"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Maffesolisme du jour (1)

« La masse dans ses représentations politiques ou religieuses reste fondamentalement païenne — même si ce paganisme est plus ou moins baptisé en surface — c’est-à-dire qu’elle ressent comme nécessaire la pluralité des idoles comme autant d’expressions archétypales de ses qualités propres. L’éthique n’est que l’agencement, quasi intentionnel, de ces diverses figures dans une solidarité organique. »

(L’ombre de Dionysos, contribution à une sociologie de l’orgie, Librairie des Méridiens, 1985)

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34 Réponses

  1. Isidore

    La première question qui me vient à la lecture de ce texte: « Qui est donc cette masse évoquée ? »
    Les gens ?, le peuple ?, la foule ? En somme, personne de bien précis. Y aurait-il donc une religion spécifique propre à cette entité indéfinie et indéfinissable ? Question intéressante à creuser effectivement.
    (Non Vincent, ce n’est pas pour faire du mauvais esprit, je t’assure en toute innocence…)

    septembre 16, 2008 à 14 h 53 min

  2. Vincent

    J’ai la même réticence que toi au premier abord devant ce terme qui n’est pas très joli… mais nul mépris dans la plume de Maffesoli, il me semble, juste une façon de désigner « le contraire des élites » (la fameuse « France d’en bas » de Raffarin) qui n’est plus tout à fait un « peuple » mais peut-être un simple assemblage d’individus difficilement cernable et identifiable. Une sorte de « masse » obscure qui « pèse » donc… en silence.

    septembre 16, 2008 à 15 h 17 min

  3. Vincent

    Disons autrement, alors :

    La religion « naturelle » de l’homme est le paganisme polythéiste, qui subsiste toujours, bien ancrée et vivace, sous un vernis monothéiste judéo-chrétien qui, lui, ternit et craquèle de plus en plus.

    septembre 16, 2008 à 16 h 43 min

  4. Vincent

    Cela me fait penser à un fameux ouvrage du philosophe Bruno Latour qui s’intitule « Nous n’avons jamais été modernes ».

    Nous n’avons pas plus été chrétiens peut-on peut-être ajouter !

    septembre 16, 2008 à 16 h 45 min

  5. 120

    Ecrit par Jean Baudrillard :

    Tout l’amas confus du social tourne autour de ce référent spongieux, de cette réalité opaque et translucide à la fois, de ce néant : les masses. Boule de cristal des statistiques, elles sont « traversées de courants et de flux », à l’image de la matière et des éléments naturels. C’est du moins ainsi qu’on nous les représente. Elles peuvent être « magnétisées », le social les enveloppe comme une électricité statique, mais la plupart du temps elles font « masse » précisément, c’est-à-dire qu’elles absorbent toute l’électricité du social et du politique et la neutralisent sans retour. Elles ne sont ni bonnes conductrices du social, ni bonnes conductrices du sens en général. Tout les traverse, tout les aimante, mais s’y diffuse sans laisser de traces. Et l’appel aux masses est au fond toujours resté sans réponse. Elles ne rayonnent pas, au contraire elles absorbent tout le rayonnement des constellations périphériques de l’Etat, de l’histoire, de la Culture, du Sens. Elles sont l’inertie, la puissance de l’inertie, la puissance du neutre.

    C’est dans ce sens que la masse est caractéristique de notre modernité, à titre de phénomène hautement implosif, irréductible à toute pratique et théorie traditionnelles, peut-être même à toute pratique et à toute théorie tout court.

    Dans la représentation imaginaire, les masses flottent quelque part entre la passivité et la spontanéité sauvage, mais toujours comme une énergie potentielle, un stock de social et d’énergie sociale, aujourd’hui référent muet, demain protagoniste de l’histoire, lorsqu’elles prendront la parole et cesseront d’être la « majorité silencieuse » — or justement les masses n’ont pas d’histoire à écrire, ni passée, ni future, elles n’ont pas d’énergies virtuelles à libérer, ni de désir à accomplir : leur puissance est actuelle, elle est ici toute entière, et c’est celle de leur silence. Puissance d’absorption et de neutralisation, d’ores et déjà supérieure à toutes celles qu s’exercent sur elles. (…)

    (introduction de : A l’ombre des majorités silencieuses ou la fin du social, Sens & Tonka, 1978)

    septembre 16, 2008 à 19 h 27 min

  6. 120

    Ecrit par Jean Baudrillard (encore !) sur le paganisme des masses :

