"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Défouloir (ou le retour à l’âge de la pierre pas polie)

C’est Isidore qui m’a donné l’idée de cet article (de cette rubrique, plutôt, qui pourrait revenir régulièrement) avec son besoin exprimé de « cure de désintoxication de Juge de Tutelle ».

On est tous — comme lui — trop polis, trop bien élevés, trop civilisés.  On prend sur soi, on avale des couleuvres, on fait bonne figure (au lieu de faire parler instinctivement le gourdin) et on accumule sans  s’en rendre compte tout un tas de fiel non évacué, de rancoeur refoulée, d’agressivité rentrée.

Chacun se bricole, comme il peut, ses propres « défouloirs », que ce soit dans le sport, l’art, le jardinage, etc. mais ce n’est pas toujours facile ni pleinement efficace. Il reste toujours, ici ou là, un peu de venin qui nous empêche d’être tout à fait serein.

D’où l’idée de ce défouloir : un espace d’expression qui vise davantage à recevoir des coups de gueule  — sans souci de rationalité, de mesure, de décence — qu’à ouvrir et favoriser les débats (les autres articles sont là pour ça).

Alors, Isidore, vas-y, lache tout sur ce …censuré…  Juge des tutelles. Et Bernard, ces …censuré… limaces ? Bardamu, ces « gens du Nord » ? Yatsé… Amélie… Barbarella… Ourko….

Promis, on ne caftera pas !

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54 Réponses

  1. BARDAMU

    C’est excellement amené, Vincent, mais superflu:tout échange bien conduit n’a besoin d’aucun défouloir.

    mai 24, 2008 à 15 h 49 min

  2. Vincent

    Charité bien ordonnée…

    Ce qui me fout en rage, donc ?
    Heu…

    Ceux qui confondent les Martinets et les Hirondelles, déjà. C’est con, hein ? mais ça m’exaspère vraiment, car ça n’a rien à voir !

    Ceux qui moralisent, aussi (et se rendent donc souvent plus insupportables que ce qu’ils dénoncent).

    Ceux qui flattent.

    Ceux qui se la pètent

    Ceux qui tiennent moins qu’ils ne promettent.

    Et surtout, ce qui m’énerve le plus, je crois, ce sont ceux qui justement… s’énervent (du coup, je les fuis car sinon je finis par m’en prendre à moi-même).

    mai 24, 2008 à 15 h 56 min

  3. Vincent

    Inutile ?
    Peut-être… mais c’est tout de même pas si fréquent que ça, des « échanges bien conduits » (même si, pour l’instant, ici, ça se passe plutôt bien, il me semble).
    Mieux vaut tout de même prévenir que guérir, non ?

    mai 24, 2008 à 16 h 01 min

  4. Ourko

    T’énerve pas, Vincent, t’énerve pas ! 😉

    mai 24, 2008 à 16 h 02 min

  5. Vincent

    Oh ta gueule, toi !
    Je ne te l’ai pas encore dit (car je suis justement sans doute trop poli) mais puisqu’ici c’est permis : tu me pompes l’air, Ourko, à me suivre partout, et jouer le Gémini Cricket sarcastique !

    mai 24, 2008 à 16 h 19 min

  6. Isidore

    excellent ça, Vincent! Je dirais même: un petit coup de génie… oui, oui, je n’exagère pas.

    Ce qui m’exaspère le plus, je crois, c’est la Bêêêtise… Et dieu seul sait combien elle exulte de toute sa triviale arrogance ici, là-bas, partout; à croire qu’on lui voue un culte particulier. Tiens, voici une idée: officialiser le culte de la Bêtise, construire ses temples (ou ses églises…ou même ses mosquées ou ses synagogues si vous préférez… Non quelque chose d’encore bien plus bête) Ensuite réunir tous ses adeptes invétérés et faire un grand feu de joie… Seul inconvénient: il ne risque plus d’y avoir grand monde sur la planète ensuite. Bof, ce n’est pas très grave car on aura ainsi honoré cette nouvelle Déesse à la mesure de son prestige international… Car ce qui me fout en rage devant la bêtise, c’est d’être incapable de la faire taire et de l’envoyer au panier, comme ça: « coucouche, panier!!! »…J’suis trop bête, sans doute, j’ai peur de me retrouver dans le panier avec elle? Vous voyez bien, il n’y a pas de solution, le cas est franchement désespéré… et ça m’énerve…irrémédiablement.

    mai 24, 2008 à 16 h 37 min

  7. Isidore

    Petit dialogue surréaliste avec une Juge des Tutelles Majeures, (toute ressemblance avec des faits réels n’est nullement le fait du hasard)

    La scène 1 se passe dans une minuscule salle d’attente. Trois personnes (un homme, une femme et une autre femme âgée et fortement handicapée) attendent d’être conviées à une audition auprès de la Juge à 11h30. A l’heure précise, une porte vitrée s’ouvre, laissant surgir un personnage ahurissant, emporté dans une furie indescriptible qui hurle en désignant la personne handicapée: -« Je ne veux pas voir cette personne, je veux vous voir seul! Sortez immédiatement! »
    L’autre femme suggère timidement d’attendre dans la salle d’attente prévue à cet effet justement.
    « Je vous dis de sortir! » sera la seule réponse autorisée.
    Voici l’accueil chaleureux (et ordinaire) des Palais de Justices en France. Plusieurs expériences m’ont permis d’en découvrir les usages apparemment assez ordinaires.

