"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Mais quel joli minois, mon minou!

Le corps exalté, le corps méprisé

Le corps piercé, tatoué, siliconé, relifté,

Le corps instrumentalisé et même dégnacqué,

Le corps vénéré, détesté, désiré, soigné, martyrisé;

Mais que faire de cet encombrant reliquat d’une nature indomptable?

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29 Réponses

  1. Amélie

    Un reliquat ? je ne sais pas… c’est quand-même ce qui nous contient, ce qui contient notre âme, nos émotions, nos humeurs. Un reliquat ? je ne crois pas. Une enveloppe sans laquelle on se répandrait, dégoulinants, par terre. Un parchemin sur lequel s’inscrivent, à notre insu et aux yeux de tous, nos états d’âme. « Une cathédrale » dit mon grand-père qui le vénère… « Une plaie » dit l’eczémateux dont la peau offre à tous le spectacle de ses tortures intimes. « Un toujours trop lourd fardeau », dit l’anorexique. « Quel corps ? », dit le tétraplégique…

    mai 27, 2008 à 13 h 54 min

  2. BARDAMU

    Titre ; Izidore, t’es trop fort !
    Interprété par G.C.M (Grand Corps Malade) avec la collaboration de N.T.M

    Je marchais le long des rues de ma cité en me disant qu’ils étaient laids les murs de ma cité, avec ses façades délabrées, et ce linge qui pendait dehors encore et encore jusqu’à ce qu’Izidore se charge du décor ;

    Refrain interprété par N.T.M

    Izidore,
    T’es trop fort,
    Planque ta meuf
    Gare aux keufs
    Sont branchés
    Gros nénés les bâtards !

    Solo par ZZTop sur Fender Stratocastrée et reprise du thème jusqu’à ce que les amplis rendent l’âme.

    mai 27, 2008 à 14 h 22 min

  3. BARDAMU

    Isidore, auriez-vous l’obligeance de bien vouloir me traduire l’expression « dégnacqué », je vous prie ? Par ailleurs, je serais ravi de savoir en quoi le corps de votre Bacchus peut être le « reliquat d’une nature indomptable », car j’ai plutôt le sentiment que cette divinité est frappée d’une météorisation coupable sans relation aucune avec l’un des ouvrages de l’écrivain dont j’ai déjà dit ici tout le bien que je pouvais en penser (pour les relous : « les météores » de Michel Tournier !).
    A vous lire, cher Isidore, et merci d’avance.

    P.S 1 : j’aime beaucoup la façon dont vous écrivez.
    P.S 2 : avez-vous des nouvelles de Bernard et de mes bécasses ? Merci encore.

    mai 27, 2008 à 15 h 49 min

  4. Isidore

    On est « dégnacqué » quand « on n’a pü la gnack » (Tout Petit Robert des idiomes provinciaux)… Ben oui, quoi, la niaq!!! Celle qui fait grimper au plafond quand on voit une belle fille, celle qui parvient à dérider une Juge des Tutelles Majeures prise en flagrant délit de zèle administratif, celle, qui, devant un poulet à l’escabèche nous fait prononcer la sentence mémorable: » Mes amis, jusqu’au dernier jour où Dieu me prête vie, je vous jure de me rouler trois fois dans le farine et de m’asperger du meilleur vin Catalan chaque fois qu’un plat aussi majestueux, que dis-je, savoureux à souhait et même au delà de ce que tout gentilhomme de bonne famille (et de moins bonne d’ailleurs) est en droit d’exiger de plein droit, chaque fois donc que ce plat sus-nommé me sera servi avec les usages qui se doivent de l’accompagner! » Sans oublier, bien sûr, d’aller derechef embrasser la Maîtresse de maison, sur la bouche, de préférence… Ben oui, quoi!!! C’est clair ça, la gnyacque!!! Non?

    Quant à Bernard, je crains qu’il se soit perdu dans le désert de Gobi, seul lieu au monde où l’on peut trouver la bécasse idéal pour une savoureuse Bécasse à l’escabèche …qui donne une niacque d’enfer, comme chacun sait.

    mai 27, 2008 à 16 h 41 min

  5. Vincent

    « Déniaqué » alors plutôt — si je peux me permettre — (même si ça fait moins gourmand sans le « g »).

    Sinon, il semblerait qu’une image ne soit pas « passée ». C’était quoi ? On peut corriger ?

