"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

La rencontre des « Grands Esprits »

On a beau se tourner sur le passé — se prétendre même « préhisto » — on n’en est pas moins visionnaires au PP.

La preuve ?

Depuis notre résurgence, on vous a déjà parlé de Préhistoire, de Postmodernité, de plantes sauvages (donc de François Couplan), etc.

Et bien devinez ce qu’on trouve depuis aujourd’hui en librairie…

Extrait de la 4e de couverture :

« Devenez à votre tour un sauvage postmoderne et portez-vous mieux en suivant les conseils quotidienbs d’un grand amoureux de la Terre ! »

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32 Réponses

  1. Ourko

    J’espère au moins que le PP avait pensé à déposer le copyright. Yatsé ?

    avril 14, 2008 à 19 h 36 min

  2. Vincent

    Bon évidemment, sur la couverture c’est le sous-titre qu’il faut lire car sinon la « Nature » — et plus encore le « Salut » — faut bien dire que c’est pas très préhisto !

    avril 15, 2008 à 7 h 49 min

  3. Quelle coïncidence ! 😯

    et quel dommage pour le © on aurait pu faire des millions … des millions de quoi d’ailleurs ? de kopek ?

    et tu l’as acheté, Vincent ?

    avril 15, 2008 à 8 h 11 min

  4. Vincent

    Oui, et je suis en train de le lire (c’est un livre d’entretiens, donc ça se lit vite). Je vous livrerai ici les « meilleurs moments » si vous voulez (je veux dire ceux qui nous concernent le plus).

    avril 15, 2008 à 8 h 57 min

  5. Vincent

    Bernard avait vu juste dans son premier commentaire de l’article « Mangez préhisto ». Couplan n’aime pas trop les jardiniers, ou du moins peut donner à la première lecture cette impression. Il considère en effet que l’origine des problèmes actuels (en matière écologique s’entend) est à trouver non pas dans la Modernité récente mais dans la « révolution néolithique » (donc le début de l’agriculture). C’est plus récent, en fin de compte (moins osé ?), que l’invention du feu qu’aimait à condamner Brassens à l’origine du PP (voir article : Petite histoire du Parti préhistorique) mais c’est fichtrement intéressant tout de même.

    avril 15, 2008 à 19 h 04 min

  6. Oui, Couplan (dont j’ai encore feuilleté un livre cet après-midi) n’aime pas trop les jardiniers. Cette impression est très forte lorsqu’on le lit. Tout jardinier qui se respecte se sent touché au vif par les propos de Couplan. Voilà sûrement pourquoi ma réaction a été vive.
    Cela dit, ce que j’avais surtout voulu dire, c’est que pour l’homme moderne complètement déconnecté de la nature, il me semble impossible de brûler les étapes et d’arriver à la cueillette de plantes sauvages sans passer par cette étape qu’est le jardinage. Si Couplan tient à inciter les gens à cueillir des plantes sauvages, il ne faut surtout pas qu’il dise le moindre mot contre la pratiques du jardinage … même s’il le pense, cela irait à l’encontre de son but recherché.

    avril 15, 2008 à 19 h 24 min

  7. Vincent

    Il dit en fait ceci, concernant la cueillette et le jardinage :

    « (…) En fait, ces deux activités ne sont pas nécessairement incompatibles, l’équilibre est possible. C’était le cas, par exemple, chez de nombreux Indiens d’Amérique et je les ai vues harmonieusement coexister en Amazonie, en Afrique équatoriale ou dans le Sud-Est asiatique. Au Laos, les champs des montagnards consistent en clairières de taille limitée, cultivées pendant quelques années, que l’on laisse ensuite retourner à l’état de forêt. L’agriculteur européen prendrait leurs jardins pour une friche innommable ! Les végétaux poussent de tous les côtés, hors de tout rang, vingt ou trente espèces différentes s’entremêlent… Une poule n’y retrouverait pas ses petits. Les gens du cru n’hésitent d’ailleurs pas à utiliser les plantes qui viennent toutes seules, ce que nous autres Occidentaux arracherions comme « mauvaises herbes ». En même temps,la cueillette des végétaux sauvages forme une activité quotidienne et représente une importante source de nourriture. (…) Il n’est certes pas question de retourner à l’ « âge des cavernes », mais de tirer des leçons du passé afin de mieux vivre le présent et de laisser à nos enfants la possibilité d’un futur. (…) »

