"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Nuits sauvages

Nous sommes quelques-uns, depuis plusieurs mois désormais, à pratiquer les « nuits en forêt ».

Le principe est simple : de façon régulière (pour l’instant tous les mois), nous partons tout bêtement dormir au coeur d’une forêt, si possible « à la belle étoile ».

Nuit en forêt du 16 au 17 février (Bouverans)

Plusieurs formules ont déjà été expérimentées : en petit ou grand groupe, avec ou sans enfants (de 4 à 15 ans), avec ou sans feu, au hasard ou dans un lieu repéré au préalable, en plaine ou en montagne, proches les uns des autres ou en s’isolant au moment de se coucher, etc.

Le but ? Heu… Se ressourcer en reprenant contact avec un peu de verdure, sans doute, vu que nous sommes tous plus ou moins urbains, mais aussi – et c’est pour cela que cette lubie a sa place ici – se reconnecter avec ce qu’on pourrait appeler les « espaces sauvages intérieurs » qui ne manquent pas de ressurgir dès que la lumière décline sous les frondaisons et que l’on abandonne la conscience de veille pour se laisser couler dans les bras de Morphée.

C’est amusant (et peut-être symptomatique), à ce propos, toutes les réactions – plus ou moins rationnelles – que suscite généralement l’évocation de cette pratique somme toute assez anodine. Nul doute, en tous cas, que tout postulant au Parti Préhistorique doit avoir, de cette façon ou d’une autre, au moins une fois franchi sa crainte du froid, du noir, des petites ou des grosses bêtes, des chasseurs et des fantômes, etc…. avant de pouvoir recevoir sa carte de membre à part entière.

Publicités

37 Réponses

  1. Vincent

    Pour ceux que ça intéresse, un petit aspect technique : notre matériel de base se compose de :
    – une bâche plastique de 4x4m environ (10 euros à Décathlon,) qui sert de tapis de sol, avec oeillets aux coins pour faire pare-vent en cas de bise glacée (cf. photo) ou protection succincte en cas de pluie.
    – un duvet « 5° » (30 euros chez Décathlon).
    – une couverture de survie plastifiée (environ 4 euros).
    – une lampe « tempête » (et/ou frontale)

    Pour affronter des températures hivernales pouvant descendre aux alentours de -10°, on ajoute deux couvertures (une dessous, une dessus) et surtout une bonne fourrure polaire et un indispensable bonnet (c’est en effet par la tête que se perd la majeure partie de la chaleur, d’où le dicton « préhistorique » bien connu : « si tu as froid aux pieds, couvre-toi la tête. »). Les enfants dorment alors avec le même équipement mais regroupés et dans une tente.

    Avec tout ça, honnêtement, c’est carrément « grand confort ».

    février 26, 2008 à 21 h 51 min

  2. François Terrasson

     » (…) Administrer une dose de nature très puissante se révèle être un des moyens principaux des grands courants magico-religieux, même s’ils n’ont pas pour objet l’adoration de la nature. Toujours, il y a la recherche de lieux impressionnants, qui créent un choc au coeur (…)
    Le carburant des moteurs de la magie, de la sorcellerie et de la religion est, bien sûr, ce qu’on pourrait appeler l’énergie émotionnelle. (…) Et cette puissance peut être bonne ou mauvaise, positive ou négative. Ou, peut-être, comme la nature qui la provoque, n’a-t-elle rien à voir avec de telles catégories.
    (…) Cette transformation consiste dans le passage d’un état conscient, clair, intellectuel et rationnel à une autre dimension plus trouble, moins consciente et chargée de toute puissance des désirs et des passions.
    (…) La main de la nature appuie sur un interrupteur caché dont nous n’avons pas la commande. Elle ouvre les vannes de l’inconscient.
    Une revue des techniques et des lieux utilisés par les sociétés traditionnelles pour libérer cette partie obscure de l’esprit afin de s’en servir, montre à quel point la nature y est partie prenante. (…) »