    (Au fait, bienvenu parmi les administrateurs. Jolie promotion !)

    mai 27, 2008 à 16 h 48 min

  6. Ourko

    T’as couché ?
    …………
    …………
    …………
    …………
    j’veux dire :
    Tout nu dans les bois
    (avec des limaces)
    pour arriver là ?

    mai 27, 2008 à 16 h 50 min

  7. Isidore

    Youpiii, ça marche!!!! Merci Yatsé (et les autres bien sûr…)

    Une image, pas passée? Ah bon, où t’as vu ça? Après le Bacchus de Rubens, nulle autre image ne m’a paru nécessaire.

    mai 27, 2008 à 16 h 55 min

  8. BARDAMU

    Isidore, votre processus de dégnaquerie m’inquiète, encore que je conçoive parfaitement la zoophilie chez les personnes que je ne fréquente pas. Si je vous comprends bien, et à la lumière de ce que vous avancez, votre Bacchus aurait été dégnaqué par un poulet. Fort bien. Certaines régions de France ont des mœurs surprenantes mais cela ne nous regarde pas. En revanche, la prestigieuse (puisqu’elle ne sert à rien) Ecole du Louvre s’indigne de votre présentation. Car enfin, Isidore, un poulet… Comment voulez-vous qu’un Bacchus gnaqueux de nature soit dégnaqué par un poulet ?!? Oncques ne vit poulet dégnaqueur dégnaquer un gnaqueur dont c’était la fonction, enfin !
    Reprenez-vous, Isidore !

    mai 27, 2008 à 17 h 10 min

  9. Isidore

    Mais mon cher Bardamu, vous divaguez, il me semble (si je puis me laisser aller à un tel langage)!!! Chacun sait que tout bon gnaqueur sachant gnaquer se méfie à priori (et même à postériori) des postérieurs peu catholiques et ne peut souffrir même la simple idée d’un croupion, fût-il gallinacesque. Si vous observez bien notre Bacchus, vous apercevrez que, comme tout bon Bacchus sachant gnaquer âprement, il lui a fallu au préalable et au grand dam de cette dernière, accomplir une gnaque féroce sur la pauvre bête d’humeur féline (et aussi chagrine), que son pied terrasse. C’est à ce prix, terrible et cruel, que notre bon Bacchus gnaqueur pourra envisager d’autres gnaques plus gnaqueuses qui sauront le dégnaquer …peut-être.

    mai 27, 2008 à 18 h 01 min

  10. Vincent

    Il y avait juste une croix rouge au-dessus (que j’ai pris au départ pour une image mal insérée) que je viens de retirer.

    mai 27, 2008 à 18 h 18 min

  11. 120

    Ecrit par Jean Baudrillard (encore lui, désolé, mais il a des choses intéressantes à dire sur le sujet) :

    Dans la panoplie de la consommation, il est un objet plus beau, plus précieux, plus éclatant que tous — plus lourd de connotations encore que l’automobile qui pourtant les résume tous : c’est le CORPS. Sa « redécouverte », après une ère millénaire de puritanisme, sous le signe de la libération physique et sexuelle, sa toute-présence (et spécifiquement du corps féminin, il faudra voir pourquoi) dans la publicité, la mode, la culture de masse — le culte hygiénique, diététique, thérapeutique dont on l’entoure, l’obsession de jeunesse, d’élégance, de virilité/féminité, les soins, les régimes, les pratiques sacrificielles qui s’y attachent — tout témoigne aujourd’hui que le corps est devenu objet de salut. Il s’est littéralement substitué à l’âme dans cette fonction morale et idéologique.

    Une propagande sans relâche nous rappelle, selon les termes du cantique, que nous n’avons qu’un corps et qu’il faut le sauver. Pendant des siècles, on s’est acharné à convaincre les gens qu’ils n’en avaient pas (ils n’en n’ont d’ailleurs jamais été convaincus), on s’obstine aujourd’hui systématiquement à les convaincre de leur corps. Il y a là quelque chose d’étrange. Le corps n’est-il pas l’évidence même ? Il semble que non : le statut du corps est un fait de culture. Or, dans quelque culture que ce soit, le mode d’organisation de la relation au corps reflète le mode d’organisation de la relation aux choses et celui des relations sociales. Dans une société capitaliste, le statut général de la propriété privée s’applique également au corps, à la pratique sociale et à la représentation sociale qu’on en a. Dans l’ordre traditionnel, chez le paysan par exemple, pas d’investissement narcissique, pas de perception spectaculaire de son corps, mais une vision instrumentale/magique, induite par le procès de travail et le rapport à la nature.

    Ce que nous voulons montrer, c’est que les structures actuelles de la production/consommation induisent chez le sujet une pratique double, liée à une représentation désunie (mais profondément solidaire) de son propre corps : celle du corps CAPITAL, celle du corps comme FETICHE (ou objet de consommation). Dans les deux cas, il importe que le corps, loin d’être nié ou omis, soit délibérément investi (dans les deux sens : économique et psychique, du terme).

