"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

« Hue, a dia! »

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Et voilà, c’est parti ! Désirée et Naïa équipées des outils de maraîchage Prommata, s’initient (et nous avec) à cette ancestrale tradition agricole: la traction animale. Les ânes ayant l’avantage de l’intelligence et du calme ne se dressent pas. Ils comprennent très vite ce qu’on leur demande, et collaborent volontiers dès lors qu’on ne joue pas trop au chef avec eux. Et quel plaisir d’accompagner ainsi un tel déploiement de vigueur physique, en travaillant dans le silence, sans vibration et sans gaz d’échappement (non, non, je vous assure, à ce jour on ne déplore aucune effluve pétomaniaque intempestive !)

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20 Réponses

  1. Si on se souvient que, lors de sa résurgence, le PP avait clairement formulé le souci de « réappropriation des gestes ancestraux (semer, pétrir, chasser, etc…) » (voir onglet « PP » en haut de page), nul doute que là l’objectif est atteint.
    Bravo !

    avril 2, 2009 à 17 h 36 min

  2. Sinon, je n’ai pas réussi à saisir ce que les outils « Prommata » avaient de spécial.
    Tu peux nous en dire plus ?
    Ils t’ont coûté combien ?

    avril 2, 2009 à 17 h 37 min

  3. C’est quoi, déjà, le premier principe fondamental de l’agriculture naturelle, selon Fukuoka ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_naturelle

    avril 2, 2009 à 17 h 40 min

  4. Tu as été sans doute sur le lien. Ils n’ont rien de spécial autre que le fait déjà extraordinaire d’exister et d’être adaptés à nos techniques actuelles. Ils ont été pensés de telle sorte qu’ils puissent être fabriqués aisément et surtout réparés dans un souci d’autonomie des utilisateurs. Prommata facilite même l’auto fabrication des outils qu’il propose et débat actuellement sur la possibilité même de fournir les plans. Leur action vise aussi l’Afrique principalement , mais aussi tous les pays « pauvres » pour offrir des outils adaptés à l’autosuffisance et l’autonomie. Sur leur site mis en lien on peut trouver des réponses à la plupart des questions que l’on se pose, il me semble.

    Ce sont des outils très simples et très efficaces. On vient de herser 3000 m2 sans difficulté avec deux ânesses débutantes. C’est aussi performant sinon même plus rapide qu’un gros motoculteur équipé de la même manière… sauf qu’on ne peut pas travailler 8 heures d’affilées. Tant mieux d’ailleurs.

    Le prix ? Nous avons acheté la Kassine (le porte outil) ainsi que 6 outils de base pour 800 € d’occasion (en neuf compter 2 500 €)

    avril 2, 2009 à 18 h 34 min

  5. Oui Ourko, mais avant d’arriver à ne rien faire il faut d’abord épuiser le désir et la volonté de faire quelque chose… et ça peut prendre toute une vie.

    avril 2, 2009 à 18 h 36 min

  6. Dak avec toi, Isi.
    Nous aurons toute la mort pour ne rien faire.
    Tant qu’on est là, en vie, autant s’activer (si on en ressent le besoin)… et tant pis, après tout, si c’est inutile. C’est le temps, d’abord, qui seul saura distinguer la vraie valeur ou vanité de nos actions. C’est aussi lui, ensuite, qui de toutes façons fera disparaître assez vite toute trace de ce qu’elles auront pu engendrer (dans un sens comme dans l’autre).
    Non ?

    avril 2, 2009 à 19 h 14 min

  7. Tout à fait dak aussi, à la nuance prêt que j’aspire quand même à me donner le moins de travail possible et que faute d’une efficacité remarquable dans toutes ces tentatives, les résultats en pâtissent forcément. Mais tant pis, je me réfère toujours à la même devise shadock: « plus on se trompe et plus on a de chance de réussir » Moralité: agissons, mais pas trop, et même pour l’unique plaisir de faire du vent.

    avril 2, 2009 à 19 h 35 min

  8. Valentin

    Le problème n’est pas d’être utile ou non mais nuisible ou non. Le labour est peut être pratique à notre échelle individualiste, mais elle est nuisible a long terme pour d’autres humains, et même pour les plantes dites nuisible a court terme. Il faut dépasser le cartésianisme et son grand apport de l’homme hors nature. On fait partie d’un tout et re-réfléchir à la légitimité de la prise de vie « inutile ». Mais bon je dis ça mais ce n’est pas un discours qui se veut moralisateur, je comprend qu’il est difficile de passé de nos habitude a par exemple la sagesse de Fukuoka.

    avril 2, 2009 à 21 h 36 min

  9. Isidore

    L’avantage avec la traction animale c’est que, justement, si on laboure avec un soc, celui ci ne doit pas s’enfoncer de plus de 10 ou 15 cm pour que l’âne puisse avancer. Ce retournement superficiel perturbe assez peu le sol profond. Il est même possible de ne pas retourner du tout et d’aérer simplement la terre avec l’outil à griffe utilisé sur la photo. Et là on fait encore moins de dégât dans l’organisation du sol. Mais je suis encore trop néophyte en la matière pour faire un choix véritablement éclairé.

    avril 2, 2009 à 21 h 49 min

  10. 120

    Ecrit par Jules Renard :

    L’ÂNE
    Le lapin devenu grand.

