"Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres." Pascale Arguedas

animale maternité

 

Ce matin, Sobelo et moi devisions de concert des pressions sociales exercées sur les mères que nous sommes. On m’a moi-même constamment reproché un rapport trop charnel avec mes enfants, que je rendais « dépendants » à mes caresses, à ma présence, à ma parole etc. Or ma fille de 6 ans est d’une maturité et d’une autonomie stupéfiantes pour son âge. Et ses petits frères sont en bonne voie… Ma tante (elle aussi très « maman »), m’avait dit, alors que je craquais sous les pressions diverses : « Il y a un proverbe gallois qui dit « Porte ton enfant deux ans, il marchera toute sa vie » ».

J’ai quand-même arrêté l’allaitement au bout de 9 mois, fatiguée de me justifier.

maman d’amazonie

Voici l’article proposé par Sobelo :

La maternité… RENDEZ NOUS LE DROIT D’ ETRE PRIMITIVES !!!

Il y a un sujet bien concret sur lequel je voudrais m’exprimer parce qu’il me met très fortement en colère. La maternité et le reniement total de la part primitive et animale qu’elle comporte.

Je ne remets bien évidemment pas en question les progrès médicaux et sanitaires, qui nous permettent, d’envisager un accouchement sans plus craindre de laisser derrière nous veuf et orphelins. Progrès médicaux qui ont permis aussi de voir baisser, fort heureusement, le taux de mortalité infantile.

Je parle d’une tendance, dans nos sociétés dites « développées », de vouloir briser le plus rapidement possible le lien charnel, affectif, animal d’interdépendance entre la mère et l’enfant. Au nom, officiellement, d’une pseudo autonomie de l’enfant (et ce dès le retour de la maternité…) et surtout d’une certaine « tranquillité » que la mère devrait rapidement retrouver…

La génération lait-artificiel-Nestlé et les psychanalystes n’y sont pas pour rien. Mais loin de moi l’idée de partir dans des débats houleux concernant mon opinion sur la psychanalyse…

Dans les « conseils » fabuleux que j’ai pu avoir à titre perso, je vous nomme en vrac

tu crois pas que tu l’allaites trop souvent ? (mon fils avait 10 jours…)

tu crois pas que tu le portes trop ? (idem…)

tu devrais le laisser crier, ça lui fera les poumons… si tu te précipites, il va comprendre q t’arrives dès qu’il pleure (comme si ça n’était ça, pas mon rôle de mère…)

faut faire dormir un bébé dans sa propre chambre, dans son propre lit (ben oui, le traumatisme de la naissance n’est pas suffisant, il vaut mieux encore l’isoler dans le noir et le silence… )

tu vas allaiter encore longtemps ????? (ouais, jusqu’à ce qu’il me demande de remballer mes seins…)

Liste non exhaustive…

Je m’emballe, vous aurez compris, c’est sensible un sujet brûlant…

Alors ma question est la suivante.

Pourquoi préconise-t-on des comportements et manières de fonctionner qui vont à l’encontre de ce que la plus primaire des guenons fait avec instinct et justesse ? Pourquoi, dans les nombreux conseils que j’ai pu avoir (et je parle aussi de ceux des « professionnels »), certains allaient à l’encontre totale de tout ce que mon instinct m’ordonnait de faire ?

N’en déplaise à Elisabeth Badinter, je suis persuadée que l’instinct maternel existe aussi chez les humains. Simplement, on a appris et on continue à apprendre que les autres savent mieux que la mère ce qui est bon pour son enfant.

Les sociétés primitives d’aujourd’hui (mêm si bien sûr tout n’est pas à prendre, ne sombrons pas dans l’angélisme…) me semblent plus proches de ce qui est juste, c’est-à-dire bon pour la mère et bon pour l’enfant.

Est-ce que lien animal mère/enfant fait peur ??? Mais alors à qui ?

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30 Réponses

  1. Vincent

    Superbe article (à deux voix, en plus) ! Que dire de plus sur le sujet ?

