"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Ciné-PP-club (3) : Le grand nord avec Nicolas Vanier

La troisième soirée du Ciné-PP-club aura lieu samedi 21 mars (toujours au même endroit). Nous enterrerons l’hiver en visionnant deux films glacés de notre trappeur national : Nicolas Vanier (voir aussi son site officiel).

19 h (dernier délai) : L’enfant des neiges (documentaire, 1995)

22 h (environ) : Le dernier trappeur (fiction, 2004)

A moins que vous ne préfériez inverser l’ordre des projections.

Entre les deux films, comme d’hab’, petite collation sortie du panier. Gibier pris au collet et saumons fraîchement pêchés seront évidemment bienvenus, mais toute autre victuaille de printemps ne sera pas pour autant refusée.

Les meilleurs places seront réservées aux personnes déguisées (Davy Crocket, grizly, bonhomme de neige…)

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34 Réponses

  1. 120

    Ecrit par Nicolas Vanier :
    (à propos de L’enfant des neiges)

    Ma cabane au Canada

    De tout ce que j’ai accompli dans le Grand Nord, je me demande si ce n’est pas ce dont je suis le plus fier.

    Cette cabane, j’en rêvais depuis toujours. Enfant, je me suis entraîné à en construire de toutes sortes, de plus en plus élaborées. Adolescent, j’ai acheté tous les livres expliquant les techniques de construction de cabanes en bois rond. Plus tard, lorsque j’ai débuté mes voyages, j’ai observé minutieusement celles que je rencontrais. Puis, enfin, je me suis mis à chercher l’endroit où j’aimerais la construire, car, d’évidence, il s’agissait là d’un rêve trop tenace pour qu’il ne se concrétise pas un jour.

    […] Ce jour-là était l’un de ces jours désagréables de l’hiver, trop chaud, humide, poisseux. Je marchais depuis des heures en raquettes, suant à grosses gouttes dans la neige épaisse, un peu collante. […] Tout à coup, le brouillard qui m’empêchait de contempler le paysage s’ouvrit un peu.

    Un choc.

    Ce lac était celui que je cherchais depuis toujours.

    C’était là et ça ne serait jamais ailleurs.

    […] De longues années se sont écoulées. J’ai traversé pendant un an et demi la Sibérie du sud au nord, la Laponie d’ouest en est et je ne sais quoi encore, mais je n’ai jamais oublié ma promesse. Je n’ai jamais oublié ce lac, « mon » lac.

    Notre lac. Car nous y sommes revenus à plusieurs : ma femme, notre petite fille de dix-huit mois, Montaine, et moi.

    Je ressens encore aujourd’hui l’émotion qui fut la mienne lorsque, au terme de deux mois de chevauchée, nous sommes arrivés en haut de ce col.

    Nous avions quatre chevaux : deux que nous montions et deux qui étaient bâtés, portant matériel et nourriture. Montaine était soit sur notre dos, soit sur la selle biplace que nous avions fait construire pour elle. Quand elle ne dormait pas, elle gazouillait comme un oiseau, imitant tous ceux qui venaient vivre et se reproduire dans les montagnes en été.

    […] Nous étions entrés dans un véritable no man’s land où ne vont même pas les Indiens Sekani — que je conaissais bien et qui m’avaient accordé le statut d’Indien pour la période que j’allais passer dans les montagnes. Un statut tout à fait exceptionnel, me permettant de trapper, de chasser et de pêcher.

    […] Je savais que ça allait être beau. Mais c’était plus que ça. Grandiose. Magique. Féerique.

