"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Petit éloge du bricolage

Dans La pensée sauvage (Plon, 1962), Claude Lévi-Strauss remplace la distinction usuelle entre « science du concret » et « science abstraite », entre magie et science, par une opposition à mon sens éclairante entre le bricoleur et l’ingénieur.

L’ingénieur est ainsi, selon lui, à l’instar de la science moderne qu’il symbolise, extérieur au monde auquel il impose son projet. Tout entier dans la culture, dont son projet est l’expression, il est face à une nature insignifiante en soi à laquelle il donne justement du sens par son action.

Le bricoleur, au contraire, est à la frontière indistincte (et archaïque) entre nature et culture. Il fait partie du monde dans lequel il doit construire, avec les moyens du bord, son objet. Il agence autrement des signes déjà là, sans pouvoir même distinguer aussi clairement que l’ingénieur outil et matière : il n’a pas affaire, par exemple, à du bois ou du fer mais à un morceau de bois (qui a servi à construire une table et peut maintenant servir de cale) ou à la tête d’un marteau (qui peut tout autant servir de tête de cheval qu’à planter un clou).

Le bricoleur manie des signes, l’ingénieur des concepts.

Le bricoleur, enfin, est une sorte d’esthète qui prend plaisir dans la simple combinaison nouvelle qu’il réalise (le résultat obtenu est alors secondaire, le plaisir de l’éventuel succès venant de surcroît) alors que l’ingénieur, qui a au préalable tout calculé pour que « ça marche », n’éprouve généralement de véritable plaisir qu’à cette condition.

Bref, rien n’est plus « PP » que le bricolage !

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50 Réponses

  1. Ourko

    Et une « pratique » de plus pour le PP, une !

    novembre 2, 2008 à 23 h 50 min

  2. Pascale

    Je bricole beaucoup, j’adore ça… c’est un peu la distinction entre l’amateur et le professionnel. J’ai toujours été du côté des amateurs.

    novembre 3, 2008 à 0 h 05 min

  3. Yatsé

    Quelle vision romantique du bricolage ! 🙂

    Perso, j’ai trouvé très concrète la pose de mes deux étagères …

    novembre 3, 2008 à 1 h 45 min

  4. Yatsé

    « l’ingénieur est selon lui extérieur au monde » …

    hum , Il n’y a guère que les philosophes et les poètes qui peuvent se permettre le luxe d’être extérieurs au monde…

    novembre 3, 2008 à 1 h 49 min

  5. Vincent

    Extérieur à la « nature » alors, si tu préfères… car j’admets qu’ils sont pleinement dans le « monde » moderne (avec notamment ses contraintes économiques)

    novembre 3, 2008 à 8 h 59 min

  6. Vincent

    Même au sein du monde « amateur » des bricoleurs, on peut faire la distinction entre « amateurs » et « professionnels ».

    Le bricoleur, à mon sens, bricole avant tout lorsqu’il n’a pas tous les outils disponibles et qu’il est obligé d’en adapter certains ou d’en fabriquer d’autres (un peu comme Homo Habilis). Se met alors en branle, me semble-t-il, une intelligence concrète et « débrouillarde » (que l’on utilise guère dans nos activités généralement hyper cérébrales et abstraites) qui s’avère à l’usage hyper jouissive.

    A l’inverse, le bricoleur hyper équipé, qui prévoit et calcule tout à l’avance, est une sorte… d’ingénieur du bricolage.

    novembre 3, 2008 à 9 h 07 min

  7. 120

    Ecrit par Claude Lévi-Strauss :

    D.E. : La Pensée sauvage est peut-être celui de vos livres qui a le plus modifié les manières de voir, au-delà du cercle des spécialistes de l’ethnologie. Votre réhabilitation de la pensée primitive est devenue un morceau de choix de toutes les anthologies de la pensée contemporaine.