    Quand une femme devient enceinte (ou lorsqu’elle allaite son enfant), il se passe quelque chose d’étrange, comme si elle basculait dans une autre dimension, « sacrée » pourrait-on dire. En fait, on peut aussi dire qu’elle devient… « préhistorique » (qu’elle se relie d’un coup à toutes les générations antérieures).

    (Sinon, Sobelo, partages-tu l’idée formulée par je-ne-sais-plus-qui d’une psychanalyse qui serait en quelque sorte « la maladie qui se prend pour le remède » ?)

    février 20, 2008 à 21 h 02 min

  2. sobelo

    Oui, la femme qui enfante et qui allaite se reconnecte directement avec toutes les femmes à travers le monde et à travers les âges, (même les plus anciens.)
    Mais je pense qu’on pourrait en dire autant des femmes qui adoptent, probablement ?
    Est-ce parce qu’elle devient sacrée, primitive, animale, intouchable, que cette la société, mais aussi le corps médical a tellement de mal à reconnaitre le statut plénier de la mère? Et au lieu de l’aider, et la valoriser, cette jeune mère, si fragile et vulnérable dans son nouveau rôle, lui impose en plus des « il faut que… » qui ne lui convienne pas ? (mais c pas grave, ma chérie, l’instinct maternel n’existe pas, alors laisse décider les autres à ta place…)

    Pr la question concernant la psychanalyse, je ne connaissais pas cette phrase, mais elle me parle, dans une certaine mesure. Je ne renie absolument pas les apports importants de certains psychanalystes du genre de Dolto (tellement décriée et pourtant tellement pertinente et révolutionnaire en son temps. Même primitive, par le côté « le bébé est une personne »…) mais je suis fatiguée des interprétations freudienne et des jeux de mots lacaniens. Freud est mort en 1938, ses théories étaient largement influencées par son époque, et mm si tout n’est pas à jeter, du recul est important, en replaçant ds son contexte.
    Désolée pr cet apparté sur la psychanalyse qui n’est, pour le coup, pas très primitive…

    février 20, 2008 à 21 h 20 min

  3. Sacrée Dolto …
    Pour le coup, elle a mis un grand coup pied dans la fourmilière …

    Des trucs tout simples, comme préconiser le fait de parler normalement à un bébé … pfiou y a encore du chemin à faire 🙂

    février 21, 2008 à 9 h 01 min

  4. Amelie

    J’avais lu un jour qu’un bébé qui n’était jamais caressé pouvait cesser de vivre. Je remarque que ça vaut aussi pour les adultes. On est tous mal sevrés, à des degrés divers. Reconnaître notre besoin vital de contacts tendres et charnels, ne pas en être avare, ni exagérément pudique me semble essentiel pour vivre en harmonie avec soi-même.

    février 21, 2008 à 9 h 52 min

  5. Amelie

    La caresse est la première des connections, avec la succion, pour les nourrissons, certes, mais sans doute pour nous aussi. C’est une connexion plus profonde qu’aucune autre, et une communication plus fine aussi, qui ne laisse aucune place au mensonge ou à la dissimulation.
    Je comprends qu’un nourrisson qui en est privé sombre dans une angoisse insondable, qu’il finira par dominer, certes, mais qui laissera des traces, polluera la sérénité du futur adulte, la qualité de ses rapports aux autres, sa capacité à se construire etc.
    (je ne fais pas ma psy de base : il y en a de vraies sur ce blog ! C’est juste mon sentiment de mère et de femme aussi)
    Pourtant, on dirait que la caresse gêne.

    février 21, 2008 à 10 h 01 min

  6. Vincent

    Si la caresse gêne, n’est-ce pas parce qu’on lui attribue une connotation forcément érotique ?

    février 21, 2008 à 14 h 08 min

  7. Amelie

    Sensuelle, c’est indéniable, mais érotique, tu crois ?

    février 21, 2008 à 14 h 15 min

  8. Vincent

    Sinon, moi je l’aime plutôt bien Freud.

