"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Le petit Eden des Holzer

Dans la famille « jardinier », je vous invite à découvrir le travail remarquable du couple Holzer,  dans une vallée des montagnes autrichiennes. Ce document d’une quinzaine de minutes (suivi d’un second pour les mordus) illustre d’une façon intéressante la notion de permaculture dont Masanobu Fukuoka, déjà évoqué lors d’un précédent article sur le jardinage, a été un grand inspirateur par sa conception et de sa pratique  de l’ agriculture naturelle .

Ce n’est d’ailleurs pas tant la permaculture en soi qui m’a interpelé (on peut trouver d’autres approches intéressantes également dans l’agriculture biodynamique par exemple) que la posture de résistance constructive de ce couple d’agriculteurs, choisissant la mise en pratique et la preuve par l’exemple à toute action exclusivement critique ou polémique.

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31 Réponses

  1. pfiou le coup des citrouilles dans les murs de pierre, c’est assez impressionnant !

    mars 24, 2009 à 0 h 44 min

  2. Un Eden ?
    En tout cas, pas pour moi : trop de caméras, de visiteurs, de volonté de se montrer exemplaire.
    (On comprend mieux pourquoi quand on découvre les trois gites et les conférences qui font « tourner la boutique »).

    Un Paradis, du moins tel que je le conçois, doit être discret, voire caché. Et ne surtout pas se concevoir lui-même comme idyllique. Une part d’innocence me semble indispensable.

    En visionnant (attentivement) ce reportage, hier soir, j’ai eu un peu la même sensation qu’en découvrant Pierre Rabhi. J’apprécie ce genre de personnes (sans doute pour cette « résistance constructive » que tu évoques, Isidore) mais suis assez vite hérissé par leur discours.

    Ceci dit, la question de l' »agriculture naturelle » est passionnante.

    J’ai juste un peu de mal à concilier la modestie du principe (« Ne pas trop intervenir », « laisser au maximum les choses se faire toutes seules », « ne pas vouloir trop simplifier la complexité naturelle », etc.) avec la pédanterie implicite du discours (« J’ai tout compris », « J’ai la recette miracle qui va sauver le monde », etc.)

    Vous voyez ce que je veux dire ?

    mars 24, 2009 à 13 h 25 min

  3. Amélie

    Justement, devant le documentaire de Nicolas Vanier, Bettylou s’est exclamée : « Oh mais mummy, ils sont au paradis ! »

    mars 24, 2009 à 13 h 34 min

  4. Heureusement que Diane (la femme) était là pour les ramener sur terre !

    mars 24, 2009 à 13 h 59 min

  5. Dak avec Ourko (pour une fois)
    Le seul et unique Paradis (du moins pour moi), ici-bas : le sourire des gens qu’on aime et qui nous entourent (quel que soit le paysage et les conditions de vie autour)

    mars 24, 2009 à 14 h 01 min

  6. Amélie

    Mince ! Et si on n’aime personne ??? On est condamnés à l’enfer ???

    mars 24, 2009 à 14 h 06 min

  7. Vincent

    Ben oui.
    C’en est même la plus juste définition, non ?

    mars 24, 2009 à 14 h 08 min

  8. Rien à voir avec le sujet :
    Serait-il possible, Yatsé, de modifier l’image de fond, sous le titre en haut de l’écran, pour en placer une qui soit « de saison » ?

    mars 24, 2009 à 14 h 11 min

  9. Amélie à Vincent

    IL me semble justement avoir remarqué chez de plus en plus de mes contemporains, intellectuels velléitaires, la propension à s’interdire à eux-même un quelconque sentiment, s’organisant par là-même une vie dans un champ stérile, gage pour eux, d’une vie heureuse dans un paradis lisse… L’enfer, pour ces gens-là, c’est justement d’aimer.