    (Mémoires glacées, document, XO, 2007)

    mars 17, 2009 à 13 h 57 min

  2. Amélie

    moi je pense me déguiser en peau de phoque…

    mars 17, 2009 à 15 h 49 min

  3. Et moi en cabane en rondins (si j’y arrive)

    mars 17, 2009 à 18 h 26 min

  4. 120

    Ecrit par Nicolas Vanier :
    (à propos du Dernier Trappeur)

    Le tournage du Dernier Trappeur a permis de révéler le talent de Voulk, si tant est que, en fin de carrière, Voulk ait encore eu quelque chose à prouver. Ce qu’à fait ce chien, ainsi que ses frères, les formidables Nanook, Baïkal et Torok, mérite le respect. Combien sont-ils à pouvoir prétendre à un tel palmarès ? Ils ont traversé l’Alaska, tout le Grand Nord canadien, d’un océan à l’autre, la Laponie, la péninsule de Kola. Ils ont effectué des voyages dans les montagnes Rocheuses, à travers le Yukon, dans les Carpates roumaines, le Jura… Ils ont participé à plusieurs grandes courses, dont la mythique Yukon Quest… Je me suis amusé à calculer les kilomètres que nous avions effectués ensemble : plus de quarante mille ! Les passeports de ces chiens ressemblent à une carte du monde des « pays d’en haut ».

    Les membres de l’équipe du film ont été émus aux larmes de voir ce que ce chien était capable de réaliser. Pourtant, ce que je lui demandais était souvent contre nature. Il suffit de regarder certaines scènes où les chiens passent le long d’une paroi vertigineuse, basculent dans le vide, celle où ils passent au travers de la glace et viennent rechercher Norman… Dans ces moments-là, Voulk se retournait vers moi et se faisait répéter l’ordre que je lui donnais : d’aller précisément là où la raison indiquait de ne pas aller.

    — Oui, Voulk, djee ! Oui, mon Voulk.

    Alors il s’élançait un peu, ralentissait, me regardait encore une fois, attendant que je lui confirme l’impensable.

    — Oui, Voulk, oui, à djee !

    Et il y allait, entaînant derrière lui la petite meute sur la glace instable ou dans le vide d’une ravine abrupte. Sa confiance en moi était totale. Nous avions vécu tant de choses ensemble, il savait pouvoir me faire confiance. Si je lui disais d’aller là, j’avais forcément de bonnes raisons.

    — C’est incroyable, m’a plusieurs fois répété Thierry, le chef opérateur de ce film.

    Oui, Voulk était assez incroyable.

    (Mémoires glacées, document, XO, 2007)

    mars 17, 2009 à 18 h 51 min

  5. Encore plus incroyable est l’histoire de Coyote (qui joue le rôle de Nanook dans le film)… mais je la raconterai de vive voix le jour de la projection.

    mars 17, 2009 à 18 h 53 min

  6. Isidore

    Et bien dites donc, ça donne envie de le voir ce film ! Je suis en train de m’entraîner à une technique très PP: la télé transportation ou plutôt la télékinésie… Mais il faut avoir dépasser la quarantaine pour s’y risquer car à partir de cet âge là, les chutes sur le ventre commencent à être sérieusement amorties et les rebonds induits deviennent vraiment efficaces dans le déplacement… Peut-être que d’ici le 21 mars, ma technique sera au point… Ah mais zut, il faut que je me mette aussi à cultiver le don d’ubiquité car je dois jouer mon spectacle ce jour là. Ah mais quel programme les aminches !!!

    mars 17, 2009 à 23 h 13 min

  7. En attendant que tu développes ces pouvoirs, on pourra toujours t’envoyer les DVD pour que tu les visionnes (voire carrément mettes en place un autre Ciné-PP-club) par chez toi.

    mars 18, 2009 à 9 h 55 min

  8. 120

    Ecrit par Sylvain Tesson :

    J’ai envie de finir en cabane. Mais une cabane en rondins de bois, bien entendu. Je ne quitterai pas cette vie avant d’avoir vécu une expérience qui, à elle seule, comme si elle était un arbre, concentre tous les fruits de la vie vagabonde : la liberté, la solitude, la lenteur, l’émerveillement, la méfiance envers l’humanisme béat… La cabane, c’est le vagabondage moins la géographie. La liberté sans le mouvement, l’épanouissement de l’âme par le retranchement du corps. Se replier dans la forêt (comme on se replie pendant la bataille) est une réponse satisfaisante à la laideur du réel en même temps qu’un retour symbolique sous les frondaisons du monde onirique. N’a-t-on jamais pensé que les orées des forêts étaient de lourdes portes de bois séparant les mondes ouverts (l’openfield terrifiant, défriché par la hache du moine pour que l’oeil du Prince surveille l’horizon), des mondes enchanteurs ? Les bois : dernier endroit du monde où remontent à la surface de nos âmes perdues les vieilles terreurs et les nouveaux élans.