    (La société de consommation, ses mythes, ses structures, Denoël, 1970)

    mai 27, 2008 à 23 h 08 min

  12. Ne t’excuse surtout pas, Vincent, moi je les attends ces citations…

    mai 28, 2008 à 7 h 20 min

  13. BARDAMU

    Je discourais hier sur un sujet tragique
    Qui offre aux moutonnants de nos ovins alpages
    Tout un fatras psycho-socio-philosophique
    De science accumulée sur tous les rayonnages
    De façon que matière ruminée par leurs soins
    Mâchée et remâchée et puis enfin apprise
    Soit désormais digeste aux estomacs chagrins
    Concevez ma surprise !
    N’est-il pas plus adroit d’en extraire avec art
    Non tant le substantiel mais le substantifique
    Afin que le lecteur éblouit de technique
    Sans même un seul accroc en fasse tout son lard ?
    J’aurais aimé cela.

    mai 28, 2008 à 8 h 27 min

  14. Vincent

    Plus adroit sans conteste, mais aussi quelque part
    Un petit peu vantard mais surtout bien ingrat
    Car c’est prendre pour soi ce qui est à César
    Et perdre le plaisir de la diversité des voix.

    mai 28, 2008 à 9 h 06 min

  15. Vincent

    Ma manie a de plus une secrète ambition :
    Ainsi que Francis Ponge l’a fait en poésie
    Parvenir à montrer une pensée en action
    Le travail de synthèse plus que l’objet fini.

    mai 28, 2008 à 9 h 23 min

  16. Isidore

    Fi donc de tant d’élucubrations
    Que n’aurait point dédaignées Narcisse,
    Et revenons à nos moutons
    Comme nous le rappelle notre ami Pâris.

    mai 28, 2008 à 9 h 29 min

  17. Quoique le sujet
    par vos soins désigné,
    Appelle sans conteste
    De plus amples développements.
    Un nouvel article?
    Alors qui s’y colle?

    mai 28, 2008 à 9 h 34 min

  18. Vincent

    Oui, scuz, le corps donc, et le retour de Bacchus/Dionysos par la même occasion.
    Je prévoyais d’ailleurs une « Chronique de Craô » sur ce dernier point, ça tombe bien !
    C’est Nietzsche, il me semble, qui l’a fait revenir sur le devant de la scène intellectuelle, l’opposant à Apollon et prophétisant son retour.
    Retour à la terre, présentéisme, immanentisme, jeunisme, afoulements, jouissance, tragique, etc… et bien sûr culte du corps. Tout indique que le « fripon divin » est bien là. Que nous sommes donc passé de la Modernité à… la Post-Modernité (à défaut de lui trouver un autre nom).

    mai 28, 2008 à 9 h 53 min

  19. 120

    Ecrit par Jean Baudrillard sur l’obésité (car c’est aussi une piste ouverte par l’article) :

    Je veux parler d’une anomalie, de cette obésité fascinante telle qu’on la rencontre partout aux USA. De cette sorte de conformité monstrueuse à l’espace vide, de difformité par excès de conformité, qui traduit l’hyperdimension d’une socialité à la fois saturée et vide, où se sont perdues la scène du social et celle du corps.

    Cette obésité étrange n’est plus celle d’une graisse de protection ni celle, névrotique, de la dépression. Ce n’est ni l’obésité compensatoire du sous-développé, ni celle alimentaire du surnourri. Paradoxalement elle est un mode de disparition du corps. La règle secrète qui délimite la sphère du corps a disparu. La forme secrète du miroir, par où le corps veille sur lui-même et sur son image, est abolie, laissant place à la redondance sans frein d’un organisme vivant. Plus de limite, plus de transcendance : c’est comme si le corps ne s’opposait plus à un monde extérieur, mais cherchait à digérer l’espace dans sa propre apparence.

    Ces obèses sont fascinants par leur oubli total de la séduction. Ils ne s’en soucient plus d’ailleurs, et se vivent sans complexe, avec désinvolture, comme s’il ne leur restait plus même d’idéal du moi. Ils ne sont pas ridicules, et ils le savent. Ils prétendent à une sorte de vérité, et en effet : ils affichent quelque chose du système, de son inflation à vide. Ils en sont l’expression nihiliste, celle de l’incohérence générale des signes, des morphologies, des formes de l’alimentation et de la ville — tissu cellulaire hypertrophié et proliférant dans tous les sens.