    Pour tout dire, je suis souvent davantage gêné par l’hostilité épidermique qu’il sucite chez certains que par ses théories (aussi « énervantes » qu’elles puissent parfois paraître). En même temps, je dois préciser que je ne suis ni spécialiste de son oeuvre, ni entouré de gens qui s’y réfèrent sans cesse, à tort et à travers.

    Pourquoi je l’aime bien ?
    Parce qu’il est à chaque fois déroutant,
    Parce qu’il ose tenter de dénicher la vérité là où on n’a pas envie a priori de la voir (ce qui me semble un gage de pertinence, car il s’avère qu’elle est rarement ce qu’on souhaiterait qu’elle soit)
    Parce qu’il a (en gros) été le premier à affirmer que le petit « Moi » rationnel et conscient n’était qu’une « coquille de noix balottée sur un océan d’inconscient » (et qu’il fait du coup, au moins pour moi, plus ou moins parti de la constellation du PP)

    L’erreur (dans la mesure où je peux me permettre de juger aussi péremptoirement) ensuite de la psychanalyse, je crois, a été de se focaliser un peu trop sur le langage pour tenter d’avoir accès à cet inconscient (notamment Lacan, je suis d’accord avec toi, Sobelo, ses analyses en termes de jeu de mots semblent plus brillantes que pertinentes).

    Je crois, pour ma part, beaucoup aux vertus de l’éthologie qui est venue ensuite en quelque sorte pousser le travail d’exploration plus loin en étudiant les comportements en-deça des mots. Les analyses qu’elle développe, entre autre autour de la notion d’attachement, me semblent d’ailleurs aller tout à fait dans le sens que vous revendiquez ici (« c’est en développant dans son jeune âge un lien d’attachement fort et sécurisant que le petit d’homme peut ensuite oser s’aventurer dans le monde », etc., etc.)

    février 21, 2008 à 14 h 41 min

  9. sobelo

    « Parce qu’il ose tenter de dénicher la vérité là où on n’a pas envie a priori de la voir (ce qui me semble un gage de pertinence, car il s’avère qu’elle est rarement ce qu’on souhaiterait qu’elle soit) »

    Premièrement, nombre de ses théories ont été définie à l’aide d’un seul exemple, ce qui n’est pas très scientifique…
    Deuxièmement, j’ai plutôt tendance à penser q si ses théories ne me conviennent pas, c’est qu’elles n’entrent pas en écho avec le plus profond de mes convictionss, mm inconscientes, plutôt q de me dire que c’est « parce que je refoule à mort des notions qui me percutent de plein fouet » (effectivement, là, fini la discussion…)
    Enfin, je persiste à penser que pas mal de choses étaient influencées par son époque et kil convient de prendre le recul nécessaire.

    « Parce qu’il a (en gros) été le premier à affirmer que le petit “Moi” rationnel et conscient n’était qu’une “coquille de noix balottée sur un océan d’inconscient” (et qu’il fait du coup, au moins pour moi, plus ou moins parti de la constellation du PP) »
    Effectivement, il existe un inconscient personnel, un inconscient collectif, un inconscient transgénérationnel. Maintenant, j’ai du mal avec l’idée que le Moi est influencé en permanence par l’Inconscient. Cela donne une merte de liberté d’action consciente qui me gène fortement.

    février 21, 2008 à 16 h 17 min

  10. sobelo

    En ce qui concerne la caresse, il y a qqc de très paradoxal, et limite drôle concernant le physique.
    L’érotisme ne gêne plus, on voit des photos et des films où l’acte sexuel et plus ou moins explicite.
    Par contre, un enfant d’1 an qui tète le sein de sa mère, ça soulève le scandale.
    Or, les seins sont des mamelles avant d’ê objets érotiques.
    C’est vrai qu’une mère trop câline est regardée de travers… et je parle mm pas des pères, accusés d’être des pédophiles en puissance s’il s’approchent de leurs gamins trop souvent… (enfin, je ne vais pas ê hypocrite, je fais partie du lot pr ce dernier point…)

    février 21, 2008 à 16 h 20 min

  11. Vincent

    C’est amusant, Sobelo, quand on y songe, dans le titre de ton article, l’association de « droit » et de « primitif », car s’il y a bien quelque chose qui me semble au plus loin du « préhistorique », c’est bien la… logique juridique.