    C.L.-S. : Je voulais montrer qu’il n’y a pas un fossé entre la pensée des peuples dits primitifs et la nôtre. Quand, dans nos propres sociétés, on notait des croyances ou coutumes étranges et qui heurtaient le sens commun, on les expliquait comme des vestiges ou des survivances de formes de pensée archaïque. Il m’apparaissait au contraire que ces formes de pensée sont toujours présentes, vivantes, parmi nous. Nous leur donnons souvent libre cours. Elles coexistent avec des formes de pensée qui se réclament de la science ; elles sont contemporaines au même titre.

    D.E. : C’était par exemple votre rapprochement, si souvent cité, entre le bricolage et le mode de pensée mythique.

    C.L.-S. : Je donnais le bricolage en exemple de modes de pensée dotés d’une originalité spécifique, auxquels nous ne prêtons pas attention, ou plutôt, auxquels nous ne portons pas de considération parce qu’ils nous apparaissent futiles ou secondaires, alors qu’ils révèlent des mécanismes essentiels de l’activité mentale et nous mettent de plain-pied avec des opérations intellectuelles très éloignées de ce que nous croyons être notre façon moderne de penser. Dans l’ordre spéculatif, la pensée mythique opère comme le bricolage sur un plan pratique ; elle dispose d’un trésor d’images accumulées par l’observation du monde naturel : animaux, plantes, avec leurs habitats, leurs caractères distinctifs, leurs emplois dans une culture déterminée. Elle combine ces éléments pour construire un sens, comme le bricoleur, confronté à une tâche, utilise les matériaux à sa portée pour leur donnner une autre signification, si je puis dire, que celle qu’ils tenaient de leur première destination.

    D.E. : Mais ce livre avait une portée épistémologique plsu large…

    C.L.-S. : C’était une tentative pour dépasser l’opposition, devenue classique dans la philosophie occidentale, entre l’ordre du sensible et celui de l’intelligible. Si la science moderne a pu se constituer, c’est au prix d’une rupture entre les deux ordres, entre ce qu’au XVIIe siècle on appelait les qualités secondes — c’est-à-dire les données de la sensibilité : couleurs, odeurs, saveurs, bruits, textures — et les qualités premières non tributaires des sens, qui constituent la vrai réalité. Or, il me semblait que la pensée des peuples dits « sauvages », restée rebelle à cette distinction, menait toute sa réflexion au niveau des qualités sensibles et parvenait néanmoins à construire sur cette seule base une vision du monde non dépourvue de cohérence ni de logique. Et aussi, plus efficace qu’on a coutume de le croire.

    D.E. : Ce que vous appeliez « la science du concret »…

    C.L.-S. : …une démarche qui m’apparaissait différente de la sciencee tout en lui restant comparable. Point de vue fortifié, me semblait-il, par certaines tendances que je discernais dans la pensée scientifique contemporaine. […] J’étais frappé de voir qu’après avoir longtemps proscrit les qualités secondes, tourné le dos au sensible, la sciencee s’appliquait maintenant à les réintégrer. Elle s’interrogee sur ce que sont une odeur, une saveur, sur les formes des fleurs et leur évolution, la structure mélodique du chant des oiseaux… Souvent, elle redécouvre ainsi le fondement objectif de croyances populaires et même de superstitions.
    Contrairement à la thèse avancée par Foucault dans Les Mots et les choses — celle d’une rupture radicale entre des « épistémés » — j’aperçois dans la science contemporaine un effort pour récupérer les étapes archaïques de son développement, pour intégrer de très vieux savoirs à sa vision du monde.