    (La nature nous sauvera, réponses préhistoriques aux problèmes d’aujourd’hui, Albin Michel, 2008)

    avril 15, 2008 à 19 h 44 min

  8. Vincent

    Après, il dit ausi des choses plus « trash », mais bon… qui n’accusent pas les jardiniers d’aujourd’hui, comme :

    « Dans la première graine mise en terre se trouvait le germe de la bombe atomique ! »

    (Moi ça me plaît bien , ce côté « punk » 😉 )

    avril 15, 2008 à 19 h 55 min

  9. Perso, j’ai déjà pas le premier stade du jardinier …
    Bernard, par où on commence?

    avril 15, 2008 à 20 h 13 min

  10. 120

    Ecrit par : François Couplan

    « (…) Les conséquences de la mise en culture du sol sont immenses. Une profonde ambiguïté s’est rapidement manifestée entre la vénération de la déesse et le désir de contrôle sur la nature — et de quelques humains sur les autres. En quelques millénaires, la société égalitaire se transforme radicalement en un monde dominé dans tous ses aspects par la violence du mâle, ainsi que le démontre Riane Eisler dans son ouvrage fondamental, The Chalice and the Blade. Nous vivons encore pleinement aujourd’hui cette dichotomine masculin-féminin et les valeurs de paix et de douceur, auxquelles pourtant chacun aspire, sont quotidiennement bafouées par les multiples manifestations de la force brute. Ce n’est pas pour rien si certaines peuplades, tels les Aborigènes d’Australie, ont refusé toute forme d’agriculture, qu’ils assimilent au viol de la Terre mère. C’est une position radicale, mais compréhensible lorsque l’on prend conscience de tout ce qu’a entraîné le passage à l’économie rurale.

    *

    Robert Ardrey soutient que l’un des grands événements du pléistocène fut l’avènement du « primate tueur » qu’expliquerait une dégradation climatique, la sécheresse ayant contraint le précurseur de l’être humain à une mutation : tuer ou mourir. C’est possible, mais le chasseur vivant dans la nature développe une véritable relation avec l’animal à qui il va donner la mort. Ainsi, en quelque sorte, l’animal s’offre-t-il à l’homme qui le considère avec révérence. Les choses changent avec le passage du paléolithique eu néolithique, qui signe aussi celui de la chasse à l’élevage. Soudain l’homme se trouve en situation de dominateur absolu, et le prédateur devient bourreau. La charnière entre l’un et l’autre coïncide avec la sédentarisation, avec la ville, avec les attributs désormais classiques de la « civilisation » : palais, casernes, temples, abattoirs, prisons et mauvais lieux…

    *

    La doctrine judéo-chrétienne place l’être humain au centre du monde et lui donne le pouvoir absolu sur la création. Elle a donc institutionnalisé la destruction de la nature. Le dieu de l’Ancien Testament confie à l’homme la mission de devenir le maître de tout ce qui l’entoure : « Emplissez la terre et soumettez-la, dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. » Un peu plus tard, Yahvé en rajoute une couche en ordonnant à Noé : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre. Soyez la terreur de tous les animaux de la terre. » Née d’une civilisation d’agriculteurs et d’éleveurs, la Bible me semble être avant tout une justification de la domination de la nature par l’humanité. Tout cela s’avère quand même très gênant et il n’est pas difficile d’y trouver la cause des problèmes qui aujourd’hui sont devenus évidents à un nombre croissant de nos contemporains.

    *

    etc.

    (opus cité)

    avril 15, 2008 à 20 h 25 min

  11. Ourko

    Faut pas oublier que pensée « radicale » ça veut dire : pensée… « qui a des racines » !!!

    avril 15, 2008 à 20 h 27 min

  12. enfin, on se sent pas très prédateur ni bourreau quand on achète dans un supermarché, son steack en barquette …

    avril 15, 2008 à 20 h 34 min

  13. Vincent

    Moi non plus, Yatsé, j’ai pas passé le premier degré… pourtant j’ai essayé (à l’époque où je vivais dans un petit village du Haut-Doubs), dans l’idée j’étais motivé, mais je ne suis jamais parvenu à « passer à l’acte ».

    C’est là où je pense que Bernard se « plante » (un mot qui ne devrait pas trop lui déplaire) quand il dit que Couplan n’atteindra pas son but (à supposer qu’il en ait un autre que celui qu’il a déjà atteint) s’il continue de critiquer le jardinage.