    février 21, 2008 à 22 h 05 min

  12. Barbarella

    Et le droit au chef de clan d’être servi en premier sur le butin de la chasse (entre autres exemples…) ?

    février 21, 2008 à 23 h 52 min

  13. Enfin vu que c’était le plus fort, il avait aussi inventé du même coup la jurisprudence qui allait bien …

    février 22, 2008 à 0 h 45 min

  14. sobelo

    n’at-on pas le droit, ds le sens possibilité tombant sous le sens de retrouver notre coté primitif? (pas ds le sens droit juridiq)

    février 22, 2008 à 8 h 16 min

  15. Vincent

    Le droit, pour moi, est une formulation des règles hyper abstraite (et c’est d’ailleurs cette abstraction qui fait toute sa valeur). Tout le contraire, donc, du simple rapport de force (et c’est ce qui fait, parfois, sa faiblesse).

    février 22, 2008 à 8 h 18 min

  16. Vincent

    Bien sûr que si, Sobelo, t’as le « droit »… ou le gauche… ou plus simplement l’envie, le désir… ou je ne sais quoi !
    Je pointais juste l’effet comique de ton titre (sans doute volontaire de ta part, en plus) par la conotation « juridique » (donc paradoxale) du terme employé.

    février 22, 2008 à 8 h 23 min

  17. Vincent

    C’est même, dans un sens, tout l’objet du Parti Préhistorique : revendiquer le droit d’être primitif, si tu veux. Ou alors : dé-fouler la part sauvage refoulée, affirmer sa postmodernité, se réconcilier avec ses Ancêtres, se dépayser à peu de frais ou au contraire se ressourcer, se ré-enraciner, etc… (On peut le dire de 36 façons. Peu importe la terminologie employée, en fait.)

    février 22, 2008 à 8 h 32 min

  18. Vincent

    Pour en revenir à l’animale maternité :
    J’ai parcouru, hier, chez mon coiffeur, un article de Nicolas Hulot, dans un vieux Paris-Match, décrivant, comme le dernier Eldorado, la tribu amazonienne – et quelque part « préhistorique » – des Zo’é. (Rien à voir avec l’Arche du même nom).
    Je me souviens avoir lu que les enfants étaient élevés (mais je ne sais pas à partir de quel âge) non pas par les géniteurs, mais par toute la communauté.
    N’est-ce pas là un élément indiquant que le fameux « instinct maternel » dont vous semblez ici revendiquer l’assurance, est somme toute assez variable selon les cultures (donc finalement pas si « instinctif » quue cela) ?

    février 22, 2008 à 10 h 00 min

  19. Amelie

    Tout d’abord, tout le monde n’a pas « l’instinct maternel » de façon innée. Justement, les femmes qui ne le ressentent pas souffrent d’un gros sentiment de culpabilité. Le mythe de la mère submergée d’amour au moment de la naissance de son enfant est à prendre avec u peu plus de réalisme. Dans bien des cas, la mère est épuisée, bouleversée, dépossédée, et il lui faut parfois quelques heures, voire quelques jours pour rétablir le lien avec son enfant.
    Deuxième chose : un maman qui se sent vraiment investie de son rôle de maman peut très bien éprouver un instinct maternel très fort à l’égard d’un enfant qui n’est pas le sien, et avoir très à coeur de l’encourager dans son développement et son autonomisation, tout en l’abreuvant d’affection et de tendresse. IL est vrai que ces pulsions sont plus retenues chez nous qu’en Amazonie apparemment. Dans nos sociétés européennes, l’amour maternel qu’on peut porter à un enfant qui n’est pas le nôtre est généralement réfréné et ne nous autorise pas à « sortir de notre place ». Est-ce un bien ? un mal ? Pour ma part, je suis très contente que d’autres parents puissent éprouver de la tendresse pour mes enfants et participent à leur éducation.