    (De près et de loin, Odile Jacob, 1988)

    novembre 3, 2008 à 9 h 30 min

  8. M'enfin !

    Tout ça me donne des idées !

    novembre 3, 2008 à 9 h 51 min

  9. M'enfin !

    La casserole de camping :

    novembre 3, 2008 à 10 h 27 min

  10. M'enfin !

    Le hamac à un arbre :

    novembre 3, 2008 à 10 h 29 min

  11. Vincent

    Un peu plus bavard mais tout aussi drôle que Gaston, le « bricoleur de voitures » de Volem rien foutre al pais » (les 8 premières minutes) :
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/volem%2Brien%2Bfoutre%2Bal%2Bpais/video/x5gnpg_volemrienfoutrealpais2007de-pierre_tech

    novembre 3, 2008 à 10 h 51 min

  12. Vincent

    Une illustration de l’effet papillon, en quelque sorte, ces cheminements de Tricycloque Dol…

    Heureusement, en tout cas, que ce « bricolage » artistique coince à deux-trois reprises (j’imagine que ce n’est pas voulu) et qu’un humain est obligé de venir relancer le processus sinon elle serait effrayante d’inhumanité, cette installation !

    novembre 3, 2008 à 13 h 27 min

  13. Vincent

    Trop « ingénieux » — et « professionnel » — pour être véritablement du
    bricolage, à mon sens, mais ça en a en tout cas l’image (puisque conçu à partir de matériaux apparemment usuels)

    novembre 3, 2008 à 13 h 31 min

  14. Amélie

    Ca s’appelle de la bouine…
    autrefois c’étaient les ingénieux bricoleurs des spectacles d' »artistes », et ils ont pris le devant de la scène, présentant la bouine en art véritable.

    novembre 3, 2008 à 13 h 35 min

  15. Amélie

    L’humain en question, c’est Laurent, t’auras reconnu j’imagine.

    novembre 3, 2008 à 13 h 48 min

  16. Vincent

    Heu… pas vraiment (faut dire que c’est sombre aussi). C’est un peu glauque comme univers, tout de même, tu ne trouves pas ?

    Sinon, je me souviens qu’il y a quelques années circulaient des vidéos de constructions de ce type (mais à plus petite échelle) faites par des japonais : ça démarrait toujours par une bille qui enclenchait des quantités de trucs tous plus ou moins hallucinants et finissait par la sortie d’un drapeau qui souhaitait « Bonne année ! ».
    Quelqu’un voit-il de quoi je parle… et pourrait-il m’aider à les retrouver ?

    novembre 3, 2008 à 13 h 55 min

  17. Amélie

    oui c’est glauque parce que c’est un hangar désaffecté (comme toujours), mais ce qui me plaît c’est l’illusion du hasard dans leur enchainement. Tout paraît accidentel.
    Non je ne vois pas le truc japonais…

    novembre 3, 2008 à 14 h 01 min

  18. Vincent

    L’« illusion du hasard », oui… comme dans Pulp Fiction (Bruce Willis commence par arnaquer un type en refusant de truquer un match de boxe et finit, après moultes péripéties rocambolesques et… hasardeuses, par lui sauver la vie alors qu’il est sur le point de se faire sodomiser dans un sous-sol sordide).

    C’est justement au nom de ce Divin Hasard (celui qui refuse de se laisser dominer, imiter, domestiquer) que les deux-trois moments imprévus où « ça coince » me paraissent bienvenus !

    novembre 3, 2008 à 14 h 18 min

  19. Yatsé

    Je ne vois pas trop de différence entre le bricoleur et l’ingénieur.
    Il a un problème (une chasse d’eau ou un pont) et réflechit à une solution (conception). Lorsqu’il a trouvé cette solution avec les outils autour de lui, il la réalise.

    Après je trouve bizarre d’idéaliser la façon de faire du bricoleur plus que celle de l’ingénieur et encore plus de penser que l’échec peut être considéré comme un acte artistique …

    novembre 3, 2008 à 14 h 18 min

  20. Amélie

    pour Yatsé qui sur msn, refuse de croire que ce sont avant tout des bricoleurs…
    http://www.tricycliquedol.com/spectacles/

    novembre 3, 2008 à 15 h 40 min

  21. eheh pour moi ce sont des artistes.