    La scène 2 se passe à l’intérieur du bureau du Juge. Trois personnages:
    la Juge (grande femme sèche d’une soixantaine d’années, ou pas loin, qui laisse deviner dans son regard fermé une petite étincelle d’humour résigné)
    Son Assistante greffière (petite femme ronde et fatiguée, résignée à sa situation et un peu sourde)
    L’Accusé (essayant au prix d’un effort surhumain de rester calme et de maintenir une froideur de circonstance)

    La Juge: – Je vous avais demandé de ne plus utiliser les services du comptable alors que vous devez me rendre des comptes de gestions irréprochables, et je constate que vous n’avez pas respecté mon injonction.

    L’Accusé: (silence)

    La Juge: – Je vous ai demandé de m’envoyer en ensemble de documents et vous n’avez pas résisté à la tentation de le faire . Je me trouve donc noyé sous une masse d’informations dont je ne sais que faire.

    L’Accusé: – Pourquoi est ce que vous m’embêtez?

    La Juge (s’adressant à la greffière):
    – Notez: – Mensonge et insulte à magistrat durant l’exercice de ses fonctions, l’accusé traite la Juge d’emmerdeuse.

    L’Accusé: – Ou alors plutôt pourquoi vous essayez de nous décourager de faire quelque chose qui fonctionne bien et qui satisfait tout le monde?

    La Juge: – Je n’essaye nullement de vous décourager. Il se passe que votre dossier n’est pas conforme au règlement. Regardez! Voici un dossier normal. Il ne pèse que 500 grammes. Constatez, le votre pèse au moins 5 kg! Il faut que vous compreniez, cher monsieur, que les choses doivent se faire d’une certaine manière et pas autrement.

    L’Accusé: – Mais madame, c’est vous qui me demandez sans arrêt un nombre incalculable de justificatifs de tous ordres. Alors je vous obéis.

    La Juge: – Evidemment que je dois vous demandez d’innombrables justificatifs, votre dossier est bien trop lourd pour être honnête. (A la greffière: notez! Bien trop lourd pour être honnête. L’accusé m’oblige à perdre un temps infini à tout contrôler). Tiens regardez ce relevé de banque là. Que signifie cet intitulé « remboursement de factures »? Répondez!

    L’Accusé: – Il s’agit de factures qui ont été remboursées, Madame.

    La Juge; – Bon, ça va, je comprends mieux. Et ceci: 3,40 euros et à côté il est marqué « coloriage »?

    L’Accusé: – Il s’agit de l’achat d’un livre de coloriage au prix de 3,40 euros.

    La Juge: – Ah, d’accord !!!

    etc… Scène interminable qui décline sous toutes ses variantes infinies l’art de verser du vide dans du néant et qui s’achève dans l’ambiance de franche camaraderie de deux fous se congratulant de leur virtuosité à s’entraîner l’un et l’autre dans cet univers de confusion absolue où la conversation impossible entre deux mondes totalement disjoints se révèle jouissive… sous le regard absent et désabusé de la greffière à demi-sourde.

    Dernière scène (ou lorsque le principe de réalité reprend ses droits).
    La Juge (regardant subitement sa montre et retrouvant la raideur de sa fonction): – Deux heures que vous me faites perdre pour une audition de 1/2 heure réglementaire, Monsieur, votre dossier s’alourdit.

    L’Accusé (s’extirpant difficilement d’une confusion terrible): – Mais Madame, nous n’avons rien résolu, nous sommes dans une impasse totale. Que faisons nous?

    La Juge (se levant et rangeant l’épais dossier): – Vous recevrez mon ordonnance. Partez maintenant!

    L’Accusé: – Bon appétit!

    mai 24, 2008 à 18 h 56 min

  8. Vincent

    Magnifique ! 😉
    Mais tu ne nous dis pas ce qui se joue en arrière-fond de tout ça, selon toi. L’hypothèse de la simple « bêtise » ne semble pas suffire : incompatibilité de tempérament ? Jeu de pouvoir ? Susceptibilité froissée ?…
    (Tu joues « gros », toi, dans cette histoire ?)

    mai 24, 2008 à 20 h 41 min

  9. Vincent

    Grrrrrrrr !
    C’est pas trop que les clubs (de rugby) britanniques gagnent le plus souvent contre les français qui énerve… mais que ce soit avec un jeu stéréotypé, SANS PANACHE !!!
    Fais chier, vraiment, que ce ne soit pas le « beau jeu » qui soit le plus efficace ! (bien évidemment pas que dans le rugby)

    mai 24, 2008 à 21 h 03 min

  10. Ourko

    Contrairement à Vincent (ça vous étonne ?), moi ce ne sont pas les gens qui s’énervent qui m’énervent, mais… ceux qui ne s’énervent jamais !!!
    A claquer ! (Justement pour qu’ils cessent un peu de se contrôler)

    Sinon, Vincent : réjouis-toi plutôt de m’avoir à tes basques comme un charmant petit défouloir portatif !

    mai 24, 2008 à 21 h 21 min

  11. Vincent

    Dis, Bardamu, ces gens qui ne comprennent pas toujours ce que tu dis et qui te reprochent du coup de ne pas être clair, ne me fais pas croire que ça te laisse indifférent ! 😉

    mai 24, 2008 à 21 h 25 min

  12. Isidore

    J’ai trois points de vue sur la chose.