    Obésité feotale, primale, placentaire : c’est comme s’ils étaient enceints de leur corps et n’arrivaient pas à s’en délivrer. Le corps grossit, grossit sans arriver à accoucher de lui-même. Mais aussi obésité secondaire, obésité de simulation à l’image des systèmes actuels, qui s’engrossent de tellement d’information dont ils n’accouchent jamais, obésité caractéristique de la modernité opérationnelle, dans son délire de tout stocker et de tout mémoriser, d’aller, dans l’inutilité la plus totale, aux limites mêmes de l’inventaire du monde et de l’information, et, du même coup, de mettre en place une potentialité monstrueuse dont il n’est plus de représentation possible, qu’il n’est même plus possible de mettre en jeu, une redondance vaine qui évoque un siècle après, mais dans un univers cool et sans ironie, sans acide pataphysique, la célèbre gidouille du Père Ubu.

    (Les stratégies fatales, Grasset&Fasquelle, 1983)

    mai 28, 2008 à 10 h 11 min

  20. Vincent

    Tout le contraire de Delteil, en quelque sorte — et ses « deux os sans biceps et les avant-bras plus décharnés encore » évoqués dans le poème d’Henk Breuker cité par Badamu.

    La truculence des repas « paléolithicoccitans » serait-elle moins nourrissante que la rationalité industrielle de la « bouffe » américaine ?

    mai 28, 2008 à 10 h 18 min

  21. 120

    Ecrit par Michel Maffesoli :

    Les historiens ont pu montrer comment au dix-neuvième siècle, et l’on peut rajouter une bonne partie du vingtième siècle, le corps ne fut légitime qu’en produisant ou en reproduisant.

    Ce qui s’amorce sous nos yeux, c’est la reprise de ces grandes époques de culture que furent, par exemple, la décadence romaine ou la Renaissance européenne, où ce qui s’imposait, était, pour reprendre le conseil de Ronsard, d’apprendre à « cueillir les roses de la vie ». On en sait l’aspect éphémère, ce qui incite d’autant plus à en apprécier le bouquet.

    Corps amoureux. Corps jouissif. Voilà bien ce qui se donne à voir dans la mode, la diététique, ou le body-building. Magasins et magazines ayant trait à cela se multiplient. Et les lieux où se cultive le bien-être sont, de nos jours, monnaie courante. Ainsi des saunas, SPA, diverses thalassothérapies, salons de massages thaïs, californiens, cachemiriens, coréens, etc., toutes choses qui vont se décliner au travers de techniques ancestrales aux appellations ethniques réelles ou inventées.

    Ayurvéda, bains de boue de diverses origine, huile de perilla, d’argan, de figue de barbarie, sirop d’argousier, jus de bouleau, sans oublier le tantra, le tao, ou le qi-gong, tout est bon pour célébrer le bien-être intégral ou pour valoriser le corps individuel.

    Mais, ce faisant, c’est le corps social qui est célébré, car l’hédonisme induit par ces techniques et pratiques contamine de proche en proche l’ensemble de la société. Il s’agit bien, dans le sens fort du terme, d’une ambiance déterminant les modes de vie de tout un chacun. Rien ni personne n’en sort indemne. Le corporéisme est bien la valeur dominante. La jouissance se vit à fleur de peau.

    Pour reprendre une expression que l’on retrouve, curieusement, dans la classique sociologie de Durkheim et dans le vocabulaire New Age contemporain, on est en présence d’une conception holistique de l’existence.

    Il faut entendre par là, tout à la fois, la globalité comme interaction du corps et de l’âme, mais également ce qui a trait à la société considérée comme un tout. Et nous sommes là au coeur battant de la dernière caractéristique du mythe de Dionysos.

    (Iconologies, Nos idol@tries postmodernes, Albin Michel, 2008)

    mai 28, 2008 à 10 h 50 min

  22. Vincent

    J’aime bien l’idée, Isidore — implicite dans ton « encombrant reliquat d’une nature indomptable » je trouve — que le corps (avec ses lois propres, intangibles, organiques, pas toujours très « morales ») est en quelque sorte notre part obscure. On peut bien sûr — comme pour le Mal — rêver de s’en débarrasser (beaucoup de religions ont d’ailleurs bâti leur « Paradis » sur ce fol espoir), mais qui peut douter que ce n’est là qu’illusion, qu’on n’y survivrait pas.