    Les masses n’ont guère retenu que l’image de Dieu, jamais l’Idée. Elles n’ont jamais été atteintes par l’Idée de Dieu, qui est resté une affaire de clercs, ni par les affres du péché et du salut personnel. Ce qu’elles ont retenu, c’est la féérie des martyrs et des saints, celle du jugement dernier, celle de la danse des morts, c’est la sorcellerie, c’est le spectacle et le cérémonial de l’Eglise, l’immanence du rituel — contre la transcendance de l’Idée. Païenne elles furent et sont restées à leur façon, jamais hantées par l’Instance Suprême, mais vivant de la menue monnaie des images, de la superstition et du diable. Pratiques dégradées par rapport à l’enjeu spirituel de la foi ? Voire. C’est leur façon à elles, à travers la banalité des rituels et des simulacres profanes, de faire échec à l’impératif catégorique de la morale et de la foi, à l’impératif sublime du sens, qu’elles ont toujours repoussé. Ce n’est pas qu’elles n’aient pu accéder aux lumières supérieures de la religion : elles les ont ignorées. Elles ne refusent pas de mourir pour une foi, pour une cause, pour une idole. Ce qu’elles refusent, c’est la transcendance, c’est le suspens, la différence, l’attente, l’ascèse qui font l’échéance sublime de la religion. Pour les masses, le royaume de Dieu a toujours été déjà là sur terre, dans l’immanence païenne des images, dans le spectacle qu’en donnait l’Eglise. Détournement fantastique du principe religieux. Les masses ont absorbé la religion dans la pratique sorcière et spectaculaire qu’elles en avaient.

    (A l’ombre des majorités silencieuse ou la fin du social, Sens&Tonka, 1978)

    septembre 16, 2008 à 23 h 31 min

  7. pour le coup, cet article n’attire pas les masses … 🙂

    septembre 18, 2008 à 11 h 36 min

  8. Ourko

    Et une photo de « Ma fesse au lit », ça vous inspirerait davantage ?

    septembre 18, 2008 à 11 h 49 min

  9. Vincent

    Tant qu’à faire, je préfère cette image…

    … prouvant que ce n’est pas qu’ici que ces deux esprits singuliers — et souvent critiqués parce que justement inclassables — se sont rencontrés.

    Je ne sais pas vous, mais moi — au-delà de leur simple « liberté » (déjà évoquée dans un article précédent) et des thèses parfois comparables qu’ils peuvent avancer — ce qui me plaît vraiment chez eux, c’est qu’ils parviennent à sortir du schéma binaire dans lequel toute la pensée contemporaine me paraît empêtrée : libéralisme arrogant contre anti-libéralisme geignard.

    Ils indiquent du coup, il me semble, des pistes dessinant la possibilité d’une pensée joyeuse qui ne soit pas forcément complice pour autant du monde… tel qu’il ne va pas.

    septembre 18, 2008 à 12 h 07 min

  10. Vincent

    Dans le texte qui fait article de Maffesoli ce que j’entends surtout c’est le refus plus ou moins conscient — en tout cas, sourd — du « Dieu unique », et pas uniquement bien sûr en matière religieuse. Au-delà, c’est le refus de toute idéologie (au sens intellectuel du terme) qui me semble pointé. Une sorte de pragmatisme de fond.

    L’éthique naturelle — ou populaire — n’est donc pas celle d’une morale cohérente et logique (et purement élitistico-intellectuello-philosophique), mais bien plutôt une sorte de bricolage « organique » (esthétique ?) avec plusieurs logiques parfois contradictoires.

    septembre 18, 2008 à 13 h 18 min

  11. Vincent

    Pour le dire autrement, les « gens » (autre terme vague pour dire « les masses ») n’ont jamais totalement adhéré à une doctrine pure et dure (que ce soit le catholicisme, le communisme, le libéralisme, l’altermondialisme ou je ne sais quoi du genre).

    Seuls les doctrinaires — qui ont toujours plus ou moins pour ambition secrète d’enrôler les foules sous leur bannière théorique — s’en désolent, je crois.

    septembre 18, 2008 à 17 h 42 min

  12. Ourko

    Et à cette doctrine relativiste — le « Maffesolisme » si tu préfères — tu penses qu’ils y adhèrent davantage ?

    septembre 18, 2008 à 17 h 44 min

  13. Isidore

    Si le verni « judéo-chrétien » craquelle, si les masses conservent envers et contre tout leur religion « naturelle » et restent en définitives irrémédiablement rétives à toute doctrine, quelles conséquences pratiques en tirer ?

    Considérant que « la masse » étant une donnée abstraite mais étant aussi une force agissante bien réelle, il convient de porter mon attention sur le moment où je peux me reconnaître « agi » par cette force, étant donné que cette masse agit forcément à travers les multiples individus isolément et conjointement que nous sommes.