    Le premier serait celui de la Juge. Elle se trouve en face d’un dossier trop compliqué (parmi les 800 dossiers dont elle s’occupe) et elle estime que la nomination d’un tuteur indépendant autre que moi lui simplifierait le travail. Elle n’a pas complètement tort. Elle essaye donc de me décourager par des tracasseries infinies, ou en cherchant une faute qui l’autoriserait à me destituer.

    Le second point de vue c’est le mien (le nôtre avec Sylvie). Nous avons pu expérimenter que la structure d’accueil et de prise en charge de ma tante tel que nous l’avons imaginé et mis en place n’a pu être possible que grâce à ce pouvoir que me donne cette fonction. Et ceci parce que cette proposition est nouvelle et inconnue des administrations (d’où complexité du dossier et négociations infinies pour obtenir les choses nécessaires). Depuis le départ nos conditions ont été clairement posées en exigeant ma nomination à cette fonction. Je ne peux accepter cette remise en question sans envisager obligatoirement l’arrêt de cette prise en charge. Trop difficile.

    Les deux premiers s’opposent au point d’aboutir à l’impasse que la Juge se trouve dans l’obligation de résoudre.

    Le dernier point de vue concerne l’aspect humain et psychologique de la chose. Cette femme est très autoritaire et supporte mal qu’on résiste à ses ordres. Or je ne suis guère enclin, de par ma nature à obéir aveuglément, ni même à tolérer des comportements de petit chef. C’est un vrai handicape dans ce monde-ci très hiérarchisé, je le reconnais. Mais c’est ainsi et ça ne facilite pas les chose car malgré tous les efforts que j’essaie de faire elle ne peut pas ne pas sentir mon scepticisme quant à l’utilité de sa fonction, surtout lorsqu’elle rajoute une couche fort inutile à la charge déjà très lourde d’une personne handicapée.

    Mais l’aspect le plus amusant de la chose finalement c’est de m’être rendu compte lors de cette audition, que cette femme se trouve déchirée entre la logique et les nécessités de sa fonction, à l’intérieur d’une vaste machine qui perd un peu la boule dans notre monde et qui se raidit sur sa propre survie menacée, et sa sensibilité de femme réceptive aux réalités qu’elle est amenée à rencontrer. En ce sens, je sens qu’on la touche et qu’une partie d’elle s’intéresse et s’amuse de notre combat à la Don Quichotte. Sa fonction la mène systématiquement à me suspecter du fait d’un comportement « anormal » et non conventionnel, tandis que sa personne se réjouit aussi secrètement des libertés qu’elle même n’oseraient et ne pourraient pas prendre, tout en les jalousant aussi. Moralité: le conflit intérieur qu’elle vit entre ces deux part d’elle-même que j’ai pu précisément observer lors de cette audition, peut se résoudre de deux façons. Soit la Juge prend le dessus (c’est sans doute ce qui risque d’arriver) et nous sommes mal barrés – sauf que j’ai tout un conseil de famille (20 familles) et beaucoup de gens qui nous soutiennent, un bon Avocat et déjà un procès en appel gagné contre une autre Juge de Tutelle). Soit la femme prend le dessus et elle fera ce qu’il faut pour ne pas perdre la face et montrer que c’est bien elle la chef tout en mettant du mou pour nous laisser mettre en place notre affaire.

    Alors, Mystère et boule de gomme!

    mai 24, 2008 à 22 h 10 min

  13. 120

    Ecrit par Henri Laborit (pour Isidore ?) :

    Le paternalisme, le narcissisme, la recherche de dominance, savent prendre tous les visages. Dans le contact avec l’autre on est toujours deux. Si l’autre vous cherche, ce n’est pas souvent pour vous trouver, mais pour se trouver lui-même et ce que vous cherchez chez l’autre c’est encore vous. Vous ne pouvez pas sortir du sillon que votre niche environnementale a gravé dans la cire vierge de votre mémoire depuis sa naissance au monde de l’inconscient. Puis-je dire qu’il m’a été donné parfois d’observer de ces hommes qui, tant en paroles qu’en action, semblent entièrement dévoués au sacrifice, mais que leurs motivations inconscientes m’ont toujours paru suspectes. Et puis certains, dont je suis, en ont un jour assez de ne connaître l’autre que dans la lutte pour la promotion sociale et la recherche de la dominance. Dans notre monde, ce ne sont pas des hommes que vous rencontrez le plus souvent, mais des agents de production, des professionnels. Ils ne voient pas non plus en vous l’Homme, mais le concurrent, et dès que votre espace gratifiant entre en interaction avec le leur, ils vont tenter de prendre le dessus, de vous soumettre. Alors, si vous hésitez à vous transformer en hippie, ou à vous droguer, il faut fuir, refuser la lutte si c’est possible. Car ces adversaires ne vous aborderons jamais seuls. Ils s’appuieront sur un groupe ou une institution. L’époque de la chevalerie est loin où l’on se mesurait un à un, en champ clos. Ce sont les confréries qui s’attaquent aujourd’hui à l’homme seul, et si celui-ci a le malheur d’accepter la confrontation, elles sont sûres de la victoire, car elles exprimeront le conformisme, les préjugés, les lois socio-culturelles du moment. Si vous vous promenez seul dans la rue, vous ne rencontrerez jamais un autre homme seul, mais toujours une compagnie de transport en commun.
    Quand il vous arrive cependant de rencontrer un homme qui accepte de se dépouiller de son uniforme et de ses galons, quelle joie ! L’Humanité devrait se promener à poil, comme un animal se présente devant son médecin, car nous devrions tous être les médecins les uns des autres. Mais si peu se savent malades et désirent être soignés ! N’ont-ils pas suivi très fidèlement les règles du livre d’Hygiène et de Prophylaxie que la société bienveillante a déposé dans leur berceau à la naissance ?