    Il y a en effet — je crois — déjà pas mal de monde qui n’a pas la chance (ou la « charge ») de posséder un terrain. Mais il y en a surtout beaucoup qui — même en en ayant un — n’ont pas le courage (ou la simple « rage ») suffisant(e) pour dégager la force de travail nécessaire pour s’en occuper.

    Couplan, lui-même, est de ceux-là qui raconte (toujours dans le même ouvrage) :

    « J’avais essayé de cultiver un potager (…) Mais cela nécessite beaucoup trop de travail ! C’est un boulot fou de cultiver, un labeur de forçat ! Pourquoi l’homme s’est-il donc mis à travailler la terre ? J’ai appris plus tard qu ele chasseur-cueilleur passe environ trois heures par jour à trouver sa nourriture. Alors que, quand on cultive, il faut consacrer à l’acquisistion de ses aliments un temps infiniment supérieur. Quel en est l’intérêt ? De toute façon, not société actuelle génère tellement de besoins matériels à satisfaire, que l’on ne fait plus guère que besogner à outrance, pour pouvoir ensuite s’adonner à des loisirs coûteux afin d’oublier que le plus souvent, on travaille… »

    Chacun son truc, donc : le jardinage si t’es un « bosseur », la cueillette si t’es un « glandu », un peu des deux si t’es… un peu des deux. 😉

    avril 15, 2008 à 20 h 45 min

  14. Vincent

    On ne se sent pas « bourreau », c’est vrai… mais tout de même un peu « maquereau », non ?

    avril 15, 2008 à 20 h 47 min

  15. Yatésé, c’est parce que tu n’es pas dans la norme … mais je pense que pour la plupart des gens, il faut un stade intermédiaire. Je connais une quinzaine de personnes qui vont cueillir les pissenlits dans les prés, ils sont tous jardiniers.

    avril 16, 2008 à 4 h 53 min

  16. En fait, ma question portait plutot sur comment acquérir déjà les bases du jardinage, et vu que tu es bon jardinier, que tu pouvais peut-être m’aider ?

    avril 16, 2008 à 13 h 18 min

  17. Vincent

    Avant que Bernard te réponde, Yatsé, faut sans doute déjà que t’aies au moins un bout de terrain, ou des jardinières (quelque chose me dit que ça devrait plaire à Bernard, ça, les « jardinières »).

    avril 16, 2008 à 14 h 37 min

  18. Comme le rapporte Vincent, Couplan écrit : « J’ai appris plus tard que le chasseur-cueilleur passe environ trois heures par jour à trouver sa nourriture. Alors que, quand on cultive, il faut consacrer à l’acquisition de ses aliments un temps infiniment supérieur. »
    Désolé, mais ces chiffres sont erronés. Je cultive (quasiment) toutes les plantes (fruits et légumes, mais pas les céréales pour faire mon pain) que je consomme et je n’y passe pas infiniment plus de trois heures en moyenne par jour mais plutôt une douzaine d’heures par semaine et sept mois par an seulement.Ce n’est donc pas plus, voire même plutôt moins, que le temps passé par le cueilleur pour se nourrir.

    avril 16, 2008 à 22 h 55 min

  19. Ourko

    Finalement, ce serait donc le jardinier le fainéant ?

    avril 17, 2008 à 0 h 21 min

  20. effectivement le terrain en appartement, c’est plutot rare… mais je pense que je vais essayer de faire pousser des géraniums pour cet été. on dit qu’ils font reculer les moustiques.

    avril 17, 2008 à 0 h 21 min

  21. J’ai des moustiques à la maison. Et curieusement, je n’ai pas de géraniums. Tu es sûr Yatsé, que c’est pas les moustiques qui empêchent l’arrivée des géraniums ?

    avril 17, 2008 à 8 h 16 min

  22. La question de Yatsé concernant l’acquisition des bases du jardinage est difficile. Je n’élude pas cette question, il faut que je mette en ordre mes idées sur la question. Soit j’essaierai d’y répondre dans quelques jours sur ce blog, soit j’en ferai un article complet sur mon blog.
    La seule certitude que j’ai pour l’instant, c’est que la pratique du jardinage relève probablement d’un véritable choix de vie (avec toutes les joies et les contraintes que cela sous-entend).
    Sinon, effectivement Vincent commence à me connaître un peu, pour les « jardinières » donc je suis preneur …

    avril 17, 2008 à 8 h 24 min

  23. Vincent

    Oh, oui ça serait une bonne idée (en plus je suis sûr que tu as encore plein de temps libre disponible que tu ne sais pas comment occuper) : une chronique pour « urbains », régulière et progressive, sur les premières bases de culture potagère sur jardinière.
    Chaque semaine un nouveau truc à faire, ou apprendre, ou expérimenter… et on confronte nos résultats.