    Par exemple, lorsque je ragote des rumeurs non vérifiées, lorsque je prêche des idées auxquelles je n’ai pas forcément vraiment réfléchi, lorsque également, je m’enflamme pour une cause entendue à l’intérieur du groupe où j’évolue, je peux reconnaître la loi d’action des masses agissant sur ma personne. Je deviens moi même un élément concret de la « masse agissante ».

    De ce constat, il me vient à l’idée que la « masse », en moi ne constitue nullement quelque chose de fiable et n’offre guère de perspectives enviables. Disons qu’elle me paraît avant tout une force à maîtriser ou tout au moins à contrôler.

    Qu’à partir de là on puisse observer que la masse reste païenne, reste proche des religion naturelles, reste hermétique à toute doctrine, en étant elle-même avant tout une « passion vitale », ceci ne me surprend guère. Je trouve même cela très « naturel ».

    Par contre j’en conclus également que tout effort conduit par les civilisations pour dépasser cette force des masses à l’intérieur des individus en développant une culture rien de moins que naturelle forcément, me semble tout à fait raisonnable et digne d’un projet humain. Il s’agit finalement toujours du même effort pour dépasser notre vitalité instinctive et développer une humanité consciente d’elle-même.

    Mais à quel moment cet effort se retourne contre lui-même lorsqu’il finit par saper les bases de cette vitalité primordiale et par lui permettre malheureusement de se manifester de nouveau mais sous sa forme la plus sauvage et la plus monstrueuse pour ce qui nous concerne, nous les humains ?

    Ceci reste au cœur des réflexions du PP, il me semble ? Toujours l’éternelle question de la difficile harmonisation de l’instinct et de la raison à l’intérieur des individus que nous sommes.

    Pour moi, la « masse » est sans raison mais pleine d’instincts et de passions. Je suis cette masse lorsque je me laisse gouverner par mes pulsions uniquement. Il me paraît donc clair que sans l’intervention de la raison, je ne peux m’en satisfaire.

    De la même manière tout projet humain voulant assurer la prééminence absolue de la raison et le rejet de l’instinct et des passions me paraît toujours très suspect et très malsain en définitive.

    Moralité: vive le polythéisme païen et vive le christianisme ! Que leurs frictions sachent perdurer encore le plus longtemps possible, et que chacun, puisse à travers elles et grâce à elles, développer cet effort d’harmonisation interne nécessaire pour que la vie vaille d’être vécue.

    septembre 18, 2008 à 22 h 59 min

  14. Vincent

    Je ne suis pas d’accord avec toi, Isidore (ça va faire plaisir à Craô !) :

    Tu sembles en effet assimiler le polythéisme à je ne sais quel instinct déraisonnable (ragoter, s’enflammer…) or justement, ce que tente de pointer Maffesoli (en employant notamment le terme d’éthique), c’est que le polythéisme « naturel » (le bon sens commun, si tu préfères) serait plutôt de l’ordre de la sagesse.

    Une sorte de relativisme qui met à distance tout esprit de système à Dieu unique (que celui-ci soit l’Histoire, les Lumières, le Marché, la Décroissance, etc…)

    Cet « effet de masse » agirait donc plutôt en toi lorsque tu sentirais obscurément une réticence devant tout exposé certes rationnel et argumenté mais « trop univoque pour être vrai ».

    Ou — si tu préfères — quand tu tiens à ce que dans tout débat des positions antagonistes soient exposées à part égales de façon à quelque part s’anihiler.

    septembre 19, 2008 à 11 h 55 min

  15. Ourko

    Le stade ultime de la pathologie étant atteint lorque cette autre voix — qui se moque de tout discours un peu sérieux en le relativisant — s’inscrit directement en toi (comme un « démon gardien » aux allures préhisto)
    😉

    septembre 19, 2008 à 12 h 00 min

  16. Vincent

    En relisant ton commentaire (et notamment ta conclusion), je me rends compte qu’on n’est peut-être pas si en désaccord que cela (que je pourrais le souhaiter ?). Juste je ne partage pas ce qui me semble être un dénigrement des instincts naturels (et la valorisation inverse des efforts de civilisation). Il ne s’agit pas non plus, évidemment, d’encenser pour autant les premiers qui ne portent, à mon sens, pas plus — ni moins — de « sauvageries ». Le fond du désaccord est peut-être juste là : en matière « morale » je ne crois pas plus au progrès de l’humain qu’en sa décadence (mais j’admets que ce n’est qu’une croyance).

    septembre 19, 2008 à 12 h 14 min

  17. Vincent

    Tout cela me fait penser à la « common decency » chère à Orwell… et aux discussions qu’on a déjà eues — ailleurs — sur la dérive du mot « populisme » (qui est étrangement devenu péjoratif).

    septembre 19, 2008 à 13 h 19 min

  18. Isidore

    Je peux effectivement également voir les choses sous cet angle là, à savoir, considérer et reconnaître tout ce qui, dans le fonctionnement instinctif et « naturel » qui nous agit, procède d’une véritable sagesse et génère aussi ce bon-sens digne parfois des plus grandes philosophies.