    (Eloge de la fuite, Robert Laffont, 1976)

    mai 24, 2008 à 22 h 24 min

  14. Vincent

    Skuz, je n’avais pas lu ton dernier commentaire avant de placer l’extrait de Laborit. Je ne suis pas sûr qu’il soit bien adapté. En tout cas, il n’est pas une réponse directe à tes derniers mots (même s’il n’est pas totalement hors-sujet). Si je comprends bien, la singularité de la situation place la Juge devant un dilemme insoluble qu’elle vous fait en quelque sorte payer.

    Ca me rappelle une situation similaire, au cours de ma formation d’instit. Lors du dernier stage, qui devait permettre de valider la pratique, j’ai eu le droit — fait assez exceptionnel — à pas moins de six visites d’inspecteurs. Je me suis (sans le faire exprès) « buté », infichu de faire la chose toute bête qu’ils me demandaient : faire tout simplement, pendant l’heure et demie de leur visite , ce qui était écrit sur la belle « fiche de prép » qu’ils exigeaient. Et à chaque fois, sans que je sache trop pourquoi, un mauvais génie m’incitait à rebondir sur un imprévu de classe et improviser — pas toujours adroitement — autre chose. Du coup, ils hésitaient à me donner l’avis favorable : ils admettaient bien (lors des discussions qui faisaient suite à leur visite) que l’improvisation était une qualité nécessaire au métier d’enseignant mais hésitaient à accorder un « avis favorable » à un esprit si effrontément insoumis.

    Ils étaient (comme ta juge, je pense) profondément déchirés et me refilaient en quelque sorte le bébé, espérant que j’allais en fin de compte me comporter de façon à leur faciliter la tâche. Mais bon… c’étaient eux, pas moi, qui était payé pour cocher la « bonne » ou la « mauvaise » case. Et puis, je n’avais aucune intention de « faire semblant ». Pour finir, je leur ai dit que je comprenais qu’ils puissent juger mon attitude non conventionnelle « dangereuse pour les enfants » et qu’ils ne devaient alors pas avoir — humainement — de scrupules à refuser de valider mon stage. En ronchonnant, ils m’ont finalement accordé le nécessaire « avis favorable ».

    Ont-ils bien fait ? Nul ne le saura jamais. Mais on était ravis de trouver une sortie permettant à chacun de garder « la tête haute ».

    mai 24, 2008 à 23 h 12 min

  15. BARDAMU

    Bardamu n’est jamais indifférent à ce qui l’entoure sauf lorsque des enfants jouent dans une cour, et même encore…
    Je voudrais reprendre les motivations du nouvel article proposé par Vincent car ces dernières m’ont laissé perplexe.
    Indépendamment du fait qu’il puisse être plaisant de confondre les vols de l’hirondelle et du Martinet (4e degré) je voudrais réfléchir sur les fondements radicaux de vos aversions, car il vous arrive trop fréquemment tout simplement de vous défaire de ce qui vous ennuie. Sachez que le culte de la vie et de l’instinct, le mépris du scientisme et du rationalisme en général prônant le doute universel, thèses proposées par Vincent dans une correspondance récente, et auxquelles vous souscrivez tous allègrement en vous régalant de limaces en pâte d’amande, sont les fondements mêmes du manifeste politique des futuristes en 1915. Ces artistes snobs s’opposaient aux professeurs pacifistes, aux archéologues, aux érudits, et souhaitaient détruire musées, bibliothèques et académies de toutes espèces afin de retrouver par ce gigantesque autodafé la spontanéité originelle essentielle qui ne leur apparaissait que par intermittences et qui faisait cruellement défaut à leur « nation » à venir… Cette colère était dirigée contre la tradition, contre les institutions figées, contre l’esprit théorique universitaire et même intellectualiste (en écrivant cela, je repense à l’intervention de Godard au festival du film et à la quinzaine des réalisateurs qui a rapidement calmé la flatulence de son ego). Mais allons plus loin, Vincent ; le théâtre de Marinetti glorifie l’action, l’héroïsme, la vie en plein air, l’instinct, l’intuition. En Allemagne aussi à la même époque, on adore la vie, l’instinct, et en identifiant l’intellectualisme au libéralisme et au marxisme scientifique de Engels, on ne peut que détester les intellectuels. On admire les sportifs, la vie en plein air, on méprise toute idée de réflexion au motif essentiel que l’ INSTINCT doit remplacer l’intellect. Ernst Jünger, Gottfried Benn et Hanns Johst finiront même par trouver une tradition anti-intellectualiste dans le romantisme allemand. Comme le pensait Jünger ; se rendre à la raison seule c’est perdre l’unité et l’harmonie primitive. Benn quant à lui, affirme même que le refus de l’intellectualisme européen commence déjà chez Goethe !
    C’est ainsi que ces « penseurs » du fascisme italien et du Troisième Reich ont adoré les forces mythiques du « sang » en méprisant toute idée de « progrès », d’où ma question : lors d’une sortie en forêt, est-on réellement obligé de pendre les petits Nenfants par les pieds afin de les attendrir, et ne serait-il pas plus utile de se munir d’un briquet pour les faire cuire au lieu de se battre avec silex et bouts de bois ?

    mai 25, 2008 à 8 h 43 min

  16. Isidore

    Si, si, Vincent, ton extrait de Laborit tombe à pic et donne un éclairage complémentaire au sujet traité!!!

    mai 25, 2008 à 8 h 48 min

  17. Isidore

    Indépendamment de votre raccourci un peu trop caricatural qui semble vouloir faire jouer aux uns et aux autres un rôle pas forcément très joyeux, Bardamu, vous touchez du doigt des questions essentielles qui travaillent le cœur de notre civilisation et qu’on a bien du mal à aborder en dehors d’un radicalisme simpliste qui clôt rapidement toute conversation entre gens de bonne compagnie.

