"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Néandertal en nous ?

Certains ont peut-être vu Neandertal Code sur France5 (mardi 11 novembre à 16 h ou dimanche 16 à 21 h 30) ou lu l’info dans la presse (notamment la version française du mois de National Geographic) : après avoir révélé que Néandertal et Sapiens ont coexisté pendant des milliers d’années et que le premier n’était pas si frustre qu’on s’était plu à croire jusque là, les derniers travaux scientifiques mettent les pieds dans le plat en développant l’hypothèse osée que le robuste et glorieux ancêtre n’a peut-être pas succombé aux épidémies ou aux assauts du fier Sapiens mais se serait tout simplement « incorporé » génétiquement à lui.

Aucune preuve de l’hybridation supposée par certains n’est encore apportée mais de plus en plus de chercheurs admettent la possibilité d’accouplements entre les deux espèces. Etonnant, non ?

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35 Réponses

  1. Ourko

    La copulation est possible entre Néandertal et Sapiens ?
    C’est Chabal qui va être content !!! 😉

    novembre 26, 2008 à 21 h 37 min

  2. 120

    Ecrit par Erik Trinkaus
    (Paléoanthropologue à l’université Washington de Saint-Louis) :

    Il y avait très peu d’habitants dans les environs, et il fallait bien trouver un partenaire pour se reproduire. Après tout, les humains ne sont pas réputés si difficiles que cela en matière de relations sexuelles.

    (Cité par Stephen S. Hall, dans Les derniers néandertaliens, National Geographic France, novembre 2008)

    novembre 26, 2008 à 21 h 41 min

  3. Vincent

    Pour être un peu plus complet sur le sujet, je me dois tout de même de préciser que l’hypothèse de croisements entre Néandertal et Sapiens est, entre autres, contestée par Svante Pääbo.

    Ce généticien est en effet parvenu à extraire en 1997 un minuscule fragment de 378 lettres de l’ADN mitochondrial d’un os vieux de 40 000 ans, provenant du bras d’un néandertalien découvert en Allemagne. Les différences entre ce morceau d’ADN et celui des hommes modernes actuels laissait alors penser, selon lui, que les deux lignées avaient commencé à diverger bien avant que les hommes modernes n’émigrent depuis l’Afrique (il y a environ 60 000 ans).

    Ils auraient donc un ancêtre commun mais les deux branches auraient pris des chemins différents, au niveau évolutif comme géographique (le Nord aux néandertaliens, le Sud aux sapiens). Si des métissages se sont donc éventuellement produits lors de rencontres ultérieurs, ils auraient, semble-t-il, été trop rares pour aller jusqu’à laisser une trace d’ADN mitochondrial néandertalien dans nos cellules.

    Encore faut-il parvenir à décoder l’ensemble du génome (soit 3 milliards de lettres), ce qui, paraît-il, ne devrait tarder

    novembre 26, 2008 à 23 h 16 min

  4. 120

    Ecrit par Jean-Jacques Hublin
    (de l’institut Max Planck de Lepisig, qui développe une autre hypothèse) :

    La plupart des néandertaliens et des hommes modernes ont sand doute vécu l’essentiel de leur vie sans se voir? J’imagine que, de temps à autre, ils devaient s’apercevoir de loin, mais je crois plus probable qu’ils s’excluaient mutuellement. Ils ne faisaient pas que s’éviter : ils s’excluaient. Des recherches récentes sur les chasseurs-cueilleurs nous ont appris qu’ils étaient beaucoup moins pacifiques qu’on ne le croit généralement.

    (ibidem)

    novembre 26, 2008 à 23 h 30 min

  5. Vincent

    Bref… on ne sait pas grand chose sur cette période. Et cette phase de multiplication des hypothèses n’est pas la moins passionnante.

    novembre 26, 2008 à 23 h 35 min

  6. Ourko

    Tu crois nous épater, Vincent, en écrivant Néanderthal sans « h » ?