    Lorsque j’observe les paisibles herbivores qui vivent à la maison dans notre coin reculé de Picardie (ânesses et brebis) et la franche fraternité de leur cohabitation, leur belle camaraderie et ce sens de la vie commune (avec les poules, les chats et les lapins sauvages) tout à fait instinctive, je me dis souvent qu’ils sont nos maîtres en la matière.

    Ceci pour dire aussi que je n’associe pas systématiquement instinct et sauvagerie destructrice, que la raison dans son hypertrophie monstrueuse me paraît aussi terrifiante que tous les instincts aveugles déchaînés… En somme qu’il ne s’agit pas de mélanger tous les plans.

    Mais ce qui me paraît essentiel dans tout ceci finalement, c’est l’effort de conscience et de connaissance dont nous sommes capables, au nom d’une volonté, d’une éthique, d’une liberté, d’une décision personnelle qui n’appartiennent justement jamais à un élan de masse, et qui demeure à l’origine de tout ce que nous sommes capables de construire d’un peu grand et digne de respect.

    septembre 20, 2008 à 10 h 23 min

  19. Isidore

    Quant à la question du « progrès » ou de la « décadence », pour ce qui concerne justement la « masse », je ne me la pose pas autrement qu’à considérer que l' »humanité-masse » évolue selon des cycles successifs et naturels d’expansions et de régressions, comme tout ce qui vit sur cette planète, dans ce cycle incontournable de naissance et de mort. Ce qui contredit finalement l’hypothèse des Lumières d’un progrès continue de l’humanité à travers son histoire conçue linéairement depuis une origine jusqu’à une hypothétique fin.

    Par contre à l’échelle des vies individuelles (et je parle pour notre civilisation occidentale qui a inventé l’individu et la notion de destin personnel, ne l’oublions pas, contrairement à d’autres cultures pour lesquelles la notion d' »individu » pris isolément du groupe auquel il appartient forcément, n’a aucun sens), je pense aussi que l’idée de « progrès » porte une fécondité certaine dans le sens où elle engage, reconnait et valorise le pouvoir de chacun de développer une potentialité unique dont il serait porteur, et cela, au prix d’une volonté, d’un effort, d’un courage qui méritent qu’on s’y intéresse. Il s’agit d’une notion de « progrès » individuels (capable d’avoir aussi de l’influence sur la masse d’ailleurs), intéressante, que j’ai tendance aussi à relier à la notion de « développement de la conscience ».

    Mais peut-on aller jusqu’à la proposition de Teilhard De Chardin: « le progrès de l’humanité dans le sens d’une plus grande complexité et d’une plus grande conscience au fil de son histoire » ? Ceci reprend la thèse du progrès linéaire des Lumières et contredit apparemment la conception d’une humanité soumise de toute éternité aux cycles naturels. Peut-on dire qu’aujourd’hui le niveau de conscience possible et général soit plus grand qu’il y a quelques millénaires ? J’en doute un peu. Disons juste qu’il est différent relativement à ce que notre civilisation met aux premiers plans.

    Je pense aussi à Hannah Arendt et sa vision d’une Grèce antique où l’homme s’arrache à la fatalité des cycles naturels pour forger sa véritable humanité qui vise l’immortalité (non pas du corps qui reste soumis à sa nature mortelle, mais de l’âme, ou plutôt d’un principe autre qui inscrit un destin individuel et personnel dans une aventure collective et en devient signe distinctif et objet de mémoire) en créant ce temps linéaire qui est à proprement parler celui des hommes et non plus celui de la nature originelle. La notion de Progrès au sens des Lumières me semble bien s’inscrire dans cette conception créatrice de l’humanité par elle-même.