    Donc pour résumer ma pensée :
    Un artiste peut-être un bricoleur.
    Un bricoleur ne sera jamais un artiste parce qu’il sait où il va (résolution de son pb)

    Prendre exemple de lagaf, c’est justement utiliser une idéalisation du bricoleur réveur

    novembre 3, 2008 à 15 h 49 min

  22. Vincent

    Une réparation est toujours, me semble-t-il, un acte de « bricolage » car il faut bien commencer par démonter, tripoter, essayer de comprendre ce qui est cassé ou ne fonctionne plus pour détecter la panne et tenter de la réparer soi-même avec les moyens du bord.

    L’activité abstraite de l’ingénieur se fait, elle, sans avoir besoin de « toucher » la matière au préalable. Difficile donc de « réparer » dans cette situation. Il est plus simple en effet de concevoir alors plutôt un objet entièrement nouveau.

    Quant à la dimension esthétique, ce n’est évidemment pas dans l’échec qu’elle se conçoit, mais dans la procédure plus ou moins « débrouillarde » qui se met en place, qui en elle-même est une victoire (même si le résultat est parfois un peu brinquebalant). Pour l’ingénieur (dans cette dichotomie forcément binaire), la méthode n’a pas en soi de valeur, seul compte le résultat obtenu et sa conformité avec le projet initial.

    novembre 3, 2008 à 15 h 50 min

  23. Amélie

    ah je vois…
    t’y as cru, toi à l’illusion du hasard, c’est pour ça…
    l’artiste sait très bien où il va aussi. Je peux témoigner, j’en ai vu un griffonner ses plans et passer de la conception à la réalisation sur papier puis en 3 dimensions, pendant de longues années !

    novembre 3, 2008 à 15 h 51 min

  24. Amélie

    hihihihi…
    j’adore les accents « vécu » (une fois n’est pas coutume) du premier paragraphe de Vincent…
    tu veux nous en parler, Vincent ? 😉

    novembre 3, 2008 à 15 h 53 min

  25. raté Vincent !

    L’ingénieur c’est avant tout des méthodes !!!

    t’as des ingé dont le corps de métier est la méthode 🙂

    ta dichotomie est de moins en moins pertinente 🙂

    novembre 3, 2008 à 15 h 53 min

  26. Revenons sur un terrain moins savonneux : quelle est pour toi la différence entre un artiste et un artisan ?

    novembre 3, 2008 à 15 h 58 min

  27. Vincent

    Déjà c’est pas « ma » dichotomie, mon cher Yatsé, mais celle de Claude Lévi-Strauss.

    Et je n’ai, en plus, jamais prétendu qu’elle était infaillible (même si la trouve our mon compte éclairante).

    Je ne me le demande même pas d’ailleurs, car, vois-tu, je ne pense pas être un « ingénieur de la pensée » mais bien plutôt un « bricoleur intellectuel » (en tout cas je le revendique) qui prends donc ici ou là des morceaux de pensée et tente de voir ce qu’on peut faire avec.

    Qu’importe donc le résultat (si « ça marche » c’est un plaisir inattendu, en plus), car compte avant tout pour moi le plaisir de la recherche d’une combinaison nouvelle.

    Et toc ! 😉

    Il n’empêche que ton argument ne me semble pas pour autant démontrer l’impertinence de la dichotomie bricoleur/ingénieur. On peut en effet très bien travailler sur la méthode « en bricoleur » (en les construisant de bric et de broc) ou « en ingénieur » (en les conceptualisant de façon rationnelle et abstraite).

    novembre 3, 2008 à 16 h 14 min

  28. Amélie

    alleeeeeeeeeeeeeeez, Vincent, vas-yyyyyyy ! raconte nous tes expériences de bricoleur !!!!!

    novembre 3, 2008 à 16 h 29 min

  29. Vincent

    A brûle-pourpoint, je dirais que la différence entre l’artiste et l’artisan est avant tout dans l’usage de ce qu’il réalise. Si l’objet a un usage précis, autre que lui-même, c’est de l’artisanat. S’il est en quelque sorte « gratuit », c’est de l’art.