    février 22, 2008 à 10 h 10 min

  20. Amelie

    Ce n’est pas tant l’instinct maternel que moi je voudrais mettre en avant (à cause de cet aspect culpabilisant), mais plutôt le fait de respecter le rythme de développement de chaque enfant.

    février 22, 2008 à 10 h 18 min

  21. amélie

    je vais bcp me contredire, et c’est normal : dans ce domaine il n’y a pas de règle.
    Je remarque que les femmes qui ont eu des enfants (biologiques ou pas, je ne sais pas, je n’ai pas eu l’occasion de comparer), ont une écoute beaucoup plus fine et instinctive des besoins d’un enfant, qu’il soit le notre ou pas. On perçoit l' »état intérieur » d’un enfant, comme dans un langage intime, de façon immédiate (très difficile à expliquer).
    Par exemple, pour prendre l’exemple du bébé de Sobelo, mercredi matin, je savais de façon certaine qu’il allait monter en température dans la demie heure, alors que rien d’objectif ne le laisse présager (Sobelo peut confirmer : elle a administré du doliprane dans l’heure qui a suivi). Ce n’est qu’un exemple, mais c’est le plus récent que j’aie à disposition. Et quand je laisse mes enfants à une autre maman, j’ai la certitude qu’elle saura deviner et comprendre le moindre de leurs besoins, mieux que ne le ferait la meilleure et la plus attentionnée des baby-sitters.Ce n’ets pas une question d’expérience (ou peut-être si), j’ai l’impression que c’est plus un langage sensible qui s’acquiert avec la maternité. L’état de bien-être ou de mal-être des enfants nous saute aux yeux comme une évidence, avec une simplicité parfois presque violente. On sent le désarroi, les craintes, les anxiétés comme si c’était les nôtres propres. Plus sensiblement s’il s’agit de nos enfants, mais très fort aussi s’il s’agit d’autres enfants auxquels on est attachés. Et d’ailleurs, je trouve qu’on se rapproche de plus en plus de cette tribu amazonienne dans le sens où j’ai remarqué que dans le petit cercle de mes mamans amies, on se « refile » très facilement et sans chichis nos enfants à garder. Et ça tourne. (je n’ai pas parlé des papas, ça mérite un commentaire entier. Les papas d’aujourd’hui, bien souvent séparés des mamans, me subjuguent…)

    février 22, 2008 à 10 h 52 min

  22. sobelo

    Lorsque le parle d’insctinct maternel, je parle de l’insctinct de protection de son petity vis à vis des dangers envisonnement. Je ne parle pas de l’amourt maternel, qui est comme ts les amours. Il peut y avoir des coups de foudre, ou bien des amours qui se construisent dans le temps.
    En ce qui concerne l’article, Vincent, les enfts sont bien souvent élevés par toute la communauté dans les sociétés primitives. Mais à partir des 2 ou 3 ans, âge du sevrage.
    Avant, la relation duelle mère / enft est protégée, bien souvent l’enft dort ac les parents et le sevrage se fait tard, à moins q’un autre enft arrive.
    Dans bcp de ces sociétés, les femmes se regroupent autour de la jeune maman, s’occuppent d’elle, de sa nourriture, de son entretien et mm de ses ainés s’il y en a, afin de laisser la maman et le bb nouer leur relation en paix, et se reposer au max.
    Il y a mm une tribue ds laquelle la mère et l’enft restent dans une semi pénombre pdt 6 semaines afin de permettre au bb de s’adapter à la vie ex-utéro tt en gardant un max de ses repères. Pdt ce temps, la maman reste le plus possible collée à lui, lui donnant le sein à la demande, afin de mettre en place l’allaitement (car c’est svt une question de survie.)