    (La peur de la nature, Le sang de la terre, 1997)

    février 26, 2008 à 23 h 16 min

  3. amélie

    Méfiance, quand-même. Les nuits en forêt doivent nous faire sécréter des hormones style endorphines ou sérotonine, parce qu’elles deviennent rapidement addictives. Difficile de ne s’en tenir qu’à LA nuit mensuelle. Et si le retour à son chez-soi douillet était vécu comme un petit bonheur les premières fois, on est de plus en plus tentés de rester à l’ombre des grands arbres…

    février 27, 2008 à 8 h 47 min

  4. Ourko

    Fibres polaires, couverture en aluminium, bâche plastique, lampe électrique, duvet synthétique, etc…, si j’ai bien tout suivi, elles sont davantage « postmodernes » (“ (…) La synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique. (…)”) que « préhistoriques », vos nuits sauvages, non ?

    février 27, 2008 à 9 h 29 min

  5. Isidore

    Fort intéressant, ton article, Vincent, qui pose la délicate question de « la nature » aujourd’hui. L’opposition « nature-culture » que, communément, on évoque dès qu’on aborde le sujet, et qui voudrait caractériser une opposition « homme-nature », ou alors l’existence d’une prétendue Nature vierge de toute intrusion humaine, me paraît symptomatique du même grand flou dans lequel le monde contemporain a plongé.

    Je ne pense pas qu’il y ait une quelconque « nature » en soi, mais plutôt que ce terme désigne le type de relation qu’on établit et qu’on pratique avec les plantes, les animaux, les paysages,les saisons, son propre corps, la terre … et finalement tout ce qui évoque un monde qui échappe à la toute puissance humaine mais auquel on se sent et se constate irrémédiablement lié et dépendant du simple fait de notre « nature charnelle ».

    Lorsque j’entends dire que « la nature, c’est fini aujourd’hui », que  » le triomphe de l’urbanité relègue au placard toutes les velléités à vouloir se rapprocher de la nature », que, « l’ancienne nature de nos ancêtres paysans n’est plus qu’un espace environnemental plus on moins protégé et muséifié pour citadins nostalgiques d’un passé révolu et désuet »,je me dis que: Ô voilà une bien belle friche à débroussailler et à pénétrer d’un peu d’une pensée qui semble l’avoir bien désertée!

    Il y sans aucun doute, aujourd’hui, nécessité de réinventer un nouveau rapport avec cette fameuse Nature, mais je ne pense pas que ce soit ni si compliqué que ça, ni si extraordinaire ou mystérieux, porteur de puissances enfouies dans notre inconscient et si familiers à nos lointains ancêtres préhistoriques ou pas, mais plutôt à mettre en pratique, tout bêtement.

    En ce sens, je trouve votre idée fort sympathique et de bon sens car elle suffit déjà pour évacuer nombre de fantasmes en se coltinant à une réalité qui suffit pour retrouver nombres de terreurs, joies et autres fondamentaux ritualisés ou pas des sociétés « primitives ».

    Il me semble cependant que, pour se laver le cerveau de toute la fantasmagorie actuelle qui provient avant tout du manque de contact réel et de la toute puissance d’une imagination livrée à elle même, pour se débarrasser des tentations d’idolâtrie de la Nature en lui attribuant des vertus et des pouvoirs d’autant plus extraordinaires qu’ils sont extravagants, et plus simplement pour retrouver les fondamentaux de nos savoirs du corps , il suffit d’en exercer les facultés par un entrainement à l’intérieur d’une réalité où le contact avec les plantes, les animaux, son propre corps, les paysages, etc… devient nécessaire et incontournable. Sinon, il ne peut s’agir que d’une activité faussement ludique, frivole, propice à se métamorphoser en spectacle et fantasmagories de toutes sortes.

    février 27, 2008 à 9 h 35 min

  6. Alain

    Alors là il faut zieuter un peu Henry David Thoreau

    Henry David Thoreau (né David Henry Thoreau le 12 juillet 1817 à Concord dans le Massachusetts aux États-Unis, décédé le 6 mai 1862 également à Concord) est un essayiste, philosophe, mémorialiste et poète américain. Il est surtout connu pour Walden, ses réflexions sur une vie simple loin de la technologie, dans les bois, ainsi que pour La Désobéissance civile, où il argumente l’idée d’une résistance individuelle à un gouvernement jugé souvent injuste.