    mai 28, 2008 à 11 h 28 min

  23. Isidore

    « Plus on parle des choses, moins on les vit » : vieil adage peut être inventé d’ailleurs, mais qui me parle bien justement.
    C’est pourquoi je m’interroge vraiment sur cet hédonisme contemporain. Je pense qu’il brille surtout par son absence et qu’on en entend tant parler parce qu’on souffre de ne plus savoir le vivre dans sa plénitude. On s’abreuve de sa pure représentation fantasmée. Ceux qui le vivent vraiment, et j’en connais je vous assure, se marrent de la façon dont on peut le représenter dans ce système qui voudrait faire croire à tous qu’il est la norme…des autres. Mon oeil!

    mai 28, 2008 à 11 h 50 min

  24. Vincent

    C’est marrant (mais peut-être faut-il peut-être juste s’entendre sur ce qu’on place derrière le mot hédonisme) mais j’ai l’impression toute inverse.

    De même qu’on n’a jamais réussi (cf. texte de Baudrillard) à faire croire à l’homme qu’il n’était (ou n’avait) pas un corps, aucune morale — aussi ascétique et/ou armée soit-elle — n’a jamais réussi, il me semble, à lui faire oublier le principe de plaisir.

    Autour de moi, en tout cas, je ne vois que des gens qui savent justement vivre, sans culpabilité aucune, de petites fêtes en petits plaisirs, solitaires ou partagés entre amis. Qui peut prétendre que ça n’a jamais été le cas ?

    Là où je te rejoins cependant, c’est dans le ridicule de toute théorie hédoniste. Nul doute, par exemple, qu’Onfray (pour ne parler que de celui qui s’en est fait le chantre moderne) sait intimement « bien vivre », mais qu’est-ce qu’il est chiant — et surtout ridiculement « sérieux », incapable de décrocher le moindre éclat de rire — quand il parle d’hédonisme ! Et ne s’évertue-t-il pas alors d’ouvrir des portes qui sont déjà depuis longtemps grandes ouvertes ?

    Une des formes de l’hédonisme actuel — de la priorité mise au corps et à ses plaisirs — me semble être le peu de sérieux justement accordé aux discours. Le désir de « ne pas se prendre la tête ».

    mai 28, 2008 à 13 h 56 min

  25. Je te suis tout à fait, Vincent. Mais ce sur quoi je voulais insister précédemment c’est sur le fait que justement je ne crois pas que l’homme ait jamais pu oublier le principe du plaisir quelque soit l’effort réalisé pour l’en dissuader, et dans ce cas là je ne pense pas que notre époque puisse avoir de leçon à donner à nos aïeux en la matière…quoique les modalités puissent varier, évidemment. Par contre il me semble que cette prétention affichée et hypermédiatisée constitue en réalité la meilleure répression possible contre le plaisir, en ce sens que l’on peut croire réel ce qui n’est en fait que fantasmé et qui relève davantage de la propagande à vocation rien de moins que hédoniste.

    mai 29, 2008 à 8 h 15 min

  26. Vincent

    Vouloir « donner des leçons » (de morale, de politique, de savoir-vivre, etc…) — si possible avec suffisance, voire arrogance — aussi bien aux autres cultures actuelles qu’aux autres périodes de l’histoire, est vraiment une spécialité de notre Occident moderne, je trouve (toujours prêt, d’ailleurs, à prendre les armes, si besoin, pour convaincre les récalcitrants).

    Mais bon… La conviction diminue, il me semble. La fatigue gagne. Et c’est bon signe. Même si ça créé — ici ou là — des réactivations exacerbées qui ne sont que les derniers sursauts d’un agonisant.

    mai 29, 2008 à 12 h 28 min

  27. Vincent

    Le dernier texte de Baudrillard mis en commentaire (116) de l’article sur Mai 68 le dit bien : ce n’est plus le combat frontal, la Révolution (et son imaginaire) qui pourront faire « changer les choses » (à supposer que ce soit là vraiment le but), mais la transgression, le travail de sape ou le simple refus de continuer de jouer le jeu (si possible dans un grand éclat de rire)

    La Parti Préhistorique, pour moi, dans son principe même, est dans ce champs là. La vivacité de certaines réactions qu’il suscite e sont peut-être même la preuve, pour ceux qui en doutetaient…

    mai 29, 2008 à 12 h 36 min

  28. Fiona

    Qui d’entre vous
    Voit la princesse en moi ?
    Lequel d’entre vous
    M’embrassera ?
    Sans rictus de dégoût
    Me prendra dans ses bras
    Pas à pas dansera
    Serré contre moi ?

    hmmmmmmmmmmmm ?

    juin 5, 2008 à 16 h 59 min

  29. J’arriiiiveeee !!! Me voilàààà !!!!

    juin 5, 2008 à 21 h 40 min

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