    PS : euh non, pas de jeux de mots conscient ds l’asso « droit » et « primitif ». En mm temps, le droit pr moi est bien antécédent à la notion juridiq, peut ê parce q je considère q’en tant q’humain on a des droits, rien que par le fait q nous soyons humains, indépendamment de la Loi.
    Mais peut-ê suis-je trop formatée à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui est finalement très récente…

    février 22, 2008 à 11 h 30 min

  23. Michel M

    Sur la caresse :

     » (…) A l’optique (la vision du lointain) propre au progressisme, s’oppose le tactile (le toucher, le proche) propre au localisme. (…) »

    (Michel Maffesoli, Notes sur la postmodernité, le lieu fait lien, Le félin, 2003)

    février 22, 2008 à 12 h 15 min

  24. amélie

    Développe Michel, au moins un peu.

    février 22, 2008 à 12 h 19 min

  25. Michel M (...encore !)

    Sur la relation fusionnelle mère/enfant :

     » (…) La fusion ne manque pas de choquer nos esprits modernes. Et pourtant, autant elle est traquée et stigmatisée intellectuellement, autant elle est empiriquement vécue. (…)

    ***

    (…) La tradition occidentale, on le sait, repose sur la séparation, la coupure. Et l’on connaît les multiples formes de dichotomie qui l’ont marquée. Celles d’avec Dieu ou avec la nature étant les plus importantes. Dans le patriarcat dominant, le glaive tanche, le soc creuse, le phallus fouille ou fouaille. Voilà bien le résumé emblématique de cette sensibilité mettant à distance, distinguant les gens entre eux d’une part, les gens et les choses d’autre part. Voilà bien l’expression du drame procédant dialectiquement, par « dépassements » successifs de ce qui est censé faire obstacle à la civilisation et à son cortège d’artifices. Tout autre est ce que l’on peut appeler la fusion matriarcale. Ce n’est en rien une régression (avec la connotation stigmatisante induite par ce terme) qui s’opposerait à la grande marche royale du Progrès mais, bien au contraire, une nouvelle manière d’envisager le rapport à l’altérité, sociale et naturelle. (…)

    ***

    (…) Souvenons-nous que, dans le mythe, le Chaos donne naissance à Gaïa, la Terre. Et c’est celle-ci qui par scissiparité va susciter Ouranos, le Ciel. Toute la tradition occidentale va consacrer le triomphe de ce dernier, symbolisé par Zeus. Classiquement celui-ci, en tant que ciel surplombant, met de l’ordre. Il permet que l’enfant se sépare de la mère, défusionne en quelque sorte. L’essentiel de la psychanalyse, héritière en ce sens du bourgeoisisme prométhéen, va faire ses choux gras de cette fonction paternelle (patriarcale) ordonnatrice d’une civilisation fondamentalement distinctive. Mais voilà, on ne se débarasse pas si facilement de l’archétype fusionnel ou chtonien. Dionysos, l’ambigu, le plus féminin des dieux masculins, revient pour réintroduire de la nature (phusis) au sein de la loi (nomos). Désordre fécond, on s’en souvient, en ce qu’il dynamise une énergie languissante dont on avait oublié le sens. Violence fondatrice en ce qu’elle est anamnèse de l’être-ensemble. Crise bienvenue qui redonne vie. (…) »

    (Michel Maffesoli, L’instant éternel, Le retour du tragique dans les sociétés postmodernes, Denoël, 2000)

    février 22, 2008 à 12 h 33 min

  26. amélie

    Je crois que la fusion fait peur parce qu’elle a le désordre et l’énergie d’un jardin « à l’anglaise ». Elle prend tout, elle est luxuriante, vivace, vivante, en mouvement… Et vouloir séparer pour mieux régner sur cette magnifique confusion me fait penser aux jardins « à la française »….

    février 22, 2008 à 12 h 58 min

  27. amélie

    … notamment dans le désherbage…

    février 22, 2008 à 12 h 59 min

  28. Michel M. (...désolé !)

    Puisqu’on me demande de m’expliquer davantage sur l’optique et le tactile :