    Les livres, articles, essais, journaux et poésies de Thoreau remplissent vingt volumes. Parmi ses contributions les plus importantes on trouve ses écrits sur l’histoire naturelle et la philosophie, où il anticipe l’écologie et l’histoire environnementale, deux des sources de l’environnementalisme et des tenants de la décroissance aujourd’hui.

    février 27, 2008 à 10 h 04 min

  7. Vincent

    Certes, Ourko, certes…

    En y réfléchissant après coup, je me rends compte qu’elles ressemblent en fait beaucoup aux « nuits Terrasson » qui avaient en leur temps (fin des années 90) pas mal secoué notamment des structures d’éducation à l’environnement.

    Je rappelle brièvement l’histoire :
    En publiant La civilisation anti-nature et La peur de la nature, un maître de conférence au Museum national d’histoire naturelle, François Terrasson, affirmait, à l’aide d’une argumentation radicale mais convaincante, que l’éducation à l’environnement est, en soi, « impossible », du moins dans un langage intellectuel et rationnel.

    « Dans les sociétés modernes occidentales, la nature et l’émotion ont un peu le même statut. Les gens ressentent les émotions comme une part de nature en eux, quelque chose qui surgit, quelque chose de spontané comme on imagine la nature extérieure. Et probablement comme nous sommes dans une société qui détruit la nature, nous sommes sans doute aussi dans une société qui ne connaît pas très bien les émotions, en tout cas qui les refoule. Donc je pense que l’éducation à l’environnement qui doit s’adresser aux profondeurs émotionnelles de l’individu, s’adressera dans notre culture à une partie refoulée de la personne. Donc, ce sera toute une action presque psychothérapeutique qu’il faudra entreprendre pour atteindre cette part émotionnelle que peu de gens sont habitués à laisser épanouir. Or, à ce moment-là, il faut voir que, changer les modèles culturels d’une société, c’est autre chose que de faire un cours, dans une classe, sur l’environnement. C’est pour cela qu’on peut se demander si on va pouvoir y arriver parce qu’en analysant plus avant ces phénomènes, on découvrira que le statut des émotions est lié, non seulement au statut de la nature, mais aussi à quantité d’autres statuts. Il est lié certainement à celui des artistes, à celui des enfants qu’on estime être à peine sortis de la nature. Enfin, tout cela veut dire que pour changer quelque chose en matière d’environnement, il faudra changer quelque chose dans les bases psychologiques qui sous-tendent la culture. C’est-à-dire au niveau le plus difficile, et dont l’existence est pour beaucoup à peine soupçonnée. Je pense donc que la raison fondamentale qui nous empêche de réussir une éducation à l’environnement c’est la très mauvaise connaissance dans l’humanité du registre des émotions et l’état tout à fait primitif dans lequel est leur gestion. Je pense d’ailleurs, qu’on pourrait élargir ce point de vue à tout ce qui se passe non seulement dans les relations avec l’environnement naturel, mais aussi à ce qui touche l’environnement humain, puisque nous sommes quand même sur une planète où tout le monde s’étripe joyeusement. Donc, ces conditions extrêmement primitives au niveau des émotions sont un blocage extraordinaire. » (in La peur de la nature)

    Il préconisait du coup une solution proche des techniques d’initiation traditionnelles : lâcher les individus seuls la nuit en forêt, les laisser affronter (et pour certains dépasser leurs peurs et/ou autres émotions vives qu’ils éprouvaient forcément) et simplement venir les chercher le lendemain matin en espérant les retrouver quelque part transformés.