    Pour ma retraite, j’ai déjà choisi les lieux ou plus exactement le milieu naturel : une forêt de conifères aux alentours du cinquantième parallèle de latitude nord, un climat tempéré à hiver froid. Une forêt nourricière et vide d’hommes. J’y passerai un an, peut-être deux. J’emporterai une belle arme de chasse, des tonneaux d’alcool, du papier, et des partitions pour ma flûte en bois et, sitôt passé le seuil, j’aurai la nature inapuisable, comme un océan autour d’un îlot. J’y ferai l’expérience de ce qu’offrent toutes les réclusions : celle du temps enfin arrêté et celle de la solitude dont l’âpreté est plus fertile que les plaisirs de la rencontre.

    (Petit traité sur l’immensité du monde, Equateurs, 2005)

    mars 18, 2009 à 23 h 03 min

  9. 120

    Ecrit par John Haines :

    Il arrive que le monde vous déçoive, que la Bourse s’effondre, que la circulation automobile s’arrête : il suffit alors d’une hache bien en main, d’un fusil, d’un filet, de quelques pièges… et la vie continue, debout et à l’ancienne.

    […]

    Pour tirer le meilleur parti de ces vastes terres, j’avais le choix. Ou je construisais des cabanes et des campements fixes aux endroits opportuns, quitte à y consacrer une partie de l’été. Ou je bravais le froid pour dormir en plein air, sous un abat-vent de toile ou une petite tente. Cela n’était pas aussi dur que l’on aurait pu le croire, même si à moins trente ou moins quarante degrés en dessous de zéro c’était toujours une aventure. Cela avait au moins le mérite de vous endurcir pour cette existence, de rendre le contact avec les terres vierges un peu plus vif, un peu plus fort. Mais après quelques tentatives de campement dans une tente usée de dix pieds sur huit avec un réchaud en tôle, et de nuits passées à la belle étoile (le « siwash », comme on disait alors), je préférai construire une cabane : pour le confort, et aussi pour ce sentiment de permanence qu’elle me procurait en ces terres.

    (Vingt-cinq ans de solitude, Mémoires duGrand Nord, Gallmeister, 2005)

    mars 20, 2009 à 13 h 15 min

  10. 120

    Ecrit par Henri David Thoreau :

    Il y a chez l’homme qui construit sa propre maison un peu de cet esprit d’à-propos que l’on trouve chez l’oiseau qui construit son nid. Si les hommes construisaient de leurs propres mains leurs demeures, et se procuraient la nourriture pour eux-mêmes comme pour leur famille, simplement et honnêtement, qui sait si la faculté poétique ne se développerait pas universellement, tout comme les oiseaux universellement chantent lorsqu’ils s’y trouvent invités ? Mais, hélas ! nous agissons à la ressemblance de l’étourneau et du coucou, qui pondent leurs oeufs dans des nids que d’autres oiseaux ont bâtis, et qui n’encouragent nul voyageur avec leur caquet inharmonieux. Abandoneons-nous donc toujours le plaisir de la construction au charpentier ?

    (Walden ou La vie dans les bois, Gallimard, 1922)

    mars 20, 2009 à 13 h 27 min

  11. Isidore

    Je ne sais pas ce que tu nous prépares là, mais quelque chose me dit que ce sujet te fait particulièrement rêver, Vincent… Je sens une quarantaine rugissante préparer de bien singulières aventures… mais je peux me tromper, sait-on jamais ?

    mars 20, 2009 à 17 h 12 min

  12. Rien de spécial.
    Mais bon… c’est vrai aussi que la « cabane au Canada » réveille de vieux souvenirs, on ne peut plus marquants.

    mars 20, 2009 à 18 h 35 min

  13. 120

    Ecrit par Sylvain Tesson :