    mars 24, 2009 à 15 h 44 min

  10. Amélie à Vincent

    puisque tu penses que je me suis trompée d’article j’en profite pour faire le lien avec l’expérience de nicolas vannier. IL ne me paraît pas dans cette démarche là du tout, même si, d’une certaine façon il semble cautionner le « l’enfer c’est les autres » dans le sens où il s’extrait de la bulle d’interdépendance infernale du monde humain et « civilisé » en s’enfonçant dans le Grand Nord. Lui me paraît plutôt être dans la revalorisation du sentiment profond, de l’attachement réel, avec ceux qu’il a choisis (famille et animaux), et son immersion dans la nature brute me semble parfaire la démarche par les sensations intenses qu’une telle vie fait naître à chaque instant.
    est-ce que je suis claire ? peut-être pas….:-)

    mars 24, 2009 à 15 h 46 min

  11. Isidore

    Je ne sais pas s’il s’agit pour eux de se montrer exemplaires ou simplement de faire connaître d’autres solutions devant les problèmes écologiques qui se posent aujourd’hui et dont l’agriculture industrielle ne paraît pas pouvoir s’innocenter aisément. Il s’agit d’un acte politique de résistance qui emploie les moyens d’informations et de sensibilisation en vigueur actuellement. Ceci a au moins le mérite de nous faire savoir que ça existe.

    Quant à l’Eden, je ne suis pas un nostalgique d’un paradis perdu imaginaire car je préfère de beaucoup l’existence telle qu’il m’est donné de la vivre quotidiennement, avec sa part paradisiaque et sa part infernale. Par contre j’apprécie tout ce et ceux qui cultivent l’harmonie, la beauté, l’élégance et la courtoisie dans leur rapport avec le monde. Ce serait ma forme d’Eden à moi, et elle me fait apprécier le travail de ce couple engagé qui nous offre à partager une expérience fichtrement intéressante. Je trouve ça plutôt généreux.

    mars 24, 2009 à 19 h 17 min

  12. Isidore

    J’ai l’impression que notre état de société, avec son culte du travail utile et surtout productif, a complètement oublié la nature et la fonction du pèlerin en son sein.

    Et en quelque sorte, les « aventuriers du grand nord » à la Nicolas Vanier sont avant tout des pèlerins dans l’âme, se voyant contraints de trouver des justifications utilitaires à leur vocation qui n’appartient justement pas à cet ordre là (en réalisant des films, par exemple, ou alors des livres documentaires, etc.) Ce faisant, ils trahissent en partie cette vocation pèlerine. Mais ont-ils le choix ?

    Tout cela pour aller dans le sens de ton commentaire, Amélie, où tu sembles signifier que ce type d’aventure, en « s’extrayant de la bulle d’interdépendance infernale du monde humain et civilisé », ne peut être perçue aujourd’hui que comme une sorte d’attitude marginale, de fuite, plutôt que comme une façon intégrée de participer à cet « enfer d’interdépendance » mais à la manière du pèlerin et dans sa signification particulière au sein d’une société qui sait encore le reconnaître. C’est la lecture des « Récits d’un pèlerin russe », petit joyau de la littérature anonyme russe, qui m’a fait prendre conscience de cette question.

    mars 25, 2009 à 8 h 58 min

  13. je réitère :
    ils font comment pour choper les seaux de graines de toutes variétés qu’ils montrent dans le film ?

    mars 25, 2009 à 19 h 09 min

  14. et puis comment ils font pour récolter sans rien faire ?

    mars 25, 2009 à 19 h 11 min

  15. Isidore

    D’après ce que j’ai pu comprendre, ils accrochent les seaux vides dans les cerisiers de juin à septembre et, avec une pelleteuse ils creusent des terrasses pour que les cochons croates puissent manger les salades prévues à cet effet tandis que des poissons rouges en profitent pour se cacher sous les racines en attendant d’être mangés par les limaces. Et c’est à ce moment précis que le moulin à eau se met à produire l’électricité nécessaire à la mise à feu et que les graines dissimulées dans le ventre des limaces sont projetées très haut dans les air, juste au dessus des cerisiers. Alors, par le truchement de nombreux filets à papillon maniés avec beaucoup de dextérité grâce aux stages de formation prévus tout au long de l’année, ces graines sont attrapées au vol et disséminées dans les différents seaux… tout simplement.

    mars 25, 2009 à 22 h 42 min

  16. Isidore

    Quant à récolter sans rien faire, il m’a aussi semblé comprendre qu’ils ne récoltaient ainsi… rien du tout.

    mars 25, 2009 à 22 h 46 min

  17. eh eh
    tu te moques isi !
    mais dans le documentaire, ils présentent que les résultats et pas trop les maux du dos …

    mars 26, 2009 à 15 h 06 min

  18. Amélie

    Oui mais les moqueries d’isi valent la peine d’être lues !!!!

    mars 26, 2009 à 16 h 08 min

  19. Quelle distinction ferais-tu, Isidore (si tu en fais une) entre permaculture et agriculture naturelle ?
    La même que certains font entre développement durable et décroissance ?

