais des contes, des histoires, d’autres textes ?

    avril 3, 2009 à 18 h 22 min

  2. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (1)

    L’hiver ne finissait pas. La neige couvrait le sol et le froid était si vif que élans, cerfs et caribous avaient perdu leurs cornes ; ni les oies, ni les grues ne faisaient leur apparition et on n’entendait gazouiller aucun oiseau. Kitschikawano, découragé, s’était assis au sommet d’une montagne où il avait allumé du feu. Un lièvre vint à lui en clopinant. « Assieds-toi, mon petit bonhomme, et chauffe-toi » dit Kitschikawano, puis il demanda : « Est-ce que tu trouves la vie belle ? » — « Que veux-tu dire ? » — « Je veux dire que le froid dure bien longtemps. » — « Mais, est-ce qu’il n’en est pas toujours ainsi ? » — L’hiver avait duré si longtemps que le petit lièvre ne connaissait pas d’autre saison. Kitschikawano, tout soucieux, le regarda : « Dis-moi, quand as-tu ri pour la dernière fois ? » — « Ri ? Qu’est-ce que cela signifie ? » Kitschikiwano secoua la tête : « Oui, c’est bien ce que je pensais. Il est grand temps que je m’occupe de mettre les choses en ordre. »

    (à suivre)

    (Le folklore des peaux-rouges, Payot, 1976)

    avril 3, 2009 à 19 h 34 min

  3. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (2)

    […]
    Ils restèrent longtemps sans parler. Enfin, Kitschikawano dit : « Connais-tu dans la contrée d’autres animaux ? » — « Oui. » — « Lesquels ? » — « Le loup, le coyote, le renard et quelques oiseaux. » — « Je voudrais bien que tu ailles les voir aujourd’hui pour les inviter à se réunir ici en conseil. Dis-leur qu’il s’agit d’une question importante. » Pendant toute la nuit, le lièvre courut de-ci de-là, transmettant les invitations. Le lendemain matin, beaucoup d’animaux et d’oiseaux se rassemblèrent en cercle sur la montagne autour de Kitschikawano qui leur dit : « Mes frères, je pense que cette misérable vie a assez duré. Toujours du froid, cela devient monotone. Aussi, nous allons partir à la recherche de l’été, car il est probable que quelqu’un le retient prisonnier. Nous le déroberons et nous le rapporterons ici, afin que les beaux jours reviennent parmi nous. » Le loup demanda dans un grognement : « Qu’est-ce que cela, l’été ? » Mais Kitschikawano répondit : « Ne posez pas de questions oiseuses. J’ai décidé ce que je viens de vous dire et j’ai besoin de votre aide. Préparez-vous pour un long voyage. Nous partirons demain matin.
    […]

    (à suivre)

    (Le folklore des peaux-rouges, Payot, 1976)

    avril 4, 2009 à 10 h 22 min

  4. 120

    Ecrit par Francis Ponge :

    Voici où nous en sommes, la caractéristique de cette saison, l’avant-printemps :
    Entre la nécessité de faire du feu
    (Foyer rouge dans l’âtre ou le poêle)
    — et la possibilité, grâce à certaines éclaircies ensoleillées (mais dues à un vent encore froid), de n’en point faire et de jouir du soleil.

    *

    Dans quelque jours il sera trop tard, nous serons dans l’aise, le confort du vrai printemps (ensoleillé. Feu devenu inutile). Nous aurons oublié cette sensation (émotion). Nous ne pourrons plus rien en dire.
    […]

    *

    Mars est ici comme on secoue une dernière fois ces chiffons, comme on passe une dernière fois la serpillère.
    Mais les broderies se reforment en vitesse — les canevas se remplissent à toute allure.
    A partir de l’ancien canevas, les broderies qui sortent de terre, les fils qui sortent de terre et se nouent et (circulent) (progressent) (cheminent) se dévident et filent et se tissent, se tricotent.,
    forment franges, houppes, pompons, gansettes.
    Tout s’écoule (nous vieillissons), mais les enfants montent les marches (du perron) du temps pour venir en riant à la salle à manger.
    Musique des baisers. Chants d’oiseaux. La repopulation.
    Musique de la bouilloire, des fritures. Musique des feux. Pétillement des braises et des bûches.
    Soufflets, jets de fumée.