    En Russie, depuis la fin de l’Union soviétique, nombreux sont les candidats à la réclusion buissonnière. Beaucoup de gens là-bas choisissent de tourner le dos à la marche du monde moderne et partent réinvestir des hameaux abandonnés ou même des cabanes isolées, hors du monde. Au cours d’un virage de l’existence, ils tirent leur chapeau à leurs semblables, tournent les talons et prennent la clé des champs, celle des taïgas. Recourir aux forêts, c’est tourner le dos à la laideur moderne. Ils épousent la beauté éternelle, celle qui sauve le monde selon Dostoïevski. Elle entre à chaque instant par la fenêtre de leurs cabanes, elle les accompagne dans chacune de leurs tâches. Princes de thébaïdes construites en pins et en bouleaux, ces Russes des taïgas ont tiré le rideau des arbres sur le visage du siècle.

    […]

    J’avais rencontré Natascha V. Elle venait rendre visite à ses parents qu’elle n’avait pas vus depuis deux ans. […] Un peu impressionné par sa beauté, je lui avais demandé :
    — Vous n’habitez pas chez eux, mademoiselle ?
    — Non, monsieur, car je vis dans une cabane au milieu de la grande forêt russe.
    Elle m’avait mis la puce à l’oreille et jeté sans le savoir sur la piste des coureurs de bois postmodernes. Six mois plus tard, nous cinglions, trois amis et moi, dans l’hiver sibérien vers la cabane de Natascha. L’adresse était la plus belle qu’on puisse donner : cinquante kilomètres au sud du cap Ielochine, rive occidentale du lac Baïkal, à quelques mètres en retrait de la berge sous un grand cèdre. Il ne faisait ce jour-là que huit degrés en dessous de zéro et un beau temps sibérien, sec, avec le soleil tranchant comme une lame. Natascha, en nous accueillant, regarda le thermomètre :
    — Huit degrés ! On déjeune dehors !
    Foie d’élan, oeufs de poissons, pattes d’ours et confitures de myrtilles et surtout de la bonne vodka râpeuse pour dissoudre le goût du gras. A l’ouest, les montagnes de la réserve et les troncs de mélèzes qui strient les versants de millions de pointillés gris. A l’est, le miroir du lac gelé et l’obscure glace vive, presque effrayante. La cabane de rondins était coincée entre ces deux horizons de splendeur et Natascha, radieuse, coupait des tranches de pain en expliquant de quoi elle vivait : de ce que son mari rapportait de la chasse et de ce qu’elle-même cueillait l’été, dans les bois.
    — Je vais en ville une fois tous les trois mois pour acheter ce qu’il nous manque.
    — Et jamais une nostalgie ?
    — Une nostalgie de quoi ?
    — De l’ancienne vie : la ville, les autres…
    — Jamais.

    […]

    Les Russes n’ont pas grand mal à retourner aux forêts pour la raison qu’ils les ont quittées depuis beaucoup moins longtemps que les Européens de l’Ouest. Il y a de la sève dans leur sang et, dans leur histoire commune, une tradition du vagabondage. On colporte dans certains milieux littéraires russes la légende (à laquelle Tolstoï prêtait foi) selon laquelle, après son abdication, le tsar Alexandre aurait pris soin de ne pas mourir (ce qui constitue la version officielle) mais empoigné son bâton de marcheur pour pérégriner incognito à travers la Russie. Et Nikita Khrouchtchev ? Ne clamait-il pas que, s’il était un jour rendu aux extrémités de la misère, il n’hésiterait pas à vivre comme le wanderer goethéen, c’est-à-dire en vagabond romantique. Et même le ridicule Stepan Trofimovitch des démons de Dosto menace un jour sa protectrice de quitter la vie de salon pour errer dans les campagnes, enfin libre… Les Russes n’ont pas oublié qu’il y eut Derzou Ouzala avant l’industrie. Il n’y a que quelques décennies que leurs aïeux se sont établis dans les villes. Pas assez de temps pour que les générations d’aujourd’hui aient oublié comment poser un collet. De surcroît — par sa nature — comme on disait jadis, lorsque les gens n’avaient pas qu’une fonction, le Russe n’a pas peur de la forêt. Or la première condition pour peupler les cabanes est de laisser sa peur à la lisière du bois comme on tombe les armes en entrant sous la nef.
    On objectera que ces retranchés de Russie sont poussés par la nécessité et non par l’élan rimantique du waldganger. C’est la perspective d’agrémenter le bortsch quotidien de quelques livres de lard d’ours plus que la soif de transcendantalisme qui les amène sous le couvert des frondaisons. On répondra que personne ne peut préjuger la part de poésie qui entre en compte dans le voeu de réclusion. En outre, beaucoup de ceux qui ont recours aux forêts n’ont en réalité jamais vraiment quitté celles qui poussent en eux.