    (Histoires naturelles, 1896)

    avril 2, 2009 à 21 h 50 min

  11. C’est Désirée que vous voyez sur la photo, et il n’y a pas à dire, un ânesse, c’est vraiment sympathique… sauf quand ça vous fait tourner en bourrique… Disons qu’avec les ânes toute impatience et tout stress est inutile. Leur calme est inébranlable.

    avril 2, 2009 à 22 h 00 min

  12. est ce qu’on peut tous nous nourrir ou c’est une supercherie comme le carburant à l’éthanol ?

    avril 3, 2009 à 2 h 11 min

  13. sinon bonjour Désirée !

    avril 3, 2009 à 2 h 12 min

  14. Isidore

    Ta question, Yatsé, est-elle: « une agriculture sans tracteur est-elle capable de nourrir l’humanité ? » ou alors: « peut-on nourrir tous les membres du PP avec les 3000m2 travaillés avec Naïa et Désirée ? »

    La réponse sera en fait assez similaire: oui si le plus de monde possible met la main à la pâte. Il est bien évident que ce type d’agriculture ne rivalisera jamais (en main d’œuvre) avec l’agriculture industrielle et qu’elle ne s’imposera que lorsqu’on n’aura plus le choix, soit par manque d’énergie fossile, soit du fait de désordres trop important causés aux équilibres écologiques. Il n’est pas inutile de préparer des solutions techniques et humaines de remplacement dans le cas où cela deviendrait vital. Mais il est tout aussi évident, à mon sens, que ceci implique un changement profond de société et une métamorphose de l’ère industrielle en… autre chose. De toute façon il faudra de nouveau beaucoup de main d’œuvre. Mais franchement, quand je pense à la vie de mes grands parents et tous leurs savoirs-faire, je me dis qu’on aurait tous plus à y gagner à inventer un mode de vie plus proche de la terre, en utilisant des techniques et des outils modernes mis au service de la petite agriculture. Vivre en compagnie d’animaux et en ayant soin de la nature environnante me paraît pluss humain comme choix d’existence que de vivre entassés en ville et sans contact avec la terre… à condition bien sûr que ça ne redevienne pas une nouvelle servitude effroyable. Mais on a les moyens et l’intelligence pour pouvoir le concevoir aujourd’hui. Des personnes, aujourd’hui, essayent d’inventer et d’innover en la matière. Mais ceci reste bien minuscule et tout à fait marginal… utopique diront d’autres.

    Pour ma part ça reste une activité dilettante de découverte et d’apprentissage et je ne prétends nullement être capable d’assurer une quelconque émancipation réelle du système industriel… mais je m’en préoccupe et surtout je découvre la possibilité réelle de poursuivre mon propre travail tout en cultivant une relation avec cette recherche paysanne.

    avril 3, 2009 à 7 h 40 min

  15. Vincent

    Je pense aussi qu’on sera de touts façons contraints d’y revenir car la bataille pour l’énergie — à mesure qu’elle va se raréfier en même temps que la population va s’accroître et augmenter ses besoins — va faire monter les prix et rendre le mode de vie actuel bien difficile (surtout pour ceux qui n’ont pas naturellement l’âme d’un tueur).

    Quant à savoir si ça pourra nourrir tout le monde… dépend peut-être du nombre qu’il restera lorsque se seront déclenchées les hostilités.

    Je me répète peut-être mais pour moi Le cantique de l’apocalypse tranquille est sans doute l’Evangile des temps à venir.

    avril 3, 2009 à 12 h 06 min

  16. Ourko

    Ne reste plus qu’à programmer Mad Max aux prochaines soirées du Ciné-PP-club !

    avril 3, 2009 à 12 h 07 min

  17. Vincent

    Pas bête !
    A coupler avec la version cinématographique de La route de Cormac Mac-Carthy qui, si mes informations sont exactes, est en train de se tourner.

    avril 3, 2009 à 12 h 09 min

  18. Ourko

    Une belle soirée familiale en perspective !
    Que l’on pourra intituler : Espoir et Joie de vivre.
    😉

    avril 3, 2009 à 12 h 11 min

  19. Vincent

    Tu apprendras, très cher Ourko, que la Joie de vivre — quand on la confond pas avec le plaisir, le confort ou… le bonheur — ne craint pas le « tragique » mais au contraire même s’y appuie pour s’épanouir.

    avril 3, 2009 à 12 h 14 min

  20. Vincent

    A hue ! A dia !
    http://www.expressio.fr/expressions/tirer-a-hue-et-a-dia.php

    Bien trouvé pour titrer un article sur une ânesse dont on sait qu’un de ses aïeux – dit « de Buridan » — est mort ne sachant de quel côté aller !

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_l'%C3%A2ne_de_Buridan

    avril 3, 2009 à 16 h 54 min

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