"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

Petite balade en milieu presque sauvage

L’agence de voyage du parti est très heureuse de vous proposer aujourd’hui une destination fort usitée par tout touriste en mal de sensations : le Saut du Doubs.

Saut du doubs

Une infrastructure complète à été mise en place pour vous permettre d’accéder à l’un des lieux les plus sauvages de Franche-comté préservé dans son état naturel.

Vous pourrez ainsi garer votre voiture sur le nouveau parking situé à moins de 5min à pied de la cascade ou des arrêts de bateaux bus. Un chemin en percolé grenaillé vous guidera jusqu’au point Belvèdère conçu spécialement pour, avec bastingage agréé « lieux de grands passages ». A noter pour les marcheurs les plus chevronnés la possibilité d’accéder à moins de 10 mètres de la chute après randonnée (compter 15 minutes en suivant le tracé balisé de triangles bleus).

Biensur, des buvettes jalonnent les différents parcours et vous permettront de vous rafraichir , bla bla bla …

Tout ça pour dire qu’en hiver, un dimanche, c’était pas si mal… moins de personnes, moins d’envie d’acheter des cartes postales, plus de préhistorique dans la démarche, tout simplement …

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11 Réponses

  1. Vincent

    Qu’entends-tu par « sauvage », Yasté, et « état naturel » ? Parce que de mon côté j’ai un peu de mal à l’associer avec « infrastructure complète », « nouveau parking », « chemin percolé grenaillé », « belvédère avec bastingage », « buvette », etc… ?

    février 22, 2008 à 8 h 12 min

  2. Tout est dans le titre, du « presque sauvage ». mes écrits sont donc à lire au second degrès 🙂

    février 22, 2008 à 9 h 06 min

  3. Vincent

    Ok ! (Merci de le préciser pour des gens comme moi qui atteignent déjà difficilement le premier degré) 😉

    En même temps, dans certains sites à forte « puissance élémentaire » (comme le saut du Doubs, justement), même l’infrastructure la plus moderne, la plus « humaine, trop humaine », paraît assez vite peu de chose et se fait vite oublier (ou du moins « remettre à sa juste place »), non ?

    février 22, 2008 à 9 h 31 min

  4. Barbarella

    wow les photos qui tuent !!! J’veux y aller, j’veux y aller !

    février 22, 2008 à 9 h 53 min

  5. amélie

    Et qu’est-ce que l’agence propose, en matière d’hébergement ?

    février 22, 2008 à 13 h 01 min

  6. Ourko

    Merci, Yatsé, pour le second degré !
    Sans vouloir blesser personne, ça commençait un petit peu à manquer, un peu de légèreté… et ça fait du bien par où ça passe ! 😉

    février 22, 2008 à 14 h 17 min

  7. Vincent

    Si la modernité rationnalisante a développé l’idée d’un espace neutre, et indifférencié (une sorte d’infini décor), la pensée « traditionnelle » concevait tout au contraire chaque lieu comme extrêmement singulier. On y attribuait même, pour chacun, un « génie du lieu », une sorte de divinité qui lui donnait son identité spirituelle.
    Sans leur attribuer forcément le même degré de « réalité », il me semble qu’on perçoit encore ces genius loci dans certains « haut-lieux » qui ont su échapper au désenchantement général, qu’ils soient naturels (des sites à « forte puissance élémentaire ») ou même urbains (Manhattan, Quartier latin, etc…).
    C’est donc bel et bien quelque part « préhistorique » d’aller s’y promener, même si les parkings et touristes y sont nombreux et les chemins « percolés grenaillés »)

    février 22, 2008 à 17 h 38 min

  8. Denis Grozdanovitch

     » (…) De même que l’on sait que la chrétienté a presque toujours bâti ses églises les plus anciennes sur l’emplacement des anciens temples païens — pratique à mon sens ambivalente : cherchant dans le même mouvement à assimiler l’éventuelle charge magique tout en la réprouvant sur le plan symbolique — de même, aujourd’hui, la nouvelle laïcité universelle (en vérité d’obédience chrétienne en profondeur mais dans la version ultra-intellectualisée du protestantisme le plus pur et le plus dépouillé) la laïcité universelle, dis-je, à savoir la technocratie militante, ne peut faire autrement que de chercher à évangéliser à sa façon, mais avec un zèle ardent, en venant placer invariablement ses instruments de contre-pouvoir, aux derniers endroits où paraissent encore perdurer de mystérieuses survivances sauvages.
    Elle ne le ferait sans doute pas si elle ne pressentait intuitivement —car les technocrates restent malgré tout sensibles à l’irrationnel par le biais de la peur qu’ils en éprouvent— l’étrange, inexplicable pouvoir de ces croyances enracinées dans les âmes naïves.

    D’ailleurs, ce sont sans doute les plus obtus parmi les techno-promoteurs qui, rassurés par la présence des tables de pique-nique homologuées, s’arrêtent le plus volontiers, en famille, afin de régénérer leurs petites âmes un peu flétries, desséchées et rigidifiées par l’embrigadement rationnel au contact des fluides émanés du charme sylvestre et agreste si mystérieusement quintessencié dans ces lieux consacrés. La table de pique-nique standardisée les rassure en outre contre un éventuel laisser-aller, un abandon lyrique — toujours à craindre — (allez savoir…) dès qu’on a franchi le pas. »

    (Evangélisation laïque, 26/09/07, http://www.raquette.blogs.liberation.fr)

    février 23, 2008 à 9 h 11 min

  9. Marc de Smedt

    « Lorque l’on voyage, lorsque l’on se promène, on rencontre toujours sur son chemin des lieux qui évoquent un sentiment intense. On ne saurait, la plupart du temps, absolument pas le définir. C’est du domaine de l’inexprimable, du non-communicable.
    Cela prend l’être tout entier et déclenche une impression subtile, mystérieuse. Rappelez-vous, certains beaux paysages, certaines ruines et ce saisissement qui s’empare alors de l’être tout entier…
    Qu’est-ce ? La fulgurance de la beauté ? L’âme de la nature qui s’osmose à nous ? L’évocation historique suscitée ? L’esprit du haut lieu ? Tout cela à la fois qui s’entremêle ?
    Toujours est-il que ces moments demeurent dans le souvenir comme des états de grâce ; des états de perception, non d’une autre réalité, mais du secret invisible de la réalité. Moments de plénitude intense. (…) »

    (Préface de Question de n°65 : L’esprit des hauts lieux, Albin Michel, 1986)

    février 24, 2008 à 17 h 38 min

  10. Oui, oui, je n’ai pas les capacités d’emphase de ces derniers textes, mais c’est vrai que malgré tout cet encadrement, le saut du Doubs reste puissant visuellement par le débit, par la hauteur de la chute et par le bruit généré.

    février 27, 2008 à 13 h 00 min

  11. Vincent

    Oui, contrairement à l’image couramment répandue, la Nature est souvent « bruyante » (vent, écoulements, craquements, cris, chants…)
    Et même lorsqu’il arrive qu’elle ne produise aucun son (comme au fond d’une grotte, le phénomène est assez déroutant), le bruit de notre propre corps devient alors carrément assourdissant.

    mars 4, 2008 à 16 h 51 min

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