    (Petit traité sur l’immensité du monde, Equateurs, 2005)

    mars 21, 2009 à 0 h 22 min

  14. Une cabane en rondins, c’est beau mais pas très chaud.
    Plus confortable : la cabane en ragondins.

    mars 21, 2009 à 9 h 36 min

  15. Crâo

    Lesquels ? Allez, dis nous, Vincent !

    mars 21, 2009 à 12 h 42 min

  16. Crâo

    Je parle des souvenirs et non pas des ragondins, OK ? (à la limite: des racontars, pourquoi pas ?)

    mars 21, 2009 à 12 h 44 min

  17. il y aurait moyen de récuperer le film pour pouvoir le regarder aussi ?q

    mars 24, 2009 à 0 h 45 min

  18. Oui, bien sûr… mais lequel des deux ?

    mars 24, 2009 à 12 h 58 min

  19. Histoire de faire un petit topo sur la soirée : il y avait 6 adultes et 11 enfants, si mes comptes sont exacts.

    Je ne le savais pas avant de les visionner mais la projection des deux films l’un à la suite de l’autre fut particulièrement intéressante (du moins, me semble-t-il) car on a pu voir à quel point le deuxième (une fiction de 2004) est sur de nombreux points calqué sur le premier (un documentaire de 1994).

    Il y avait, en effet, plein de scènes identiques. Juste un peu « sublimées ». Chacun a ainsi pu, entre autres, évaluer s’il préférait la réalité à la fiction.

    mars 24, 2009 à 13 h 06 min

  20. Amélie

    Tous les suffrages exprimés ont préféré la fiction… et on était 7 adultes, je crois…

    mars 24, 2009 à 13 h 32 min

  21. Je ne me suis pas exprimé alors, car c’est le documentaire que j’ai préféré (mon côté désespérément prosaïque)

    mars 24, 2009 à 13 h 55 min

  22. Amélie

    nan j’ai écrit le mauvais mot : c’est le docu qu’ils ont tous préféré…
    et y a rien de prosaïque là dedans : les acteurs étaient juste meilleurs que dans la fiction !

    mars 24, 2009 à 13 h 57 min

  23. Le réel tel qu’il est (avec, entre autres, ses femmes qui font la gueule) est finalement bien plus réjouissant que celui que reconstitue les tentatives humaines de sublimation.

    Qui ne préfère pas le monde d’ici-bas, avec toutes ses imperfections, à tous les Paradis imaginés par les cerveaux humains ?

    (Une autre façon de faire le lien entre les commentaires de cet article et le suivant)

    mars 24, 2009 à 17 h 36 min

  24. ah la je ne suis pas d’accord …
    Par exemple, le grand mérite de la pub est d’arriver à nous vendre du paradis en boite …

    Le réel n’est vraiment pas drôle pour le commun des mortels.

    mars 24, 2009 à 18 h 16 min

  25. Son mérite n’est-il pas plutôt de parvenir à nous vendre des objets bien réels et prosaïques (en utilisant nos indécrottables rêves de paradis) ?

    mars 25, 2009 à 10 h 03 min

  26. En réponse aux commentaires 15 et 16 d’Isidore :

    Je devais avoir 15 ou 16 ans et ne lisais que des BD. Sans que je sache pourquoi, un jour, en allant faire des courses avec ma mère, je tombe en arrêt devant ce livre :

    …et insiste auprès d’elle pour qu’elle me l’achète. Je ne sais plus exactement pourquoi elle ne pouvait pas, mais j’ai tellement insisté (et elle était tellement étonnée que j’ai envie de lire un livre sans images) qu’elle a fini par le voler pour moi (en le laissant dans le fond du caddie). Ce geste m’a sur le coup halluciné.