    *

    Glaces et vitres nettoyées, frottées. On se sourit.

    (Nioque de l’Avant-printemps, Gallimard, 1983)

    avril 4, 2009 à 10 h 34 min

  5. 120

    Ecrit par Mario Rigoni Stern :

    L’hiver n’est pas encore fini ? Les derniers jours de mars, c’est une question que me posent parfois des jeunes, ou même des vieux qui n’ont plus beaucoup de mémoire. Bien sûr, il neige : la nuit, nous descendons largement au-dessous de zéro, et dans nos maisons, nous faisons du feu dans nos poêles. Il suffit pourtant d’un jour de soleil pour que les prés reverdissent car, pour la terre, c’est la période des amours. Le printemps est toujours blanc et vert ; si cela n’est pas dû à la neige, comme chez nous, c’est grâce aux fleurs des cerisiers sur les collines au pied des montagnes. Comme au Japon, sur les pentes du Fuji Yama : le blanc de la neige, le vert des arbres et le blanc des fleurs de cerisiers. Mais là, on célèbre une grande fête, où tous, grands et petits, riches et pauvres, se prosternent devant le retour de la belle saison.

    Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais deux huppes amoureuses, deux levrauts dans un buisson, une bergeronnette qui court sur la route, deux écureuils qui grimpent aux branches d’un sapin, le font assurément. Si, par ailleurs, on remarque un frelon bruyant, un papillon appelé arcia, un ver de terre, si l’on entend chanter un chardonneret, c’est bien le printemps, même si, le lendemain, il neige.

    Bien sûr, au-dessus de mille cinq cents mètres, il y a plus d’un mètre de neige, mais même là, sur les rebords exposés au soleil, elle fond et tombe goutte à goutte des rochers. Fin mars, le soir, je reste à l’écoute après le coucher du soleil dans l’espoir d’entendre l’appel du hibou. Et, le matin, quand je rencontre deux jeunes qui vont faire du ski alpin, plein de nostalgie, je leur souhaite une bonne journée, et je les regarde marcher avec envie : l’âge ne me permet plus de les accompagner, et je dois me contenter ou putôt me réjouir d’une promenade avant de me mettre au travail. Et puis la forêt est particulièrement belle en cette saison, car on a la possibilité, que l’on n’a pas aux autres saisons, d’y lire toutes sortes de choses.

    Les sens et l’imagination vous aident à découvrir le printemps de la forêt : il est mystérieux, secret, vivant.

    (Saisons, La fosse aux ours, 2008)

    avril 4, 2009 à 19 h 17 min

  6. Isidore

    Ne désespère pas Vincent!!!
    Encore quelques jours et l’inspiration printanière va sans doute venir… avec le beau temps et le chant des oiseaux.

    avril 8, 2009 à 22 h 23 min

  7. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (3)

    […]
    Ils partirent et marchèrent, toujours dans la même direction pendant plus d’une lune. Enfin ils atteignirent la limite des neiges, où Kitschikawano planta une haute perche, sur laquelle il mit le plus rapide des oiseaux, le Katapknada. Un peu plus loin, il plaça de même le lièvre, puis le coyote, puis le renard, puis le loup. « Restez cachés, jusqu’à ce que le moment soit venu. Alors vous courrez aussi vite que vous pourrez. » Il dit à la grue : « J’ai tout particulièrement besoin de toi, parce que tu voles sans bruit. Va-t’en sur la perche de la tente qui est là-bas et regarde à l’intérieur par le trou de fumée si l’été y est gardé renfermé et reviens ici me dire ce que tu auras vu. »
    […]

    ibidem)

    avril 18, 2009 à 10 h 15 min

  8. Tiens, 120 se réveille !
    Y’aurait pas des vacances qui débutent quelque part ?
    On parie que Vincent ne va pas non plus tarder à revenir ?