    février 27, 2008 à 10 h 05 min

  8. Vincent

    Je ne suis pas surpris que tu trouves cette idée « forte sympathique », Isidore, étant donné que – pour rendre à Cés… heu… Vercingétorix ce qui est à Vercingétorix – c’est je dois l’avouer un de tes commentaires évoquant sa possibilité, l’été dernier je crois, sur le blog où nous avions alors pris l’habitude de nous croiser (et parfois sévir), qui m’a – en partie – stimulé l’envie de « passer à l’acte ».

    février 27, 2008 à 11 h 24 min

  9. Vincent

    Oui, oui, Alain, je suis d’accord avec toi, « faut zieuter un peu H.D. Thoreau », beaucoup même.
    Il mériterait d’ailleurs un article à part entière un de ces jours. Pour Walden ou la vie dans les bois, notamment. Pour cet aphorisme aussi (extrait de La moelle de la vie aux éditions Mille et une nuits) qui pourrait devenir une devise du P.P. : « Dans la vie sauvage repose la sauvegarde du monde. ».

    Ça me fait du coup penser à un autre grand précurseur américain de l’écologie : Aldo Leopold et son magnifique Almanach d’un comté des sables qui raconte ce que sa famille « observe et fabrique dans la « cabane » où elle se réfugie, le week-end, à l’abri de trop de modernité ».

    février 27, 2008 à 14 h 33 min

  10. François Terrasson

     » (…) Dans les sociétés traditionnelles, quantités d’initiations à l’âge adulte, nombre de formations à la qualité de shaman ou de magicien, sont basées sur le contact avec la peur.
    Pas comme on le croirait, pour la dominer.
    Mais pour la vivre, passer au travers. (…)
    Il y en a qui trouvent la solution.
    (… Qu’est-ce qu’ils font, les créatifs de la peur ? Sans réfléchir, sans préméditation,ils réinventent l avieille méthode des shamans. Pour cesser d’avoir peur, il faut avoir encore plus peur. La gueule du loup ? Directement. « Si je ne m’étais pas jetée dans les broussailles, je serais morte sur place. »
    Voilà un exemple.
    (…) La pensée consciente n’y comprend rien.
    Ça s’est passé en dehors d’elle. Même pour être tout à fait franc, complètement contre elle.
    Elle aurait conseillé la sécurité, le calcul, la réflexion planifiée.
    Ce cheval sauvage qui a pris les rênes du comportement est une part de la nature. Celle qui vit à l’intérieur del’homme. Spontanéité, désir, intuition, mouvements incontrôlés… Stupidité du point de vue de la stricte raison, la plongée dans les ronces a été décidée par le vieil animal sensible qui choisit ce que nous aimons, ce que nous détestons, ce qui nous sera fraternel ou que l’on haïra…
    Part archaïque de l’esprit ? Système adaptatif performant ? Avec une simple sortie dans les bois, nous voilà en pleine neurophysiologie, en pleine psychanalyse, au coeur de l’affectivité, et au bord d’un territoire démesuré et inconnu : nous-mêmes… (…) »

    (La civilisation anti-nature, éditions du Rocher, 1994)

    février 27, 2008 à 16 h 09 min

  11. Vincent

    On s’est rendus compte que la présence ou non du feu avait une importance considérable dans ce qui était éprouvé.

    Il rassure, fascine et focalise aussi bien toute l’attention que les angoisses plus ou moins sourdes (il est en effet souvent « surinvesti »). Il invite à parler (comme au temps des veillées) et nous relie immédiatement à nos ancêtres mais, dans le même temps, nous coupe totalement de l’espace environnant qui devient une simple réserve froide et sombre de combustible.