    Tu trouves ça peut-être « branchouille » mais c’est aussi ridicule que la nouvelle mode qui consiste à ne pas prononcer le « s » de Mesrine.

    novembre 27, 2008 à 12 h 42 min

  7. Amélie

    Encore l’influence d’Auel, ou mon empathie aussi puissante qu’inexplicable pour les minorités ? Toujours est-il que je me sens très proche de Néanderthal.
    IL me donne l’impression d’une beauté brute, sans sophistication ni besoin de paraître ce qu’elle est. La beauté sans la séduction en quelques sortes. Et j’ai l’intuition que c’est lié à l’utilisation du langage. Oui d’accord, c’est une vision très romantique et gratuite mais je vais développer.

    novembre 27, 2008 à 13 h 30 min

  8. Amélie

    Ce qu’on sait ou ce qu’on croit savoir de Néanderty :
    IL était plus petit, beaucoup plus robuste, plus résistant, avec des membres plus courts et massifs.
    Son cerveau était particulièrement volumineux et son arcade sourci
    lière très prononcée.
    Sa mâchoire était différente, et on suppute qu’il n’avait pas de langage articulé pour des raisons anatomiques.
    Son artisanat et sa fabrication d’outils était succints : il ne chassait qu’au contact rapproché des animaux, avec des épieux plutôt que des sagaies comme sapiens. Sa grande force lui suffisait probablement pour tuer ses proies : il n’avait donc pas eu besoin de réfléchir à des armes projetées à distance.

    novembre 27, 2008 à 14 h 03 min

  9. Amélie

    En extrapolant, on peut donc imaginer un homme peu bavard avec les mots, avec u système de pensée peut-être différent.
    Ce qu’en a imaginé Auel me parait assez plausible, en plus d’être séduisant.
    Le Néandertal d’Auel parle peu avec des mots, mais a inventé toute une gamme de gestes sophistiqués, fins et discrets pour accompagner le peu de paroles articulées de son langage. Au final, la communication, libérée des mots, est plus fine. Pour cette raison, le mensonge n’a pas de place : d’une part, les néandertaliens d’Auel n’en voient pas l’utilité – ce sont des gens courageux qui ne craignent pas la vérité; d’autre part, habitués à percevoir les pensées et les humeurs de leurs congénères, hors des mots, ils voient immédiatement quand un discours ne correspond pas à la pensée ou au sentiment de celui qui le prononce.

    novembre 27, 2008 à 14 h 32 min

  10. Amélie

    J’étais déjà convaincue de ce que ce mode de communication puisse être aussi finement développé, mais ça m’a été confirmé dans un bouquin de Lorenz que Vincent m’a prêté mais dont je n’ia pas retenu le titre (je ne retiens pas les titres, ni mm les auteurs la plupart du temps !) : il parlait bien de cette forme d’intuition ou de psychologie animale qui fait que les animaux peuvent saisir très finement, et avec tous les détails, l’humeur de la personne qui est près d’eux.Les chevaux savants, par exemple, ne savent pas compter, mais entendent à leur façon le nombre auquel pense celui qui les interroge.
    Certains d’entre nous, des femmes souvent, ont cette intuition aussi. je me plais à imaginer qu ec’ets un reste génétique de Néandertal. Ca confirmerait ce à quoi j’arrive maintenant : l’idée d’une mémoire ancestrale, transmise à la naissance. Mais ça sera pour plus tard, j’ia plus le temps…

    novembre 27, 2008 à 14 h 39 min

  11. Vincent

    Un site intéressant, me semble-t-il, sur le langage des signes Amérindiens (une survivance néandertalienne ?) :
    http://lesindiensdenormandie.nuxit.net/lessignes.htm
    (il faut « passer les couleurs » et descendre plus bas que la page d’accueil)

    novembre 27, 2008 à 15 h 04 min

  12. 120

    Ecrit par Pascal Quignard :
    (qui traque aussi, à sa façon, le Neandertal en nous)

    Dire que nous sommes des êtres de langage, comme le fait la société, est profondément faux […] Nous ne sommes pas des êtres parlants, nous le devenons. Le langage est un acquis précaire, qui n’est ni à l’origine ni même à la fin car souvent la parole erre et se perd avant même que la vie cesse.

    novembre 28, 2008 à 1 h 13 min

  13. Ourko

    Ah ben, revoilà Quignard !
    Ne manquerait plus que rapplique maintenant Baudrillard !

    novembre 28, 2008 à 1 h 14 min

  14. 120 (pour plaire à Ourko)

    Ecrit par Jean Baudrillard :

    Il y a trente mille ans vivait une « autre espèce humaine » — Neandertal. Prodigieux.

    Si cela est vrai, c’est symboliquement plus important que le fait que l’homme descende du singe. L’ombre de cette espèce humaine disparue pèse sur toute notre anthropologie, puisque tout notre concept d’évolution privilégie l’universalité exclusive d’une seule humanité, la nôtre, celle qui survécu. Et si elle n’avait pas été la seule ? Alors c’est la fin de notre privilège. S’il nous fallu éliminer ce jumeau, ce double préhistorique pour assurer notre hégémonie, s’il a fallu que s’efface cette autre espèce, alors les règles du jeu de l’humain ne sont plus les mêmes.