    Mais j’ai été encore plus marqué par son contenu : pas de la haute littérature mais le récit des neuf mois de grossesse d’une médecin française partie vivre avec un Canadien dans une cabane au fin fond de la Colombie britannique.

    J’ai adoré ce bouquin. J’y ai perçu la seule alternative pour ne pas « rentrer dans le jeu » (des études pour trouver un boulot pour gagner de l’argent pour pouvoir acheter la possibilité de manger, m’abriter, etc.) et me suis orienté sur cet objectif.

    Je me suis du coup mis à faire des randonnées, à apprendre à reconnaître les plantes comestibles, à me documenter sur les Indiens d’Amérique, etc. J’ai même passé 3 semaines de « survie » en Suède, avec des amis, avec l’objectif d’y aller ensuite tout seul , puis, l’année d’après, de franchir l’Atlantique, etc.

    Après, d’autres choses se sont passées et le « projet » s’est quelque peu modifié…

    mars 28, 2009 à 14 h 16 min

  27. Parmi les livres qui m’ont ensuite marqué (dans cette lignée), il y a le Savoir revivre de Jacques Massacrier que j’ai découvert dans ma bibliothèque (il y était depuis des années, mes parents l’ayant acquis je ne sais comment, mais ne l’avait jamais remarqué) et ai lu et relu je ne sais combien de fois.

    Je viens de remarquer qu’on pouvait le trouver en entier, en ligne, sur ce site :
    http://www.savoir-revivre.org/

    mars 28, 2009 à 14 h 20 min

  28. Parmi les livres qui m’ont le plus marqué (autant que cet A mains nues), il y a eu tout récemment Le cantique de l’apocalypse joyeuse qui en est le répondant… et qui m’a permis (voir les commentaires de l’article qu’on lui a déjà consacré) de raviver — et réajuster — ce « vieux rêve » :
    http://www.partiprehistorique.fr/2008/10/08/le-cantique-de-lapocalypse-joyeuse/

    mars 28, 2009 à 14 h 27 min

  29. Passer si vite de l’éloge de Dyonisos à celui du Grand Nord, sans passer par le mythe apollinien de l’Hyperborée, c’est tout de même assez étrange.

    Mais bon, si on devait s’arrêter à la moindre contradiction… on vous aurait abandonné depuis longtemps, les amis.

    mars 30, 2009 à 13 h 18 min

  30. L'elfe des chambres obscures

    Coucou ! Je propose une prochaine soirée ciné PP, autour du thème « Femmes sauvages », avec Princesse Mononoke et Lady Chatterley … Une idée qui m’est venu en me promenant dans les bois ce week-end …
    What do you think?

    avril 14, 2009 à 9 h 07 min

  31. Amélie

    Le ciné PP va s’orienter vers des projections dans des lieux qui correspondent au sujet. (courtesy of Filou). Pour la proposition de l’Elfe, je suggère donc que nous aménagions un boudoir… reste à le trouver !
    Quant à la prochaine programmation, elle est déjà prévue : il s’agit des Dieux sont tombés sur la tête (1 et 2), et on évoquait avec Filou la possibilité de le faire au Grand désert (tout près du ciel)… mais Vincent n’est pas très chaud… on vous tient au courant.

    avril 14, 2009 à 10 h 22 min

  32. Amélie

    L’Elfe, tu les as, les dvd en question ?

    avril 14, 2009 à 10 h 25 min

  33. L'elfe des chambres obscures

    Princesse Mononoke, oui, en coffret collector (c’est à ma fille).
    Lady Chatterley, je peux l’emprunter à mon loueur préféré ou à la médiathèque, en le réservant longtemps à l’avance.

    avril 14, 2009 à 10 h 31 min

  34. Ne reste donc plus qu’à fixer une date. Et un lieu.
    Tu as une proposition (ou une préférence) l’E.C.O ?
    Que dis-tu de ton futur prochain appart, en guise de rituel d’installation ?

    avril 19, 2009 à 19 h 10 min

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