    L’opposition « intellect » et « instinct » que vous semblez placer au coeur de la controverse me paraît pertinente, mais à condition que, comme dans tout conflit opposant deux adversaires, il n’y ait pas forcément nécessité ni injonction de prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

    Dans ce cas précis et pour ce qui concernent les points de vue débattus ici, il semble évident que d’une part les avis sont multiples et sont loin de faire l’unanimité d’une position radicale d’un quelconque « groupe constitué », bien au contraire (et heureusement pour ce qui me concerne), et que d’autre part, l’intérêt et le goût pour la réflexion intellectuelle me paraissent, au contraire, bien équilibrés avec cette aspiration à « un peu plus d’instinct », et me semblent très loin des positions radicales auxquelles vous faites référence.

    Garder l’esprit ouvert à toutes les dimensions de notre humanité et s’interroger sans à priori (avec un peu d’humour de préférence et en échappant à trop d’esprit de sérieux – surtout pour traiter de graves questions), me paraît personnellement beaucoup plus intéressant et constructifs que tout jugement un peu trop hâtif et convenu.

    Il n’y a pas que ces « artistes » ci, ni ces « penseurs » là qui se sont intéressés à l’instinct et aux questionnement sur l’hyper-intellectualité problématique de notre modernité. Voyez par exemple parmi les peintres; Vlaminck et les Fauves, Picasso et sa puissance de Faune, Gaughin et son aspiration à la vie primitive, etc… Ils ne sont pas pour autant anti-intellect ni zélés bâtisseurs du 3ème Reich, que je sache?

    Voici donc, et pour conclure, encore une chose qui m’énerve: cette facilité à faire des amalgames et des simplifications outrancières pour plomber toute tentative de conversation ouverte et susciter la polémique. Merci Bardamu, ça soulage…

    mai 25, 2008 à 10 h 07 min

  18. BARDAMU

    Eh bien voilà, Isidore: il suffisait de se laisser aller…
    Bardamu plaisante bien Zür!

    mai 25, 2008 à 10 h 19 min

  19. Vincent

    Le fameux (et « énervant ») point Godwin dont on a déjà parlé…

    Mais en même temps, comme le dit Isidore, ce sont des questions essentielles (quels garde-fous avons-nous pour éviter de tomber dans les horreurs qu’ont déjà fait naître des prémisses similaires ?) et je trouve que Bardamu les amène-là en rendant possible la discussion (mais bizarrement en commentaire d’un article qui proposait des « coups de gueule » davantage que des débats).

    Avant de poursuivre sur le sujet, cependant, j’aurais besoin d’éclaircir un point : Bardamu, veux-tu simplement — et ironiquement — nous faire bondir et rager (comme l’invite ouvertement ce « défouloir »), exprimes-tu là, au contraire, une crainte qui te hante (pour des raisons personnelles que nous ne saisissons pas) et que tu fais que « défouler » ou penses-tu vraiment que le danger que tu pointes nous menace ?

    Bref, quel dose de « sourire » contient ton commentaire ?

    mai 25, 2008 à 10 h 34 min

  20. Vincent

    Mince, la réponse était déjà écrite…
    (Bien ouéj, en tout cas !)

    mai 25, 2008 à 10 h 36 min

  21. Isidore

    Ahhh, c’est bon, ça… Pris en flagrant délit d’esprit de sérieux!!! Bravo Bardamu! Il va donc falloir qu’après ma cure de désintoxication et mon stage d’apprentissage de la lecture,… je prenne un peu de vacances. Beau programme en perspective!

    mai 25, 2008 à 10 h 37 min

  22. Vincent

    Bon… On a dit « pas de débats » exceptionnellement ici, mais ce serait bien, ailleurs, qu’on parvienne à discuter de ce sujet « brûlant » — en frôlant le point Godwin mais sans jamais l’atteindre, vous ne trouvez pas ?

    mai 25, 2008 à 10 h 39 min

  23. 120

    Ecrit par Christian Bobin (enfin, cité « de mémoire ») :

    « La vie est souvent grave, parfois légère, jamais sérieuse. »

    (L’éloignement du monde)

    mai 25, 2008 à 10 h 43 min

  24. Amélie

    Moi ce qui me met irrémédiablement hors de moi, ce sont les gens qui brandissent fièrement comme des valeurs absolues des notions très relatives, comme « la liberté » par exemple… en général il s’agit plutôt de « ma liberté », et je ne connais pas d’exemple où elle ne s’exerce pas au détriment de celle de quelqu’un d’autre.(cf article mai 68)

    mai 25, 2008 à 10 h 53 min

  25. BARDAMU

    Je me souviens du défunt « Forum Littéraire » créé à l’initiative de Simone Arous, à l’époque Directrice du Magazine Littéraire. Elle avait accepté avec candeur de jouer le rôle de modératrice de cette arène diabolique sans se douter du fait que les participants se répartiraient des rôles farfelus de manière empirique tout autour du monde. C’était fascinant, et sans limites…
    C’est la raison pour laquelle Simone a jeté l’éponge.
    Au revoir belle Simone.
    Compris Isidore ? La tentation ludique favorisée par la distance et l’anonymat (…) est bien trop forte pour qu’aucun n’y succombe jamais.
    Conclusion ? 15 / 0, et je suis au service: la « liberté » est un concept creux!