    D’où vient d’ailleurs cette rage d’universalité, cette rage d’élimination de toute autre race ? (Il y a fort à parier que si quelque autre race émergeait de l’espace, notre premier objectif serait de la réduire ou de la détruire.) Pourquoi faut-il, dans les formes jumelles, qu’il y en ait toujours une qui meure ? Pourquoi faut-il partout anéantir la dualité pour ériger le monopole d’une espèce, d’une race, d’un sujet ?

    Ceci dit, il n’est pas sûr que nous l’ayons véritablement emporté. Et si nous portions ce double en nous comme un jumeau mort ? Et peut-être bien d’autres, dans une sorte d’inconscient, tenace héritier de tous les meurtres antérieurs ? Ayant réalisé l’unité de l’espèce, pour la plus grande gloire de l’Homo sapiens, ne sommes-nous pas en train de nous dédoubler pour le pire – dans cette gémellité artificielle du clone, où l’espèce, reniant définitivement son origine, se prolonge comme spectre dans une répétition à l’infini ? Sur l’écran de notre conscience et de notre inconscient flotte l’ombre de ce crime originel, dont nous ne retrouverons sans doute jamais la trace.

    (Cool Memories V, Galilée, 2005)

    novembre 28, 2008 à 1 h 16 min

  15. Amélie

    Je penche aussi pour l’idée selon laquelle, loin d’avoir anéanti Néanderthal, nous l’avons intégré et qu’il ressurgit en nous, par moments de vie et phases d’humanité. Peut-être même s’est-il servi de nous comme véhicule pour passer les époques les plus troubles, celles qui nécessitaient certains savoirs faire et être propres à Sapiens, et attend-il patiemment l’heure de sa résurgence, lové dans notre génome ?

    novembre 28, 2008 à 11 h 20 min

  16. yatsé

    en retirant le h, tu désHumanise le néanderthal comme l’ont fait en leur temps les décideurs d’alsthom 🙂

    novembre 28, 2008 à 11 h 31 min

  17. yatsé

    et puis le mec c’est un faux roux, ca se voit à ses racines 🙂

    et pourquoi l’homme de néanderthal était roux ?

    novembre 28, 2008 à 11 h 33 min

  18. Amélie

    hahaha ! tu vas pas recommencer avec Alstom !!!!
    D’ailleurs, y a des restes aussi, dans les vieux trains, sur de vieilles plaques…
    Quant au roux, c’est sûr qu’il ne vaut pas celui qui est assis à côté de toi, en primitivité, force brute, et surtout… en arcade sourcilière…

    novembre 28, 2008 à 11 h 52 min

  19. Vincent

    Ils l’ont sans doute fait roux car on vient justement de trouver le gêne MC1R de la rousseur dans son ADN (…tout comme le gêne FOXP2 qui entre en jeu dans l’aptitude au langage et à la parole, soit dit ene passant)

    novembre 28, 2008 à 14 h 20 min

  20. Amélie

    En ce qui concerne la possibilité d’une mémoire ancestrale, archaïque, qui nosu transmettrait certaines connaissances et aptitudes depuis des millions d’années, qu’en pensez-vous ?
    Quels sont dans nos comportements, ceux qui nous semblent venir si naturellement qu’ils en paraissent plus anciens que nous ?

    novembre 28, 2008 à 14 h 34 min

  21. Amélie

    Par exemple, qu’est-ce qui fait que nous, les filles, nous ayons ce besoin de faire un nid à notre famille ? Pourquoi sommes-nous si nombreuses à aimer cuisiner pour ceux que nous aimons ? Quel instinct pousse une future maman à ranger frénétiquement et nettoyer sa maison quelques heures avant d’accoucher ?

    novembre 28, 2008 à 14 h 47 min

  22. yatsé

    Est-ce que l’inné viendrait d’un acquis plus ancien ? 🙂

    novembre 28, 2008 à 14 h 57 min

  23. Vincent

    Tu fais allusion à l’atavisme, Yatsé, ou tu penses à autre chose ?
    Cf : http://www.partiprehistorique.fr/2008/09/23/latavisme-ou-lancetre-pulverise/

    novembre 28, 2008 à 17 h 09 min

  24. Vincent

    La liste serait trop longue, Amélie.
    Mieux vaudrait au contraire proposer de lister (si on en trouve) des comportements qui ne viendraient pas de « très loin ». Il ne doit pas y en avoir beaucoup.

    novembre 28, 2008 à 17 h 11 min

  25. 120

    Ecrit par Stephen S. Hall :
    (en complément du commentaire 19)

    En octobre 2007, les équipes de Carles Lalueza-Fox, de l’Institut de biologie de l’évolution de Barcelone, et de Holger Römpler, de l’université de Leipzig, ont annoncé avoir isolé un gène de la pigmentation à partir de l’ADN d’un individu d’El Sidron (ainsi que d’un autre fossile néandertalien d’Italie). La forme particulière du gène, appelé « MC1R », signalait qu’au moins quelques néandertaliens devaient avoir les cheveux roux, la peau claire, et peut-être des taches de rousseur.