    avril 18, 2009 à 10 h 19 min

  9. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (4)

    […]
    La grue se posa sur le piquet de la tente et aperçut à l’intérieur un sac de couleur vert clair d’où partait un gazouillis de petits oiseaux. Malgré que la gré se fût posée silencieusement sur la tente, une voix d’homme lui demanda : « Que fais-tu donc là-haut ? » Elle s’envola et retourna vers Kitschikawano. « A l’intérieur de la troisième tente est suspendu un sac qui contient l’été. » — « Bon. Tu as bien rempli ta mission. Maintenant, j’ai besoin de toi, renard gris, et de ton frère jumeau. » Il dépouilla l’un des renards de sa peau et s’en fit une ceinture, la queue de la bête pendant entre ses jambes. Puis il dit à l’autre renard : « Tu vas venir avec moi. Pendant que je parlerai avec l’homme, tu t’empareras du sac et tu iras le porter au loup, qui le transmettra au renard et ainsi de suite, chacun courant aussi vite qu’il pourra. Peut-être parviendrons-nous à ramener l’été chez nous.
    […]

    (ibidem)

    avril 21, 2009 à 8 h 15 min

  10. Un sac contenant l’été ?
    Ne ressemblerait-il pas un peu à ça ?

    La corne d’abondance (cornu copiae en latin) est un objet mythologique en forme de coquille de Triton utilisé par Ploutos (dieu grec de la richesse et de l’abondance). C’est également un attribut des personnifications de Tellus (déesse romaine de la Terre), Fortuna (déesse romaine du hasard et de la chance) et Gaia (déesse grecque de la Terre).

    Il existe plusieurs sources et plusieurs variantes de ce mythe.
    Selon la tradition la plus populaire, la corne d’abondance ornait le front de la chèvre Amalthée qui nourrit Zeus dans son enfance. Une autre version en fait plutôt la corne qu’Héraclès arracha à Achéloos lors de sa victoire sur le dieu fleuve qui était alors transformé en taureau durant leur lutte.

    a. Version 1
    La mythologie grecque raconte qu’à sa naissance, la mère de Zeus confia son enfant à la chèvre Amalthée . Elle craignait en effet que le bébé ne soit mangé par Cronos, son père. Un jour, Zeus cassa une des cornes de sa nourrice. Plus tard, pour se faire pardonner, il donna à cette corne le pouvoir d’abonder de fleurs et de fruits. Cette « corne d’abondance » représente la richesse et la fécondité.

    b. Version 2
    Dieu-fleuve d’un cours d’eau d’Etolie dans le nord-ouest de la Grèce, Achéloos ou Achéloüs était un grand séducteur comme le prouve sa nombreuse descendance. Il lutta contre Héraclès pour séduire Déjanire. Comme toutes les divinité de l’eau il était capable de se transformer d’abord en serpent ce qui provoqua le rire d’Héraclès. Puis voyant la futilité de sa transformation, Achéloos prend la forme d’un taureau farouche qu’Héraclès saisit par les cornes. La lutte est terrible et bientôt Héraclès arracha une corne à son adversaire qui devint la corne d’abondance.

    Tradition
    Il existe une tradition dans certaines familles. A chaque naissance, un membre de la famille offre au nouveau-né une corne d’abondance en pendentif. Symbole de chance et de protection, il est censé apporter l’abondance dans les différents domaines de la vie. Ce pendentif est perçu comme un porte-bonheur, au même titre que certains ont des fers à cheval ou des trèfles à quatre feuilles.

    (infos trouvées sur le Net)

    avril 21, 2009 à 8 h 29 min

  11. Et la boîte de Pandore, qui déversa tous les maux sur la Terre, pourquoi ne serait-elle pas elle aussi une corne d’abondance, un sac contenant l’été ?