    « (…) Dans les Stilfragen, A. Riegl fait état d’un style optique et d’un style tactile (je rappellerai simplement que le premier renvoie aux formes lumineuses et a inspiré les divers classicismes, alors que le second accentuera davantage tout ce qui favorise le contact ou privilégie la mise en relation des gens et des choses). Celui-là est mécanique, alors que celui-ci est plus organique. En me réappropriant une telle proposition, je dirai que la tendance dominante des faits sociaux que l’on peut observer de nos jours serait parfaitement explicable grâce à la catégorie du tactile. La valorisation multiforme du corps dont j’ai parlé renvoie bien au palpable, à une ambiance générale qui favorise le toucher. Alors que l’optique est une mise en perspective qui s’inscrit dans le lointain, s’historicise en quelque sorte, le tactile favorise ce qui est proche (proxémie), le quotidien, le concret. (…) »

    (M. Maffesoli, Le mystère de la conjonction, Fata Morgana, 1997)

    ***

    « (…) Cette tactilité, ce que les historiens d’art appellent « haptique » et qu’ils attribuent au style baroque, est alternative à la mise à distance « optique » des périodes classiques, celles de la distinction, de la séparation d’avec l’autre. Cette viscosité est de l’ordre de l’expérience vécue se vivant dans le cadre de la matrice naturelle. Certaines époques tendent à privilégier l’Einfühlung, cette empathie qui fait vivre en osmose avec l’autre, en correspondance avec la nature. A d’autres moments, au contraire, l’autre est mis à distance. La relation sociale est rationalisée, c’est l’idée même du « contrat », avec ce qu’il a justement de volontaire, de juridique, qui va prévaloir. Quant à la nature, à ces mêmes époques, elle est tout simplement objectivée, secondarisée et, bien sûr, instrumentalisée. Pour le dire en des termes un peu tranchés, d’un côté on a prévalence de la nature, de l’autre c’est la culture qui est l’objet de référence. Il s’agit là d’un balancement d’antique mémoire. Pour faire référence au fondement même de la tradition occidentale, on peut rappeler que le combat entre la phusis et le nomos, la lutte entre la nature et la loi (ou la convention), est une chose constante. (…) »

    (M. Maffesoli, L’instant éternel, Le retour du tragique dans les sociétés postmodernes, Denoël, 2000)

    février 22, 2008 à 13 h 43 min

  29. Vincent

    J’espère parvenir à rédiger un jour un article sur les jardins, Amélie, notamment avec la distinction que tu fais entre ceux qui sont « à la française » et « à l’anglaise ».
    J’ai en effet commencé ces derniers temps (mais un peu de mal à finir car je me suis retrouvé embarqué à en ouvrir d’autres) Jardins, Réflexions sur la condition humaine de Robert Harrison (qui avait déjà commis un passionnant Forêts, essai sur l’imaginaire occidental) qui ouvre plein de perspectives à mon sens stimulantes… et en rapport avec le P.P.

    février 22, 2008 à 14 h 23 min

  30. Cavanna

    « (…) L’archaïque culte de la Désse Mère a traversé les millénaires obscurs pour se perpétuer, plus ou moins en filigrane, dans toutes les religions de l’Antiquité. Les Egyptiens aussi bien que les Celtes, les vieux Germains comme les Slaves, les Mésopotamiens, les Grecs, les Romains… rendaient hommage à la Déesse Mère. Les Grecs avaient institué à Eleusis un important culte initiatique à la « Bonne Déesse », Rhéa (la terre), et à sa fille Koré, déesse des germinations et du jaillissement printanier, concurremment à celui de la mystérieuse Cybèle, la « Grands Déesse » venue d’Asie qui devait prendre place aux premiers rangs du panthéon romain.
    La dévotion à la Déesse Mère, expression de la suprématie de la femme, reflet lointain d’une ère du matriarcat, s’est réfugié dans l’ésotérisme après que le mâle eut reconquis la prééminence.
    L’importance sans cesse croissante, dans le christianisme populaire, du culte de la Vierge Marie, véritable dieu femelle, pratiquement quatrième personne de la Trinité (beaucoup moins « abstraite » que le grisâtre Saint-Esprit !), montre combien le besoin de la Déesse Mère persiste dans l’inconscient collectif. (…) »

    (La déesse mère, Albin Michel, 1997)

    février 24, 2008 à 16 h 33 min

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