    En même temps, ça ne me surprend pas que la discussion bascule sur la question de l’art car c’est là que l’oriente aussi Claude Lévi-Strauss qui considère justement l’activité artistique, si je ne m’abuse (je n’ai pas le passage sous les yeux) comme intermédiaire entre les deux logiques.

    novembre 3, 2008 à 16 h 31 min

  30. Vincent

    Je ne vais pas m’étendre sur l’expérience de bricolage évoquée par Amélie.

    Je dirais juste que cet article est né de ma tentative de réparation d’une machine à laver. Je confirme juste qu’au-delà du résultat final il y a un réel plaisir (archaïque ?), lorsqu’on a pas l’outil adapté, à activer une forme d’intelligence concrète qui permet de « bricoler » une solution.

    novembre 3, 2008 à 16 h 36 min

  31. Amélie

    arf… je trouve que tu ne te mets pas tellement en valeur…
    tu ne parles pas des errances dans une cave sombre pour chercher la panne à tâtons, ni des tentatives de la distinguer à l’ouie, ni de la vis perdue, ni de ton retour triomphal des fondations abyssales de la maison, une courroie arrachée à la main… bref… tu te montres bien trop modeste !!!

    novembre 3, 2008 à 16 h 43 min

  32. Ourko

    Ô que c’est beau !
    On dirait le récit que tu nous faisais de sa pêche aux framboises !
    😉

    novembre 3, 2008 à 16 h 48 min

  33. Amélie

    ta gueule, Ourko ! quand tu en feras autant, tu pourras la ramener !

    novembre 3, 2008 à 16 h 50 min

  34. Vincent

    Après, Yatsé, je suis d’accord avec toi : ce n’est pas parce qu’on est étiqueté « ingénieur » qu’on ne bricole pas. C’est même là, il me semble, exactement ce que cherche à montrer Claude Lévis-Strauss (cf. commentaire 7)

    novembre 3, 2008 à 17 h 03 min

  35. Je formulerai ma réponse en trois points : la forme, le fond et une conclusion.

    1 – la forme
    Puisqu’il faut jouer de dandynisme et de cabotinerie alors soit, je prend la plume du scientifique ;

    2 – le fond
    Associer esthétisme et bricoleur, c’est pour moi en faire un artiste. Hors à la vue de ta définition de l’artisan, ingénieur et bricoleur font tous deux parties de la famille des artisans et pas des artistes puisqu’ils cherchent à résoudre un problème.

    Enfin tu sembles penser que le bricoleur accorde beaucoup plus d’importance que l’ingénieur sur les méthodes pour y arriver ce qui n’est pas vrai (c’est même parfois le vice de certains ingés)

    3 – la conclusion en 3 parties
    3.1 – décidément je trouve cette comparaison bricoleur/ingé peu pertinente
    3.2 – En plus elle est défendue par un producteur de jeans américain, on ne peut décemment y accorder de crédit …
    3.3 – Tu es la seule personne que je connaisse capable d’intellectualiser la réparation d’une machine à laver 😀

    et toc !

    novembre 4, 2008 à 0 h 13 min

  36. Vincent

    Mais pourquoi diable, Yatsé, réserves-tu l’esthétique — ou si tu préfères la « raison sensible » — aux seuls artistes ?