    Le sentiment est beaucoup plus « océanique » lorsqu’on résiste en quelque sorte à la tentation de l’allumer (de trop « humaniser »).

    février 28, 2008 à 12 h 15 min

  12. Vincent

    De tous les « artifices » inventés/maîtrisés par l’homme, il semble bien que ce soit un de ceux, voire celui, qui ait vraiment le plus modifié notre rapport au monde.

    février 28, 2008 à 12 h 18 min

  13. Amélie

    La parole aussi,je crois. Trop de mots, trop de bruit gâchent un peu les nuits sauvages. D’où mon désir de n’aller dormir en forêt qu’en comité réduit au maximum, et si possible, en parlant tout doucement.

    février 28, 2008 à 14 h 20 min

  14. Bibie

    Tout doucement…
    Envie de changer l’atmosphère, l’attitude

    février 28, 2008 à 14 h 23 min

  15. Vincent

    Une prochaine soirée sans mots, donc ? Pourquoi pas, c’est à tenter.

    En même temps, l’idée des histoires à se raconter me plaît bien aussi (même si ça n’a pas trop bien marché lorsqu’on a tenté).

    février 28, 2008 à 17 h 51 min

  16. Amélie

    Pas nécessairement « sans mots », parce que j’ai au contraire trouvé que tous les mots prononcés prenaient une autre force dans ce contexte, mais plutôt s’orienter vers une sobriété dans les mots. Un peu genre grand chef indien :-). Par exemple (pas qq chose que j’aie entendu, hein, c’est un exemple), mais éviter les phrases du genre : « qui c’est qui veut du saucisson, je l’ai ramené d’auvergne, nanan, en fait il est pas trop gras, pis il a un bon goût de cochon, aïe ça va encore me faire roter etc ».
    Mais en fait en écrivant ça, je me demande ce que vaudrait une nuit sauvage si les participants devaient commencer à par se censurer. non, c’est pas possible…

    février 28, 2008 à 17 h 55 min

  17. Amélie

    En fait, j’ai même trouvé que les nuits sauvages étaient propices aux plus belles conversations.

    février 28, 2008 à 18 h 03 min

  18. amélie

    En fait, les échanges d’une manière générale prennent plus de sens dans une nuit sauvage. Peut-être parce qu’on revient à plus de sobriété, chaque geste, chaque intention, chaque sensation devient plus puissante, plus riche, plus intense… au point que j’aimerais pouvoir marquer d’un rituel sylvestre et magique les étapes les plus importantes de ma vie (naissances, baptèmes, passage à l’âge adulte, mariages, funérailles…).
    Qui a des infos sur les druides ?

    février 29, 2008 à 10 h 48 min

  19. Vincent

    Moi j’ai le bouquin (pavé) de Guyonwach qui fait, je crois, référence (un peu « plombante » d’ailleurs) en la matière.

    Sinon, pour la parole, je suis mille fois d’acord avec toi : c’est évidemment un « artifice » qui modifie notre rapport au monde bien plus même que le feu. Et s’il est vrai que les paroles échangées lors de ces « nuits sauvages » prennent de part le contexte une autre intensité, je me demande s’il ne se passe pas le même phénomène qu’avec le feu : on les « surinvestit » peut-être un peu trop et n’ose pas s’en passer, alors que…

    février 29, 2008 à 12 h 02 min

  20. amélie

    Se passer complètement de paroles, non. Mais comme tu disais (hors blog je crois) qu’on avait toujours tendance à faire un immense brasier inutile, je crois qu’on pourrait limiter les mots – pas au strict nécessaire, ça ne voudrait rien dire, mais éviter de s’encombrer de paroles inutiles.
    Je parle du contexte nuit sauvage, parce qu’en ce qui concerne la vie en général, je ne suis pas de ceux qui diabolisent la parole…

    février 29, 2008 à 12 h 15 min

  21. amélie

    Pourquoi « plombant » ? Tu me le prêtes ? (j’aurai fini « les enfants de la terre » à la fin de ma pause dejeuner… va me falloir autre chose et j’enchaînerais bien là-dessus : l’héroine des « enfants de la terre » est une puissante guérisseuse)