    mai 25, 2008 à 11 h 00 min

  26. Ourko

    Pour ce qui est des petits Nenfants, je tenterais bien — comme j’ai vu faire pour les poulpes — de battre la chair (contre un rocher) avant cuisson pour l’attendrir.
    Je compte bien sur le PP pour m’aider à « franchir le cap » culturel qui m’empêche d’oser accomplir ainsi mon profond désir. Vous admettrez, en effet, que la survalorisation/surprotection de l’enfance est une valeur toute « moderne » (donc relative), n’est-ce pas ?

    mai 25, 2008 à 11 h 02 min

  27. Vincent

    Il n’empêche, Bardamu, tu ne nous feras pas croire que ce n’était qu’une simple plaisanterie. On n’est pas aussi convainquant et documenté sur un sujet innocemment ! 😉

    mai 25, 2008 à 11 h 20 min

  28. BARDAMU

    Ainsi que je l’ai dit plus haut, la documentation est à la portée de tous, à condition d’aimer la lecture et d’ignorer les préjugès. C’est le jugement qui m’intéresse d’abord, l’esprit d’analyse et de relation ensuite.
    Quant à la force de conviction, il s’agit d’un art…
    Conclusion : 30 / 0 Bardamu au service ; Qui n’a pas eu son Brasillach ?

    mai 25, 2008 à 11 h 27 min

  29. Vincent

    Je fais une hypothèse, Bardamu : ce sont des « arguments » pervers qu’on te renvoie souvent (ou que « tu » te renvoies souvent comme une sorte de garde-fou), contre lesquels tu te bats depuis longtemps, et que tu t’es juste amusé à « défouler » ici. Je me trompe ?

    mai 25, 2008 à 11 h 28 min

  30. 120

    Ecrit par Henri Laborit sur la liberté :

    Au cours des nombreuses conférences que j’ai pu prononcer, les discussions qui ont suivi m’ont montré que la notion la plus choquante comme la plus difficile à admettre par un auditoire, qu’elle que soit la structure sociale de celui-ci, c’est l’absence de liberté humaine. La notion de liberté est confuse parce que l’on ne précise jamais en quoi consiste la liberté dont on parle, qui n’est alors qu’un concept flou et affectivement abordé. Notion difficile à admettre que l’absence de liberté humaine, car elle aboutit à l’écroulement de tout un monde de jugements de valeur sans lequel la majorité des individus se sentent désemparés. L’absence de liberté implique l’absence de responsabilité, et celle-ci implique à son tour l’absence de mérite, la négation de la reconnaissance sociale de celui-ci, l’écroulement des hiérarchies. Plutôt que de perdre le cadre conceptuel au sein duquel le narcissisme s’est développé depuis l’enfance, la majorité des individus préfère refuser tout simplement d’admettre la discussion sur le sujet.

    (…) A-t-on pensé aussi que dès que l’on abandonne la notion de liberté, on accède immédiatement, sans effort, sans tromperie langagière, sans exhortations humanistes, sans transcendance, à la notion toute simple de tolérance ? Mais, là encore, c’est enlever à celle-ci son apparente gratuité, de don du prince, c’est supprimer le mérite de celui qui la pratique, comportement flatteur empreint d’humanisme et que l’on peut toujours conseiller, sans jamais l’appliquer, puisqu’il n’est pas obligatoire du fait qu’il est libre. Pourtant il est probable que l’intolérance dans tous les domaines résulte du fait que l’on croit l’autre libre d’agir comme il le fait, c’est-à-dire de façon non conforme à des projets. On le croit libre et donc responsable de ses actes, de ses pensées, de ses jugements. On le croit libre et responsable s’il ne choisit pas le chemin de la vérité, qui est évidemment celui que nous avons suivi.

    (Ibidem)

    mai 25, 2008 à 12 h 29 min

  31. Isidore

    Je dois être très fatigué Bardamu, besoin de vacances sans doute, mais vraiment non, je n’ai pas compris ce que vous voulez me dire dans ce « Compris Isidore? »

    mai 25, 2008 à 19 h 31 min

  32. Isidore

    Bernard, donne nous ton point de vue sur la chose, ça me semble plus constructif que démolir celui de Vincent. Son point de vue m’intéresse tout autant que le tien. Le lecteur sait bien faire le tri de ce qui le concerne. Si tu veux débattre d’un point précis, SVP, ne t’énerve pas tout de suite, je n’en vois pas vraiment l’utilité… et ça plombe la conversation (cf mai 68).

    mai 25, 2008 à 20 h 50 min

  33. Amélie

    Tiens, je trouve ça intéressant, le lien entre liberté et responsabilité.

    mai 25, 2008 à 21 h 01 min

  34. Amélie

    J’ai au contraire l’impression que beaucoup utilisent (à tort) le mot de liberté pour s’affranchir d’une responsabilité. Etre libre signifierait se soustraire à toute contrainte, alors que la responsabilité est probablement la contrainte la plus lourde qui puisse peser sur les épaules de quelqu’un. Mais là, il faudrait peut-être revenir dans les commentaires de mai 68 (entre autres !)…

    mai 25, 2008 à 21 h 05 min

  35. Vincent

    Allez, crachons le morceau : J’ai un vrai souci avec la génération « soixante-huitarde »… Ils m’exaspèrent très vite (du moins certains d’entre eux, assez caricaturaux).