    Ce gène diffère de celui des roux actuels. Cela semble indiquer que les hommes de Neandertal et modernes ont acquis ce caractère de façon indpendante, peut-être poussés par la nécessité de développer une peau claire sous les latitudes nordiques, afin de mieux absorber le soleil et de fabriquer de la vitamine D.

    Découverte encore plus surprenante, annoncée quelques semaines plus tôt par Svante Pääbo, désormais à la tête du laboratoire de génétique de l’institut Max-Planck de Leipzig,et par Carles Lalueza-Fox : deux individus d’El Sidron semblaient partager avec l’homme moderne une version du gène FOXP2, qui entre en jeu dans l’aptitude au langage et à la parole. Ce gène influe non seulement sur le cerveau, mais aussi sur les nerfs qui commandent les muscles faciaux.

    On en sait toujours pas si les nandertaliens possdaient des capacités de langage élaborées ou une forme de communication vocale plus primitive — le chant, par exemple. Les nouvelles découvertes génétiques portent cepedant à croire qu’ils possédaient certains éléments du système de vocalisation des hommes modernes.

    (Les derniers néandertaliens, National Geographic France, novembre 2008)

    novembre 28, 2008 à 17 h 41 min

  26. Ourko

    Tout tient à peu de choses.
    Vous pensez que Pääbo se serait lancé avec une telle abnégation dans une carrière sientifique s’il avait eu la chance de porter un autre nom ?

    novembre 28, 2008 à 17 h 43 min

  27. Craô

    Attention les enfants, on a bien dit : ne jamais se moquer du nom, de la famille et du physique.
    (Cela vaut autant pour Ourko juste au-dessus que pour Amélie au commentaire 18)

    novembre 28, 2008 à 17 h 45 min

  28. Amélie

    euh… où t’as vu que je me moquais ????
    tu ne connais pas le collègue rugbyman de Florian, ça se voit tout de suite !…

    novembre 28, 2008 à 17 h 56 min

  29. Vincent

    Que les gênes le confirment ou non est finalement de peu d’importance, Neandertal (ou du moins l’ancêtre sauvage sans langage) est bien en nous, ne serait-ce que par nos premiers mois de vie (comme le pointe si bien Quignard) qui hantent notre mémoire.

    Si on se penche aussi sur les premières semaines de gestation, on peut même avancer que le protozoaire, le poisson, le triton, etc. sont eux aussi en nous

    novembre 29, 2008 à 0 h 04 min

  30. 120

    Ecrit par Pascal Quignard :

    Vous opposez souvent deux mondes, deux temps : un temps de « non-parlance », hors langage, et un second temps lié à l’entrée dans le langage. Mais le langage et la langue ne sont-ils pas toujours déjà là ?

    — Dans la société, la langue du groupe est antérieure à notre existence mais, dans l’humain, le langage et la langue ne sont pas toujours là. A l’instant du coït ils ne sont pas là. Dans la conception, non plus. Dans l’embryogenèse, non plus. Dans la foetalisation, non plus. Dans la parturition, même si nous commençons à y être nommés, pas vraiment. Dans l’infantia, même si nous commençons à imiter et gazouiller ce que nous cherchons désespérément à lire sur les lèvres nourricières, pas tout à fait. Dans la nuit et les rêves, non. Dans la souffrance extrême, non. Dans la mort et son expiration, non. Une fois que la langue est à demeure, dans l’instant de conscience, qui n’est qu’un écho de la langue du groupe, elle semble y être à jamais (sauf dans les crises, sauf dans l’extrême vieillesse). Cette impression de langue à demeure est ce que je nomme la « puérilité ». Mais reste ce mot : « enfance ». Reste la si profonde substance latine du mot « enfance ». In-fantia. A-parlance. Nous ne sommes pas du parlant à qui il arriverait incidemment de se taire. Nous sommes du non-parlant qui parle. Nous sommes un défaillir du langage acquis. Nous sommes sous la menace d’une défaillance sans cesse possible du langage jamais tout à fait acquis. Nous sommes une langue qui n’est pas installée dans la bouche mais qui vacille sur le bout de la langue, qui cherche sur les lèvres à jamais ce qui ne s’y trouve pas. Penser, c’est chercher des mots qui font défaut. Notre âme est tout entière langue, mais nous ne sommes pas qu’âme. Nous ne sommes pas qu’occupation culturelle. De l’origine, de l’a-parlance, de l’abîme, du corporel, de l’animal, de l’insublimable persistent en nous.