    février 29, 2008 à 12 h 17 min

  22. Vincent

    « Plombant » parce que ce n’est pas une description littéraire et romancée (façon Jean Markale) de l’univers druidique mais plutôt la somme des infos scientifiques (hors fantasme, donc) dont on dispose aujourd’hui.
    Sinon, oui je le prête volontiers, surtout si tu prévois d’en faire un bel article de synthèse après 😉
    (Je dispose aussi d’ouvrages sur les guérisseurs améridiens, notamment l’excellent Elan noir parle, si préfères).

    février 29, 2008 à 15 h 12 min

  23. amélie

    Si tu me le prêtes les deux dès ce week-end, je m’engage ici solennellement à en faire les synthèses la semaine prochaine.
    Et sur le néo-paganisme, t’as des trucs ?
    j’ai vu sur amazon le nom d’un monsieur qui a l’air d’avoir des tas de choses à nous apprendre (un critiqueur de bouquins), mais pas moyen de trouver son contact. Il signe J. da silva. Yatsé ? la technologie pourrait-elle l’amener au PP ???

    février 29, 2008 à 15 h 21 min

  24. Vincent

    On y pense tous plus ou moins j’imagine mais c’est toujours mieux quand c’est clairement formulé : ce serait bien qu’on fasse de temps en temps des articles sur des bouquins plus ou moins sur le thème. Au minimum une présentation avec résumé (pas forcément un point de vue critique, c’est pas toujours facile à faire). En commentaires, on peut ensuite tout aussi poser des questions pour obtenir plus d’information auprès de celui qui l’a lu, engager un débat sur le sujet traité, faire référence et lien à d’autres ouvrages, donner son point de vue une fois qu’on l’a lu nous aussi (avec la colonne de droite qui pointe les derniers commentaires, on peut en effet repérer un commentaire déposer sur un article passé « loin derrière » les plus récents).

    février 29, 2008 à 16 h 38 min

  25. amélie

    En fait, moi, ce qui me plairait, c’est une colonne à gauche avec les titres de livres et les couvertures scannées, et on pourrait consulter le résumés titre par titre. Y a moyen, Yatsé ?

    février 29, 2008 à 16 h 45 min

  26. Vincent

    Oui, bonne idée.
    Et – tant qu’à faire – un renvoi vers l’article (quand il existe) qui développe davantage.

    février 29, 2008 à 17 h 12 min

  27. Vincent

    Le petit détour par Terrasson permet de pointer un élément qui ne me semble pas assez pris en compte notamment par les « écolos » (et autres « décroissants » évoqués par Alain) : l’être humain n’est pas l’être rationnel qu’ils envisagent toujours plus ou moins dans leurs discours.
    J’espère trouver l’occasion ici de développer plus en détail (et de confronter à votre point de vue) cette idée qui me semble majeure.
    C’est en tout cas, en grande partie, celle qui conditionne – plus ou moins sourdement – mon « engagement » dans le Parti Préhistorique. C’est en effet selon moi la limite (voire carrément l’erreur) de la modernité que d’avoir ainsi tout misé sur la « potentialité rationnelle » de l’humain. Et c’est, je crois aussi, se condamner à ne jamais rien comprendre à ses agissements que de ne pas vouloir/pouvoir sortir de cette idéologie. (J’ai l’impression que sur ce thème, on pourrait multiplier à l’infini les articles).