    Ben oui, pourquoi ce ne serait pas l’été — avec sa chaleur, son foisonnement, ses fornications, son ivresse dionysiaque — la saison diabolique et l’apollinien hiver, comme disait je crois Mallarmé, « la saison de l’art serein » ?

    avril 21, 2009 à 9 h 40 min

  12. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (5)

    […]
    Ils se dirigèrent vers la tente. Un gardien vint à leur rencontre pour les arrêter, mais Kitschikawano l’écarta d’un geste ; alors le gardien voulut crier, mais Kitschikawano lui jeta une poignée de résine dans la bouche, puis il lui serra la gorge jusqu’à ce qu’il s’enrouât à force de crier. Avant d’arriver à la tente, Kitschikawano dit au frère jumeau du renard gris : « Marche derrière moi en te dissimulant. Quand tu te seras emparé du sac, sauve-toi en passant entre mes jambes.
    […]

    (ibidem)

    avril 22, 2009 à 10 h 37 min

  13. Toujours avoir une poignée de résine dans sa poche, toujours…

    avril 22, 2009 à 10 h 38 min

  14. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (6)

    […]
    L’homme vint sur le seuil de la porte. « C’est toi, Kitschikawano ? Viens-tu me faire une visite ? » — « Je me promène dans la région. » — « Tu dois venir de loin. » — « Partout il fait froid, sauf ici où il fait chaud. Je pense que tu dois avoir l’été dans ta tente. » — « C’est bien possible. » — « Pourquoi le gardes-tu pour toi ? » — « Si quelqu’un peut le voler, qu’il le fasse. Sinon je le conserve. » — ‘Qui voudrait entreprendre un pareil vol ? Tout le monde a peur de toi. » — « Tu as raison, personne ne pourrait me le dérober. »

    Pendant qu’ils parlaient, le frère jumeau du renard gris s’était glissé subrepticement sous la tente et avait enlevé doucement le sac qui pendait à la perche. Mais l’homme le vit et se précipita pour l’attraper ; le renard l’évita par un saut de côté et s’enfuit entre les jambes de Kitschikawano. L’homme ne put que saisir la queue de renard qui pendait entre les jambes de son visiteur, en s’écriant : « Je le tiens, ce voleur ! » Kitschikawano empoigna lui aussi la queue en disant : « Tiens le bien ! » Au bout d’un moment, l’homme souleva la queue et dit : « Tu dois être assis sur son corps. » — « Non, répondit Kitschikawano, il n’y a rien ici, il a dû s’enfoncer sous la terre. » Ils creusèrent un trou mais ne trouvèrent rien. « Où peut-il être ? » demanda l’homme. « Nous allons y réfléchir en fumant une pipe. »
    […]

    (ibidem)

    avril 24, 2009 à 8 h 43 min

  15. « L’homme qui a attrapé la fausse queue du renard, il ne s’appellerait pas Etienne par hasard ? » (Guesch Patti)

    avril 24, 2009 à 8 h 45 min

  16. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (7)

    […]
    L’homme aperçut au loin le coyote qui s’enfuyait avec le sac. Il rentra précipitamment dans sa tente pour y prendre son arc et ses flèches. Kitschikawano lui dit : « Attends, je vais moi-même courir après lui. » Il franchit une colline et se coucha dans une dépression herbeuse. Au bout d’un moment, il revint vers l’homme après s’être aspergé le visage d’eau, pour donner l’illusion qu’il avait transpiré. « L’as-tu attrapé ? » — « Non. » Kitschikawano vit alors que c’était l’oiseau Katapknada qui portait le sac. L’homme voulut lui lancer une flèche mais l’oiseau volait très haut et très vite. « Je ne peux pas l’avoir. Qu’allons-nous faire maintenant ? » — « Mon avis est que chacun rentre chez soi » répondit Kitschikawano.
    […]

    (ibidem)

    avril 25, 2009 à 11 h 06 min

  17. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (8)