    mars 28, 2009 à 13 h 50 min

  20. Isidore

    Je ne faisais pas la différence entre les deux, persuadé que Fukuoka pratiquait la permaculture jusqu’à ce que je lise sur Wikipédia qu’il ne fallait surtout pas confondre l’une et l’autre. Je te renvoie aux liens que j’ai créés dans l’article pour avoir plus d’informations à ce sujet.

    mars 28, 2009 à 14 h 17 min

  21. Je les ai lus mais voulait juste savoir si tu y souscrivais.

    mars 28, 2009 à 14 h 21 min

  22. Valentin

    Je me re-permets d’intervenir, pour dire plusieurs choses. A commencer par le fais qu’effectivement il y a trop de visiteur et d’argent fait sur le travail d’information, mais c’est aussi heureux qu’il y ai cette information. Après est ce qu’il se crois exemplaire ou pas ? tant qu’il s’en vante pas et qu’il est heureux, je m’en fiche un peu. Ils ont du travail pour semer les premières années sur les nouvelles terres et planter (après quelques années, la fertilisations du sol et la dispersions des graines se fait naturellement). Pour récolter les graines, soit il en achète (mais je doute), soit il se promènes et cueille. Comme pour récolter ses fruits et légumes. On peut toujours critiquer de toutes façon, mais si tout le monde faisait comme lui, je crois que ça se passerai mieux écologiquement, sur terre. Quoi que je sais pas.

    mars 28, 2009 à 15 h 02 min

  23. Pour ce qui me concerne, ce n’est pas tant les Holzer que j’ai eu envie de critiquer que le reportage fait sur eux pour les présenter.
    Quand c’est univoque, et trop élogieux, je deviens juste instinctivement méfiant.
    A mon sens (et c’était ce que je souhaitais exprimer), les Holzer sont forcément plus intéressants (avec les limites et les contradictions inévitables de leur démarche) que l’image (presque sainte) qu’on a d’eux avec ce documentaire, non ?

    Quoiqu’il en soit : bienvenue sur le blog du PP, Valentin… 😉

    mars 28, 2009 à 15 h 27 min

  24. Isidore

    Il est certain qu’un parti pris favorable aura toujours tendance à imprégner toute présentation d’une façon un peu trop univoque. Mais bon, ça me semble assez inévitable et peut-être même nécessaire pour susciter une curiosité et éveiller un intérêt pour une choses nouvelle. Trop de modération finit par tout noyer dans une demi-teinte quelque peu pâlichonne.

    Bonjour, Valentin et re-bienvenue !

    Tu me demandes Vincent, si je souscris aux nuances exprimées entre permaculture et agriculture naturelle. J’avoue être trop peu cultivé en la matière pour émettre le moindre avis. Ce qui me semble par contre intéressant c’est le développement du champ d’influence de la recherche en permaculture puisqu’il semble établi que la pensée qui en découle a voulu trouver des applications dans d’autres secteurs que l’agriculture exclusivement.

    Ceci a pour effet, également, de me rendre plus circonspect et réservé dans la mesure ou je redoute assez facilement les théories globalisantes qui ont tôt fait de susciter de nouveaux dogmes normalisateurs (et moralisateurs). Ils me hérissent très rapidement.

    L’approche « agriculture naturelle » telle qu’elle transparaît dans les bouquins de Fukuoka me semble plus simple et moins dogmatique. Mais je peux me tromper.

    De toute façon ce qui m’importe le plus c’est de pouvoir en faire à ma tête, avec le minimum de principes et en m’autorisant toutes les fantaisies possibles car je pense avant tout que ce qui est vraiment vivant déteste l’esprit de sérieux et se plaît à toutes les adaptabilités possibles.

    mars 28, 2009 à 16 h 14 min

  25. Je n’ai lu qu’un ouvrage de Fukuoka, La révolution d’un seul brin de paille, sur ton conseil, Isidore, soit dit en passant, et je l’ai fort apprécié.

    La « permaculture », en comparaison — d’après ce que j’en découvre grâce à tes liens — me donne l’impression (même si ça se joue à peu de choses) d’être beaucoup plus bavarde, raisonneuse, arrogante, pédante… bref quelque part « occidentale » (dans ce que ce terme peut véhiculer de négatif).