    mars 1, 2008 à 20 h 47 min

  28. Patrice

    Les nuits sauvages

    Certes, c’est l’inconscient.
    Certes, c’est la préhistoire.
    Certes, c’est du régressif comme quand on est immergé dans l’eau chaude et qu’on se dit qu’on a déjà vécu ça.
    Là, c’est du régressif collectif qui joue dans le cortex reptilien.
    Eh oui, le tigre des cavernes rôde à nouveau. Le clan voisin et ennemi va attaquer. Le feu va s’éteindre.
    La nuit sauvage, c’est sans toit.
    La nuit sauvage, c’est sans murs.
    C’est open et c’est les rayons blafards de la pleine lune en pleine bouche pour t’endormir.
    La nuit sauvage, c’est la chouette qui t’endort, c’est le cri qui te réveille, c’est l’arbre qui te rassure.
    La nuit sauvage, c’est, au réveil, la trace de ton corps, à peine visible dans les aiguilles, souvenir de quelques heures où la terre t’a concédé un lit.
    La nuit sauvage, c’est ta chair dans la terre qui t’accepte, à condition d’y revenir plus tard et de façon définitive.

    mars 3, 2008 à 13 h 02 min

  29. Vincent

    Ton « immergé dans l’eau chaude », Patrice, m’évoque le « sentiment océanique » (qui serait « la source véritable de la réligiosité » selon son ami Romain Rolland) évoqué par Freud au début du Malaise dans la culture.
    Ne pourrait-on pas faire également l’hypothèse d’un sentiment « forestier » ? (Quelles seraient alors les différences avec l’« océanique » ?)

    mars 3, 2008 à 19 h 46 min

  30. Barbarella

    … l’eau à mon avis… !

    mars 3, 2008 à 20 h 05 min

  31. Ourko

    Les arbres, aussi.
    Peut-être même les poissons (qui ne semblent pas trop apprécier les arbres, quand on regarde bien).
    Voire – mais je n’en suis pas sûr – le sel ?
    😉

    mars 3, 2008 à 20 h 12 min

  32. Barbarella

    Nan, le sel ça s’trouve en forêt. Tu trouves un homme préhistorique en train de courir après le gibier, à moitié nu comme il convient; tu l’arrêtes, tu lui passes ta langue de bas en haut au milieu du ventre, et là, t’as le sel.

    mars 3, 2008 à 20 h 21 min

  33. Amelie

    je l’ai à peine survolé parce que pressée aujourd’hui, mais ça a l’air d’être dans notre thématique, même si peut-être moins « sauvage »…
    http://www.lerecoursauxforets.org/

    mars 5, 2008 à 15 h 40 min

  34. patrice

    Taper vôtre commentaire ici.Je parlais de régression et la plus archaique est sans doute celle liée à l’eau’évoquant les eaux primordiales.Je ne sais si c’est en lien avec le sentiment océanique de Romain Rolland,générateur de sentiment religieux’peux-tu développer ce dernier point,Vincent?)Toujours estil qu’il me semble qu’il faut chronologiquement »perdre les eaux » avant de voir l’arbre…

    mars 6, 2008 à 12 h 50 min

  35. Vincent

    J’avais l’intention de faire un de ces jours un article sur la « mystique sauvage », Patrice, qui sera entre autre l’occasion de revenir sur ce « sentiment océanique ».

    (Hé hé ! Il va donc falloir que tu reviennes régulièrement – et souvent – si tu veux voir comment je développe)

    Sinon, j’aime beaucoup ton « perdre les os… Heu… les eaux, avant de voir l’arbre »… qui cache la forêt. On en recausera sans doute aussi un jour ! 😉

    mars 6, 2008 à 13 h 22 min

  36. Grrrrrrr

    Nuit sauvage du mois — sans tente, sans feu, sans gamin — ce soir — forêt de Rémoray (Haut-Doubs) — cri de raliement : Gloussement du Grand Tétras suivi de trois hululements de Chouette de Tengmalm — petit déj’ cueilli sur place selon avancée des pousses de printemps — A bon entendeur…

    mars 29, 2008 à 18 h 56 min

  37. “espaces sauvages intérieurs” ……y’a pas de problème pour moi !!! d’autant que c’est dans ma tête que se trouve ma forêt !!!!….
    un loup de plus ????….

    à bientôt
    legentilgodjo

    mars 6, 2009 à 15 h 33 min

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s