    avril 17, 2008 à 14 h 26 min

  24. Vincent

    Et si le « truc » fonctionne, l’année prochaine on commercialise le concept et tu n’as plus besoin de bosser, Bernard : tu fais ça, payé, depuis chez toi, et tes petites graines seront bientôt sur tous les balcons de la planète.
    Avec le succès que tu obtiendras, si ça se trouve tu auras même ensuite plein de propositions pour diffuser… d’autres petites graines !
    😉

    avril 17, 2008 à 14 h 30 min

  25. Finalement, je me demande s’il n’y a pas des gens qui sont foncièrement « cueilleurs-chasseurs » et d’autres qui seraient « cultivateurs/éleveurs ». Ce qui voudrait dire que c’est à chacun de rechercher sa vraie nature profonde. Et ce qui voudrait dire aussi que l’idée que j’avais défendue, à savoir qu’on ne peut se passer du stade intermédiaire de pratique du jardinage, est peut-être entièrement fausse.

    avril 18, 2008 à 10 h 17 min

  26. Vincent

    Abel et Caïn, toujours recommencés, tu veux dire, Bernard ? Dur d’admettre tout de même qu’ils ne vont pas un jour cesser de s’entretuer et parvenir — enfin — à se réconcilier !

    avril 19, 2008 à 17 h 52 min

  27. Vincent

    En tout cas, François Couplan (puisque c’est de lui qu’on parle ici) est fondamentalement de l’autre bord (celui d’Abel), mais il pense toutefois comme toi que le « passage par le jardinage » est sans doute nécessaire (car peut-être faut-il avant tout réconcilier les 2 frères « en soi »).

    Je cite — encore — un passage de son dernier ouvrage :
    « (…) La nature sauvage est, pour les religions monothéistes, un désordre infâme et inquiétant, que l’être humain doit organiser de façon cohérente et rassurante. Et pour cela, tous les coups sont permis. C’est, à mon avis, une manière de voir les choses qui sert à justifier le viol de la Terre par l’homme pour y faire pousser ses propres végétaux. (…) C’est en tout cas une vision récente, et que ne partagent certes pas les chasseurs-cueilleurs. Je pense plutôt que la mission de l’humanité, si je tente de l’exprimer en mots, est de devenir la conscience de la nature. Et cela ne peut sans doute se faire qu’à travers un passage par le « jardinage » car la coupure est nécessaire pour que justement, naisse la conscience. (…) »

    (La nature nous sauvera, réponses préhistoriques aux problèmes d’aujour’hui, Albin Michel, 2008)

    avril 19, 2008 à 18 h 03 min

  28. Amélie

    Bernard, si je mets à la disposition de vincent quelques mètres carrés d’une terre quasiment inexploitable, tu l’aides à relever le défi ? (au moins pour faire pousser quelques représentantes d’espèces presque disparues)

    avril 19, 2008 à 19 h 29 min

  29. OK sur le principe, mais « commencer par une terre quasiment inexploitable », c’est pas un peu trop dur pour Vincent ? Et il est maintenant difficile de commencer avant le printemps prochain si la terre n’a pas été retournée à l’automne …

    avril 20, 2008 à 9 h 22 min

  30. Amélie

    Ben… je n’ai rien de mieux à proposer !
    Mais le mieux serait que tu passes faire un audit. (je prévois la bière…)
    Enfin… si l’un et l’autre avez envie de relever le défi, bien sûr. Mais il paraissait étonné que je n’aie jamais réussi à y faire pousser quoi que ce soit. hm.

    avril 20, 2008 à 9 h 49 min

  31. Amélie

    « trop dur pour Vincent » ??!!! Tu l’as déjà vu ne pas aller au bout de quelque chose depuis le temps que tu le connais ???

    avril 20, 2008 à 9 h 51 min

  32. Vincent

    Dis, Bernard, 12 h par semaine, c’est en gros le temps que tu as toujours passé dans ton potager… ou celui que tu passes maintenant, après en avoir, au début, passé beaucoup plus ?
    Quelque chose me dit que le jardinage est une passion facilement dévorante et qui joue sur des pulsions qui peuvent nous inciter très souvent à en « faire trop ».

    avril 20, 2008 à 10 h 54 min

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