    Là où Fukuoka me semble par exemple enseigner un véritable « lâcher-prise » (en listant notamment les choses « à ne pas faire »), la permaculture me paraît multiplier au contraire les injonctions morales et les « il faut ».

    mars 28, 2009 à 18 h 38 min

  26. En fait, Vincent, tu dis en plein de mots (« bavards, raisonneurs, arrogants, pédants… bref quelque part “occidentaux” « ) ce qu’Isidore résumait avec un simple mot : « dogmatisme », non ?

    mars 28, 2009 à 18 h 42 min

  27. Tout à fait d’accord avec toi, Vincent !
    Ceci dit, avec moins de tentation de créer La Théorie absolue pour l’espèce humaine et tout le reste, et davantage d’esprit pratique, il me semble qu’on doit pouvoir tirer pas mal de choses intéressantes de cette recherche permaculturesque.

    mars 28, 2009 à 18 h 45 min

  28. Valentin

    J’ai aussi lut « La Révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu Fukuoka et « La Voie du retour à la Nature, art du non-faire ». Dans ce dernier il globalise sa thèse de simplicité a pas mal de pratique (gastronomie, habillement, philosophie de vie …) mais l’on comprend bien qu’ils sont en étroit rapport avec l’agriculture. Je m’y connais peu en permaculture mais j’ai cette même dogmatophobie je crois et c’est vrai que je ne l’ai pas senti dans les ouvrage de Fukuoka, pour la simple et bonne raison qu’il montre parfaitement qu’il expose son point de vue et sa pensé, et qu’il ne cherche pas a l’imposer, ou à convaincre outre mesure : en fait il garde la cohérence de se philosophie du « laisser-faire ». Ce qui n’est peut etre pas le cas de la permaculture d’après ce que vous en dites. Je ne connais pas trop la permaculture, je sais que c’est très semblables a l’agriculture naturelle sans savoir vraiment quelle différence il y a. Mais c’est un mot compliquer de première abord … Pas comme agriculture naturel. D’où une volonté toujours plus occidentale de compliquer même la simplicité. Enfin il me semble.
    Sinon pour en revenir à ce que tu disais Vincent : je crois qu’il est dure de faire un reportage sans parti pris, et que ça risque effectivement la fadeur. Et peut être même qu’il est absolument impossible d’être objectif : par le choix des images sur des heures filmées par exemple. Certain documentaire se passe de commentaire et c’est le spectateur qui réfléchis lui même sur ce qu’il voit, mais ce qu’il voit est choisi. Et je considère comme normal aussi de défendre en quelques sortes sont points de vus. A nous, « spectateurs » de faire la part des choses et de ne jamais prendre pour argent comptant.

    mars 29, 2009 à 10 h 09 min

  29. Tout à fait d’accord.
    Mais rien n’empêche d’instiller une once de critique, même dans un reportage sur quelqu’un ou quelque chose dont on veut faire l’éloge.
    Non seulement cela rend ce qu’on présente plus réaliste (toute médaille, ici-bas, ayant son revers) mais évite au spectateur de se charger (par simple souci de profondeur d’analyse) de cette tâche.
    Je ne sais pas vous, mais moi je me sens limite insulté (et tout cas pris pour un abruti), en tant que spectateur lorsqu’on m’assène un message univoque plutôt qu’une problématique.

    mars 29, 2009 à 11 h 45 min

  30. Valentin

    Insulter peut-être pas. Mais en y réfléchissant ça me gêne oui. De toute façon les certitudes ou les généralités (c’est lié souvent) me gêne. C’est rare que je ne le ressente pas en lisant ou visionnant une œuvre, surtout documentaire ou a valeur informative.
    Après, ça coute rien d’autre que de l’effort d’honnêteté de montré effectivement les revers de médailles ou tout du moins d’en soulever quelques questionnements. M’enfin pour en revenir à ce documentaire, les idées étaient intéressantes pour celles que j’ignorais, et je pense qu’il y en a un paquet aussi pour vous. Et visuellement, les plans de champs sauvages étaient d’une beauté, j’adore les chaos naturelles qui me rappelle une certaine sauvagerie disparues … Est idéaliste ou simplement réaliste comme vision ? Mais pour moi c’est l’essence même de la vie, ou l’ordre naturel des choses.

    mars 29, 2009 à 20 h 12 min

  31. 6 min avec un rire « à l’ancienne » qui me semble avoir toute sa place ici :
    http://www.kewego.com/video/iLyROoafY1Rk.html

    janvier 10, 2010 à 14 h 53 min

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