    Dans certains de vos essais on trouve cette idée qu’il serait possible de s’exempter du langage, qu’une part d’être pourrait être sauvée (ou rencontrée) dans le silence ou la musique…

    — …ou la mystique. Mustikos est un petit adjectif grec qui veut simplement dire silencieux. Et c’est vous, Chantal Lapeyre, qui avez écrit dans votre thèse une page très belle sur le mot musis. Si on travaille beaucoup son corps on peut non pas défaire mais un peu débrancher les circuits linguistiques ; on peut désirer ; contempler ; jouir ; se taire ; rêver ; aimer ; pèleriner ; errer.

    (Pascal Quignard le solitaire, Rencontre avec Chantal Lapeyre-Desmaison, Les Flohic, 2001)

    novembre 29, 2008 à 11 h 36 min

  31. Vincent

    « L’origine, l’a-parlance, l’abîme, le corporel, l’animal, l’insublimable », une belle définition du « Néandertal en nous », non ?

    Et beau programme, aussi, que la musique, le silence, le désir, la jouissance, la contemplation, le rêve, l’amour, le pélerinage, l’errance. De nouvelles pratiques concrètes pour le PP ?

    J’aime beaucoup, enfin, la conscience en tant que simple « écho de la langue du groupe ». Tiens, je m’en vais du coup de ce pas le citer en commentaire de l’article sur La conscience dans tous ses états qui n’avait pas suscité, je crois, grandes réflexions.

    novembre 29, 2008 à 11 h 44 min

  32. Florian

    C’est pas parce que mon collègue est roux que vous pouvez tout vous permettre !

    décembre 2, 2008 à 0 h 21 min

  33. Vincent

    Un extrait de la rencontre Sapiens / Neandertal dans L’Odyssée de l’espèce :

    décembre 2, 2008 à 8 h 33 min

  34. 120

    Ecrit par Jean Baudrillard :

    L’Odyssée de l’espèce.
    Absurdité de toutes ces mises en scène paléontologiques où tout est finalisé en fonction de l’homme. Un chimpanzé a toujours l’air de faire de la figuration animale (c’est d’ailleurs un homme déguisé en anthropoïde). Comme Napoléon perçait sous Bonaparte, ainsi l’Homo sapiens perçait sous le coelacanthe. Et nos ancêtres successifs n’ont d’autre qualité au fond que d’avoir participé à notre avènement définitif. Alors qu’avec la théorie darwinienne l’homme se retrouvait annexé à l’animalité, dans cette restitution au contraire, par une sorte d’évolutionnisme inverse, c’est toute la chaîne animale qui se retrouve annexée à l’humain. Reconquête des origines de l’homme à la lumière de sa domination finale.

    L’illusion tient encore pour les formes les plus lointaines, car les bêtes sont de plus en plus fascinantes à mesure qu’on s’enfonce dans la nuit des temps — tels les dinosaures, elles basculent dans la mythologie pure. Ca se gâte lorsque la saga devient, au fil du temps, un film d’animation « réaliste », un feuilleton ou un soap opera où éclate rétrospectivement le racisme des vainqueurs. Ainsi cette confrontation merveilleuse où le primate velu de Neandertal est pris d’assaut par les girls maquillées de Cro-Magnon, qui portent déjà les traits hollywoodiens de la race supérieure.

    (Cool Memories V, Galilée, 2005)

    décembre 3, 2008 à 10 h 08 min

  35. 120

    Ecrit par Eric Chevillard :

    On s’interroge encore sur les causes de la disparition de l’homme de Neandertal. J’ai longtemps étudié la question et je consens aujourd’hui à rendre publiques mes conclusions qui dissipent enfin ce mystère. L’homme de Neandertal en effet était le seul être vivant qui ne fût pas une créature de Dieu. Aussi Noé ne l’accueillit-il point sur son arche et lui tapa même sur les doigts comme il essayait de se hisser à bord.

    (http://l-autofictif.over-blog.com/, 5 juin 2009)

    juin 5, 2009 à 12 h 10 min

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