"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Petite théorie du moi branchu

Ce week-end, en me baladant en forêt, j’admirais l’architecture des arbres que me permettait encore d’observer l’absence de feuilles lorsque me revint à l’esprit la discussion menée sur ce blog autour de nos quêtes personnelles.

M’est alors apparue comme une évidence que l’image usuelle du chemin — plus ou moins scabreux, consciemment orienté vers un but programmé ou serpentant au gré du hasard et des circonstances — n’était pas la plus pertinente pour illustrer la réalité comme le ressenti de nos existences.

L’arbre m’a en effet soudainement semblé bien plus adapté, avec son tronc initial lancé comme une enfance canalisée par ses contingences, puis ses multiples branches explorant à peu près simultanément plusieurs directions.

La question de l’aboutissement de nos vies, sur laquelle me semble-t-il nous achoppions, se résolvait alors en substituant à l’idée de destination celle de l’épanouissement.

J’étais content de ma petite trouvaille d’autant plus qu’elle me semblait bien « préhisto ». Et puis, on a bien développé, en son temps, une théorie audacieuse du « moi-peau », alors pourquoi ne pas tenter de faire germer ici celle, à mon sens tout aussi séduisante, du « moi branchu » ?

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9 Réponses

  1. 120

    Ecrit par Nazim Hikmet :

    Vivre comme un arbre
    Seul et libre
    Et fraternellement
    Comme les arbres d’une forêt
    Cette nostalgie est la nôtre.

    mars 30, 2009 à 23 h 21 min

  2. Autre illustration possible :

    mars 30, 2009 à 23 h 32 min

  3. Isidore

    Pas mal comme idée à creuser !

    mars 31, 2009 à 10 h 04 min

  4. Vincent

    A bien y réfléchir, ce n’est pas très original. N’importe quel psychologue pratique le « Dessine-moi un arbre et je te dirai qui tu es ! »

    Je me trompe où les enfants ont davantage tendance à dessiner des troncs, les adultes des houppiers fournis et les vieillards des de longues branches tortueuses (ce qui reste à vérifier mais confirmerait l’hypothèse) ?

    mars 31, 2009 à 10 h 17 min

  5. Valentin

    Pour les enfants c’est quasiment sur, ayant vu beaucoup de dessin d’arbre : ils y a le tronc et trois grosse branche et 5 traits. Ensuite les adultes dessine l’arbre plus réalistement, et pour les personnes âgé, j’en ai jamais vu dessiner d’arbres. Mais ça peut être du a l’impatience de l’âge, ou le défaut d’observation qui se comble en vieillissant.

    mars 31, 2009 à 10 h 33 min

  6. 120

    Ecrit par Alessandro Baricco :

    « Définir l’arbre, c’est comme définir la bêtise : c’est presque impossible, et pourtant nous en connaissons tous d’excellents exemples ».

    (cité dans l’article de Wikipédia sur Francis Hallé)

    mars 31, 2009 à 17 h 32 min

  7. En creusant la théorie du « moi fourchu » :

    – Quand on naît dans un fertile on a, comme l’arbre, plus de chance de monter haut (même si un sol trop riche peut au contraire devenir néfaste).

    – Les diférentes espèces jouent un peu le rôle des différents « tempéraments » : dans des conditions identiques, ils inclinent à des gestes, des mouvements différents (plus ou moins fins, élevés, ramifiés, etc.)

    – Même au sein d’une même espèce, à conditions de vie semblables, on ne trouvera jamais deux individus en tout points semblables.

    – etc…

    Une énorme différence, cependant :

    Les arbres s’épanouissent (en tout sens) d’autant plus qu’ils sont isolés. J’ai l’impression (ou la croyance) que c’est plutôt l’inverse chez les humains.

    mars 31, 2009 à 17 h 42 min

  8. 120

    Ecrit par Maurice Fombeure

    Mon portrait

    Je suis de bois, mes mains et mon visage.
    De bois je suis, oui, de dur coeur de chêne.
    OEuvre gauche d’un sculpteur malhabile
    Mais les forêts frémissent dans mon coeur.

    Je suis léger jusqu’au bout de mes branches,
    Mal équarri du torse et lourd de tronc.
    Mais des oiseaux y peuplent mes dimanches,
    Les vents y font virer leurs escadrons.

    Arbre perdu dans les futaies humaines
    Où la cognée bat parfois sourdement,
    Arbre pleurant ses lyres incertaines,
    Arbre immobile en la forêt dormant,

    Ecartelé d’incessantes tempêtes,
    Indifférent au souffle chaud des bêtes,
    Aveuge et sourd aux sources dans la mousse,
    Déjà prêt pour sa chute ténébreuse,
    Déjà paré pour son éternité.

    (Arentelles, Gallimard, 1983)

    mars 31, 2009 à 19 h 02 min

  9. Je n’ai pas trouvé de vidéo de la version originale où Maxime chante (sans se tromper dans les paroles) mais au moins là il est à la guitare (et ne se trompe pas dans la suite d’accords) :

    avril 1, 2009 à 11 h 59 min

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