    Qu’ils aient cru à des chimères est une chose (qui pourrait cependant leur reprocher et assurer qu’il en est prémuni ?).
    Qu’ils laissent à leurs enfants un monde, à tout bien considérer, bien pire que celui qu’ils ont hérité de leurs parents en est une autre (mais là encore qui peut garantir faire à ce niveau-là mieux qu’eux ?).
    Non, ce qui m’énerve le plus (au point d’avoir besoin de venir cracher ma bile dans ce « défouloir ») est cette suffisance, cette arrogance qu’ils affichent en refusant toute critique et — surtout — toute légitimité à la génération suivante de « tenter autre chose », bref de faire avec eux ce qu’ils ont fait à leurs propres parents, persuadés qu’ils sont que « rien ne pourra monter plus haut qu’eux ».

    mai 25, 2008 à 22 h 32 min

  36. Ourko

    Oulah ! A ce point-là, c’est pas un simple « défouloir » qu’il te faut, Vincent, mais une vraie et profonde psychanalyse.
    Ton père, gauchiste, a fait les barricades, c’est ça ? Et ta mère était une féministe, adepte entre autre de Dolto ?
    Aïe aïe aïe… T’as pas eu de bol, vraiment, mais faut pas rester comme ça ! Consulte, sincèrement ! 😉

    mai 25, 2008 à 22 h 35 min

  37. Amélie

    Moi je suis excédée par les gens qui n’écoutent pas. Dans la même lignée (parce que ce sont souvent les mêmes) par ceux qui sautent à des conclusions hâtives et donnent des leçons magistrales.
    Ah et aussi pendant qu’on y est, j’en ai marre de ceux qui savent mieux que moi qui je suis et ce que je pense, et encore mieux, ce dont j’ai besoin.
    Et aussi ça m’énerve de ramasser dans toute la maison, le dimanche soir, les tasses, petites cuillères, vêtements divers, chaussures, bouts de papier et jouets, laissés par les autres habitants.
    en vrac,mais va y en avoir d’autres, c’ets sûr après une semaine fatigante et un week-end pas reposant…

    mai 25, 2008 à 23 h 02 min

  38. moi j’en ai ras le bol du ministère du code de la route … Nous retapons notre appart’ en ce moment, ce qui est agréable au son de la radio. Sauf ces maudites pubs où j’ai l’impression d’avoir 5 ans. Désolé mais je ne sauverai pas Véronique, 37 ans, assistante pharmacienne, mère de deux enfants. Et je n’ai rien contre Roger, maçon de 41 ans qui ne met pas sa ceinture.

    mai 25, 2008 à 23 h 29 min

  39. Ah ouais, et Renaud aussi me débite par les trous de partout depuis qu’il chante les bobos. Renaud, t’es qu’UN VENDU depuis que tu gagnes du pognon. Ta rédemption ne m’intéresse plus. T’avais ta place ici quand tu te demandais où t’avais mis ton flingue, alors que maintenant, t’es qu’UN VENDU !!

    mai 25, 2008 à 23 h 31 min

  40. Renaud et 68-tards : même combat !

    mai 25, 2008 à 23 h 32 min

  41. et j’en ai marre aussi du clochard qui mendie près du distributeur d’argent …

    Le fric que je tire, je l’ai pas volé, on peut même dire que je galère pour le gagner, donc c’est pas honnête de le réclamer juste au moment où je le met dans ma poche.

    mai 25, 2008 à 23 h 34 min

  42. Désolé les petits amis, mais je n’ai encore pas l’humour de Bardamu, et pour moi cette rubrique, je la prend 1er degré à fond !

    mai 25, 2008 à 23 h 36 min

  43. BARDAMU

    Ce n’est pas grave Yatsé, la distance nécessaire vient avec le temps; « la rosée du matin enrichit le bonze » (Confucius)

    mai 26, 2008 à 7 h 38 min

  44. BARDAMU

    Rectification;
    « La rosée du matin réjouit le moine », ce qui revient exactement au même dans les faits.

    mai 26, 2008 à 8 h 10 min

  45. Amélie

    J’en ai marre des gens qui ne laissent pas de place au silence, qui remplissent tout frénétiquement de gestes, de sons, de bruit… (juste en passant, rien à voir avec le schmilblick)
    Ca va avec ceux qui parlent en s’écoutant parler d’ailleurs
    et ceux qui interrompent les gens
    et ceux qui crient pour couvrir ma voix dans une discussion….