    Sinon, je ne crois pas avoir dit que le « bricoleur » était le seul à s’intéresser aux méthodes (car c’est bien un truc d’ingénieur justement de s’intéresser aux méthodes). Le bricoleur, simplement, ne distingue pas l’action et la réflexion, il réfléchit en faisant, les mains dans la matière, de façon donc toute « pragmatique ». L’ingénieur, au contraire, s’extrait de l’action pour réfléchir (par exemple aux méthodes) de façon plus abstraite, théorique.

    novembre 4, 2008 à 10 h 34 min

  37. Ourko

    Finalement, si je te comprends bien, Vincent, Sarkozy est l’exemple type du « bricoleur » en politique, c’est bien ça ? Tu lui accorderais donc volontiers, à ce titre, un brevet du PP ?

    novembre 4, 2008 à 10 h 38 min

  38. Vincent

    Heu… ça demande réflexion, mais pourquoi pas.
    N’étant pas — pour ma part — anti-sarkoziste primaire (et viscéral), je ne vois pas d’interdit fondamental, d’autant plus que son « pragmatisme » de bricoleur à deux balles n’est pas ce qui peut me gêner le plus chez lui. Il me gêne en tout cas moins que la posture d’ingénieur que peuvent prendre d’autres avec suffisance (et d’autant plus facilement qu’ils n’ont pas les mains dans le cambouis).

    novembre 4, 2008 à 10 h 51 min

  39. Ourko

    Des noms ! Des noms !

    novembre 4, 2008 à 10 h 53 min

  40. Vincent

    Non.
    (ça en fait au moins un, tu devrais t’estimer content) 😉
    Ce détour — dangereux — par la politique n’était qu’un moyen détourné pour illustrer autrement l’opposition bricoleur/ingénieur à Yatsé.

    novembre 4, 2008 à 10 h 54 min

  41. Ourko

    C’est en effet risqué :
    Imagine un peu qu’il considère justement que Sarkozy est un « artiste » de la politique pragmatique. Toute ta démonstration est du coup fichue par terre !

    novembre 4, 2008 à 11 h 02 min

  42. 😀 yeahh !
    pas le temps de répondre à cette riposte nourrie !
    promis je le fais ce soir

    novembre 4, 2008 à 12 h 06 min

  43. Vincent

    Super !
    En attendant (et relisant les précédents commentaires) je savoure le « dandynisme », sans doute involontaire, de ton commentaire 36.
    On ne peut trouver mieux pour définir la démarche, toujours un peu étrange, du « dandy aux pieds palmés ».
    😉

    novembre 4, 2008 à 12 h 19 min

  44. Amélie

    Moi j’ai pas compris vos échanges…

    novembre 4, 2008 à 12 h 47 min

  45. Vincent

    Je crois (aussi ?) qu’il y a un malentendu persistant dans nos échanges… mais c’est justement intéressant d’insister — de tenter de le débusquer — car c’est toujours, à mon sens, révélateur d’un autre débat à clarifier.

    novembre 4, 2008 à 13 h 03 min

  46. Je préfère être un albatros aux pieds palmés qu’un martinet cul-de-jatte 😛

    novembre 4, 2008 à 21 h 21 min

  47. Isidore

    Intéressant cette réflexion sur l’opposition/complémentarité entre ingénieur et bricoleur. J’y trouve une parenté avec celle que l’on pourrait développer entre amateur et professionnel dans notre système… A creuser… sans doute plus tard, quand je serai rentré chez moi.

    novembre 5, 2008 à 19 h 25 min

  48. Pascale

    Isidore, je t’adore car tu te fais souvent les mêmes réflexions que moi:-)

    Numéro de Commentaire: 2
    Ecrit par: Pascale

    Je bricole beaucoup, j’adore ça… c’est un peu la distinction entre l’amateur et le professionnel. J’ai toujours été du côté des amateurs.

    novembre 5, 2008 à 19 h 50 min

  49. Isidore

    Ben, tu vois, Pascale, comme quoi les grands esprits se rencontrent… Ceci dit on ne va pas pouvoir s’en arrêter là? il va bien falloir un peu développer, non?

    novembre 6, 2008 à 0 h 08 min

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