    Mais sans doute ces conceptions antagonistes et paradoxales tissent-elles, dans leur irréductibilité, la matière nécessaire qui puisse nous permettre d’appréhender quelque chose d’essentiel.

    septembre 20, 2008 à 12 h 39 min

  20. Vincent

    Arf… J’ai bien du mal — pour ne rien te cacher — avec la valorisation (toute « moderne », il me semble, à moins que ce ne soit essentiellement « occidentale ») de la conscience, et le dénigrement implicite du sommeil et de la rêverie.

    La dignité et le respect dans l’effort (de connaissance, d’éthique, de volonté ou de liberté) n’est pas — ou plus — une conception à laquelle j’adhère sans réticences. Peut-être parce que les personnes qui m’ont paru justement les plus dignes de respect n’étaient pas celles qui se référaient à ces valeurs.

    Le courage, la liberté, la volonté, etc… ne m’émeuvent en tout cas que lorsqu’elles ne s’affichent pas comme telles. Qu’elles n’ont justement pas la moindre conscience d’elles-mêmes.

    Bref quand elles sont de l’ordre de l’instinct (de la puissance de vivre) plutôt que de celui du devoir.

    Tu vois ce que je veux dire ?

    septembre 21, 2008 à 22 h 12 min

  21. Vincent

    Je me demande en fait si la chose qui me semble la plus digne et respectueuse n’est pas tout simplement… la « joie de vivre » (celle qui persiste même quand les coups du sort sont défavorables).

    septembre 21, 2008 à 22 h 27 min

  22. Isidore

    Pas mal comme contre argumentation !

    septembre 22, 2008 à 7 h 23 min

  23. Ourko

    La question reste bien entendu de savoir s’il l’a faite « en toute conscience » ou non, cette contre-argumentation !

    septembre 22, 2008 à 11 h 42 min

  24. ca voudrait dire (avec un petit raccourci) que tout devoir est contraire aux joies de vivre ?

    septembre 22, 2008 à 13 h 18 min

  25. et puis il y a des masses sympa : la foule d’Edith Piaf, le public de Léon Zitrone …

    septembre 22, 2008 à 13 h 29 min

  26. Vincent

    Ce que ça veut dire ? Heu…

    …Peut-être que tout « devoir » a toujours un petit côté « forcé » qui laisse présager des « retours du refoulé » beaucoup moins glorieux que la belle image fièrement affichée.

    La joie de vivre — telle qu’il m’arrive parfois de l’entrevoir — me semble en tout cas au-delà de toute question de morale.

    Si l’homme « moral » est en effet vertueux, parce que c’est Bien de l’être, donc parce qu’une instance supérieure lui ordonne de l’être, l’homme « joyeux », en revanche, l’est… parce que ça lui plaît simplement de l’être.

    Et cela fait, à mon goût, toute la différence !

    septembre 22, 2008 à 17 h 05 min

  27. Vincent

    Pour résumer mon point de vue (un peu lapidaire) : la vertu c’est un peu comme l’amour, y’a ceux qu’en causent et ceux qui font, ceux qui promettent plus qu’ils ne tiennent et ceux qui font le contraire !

    septembre 22, 2008 à 17 h 10 min

  28. Tu devrais lire « Les figures » de Robert Alexis…

    septembre 23, 2008 à 18 h 05 min

  29. Vincent

    Alleeeeeez, dis m’en un peu plus !
    Qu’y a-t-il dans ce livre ?

    septembre 23, 2008 à 18 h 56 min

  30. 120

    Et si tu nous en citais un extrait ?
    (J’me sentirais du coup un peu moins seul 😉 )

    septembre 23, 2008 à 18 h 58 min

  31. Pascale

    une critique est en ligne chez moi pour te faire une idée et… (est-ce que je peux continuer en privé, c’est confidentiel – mais je n’ai pas ton adresse)

    septembre 23, 2008 à 19 h 02 min

  32. Amélie

    Moi j’ai lu « la robe » de lui cette année.

    septembre 23, 2008 à 20 h 09 min

  33. Pascale

    et alors, cette « Robe », Amélie ?

    septembre 23, 2008 à 21 h 47 min

  34. Amélie

    Il faudrait que je le relise à la lumière des commentaires précédents.
    Ce que j’en ai retenu (il y a peut-être un an et demi ou deux ans) : un sentiment tragique, et un profond malaise. Désolée, Pascale, ma façon de lire ne correspond ni à la tienne ni à celle de Vincent ! J’absorbe sans retenir et je vis intensément ce que je lis. Au final, ne me restent que les sensations éprouvées à la lecture. Je me souviens que c’était un roman extraordinairement puissant. Mais que j’ai renoncé à mon projet premier qui était de l’offrir, à cause du malaise pénible et tenace qu’il m’a laissé.

    septembre 25, 2008 à 11 h 55 min

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