    mai 26, 2008 à 16 h 18 min

  46. BARDAMU

    Il faut tout de même que nous parvenions à sourire, vous ne croyez pas? Amoins que le chose soit interdite sur ce blog. Tentons tout de même l’expérience…
    Tenez ! Je vais vous donner matière à controverse.
    Chacun connaît la recette fatale des « spaghetti a vongole », mais ma question sera la suivante : faut-il, ou, ne faut-il pas incorporer au fond de sauce des anchois.. ?
    Ah, aaaaaaaaaaah !
    Suis-je au niveau des compréhensions moyennes ou dois-je élever le débat ?
    Fort bien.
    J’ai beaucoup entendu « parler » sur ce blog de Jean Baudrillard. C’est parfait. L’éditeur du bonhomme est très content, et moi aussi qui ai séché ses cours parce qu’il était barbant mais ne peux me défaire d’un petit sentiment de culpabilité. D’où ma question ; quel est le poids de la pertinence des raisonnements de Baudrillard en regard de la rondeur des personnes qui m’interdisaient élégamment de traverser le bois de Vincennes pour le rejoindre ?
    Ah, aaaaaaaaaaaaaaaaah !
    On se perd en conjectures, n’est-ce pas ?
    La réponse est pourtant fort simple : LA PEDAGOGIE !
    En effet, dans les deux cas de figure l’anchois, comme la morue, sont affaire de présentation.
    C.Q.F.D.

    mai 26, 2008 à 17 h 11 min

  47. Barbarella

    PTDRRRRRR

    mai 26, 2008 à 17 h 18 min

  48. BARDAMU

    Veuillez excuser mon grand âge, Barbarella, mais cette onomatopée me laisse perplexe. Aurai-je droit à une traduction?

    mai 26, 2008 à 17 h 38 min

  49. Isidore

    Prout, Tralala, Dingding, Rigolons; Rigodon, Rigolez, c’est Révolu mes Rognons, la Révolution!!!

    mai 26, 2008 à 17 h 49 min

  50. BARDAMU

    Mon cher Isidore, tentons de ne pas être hermétiques. Ils n’ont pas plus lu « Rigodon » qu’ils ne savent le danser. Je redoute en revanche la volée de citations que Vincent ne va pas manquer de nous envoyer…
    Baissons la tête…
    Ca arrrrrrrrrriiiiiiiiiiiiiiiiiveu !

    mai 26, 2008 à 18 h 12 min

  51. Amélie

    J’aime pas non plus les gens qui n’essaient pas au moins d’abandonner un peu le rôle qu’ils jouent.
    Je n’aime pas le jeu des apparences, des « je vais passer pour quoi », des « que va-t-on penser de moi » etc
    Je n’aime pas les gens qui récitent sans peser à chaque fois, chacun des mots qu’ils emploient.
    Je déteste le mensonge (sous toutes ses formes)
    Je déteste la suffisance
    Je déteste les jours où ma tête s’emballe et où rien ne vient l’arrêter à part le mur
    Je déteste mon anatomie
    J’aime vraiment pas être myope et si j’avais des sous je me ferais opérer (quand je pense qu’il y en a qui ont les moyens de se faire refaire les seins!)
    J’aime pas du tout les appels de phares des camionneurs sur l’autoroute : on a beau m’avoir expliqué que c’était parce qu’ils voyaient nos cuisses quand on les doublait, je continue à vérifier que mes portes sont fermées, que j’ai toujours 4 roues, que mes phares fonctionnent correctement, qu’une fumée noire ne s’échappe pas de mon pot d’échappement… un de ces jours je vais me prendre le talus à cause de ces cons !

    mai 26, 2008 à 21 h 21 min

  52. 120

    Ecrit par Joris-Karl Huysmans (pour faire plaisir à Bardamu) :

    « Il végétait, superfétatif et désuet, dans une société que les rigaudons des concerts amusent. »

    (Là-bas)

    Désolé, je n’ai rien trouvé d’autre ! 😉

    mai 26, 2008 à 22 h 38 min

  53. BARDAMU

    Petit cadeau à Vincent (et aux autres !), dont le propos me rappelle étrangement certain ouvrage paraît-il épuisé…

    MERCREDI – Déjeuner

    C’est donc le jour de la volaille (poulet de grain, canard, pintade, gibier, etc… voire une fine paire de pigeonneaux, au saut du nid le pigeonneau). Toute la volaille à la broche ! A la broche nom de Dieu ! – Si tu n’as pas de broche, pends-toi ! « ou qu’un beau désespoir alors te barbecue ! » (Corneille) – et au bout du compte royalement flambée au lard ; dans la volaille il n’y a qu’une couleur : les rousses.

    Les snobs font fi de la sanquette. Pour moi, c’est l’élixir. La sanquette et la crête sont les meilleurs morceaux. A la maison, dans mon enfance, maman me les réservait toujours. Mais la sanquette à point, salée au coup de couteau, poëlée tambour battant « le temps d’aller jusqu’au feu », dit ma sœur Marie, encore toute crêpue…
    Au bout d’une demi-heure la sanquette ne serait plus qu’une vieille savate

    Mais existe-t-il encore de par le monde un honnête poulet de grain, j’entends vraiment nourri au grain toute sa vie (et non comme les meilleurs le font, 15 jours avant le sacrifice), d’âge adolescent (trois mois maximum), de race charnelle et non pondeuse, saigné de main de maître et non cou coupé, plumé à doigt de fée et non à l’eau bouillante (laisse la mouille-molle aux pedzouille !). Si oui, donnez-moi l’adresse !

    mai 27, 2008 à 7 h 07 min

  54. BARDAMU

    J’ai omis de rendre à César…
    La cuisine du mercredi était de Jospeh Delteil « la cuisine paléolithique », quant à « Rigodon » il s’agit bien sûr de l’ouvrage de Céline(collection folio peut-être chez e.bay)

    mai 27, 2008 à 8 h 03 min

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