    […]
    Kitschikawano était assis sur un montagne entouré de ses collaborateurs. « Nous allons voir si nous avons le bon sac. » Il ouvrit un peu le sac. Aussitôt, la neige se mit à fondre tout à l’entour et les arbres commencèrent à bourgeonner. « Je crois que c’est le bon. » Avant tout, allez me chercher à manger, car toutes ces émotions m’ont creusé. » Après avoir mangé, ils prirent le chemin du retour. Kitschikawano dit : « La marche dans la neige est trop fatigante. Attendez, je vais la rendre plus facile. » Il entr’ouvrit encore une fois le sac, et l’attacha à une longue perche qu’il poussait devant lui en marchant. Et il en résultat que le chemin fut débarassé de neige, ce qui leur permit d’avancer plus vite.
    […]

    (ibidem)

    avril 29, 2009 à 10 h 18 min

  18. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (9)

    […]
    Mais bientôt le loup se plaignit. « La marche sur la terre nue me fait mal aux pattes. J’aimerais mieux marcher dans la neige. Kitschikawano dit : « Il faut désormais décider de l’organisation des saisons dans l’avenir. » Il convoqua tous les animaux et les oiseaux à un grand conseil et dit : « Nous avons rapporté l’été qui est dans ce sac, et vous voyez autour de nous l’herbe verte, et vous sentez la bonne chaleur. Il s’agit maintenant de décider ce que nous allons faire. » Le loup se leva aussitôt. « Qu’avons-nous besoin de cet été ? Nous allons le rejeter loin de nous ou l’enterrer. » Mais le cerf, l’élan, le bison et le lièvre furent d’un avis contraire, car ils savaient que l’herbe était plus agréable à brouter l’été que l’hiver. Le vent du nord qui était présent dit : « Que l’hiver dure quarante lunes ; après quoi, il pourra venir un peu d’été. » Mais Kiteschikawano répondit : «  »Non ! Nous venons d’avoir un très long hiver. Nous savons ce que c’est et nous n’en voulons plus. Si tu as trop chaud ici, reste dans ton pays du nord. » La grue dit à son tour : « Nous pourrions laisser l’été durer quarante lunes. » Kitschikawano la regarda. « Tu viens des pays chauds. Mais ce que tu proposes ne convient pas à nos régions. » La discussion continua.
    […]

    (ibidem)

    avril 30, 2009 à 9 h 14 min

  19. 120

    Ecrit par H. R. Rieder :

    Kitschikawano à la recherche de l’été (10)

    […]
    Le coyote entra dans le cercle et, après avoir hésité, finit par dire : « Ecoutez-moi. Nous n’arriverons pas à nous entendre si chacun veut l’emporter. Faites donc en sorte que la moitié du temps soit consacrée à l’été et l’autre moitié à l’hiver. De cette façon, chacun aura satisfaction. » Kitschikawano répondit : « Il faut convenir que, parfois, tu tiens des discours raisonnables. Ainsi je décide que, chaque année, l’été durera aussi longtemps que l’hiver. Vous saurez que l’hiver tire à sa fin quand vous verrez les oies venir du sud, et alors le flanc des montagnes exposé au soleil sera bientôt débarrassé de sa neige. La jeune grue, qui était trop faible à l’entrée de l’hiver pour émigrer, saura que sa mère va revenir. Les animaux au lourd pelage abandonneront leur poil. Quand, ensuite, l’été aura duré assez longtemps les oies repartiront vers le sud. Ce sera pour tout le monde le signe que, bientôt, les fleuves vont geler… Maintenant, que chacun de vous se déclare satisfait. Toi, Vent du nord, tu pourras aussi, si tu le veux, venir quelquefois pendant l’été. Mais ne sois pas trop froid, sans quoi nous te mettrons sous les verrous. » Pour finir, il distribua à tous de la graisse. « Mangez cela quand vous voudrez avoir chaud. Vous pourrez également suivre le temps vers le nord ou vers le sud. Allez et vivez comme il vous plaira. Car il me semble que j’ai assez parlé. »
    FIN

    (Idibem)

    mai 1, 2009 à 14 h 50 min

  20. Il me semble aussi… 😉

    mai 1, 2009 à 14 h 50 min

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